Silk Road est une place de marché sur Internet qui a pour particularité d’utiliser le réseau Tor pour assurer l’anonymat à la fois des acheteurs et des vendeurs. Un autre élément permettant l’anonymat se situe dans l’utilisation quasi-exclusive sur le site de bitcoin, une monnaie électronique dont la possession n’est pas nominative et qui est complètement séparée du système bancaire international.

Bien qu’en théorie on puisse acheter et vendre n’importe quelle marchandise sur le site, l’anonymat même relatif du service fait qu’il est utilisé essentiellement pour vendre ou acheter ce qui ne peut que difficilement être acheté ou vendu légalement, notamment des stupéfiants et des armes. Cependant, les administrateurs du site se réservent un droit de censure sur les objets vendus. De fait, les ventes d’armes ont été bannies du site, et le site frère ouvert pour ce type de transactions a fermé en août 2012 pour manque d’activité.

L’acheminement des marchandises du vendeur vers l’acheteur se fait par les réseaux standards de distribution de courrier et colis. L’usage de cette méthode est rendue possible par le fait que ces opérateurs ne peuvent en général, pour des raisons aussi bien pratiques que déontologiques, inspecter tous les colis qu’ils transportent ou contrôler l’identité des expéditeurs. En outre, la réception d’un colis n’est pas nécessairement incriminante pour le destinataire, car celui-ci peut nier de façon plausible en avoir fait la commande, sous réserve qu’il est capable de dissimuler les traces de son achat enregistrées sur son équipement informatique.

Les autorités américaines connaissent le site et en juin 2011 un sénateur américain l’a publiquement dénoncé en appelant à sa fermeture immédiate. Cet appel est resté sans effet et en août 2012, une étude quantitative a été menée qui tend à montrer que le site prospère.

Bien qu’international, le site est essentiellement anglophone.

WEB – Selon l’étude d’un expert informatique…

Héroïne, cocaïne, LSD, MDMA, champi, crystal meths, cannabis, speed, crack, opium, xanax… Toutes les drogues s’échangent sur le site de e-commerce Silk Road. Et le business, principalement illégal, ne connaît visiblement pas la crise: selon une étude (pdf ici) de l’expert en sécurité informatique de l’université Carnegie-Mellon, Nick Christin, les ventes sur Silk Road se montent à 22 millions de dollars (18 millions d’euros) sur un an.

Cette «route de la soie» est un marché en ligne à mi-chemin entre Amazon et eBay. Comme l’a imaginé la littérature cyberpunk, il n’est accessible que via le logiciel TOR, qui anonymise et décentralise le trafic Internet. Les transactions ne s’effectuent pas en dollars ou en euros mais en bitcoins, cette crypto-monnaie virtuelle affranchie des banques centrales (qui peut être utilisée pour tout type d’achats en ligne, légaux comme illégaux, ndr).

Comme sur eBay, la réputation des vendeurs est le paramètres le plus important et le bouche à oreille tourne à plein. Sur le forum, chacun échange ses expériences sur les fournisseurs et leurs produits. «Cristaux clairs et puissants, j’ai plané comme jamais», écrit l’un. «J’ai 30 ans d’expérience en synthèse de meth, la qualité de ce produit est épatante», conclut un autre.

Livraison à domicile

Quand un acheteur passe un ordre, le vendeur lui fournit une clé pour encrypter son adresse postale afin de laisser le moins de traces possibles. Même si l’inventeur de la monnaie bitcoin a, à plusieurs reprises, expliqué qu’il était possible de remonter la route des transactions, les utilisateurs les plus techniquement avancés multiplient les tours de passe-passe et utilisent parfois des boites aux lettres ouvertes sous un faux nom pour brouiller les pistes.

Silk Road et ses acteurs peuvent-ils échapper aux autorités encore longtemps? Suite aux articles de Gawker et de Wired, l’an dernier, des sénateurs américains se sont alarmés et penchés sur la question. Récemment, le DEA, l’agence américaines anti-drogue, a ouvert une enquête et cherche à identifier les administrateurs du site, qui, selon l’étude, auraient touché 1,9 million de dollars sur un an grâce aux commissions prélevées sur chaque transaction.

L’administrateur principal, connu sous le pseudo Dread Pirate Roberts, a fait profil bas ces derniers mois, relançant les rumeurs sur une possible arrestation. Mais fin juillet, il a annoncé le lancement d’une nouvelle formule du site. Sur le forum, certains rappellent toutefois que le pirate Sabu, d’Anonymous, faisait semblant d’être actif alors qu’il collaborait avec les autorités après s’être fait pincer.

voir l’ article:  « Pourquoi et comment le FBI s’attaque à la face cachée du web « 

  1. Ping: Everything You Know About Your Personal Hygiene Is Wrong | LES RAISONS DU CITRON

  2. Ping: Silk Road, "l’eBay de la drogue", fermé par le FBI | LES RAISONS DU CITRON

Bon comme un citron bien rond !

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