Les militaires français interviennent depuis ce mardi matin à Bangui dans le quartier Boy-Rabe, fief des « anti-balaka ». Ceux-ci lancent régulièrement des attaques contre les civils musulmans, assimilés aux anciens rebelles de la Séléka qui ont fait régner la terreur pendant plusieurs mois.

L’armée française a lancé mardi matin une opération militaire à Boy-Rabe, quartier nord de Bangui et bastion des milices chrétiennes « anti-balaka » (« anti-machettes »). Sur la route menant à l’aéroport, plusieurs véhicules blindés étaient ainsi déployés à l’entrée du secteur, survolé par un hélicoptère.

Boy-Rabe est le fief de l’ancien président François Bozizé, renversé en mars dernier par le coup d’Etat à l’origine de la situation actuelle. Il s’agit du quartier chrétien de la capitale, où sont notamment basés de nombreux miliciens « anti-balaka », en lutte contre l’ex-rébellion de la Séléka qui a porté au pouvoir Michel Djotodia. Ces miliciens de la Séléka, qui ont fait régner la terreur pendant plusieurs mois, sont quant à eux musulmans.

Jusqu’à présent, l’armée française, dont la mission est de désarmer les milices, était essentiellement intervenue face aux anciens de la Séléka, les seuls à déambuler en armes dans les rues de la capitale. Mais, à la faveur du désarmement de ses « ennemis », la population chrétienne cherche désormais à se venger. Les lynchages, spontanés ou organisés comme le 5 décembre dernier, se sont ainsi multipliés contre les musulmans, assimilés à la Séléka.

Opération en Centrafrique

3443797_bf94194d07619e0f47727624470606608d10c14a_640x280La présence militaire française était massive vendredi dans les rues de Bangui où des tirs ont encore retenti durant la nuit, alimentant la confusion parmi la population, le bilan des violences ne cessant de s’alourdir.
La Croix-Rouge ne dispose pas d’un bilan complet, mais certaines estimations font état d’un millier de personnes tuées par balle ou à l’arme blanche en Centrafrique, depuis le 5 décembre. 


Chaque jour apporte son lot de morts. Dans la nuit de jeudi à vendredi, deux policiers congolais de la force africaine (Misca) ont été tués en plein centre-ville par des échanges de tirs.

Le Djotodia, protégé par sa garde issue de l’ex-Séléka
Vendredi matin, au moins un civil a été tué et plusieurs enfants blessés par des grenades lancées par des soldats tchadiens de la Misca qui protégeaient un convoi de leurs compatriotes civils fuyant la ville sous les injures d’une foule massée au bord de la chaussée.
Les blindés et les soldats français de l’opération Sangaris étaient très visibles vendredi, les commerces ont rouvert, les habitants profitaient de l’apparente accalmie pour sortir.
Dans la nuit, des tirs nourris ont été entendus aux abords immédiats du palais présidentiel et du camp militaire de Roux qui le jouxte, où réside le président de transition Michel Djotodia, protégé par sa garde issue de l’ex-Séléka.
Le porte-parole de la présidence centrafricaine, Guy-Simplice Kodegue, a expliqué ces tirs par une méprise entre une unité de la police de la force africaine (Misca) stationnée à proximité du palais et les forces de la Séléka.
Cette version n’a pas été confirmée par la Misca. D’après une source diplomatique, deux ressortissants tchadiens réfugiés devant leur ambassade située non loin ont également été blessés par des balles perdues.
Ces tirs témoignent de l’extrême confusion régnant dans la capitale depuis le déferlement de violences meurtrières de mercredi.
Une quarantaine de cadavres ont été ramassés dans la ville depuis mercredi, selon le Comité international de la Croix rouge (CICR). « Une soixantaine » de corps ont également été retrouvés lundi dans la capitale, selon un porte-parole du CICR. Parmi ces macabres découvertes 30 cadavres d’hommes non loin du camp de Roux.
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Déplacements massifs de populations
« On ne peut pas vraiment parler de charnier car les corps n’étaient pas enterrés mais éparpillés sur 200 mètres environ », a expliqué à la presse le procureur de Bangui, Ghislain Gresenguet, ajoutant que toute identification était difficile en raison de leur « état de décomposition avancée ».
« Certains étaient encore ligotés, d’autres avaient de larges entailles à l’arme blanche, ce qui nous fait penser qu’ils ont peut-être été torturés avant leur décès », a indiqué le magistrat, estimant probable que « les victimes ont été tuées avant et déposées là ensuite ».
Toute la journée de mercredi et dans la soirée, des tirs d’origine indéterminée avaient semé la panique dans les faubourgs, puis près de l’aéroport, sécurisé par les Français et où stationnent les hommes de l’opération Sangaris et les contingents de la Misca.
L’armée française avait lancé jeudi une vaste opération de « dissuasion » et de sécurisation, mobilisant 600 hommes, dans deux quartiers de la ville.
Depuis le début de l’intervention française, les violences interconfessionnelles se sont multipliées entre les milices chrétiennes « anti-balaka » (anti-machette, en langue sango) et la Séléka, l’ex-rébellion majoritairement musulmane qui a chassé le président François Bozizé en mars 2013.
Beaucoup de chrétiens, victimes pendant des mois des exactions des Séléka, ont soif de vengeance contre les ex-rebelles et les civils musulmans qui leur sont désormais associés.
Les soldats français et les troupes de la Misca peinent à calmer les violences qui se sont déclarées dans la ville, qui se découvre minée par les haines confessionnelles, après des années de cohabitation pacifique entre chrétiens et musulmans.
Les Tchadiens notamment sont accusés par une majorité de la population de soutenir les ex-rebelles Séléka -dont certains sont originaires du Tchad- et ont été impliqués récemment dans plusieurs incidents.
Ces violences ont provoqué des déplacements massifs de population dans le pays: près de 710.000 déplacés, dont 214.000 à Bangui (sur environ 800.000 habitants), selon le Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR).
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