logo
16 civils non armés, dont trois employés locaux de Médecins Sans Frontières ont été tués lors d’un vol à main armée qui s’est produit samedi après-midi à l’hôpital de Boguila, un hôpital géré par MSF, au nord de la République centrafricaine (RCA).
MSF condamne fermement cette attaque injustifiée contre des civils non armés dans un lieu clairement identifié comme étant une structure de santé de MSF. « Nous sommes extrêmement choqués et attristés par la violence brutale utilisée à l’encontre de notre personnel médical et de la communauté, a déclaré Stefano Argenziano, chef de mission de Médecins Sans Frontières en RCA. Notre priorité est maintenant de soigner les blessés, d’informer les familles, ainsi que d’assurer la sécurité de nos collaborateurs, de nos patients et de l’hôpital. »
rca_hopital_boguila_2012_2053d81cea
« Ce tragique incident nous a obligés à réduire notre équipe et suspendre nos activités à Boguila. MSF maintient son engagement à porter assistance à la population mais nous devons également prendre en compte la sécurité de nos collaborateurs, a ajouté Stefano Argenziano. En réaction à cet acte terrible, nous évaluons également s’il est possible de continuer nos activités dans d’autres zones. »
new_image_1
L’incident s’est produit quand des membres armés de l’ex-Seleka ont encerclé l’hôpital de Boguila alors que se tenait une réunion à laquelle MSF avait convié 40 leaders communautaires pour discuter de l’accès aux soins. Des hommes armés ont pillé le bureau de MSF sous la menace d’armes. Des coups de feu ont été tirés en l’air. Dans le même temps, d’autres hommes armés se sont approchés du lieu de la réunion où se trouvaient des collaborateurs de MSF et des membres de la communauté, non armés. Sans raison, les hommes armés ont commencé à tirer dans la foule, tuant et blessant grièvement des civils.
malaria_congo
MSF est la seule organisation internationale humanitaire présente à Boguila pour répondre aux besoins des populations exposées à des attaques mortelles, et sans distinction, par les groupes armés opérant dans la zone. Les événements tragiques de samedi constituent une attaque inacceptable, non seulement contre les civils mais également contre la capacité à délivrer des soins médicaux et une assistance humanitaire.
téléchargement (2)
MSF appelle toutes les parties au conflit à respecter la neutralité du personnel médical, des structures de santé et des activités.
Depuis le coup d’Etat de mars 2013, la ville de Boguila est instable avec des tensions et une violence croissantes, qui ont provoqué des déplacements de population massifs en août 2013. En décembre 2013, des musulmans fuyant les violences dans le village tout proche de Nana Bakassa, ont cherché refuge auprès de familles d’accueil à Boguila, avant de se diriger vers le nord. Plus récemment, le 11 avril, près de 7 000 personnes ont fui dans la brousse et jusqu’à 40 personnes se sont réfugiées au sein des bâtiments de MSF, après qu’un groupe armé a attaqué un convoi qui transitait à travers Bangui, accompagné par la MISCA.
Depuis 2006, MSF gère l’hôpital de 115 lits de Boguila et dispense des soins de santé primaire et secondaire à une  population estimée à environ 45 000 habitants dans la région. Nos équipes soutiennent également 7 centres de santé autour de Boguila, principalement pour la prise en charge du paludisme et les références des cas sévères vers l’hôpital. Chaque mois, entre 9 000 et 13 000 consultations sont dispensées et environ 5 000 à 10 000 patients sont traités contre le paludisme.
images (6)
MSF travaille en République centrafricaine depuis 1997. Actuellement, MSF a plus de 300 expatriés et 2 000 collaborateurs centrafricains qui travaillent dans le pays. MSF gère 7 projets réguliers (à Batangafo, Carnot, Kabo, Ndélé, Paoua, Bria et Zémio) et huit projets d’urgence (à Bangui, Berbérati, Bouar, Boguila, Bossangoa, Bangassou et Bocaranga, ainsi que des cliniques mobiles au nord-est du pays). Les équipes de MSF sont également actives auprès des réfugiés centrafricains qui ont fui au Tchad, au Cameroun et en République démocratique du Congo.
images (3)
Depuis un an, la République centrafricaine (RCA), un pays déjà exsangue, traverse une crise politique majeure, dont les conséquences en termes de déplacements et de violence sont considérables et sans précédent pour la population.
Si ces derniers mois, la minorité musulmane – condamnée à fuir dans un exode massif vers les pays voisins comme le Tchad et le Cameroun – paye plus particulièrement le prix de cette instabilité, c’est l’ensemble de la population du pays qui, à des degrés divers, est touchée.
images (1)
La crise centrafricaine est pourtant bien plus ancienne que sa récente existence médiatique ne le laisse entendre. Médecins Sans Frontières travaille dans le pays depuis 1997. Depuis trois ans, nous n’avons eu de cesse d’alerter sur les conséquences de l’indifférence dans laquelle la situation humanitaire se dégrade rapidement dans ce pays.
