Après plus d’un mois de troubles dans l’est de l’Ukraine, une réunion diplomatique au plus haut niveau, en présence de la Russie, de l’Ukraine, des Etats-Unis et de l’Union européenne, a abouti à un accord sur les étapes pour une désescalade de la crise.
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Le document prévoit :
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Le désarmement des groupes armés illégaux actuellement actifs en Ukraine et l’évacuation des bâtiments occupés. Selon Kiev, ces hommes armés, qui sont présents dans une dizaine de villes de la région, sont des soldats des forces spéciales russes venus de Crimée, ce que Vladimir Poutine a de nouveau démenti lors d’un discours, jeudi.
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La fin des « actions violentes, d’actes d’intimidation ou d’actions provocatrices » menés par l’ensemble des participants. Jeudi, une fusillade avec la police locale a fait trois morts et treize blessés chez les manifestants prorusses dans la ville de Marioupol.
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Une amnistie doit être accordée aux manifestants prorusses qui ont participé à l’insurrection, à l’exception de ceux qui se sont rendus coupables de crimes.
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La mission de surveillance de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe sera chargée d’aider les autorités ukrainiennes à mettre en œuvre ces mesures.
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« DIALOGUE NATIONAL » EN UKRAINE
Le ministre des affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, présent au sommet, a assuré que les quatre parties s’efforceront d’établir un large dialogue national afin d’assurer la protection des droits des citoyens ukrainiens. Aucun détail n’a été donné sur la façon dont ce dialogue s’articulera avec l’élection présidentielle prévue le 25 mai, et que Moscou considère comme illégitime. Les Russes insistent sur le fait que l’Ukraine est « au bord de la guerre civile » et prônent une révision de la Constitution qui donnerait plus d’automonie aux régions russophones de l’Est. M. Lavrov a insisté sur le fait que la Russie n’avait aucun désir d’envoyer des troupes en Ukraine. En l’absence de « progrès » de la Russie, il y aura plus de « sanctions », a toutefois prévenu le chef de la diplomatie américaine, John Kerry. Cet accord pourrait aussi geler, pour un temps au moins, les sanctions économiques que les Occidentaux se préparaient à imposer à la Russie en cas d’échec des négociations.
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En images : l’armée ukrainienne humiliée dans l’Est

 

Poutine : « Voir la main de la Russie en Ukraine est une bêtise »
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La situation de l’Ukraine, l’annexion de la Crimée, la relation de la Russie avec ses partenaires occidentaux, telles étaient les thèmes les plus fréquemment soulevés par le public russe, jeudi 17 avril, à l’occasion de la « Ligne directe », soit le grand marathon télévisé de Vladimir Poutine.
L’accent a d’emblée été mis sur la Crimée, la péninsule ukrainienne annexée par la Russie le 18 mars. « Merci pour la Crimée » figurait parmi les messages les plus souvent envoyés par les intervenants a expliqué l’une des présentatrices au début de l’exercice, une séance de questions-réponses de près de cinq heures, entre le président russe et la population, en usage depuis 2001.
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IMPLICATION DES MILITAIRES RUSSES