Suite à l’assassinat brutal de 16 civils, dont 3 membres de notre personnel humanitaire, à l’hôpital de Boguila, le 26 avril, MSF a décidé de limiter, en signe de protestation et pendant une semaine, ses activités médicales, en RCA et dans les pays limitrophes, au seul maintien de ses services d’urgence. Il s’agit pour MSF d’exprimer son indignation, mais également de réévaluer les conditions de travail de ses équipes et l’impact potentiel sur nos activités médicales.
logo
« Nous demandons instamment au gouvernement de transition de la RCA et à tous les groupes armés de condamner publiquement cette attaque odieuse, a déclaré Arjan Hehenkamp, directeur général de MSF. Nous demandons à tous les groupes armés du pays de prendre leur responsabilité envers les populations vivant dans les territoires sous leur contrôle, de s’engager publiquement à encadrer leurs troupes et à respecter les civils et les travailleurs humanitaires. Aussi, nous demandons au gouvernement de transition – appuyé par les forces militaires internationales – d’honorer les engagements pris en matière de protection des populations civiles qui en ont le plus besoin. »
images (9)
MSF est consternée par le fait que le gouvernement de transition de la RCA et les représentants des groupes armés n’aient pas largement et fermement condamné le massacre de Boguila, ainsi que toutes les violences similaires ayant eu lieu sur l’ensemble du pays. Pourtant, il revient à ces représentants des différentes parties au conflit d’assumer cette responsabilité et de prendre position face à de tels actes.
images (7)
« S’attaquer à MSF, c’est s’attaquer à l’un des principaux acteurs médicaux déployés aujourd’hui dans le pays et, dans certaines zones, à l’unique pourvoyeur de soins de santé,  déclare Arjan Hehenkamp. Dans ce contexte de grand dénuement sanitaire, nous restons déterminés à apporter à la population centrafricaine l’assistance médicale dont elle a besoin, mais les différents acteurs doivent aussi assumer les responsabilités qu’ils revendiquent. »
images (8)
Au cours des 18 derniers mois, MSF a été régulièrement victime de nombreux actes de violence, dont la moitié ont eu lieu dans la préfecture de l’Ouham, où se situe notamment Boguila. Des employés du ministère de la Santé ainsi que d’autres organisations humanitaires internationales ont également été attaqués à plusieurs reprises sur l’ensemble du pays.
Depuis plus d’un an, les civils, pris au piège du conflit, continuent de souffrir d’un niveau extrême de violence, de déplacements forcés et d’une crise sanitaire sans précédent, et ce dans l’indifférence de la communauté internationale et des forces de maintien de la paix aujourd’hui déployées en RCA.
images (4)
Depuis 2006 MSF travaille dans l’hôpital de Boguila (115 lits) ou des soins de santé primaires et secondaires sont dispensées pour une population estimée à 45 000 habitants dans la région . Les équipes MSF prennent également en charge 7 postes de santé autour de Boguila pour y fournir des soins de santé primaire, prendre en charge le paludisme et référer les cas graves vers l’hôpital. Chaque mois, entre 9 000 et 13 000 consultations médicales sont dispensées, et 5 000 à 10 000 personnes sont soignées pour le paludisme.
visuel-dossier-urgence-rca
MSF travaille en RCA depuis 1997. Actuellement, plus de 300 personnels internationaux et plus de 2 000 employés centrafricains travaillent pour MSF dans le pays. MSF gère 7 projets réguliers (Batangafo, Carnot, Kabo, Ndélé, Paoua, Bria et Zémio ) et 6 projets d’urgence ( Bangui, Berbérati, Boguila, Bossangoa, Bangassou et Bocaranga), ainsi que des dispensaires mobiles dans le Nord-Ouest du pays. Les équipes MSF fournissent également une assistance aux réfugiés centrafricains qui ont fui vers le Tchad, le Cameroun et la République démocratique du CongoEn 2011, MSF a fait un appel à mobilisation en faveur de la République centrafricaine. MSF souhaitait alors alerter l’opinion publique au sujet de la crise médicale chronique qui frappe la RCA, en silence. Cinq enquêtes distinctes de mortalité rétrospective avaient été conduites en République centrafricaine dans les préfectures hébergeant la majorité de la population. Conduites par Médecins Sans Frontières et d’autres organismes de recherche, ces études avaient révèler un taux de mortalité supérieur au « seuil d’urgence ».tmp510817841436426241
Ce dossier rassemble toutes les informations relative aux actions de MSF en RCA et dans les pays frontaliers accueillant des réfugiés, ainsi que nos prises de parole publiques pour dénoncer cette situation et appeler la communauté internationale à l’aide.images (11)

MSF lance un appel aux dons d’urgence pour poursuivre ses actions et développer sa capacité à agir auprès de cette population meurtrie.

don
Pour faire un don :
– Par voie postale à
Médecins Sans Frontières
URGENCE RCA
75011 PARIS

Articles

 

 

Bon comme un citron bien rond !