« Désormais la Russie est un autre pays » a souligné un présentateur dans une allusion à l’élargissement de la Fédération. Voir « la main de Moscou » dans les troubles qui agitent en ce moment les régions orientales de l’Ukraine, est « une bêtise », a protesté Vladimir Poutine. Il espère ne pas avoir à recourir à une intervention militaire, comme le Conseil de la Fédération (le Sénat russe) l’y a autorisé le 1er mars. Enfin, il a donné un mois à Kiev pour régler le problème du gaz.
Dans le même temps, il a reconnu, et c’est une première, que des militaires russes ont aidé « de façon concrète, résolue et professionnelle » les forces d’autodéfense sur place à prendre le contrôle de la Crimée. « La Russie n’a jamais planifié l’annexion de la Crimée (…) C’est arrivé quand d’éventuelles menaces sont apparues et que le peuple a réclamé l’autodétermination, à ce moment là nous avons décidé de soutenir la Crimée. Tous les membres du Conseil de sécurité ont soutenu ma proposition et tout a été fait très vite et de façon très efficace », a souligné le numéro un russe. « Nous devions le faire, c’était naturel. Il était impossible d’agir autrement », a-t-il insisté.
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Les militaires russes n’ont servi qu’à « protéger la libre volonté du peuple de Crimée » et le maitre du Kremlin n’avait d’yeux que pour le résultat du referendum, la preuve, il a « laissé en blanc les dernières phrases » du discours  prévu pour la cérémonie du rattachement le 18 mars au Kremlin. « J’attendais le résultat [du référendum] », a-t-il expliqué. Au journaliste Evgueni Kisseliov, nommé récemment directeur du groupe médiatique du Kremlin « La Russie aujourd’hui », qui évoquait l’encerclement de l’OTAN, comparé à la progression d’une « tumeur cancéreuse », le président a répondu que l’OTAN ne lui faisait pas peur. « Nous pouvons nous-mêmes tous les étouffer, pourquoi avez-vous peur? », a-t-il ajouté. Vladimir Poutine a bien précisé que l’annexion de la Crimée visait à stopper l’OTAN.
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La sensation du marathon télévisé est arrivée avec l’intervention de Edward Snowden, l’ancien employé de la NSA refugié en Russie après ses révélations sur les programmes de surveillance mis en place par les Etats-Unis. Sa question était la suivante : « Est-ce que la Russie intercepte et archive les conversations de millions de personnes ? Est ce qu’un tel contrôle est justifié selon vous ? ». M. Poutine a réagi en « collègue » : « Vous êtes un ancien agent. Moi aussi j’ai été autrefois en contact avec les services, nous allons donc parler en professionnels ». En Russie, où « les services sont placés sous le strict contrôle de l’Etat, de la société et de la loi », il faut « une autorisation du tribunal pour procéder à des écoutes » a rappelé M. Poutine. « On le fait pour écouter les criminels qui exploitent les moyens de communications pour leurs plans» mais il ne s’agit pas d’un « contrôle massif ».
Evoquant la perte de confiance avec les Etats unis, le chef de l’Etat russe a souligné le « deux poids deux mesures » en vigueur aux Etats unis avec le précédent du Kosovo. « Il n’y a aucune logique dans cette position. Les citoyens ordinaires comprennent ce mensonge. Pour restaurer la confiance il faut que nous parlions la même langue, et que nous donnions plus d’importance au droit international et non pas à la politique d’emploi de la force comme c’est le cas en ce moment. »
Il s’est lancé dans une diatribe particulièrement agressive contre le secrétaire général de l’OTAN Anders Fogh Rasmussen, accusé d’avoir, alors qu’il était premier ministre du Danemark, enregistré une de leur conversation commune, sans crier gare. « Il a enregistré mes propos en secret avec son dictaphone et après il l’a sorti dans la presse. De quelle confiance peut-il être question ? ».
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« LA SUPPLIQUE AU TSAR »

Pour le reste, la plupart des questions avaient plus à voir avec « la supplique au Tsar », le chef de l’Etat étant invité à résoudre les problèmes de canalisations, de routes et de perte du pouvoir d’achat. « Transmettez vos souhaits à Iouri Petrovitch [le présentateur] s’il vous plaît et je verrai ce que je peux faire », a répondu Vladimir Poutine à la directrice de l’école du village de Belgo dans la région de Khabarovsk (Extrême-orient russe) qui demandait que le village ait enfin l’accès au gaz ainsi qu’au passionné d’automobiles qui se plaignait de l’absence de routes dignes de ce nom dans sa région.
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Un intervenant s’est ému de la vie sentimentale du président, lui demandant s’il allait se remarier après son divorce avec son ex-femme Lioudmila, intervenu de façon officielle il y a quelques jours de cela. « Il faut d’abord que je trouve un mari à Lioudmila et ensuite je m’occuperai de moi », a-t-il répondu, pour la grande joie du public. Un autre s’est fendu d’un conseil : « Si vous faites fusiller publiquement un groupe de 300 voleurs comme en Chine vous aurez le peuple avec vous ».
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Bon comme un citron bien rond !