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Voilà une arrivée attendue mais tardive sur un marché porteur. Une évolution stratégique derrière laquelle se dessinent – aussi – des ambitions pas forcément avouées. En ouvrant son service iTunes Radio, mercredi 18 septembre – pour le seul marché américain dans un premier temps –, Apple a fait son entrée sur le marché du « streaming », ce procédé qui permet d’écouter de la musique en ligne sans la télécharger.

Le groupe américain comble ainsi son retard sur ses grands rivaux, Google, Microsoft, Sony et même Nokia, qui ont déjà investi ce mode de consommation partout en progression dans le monde. Initié par des sociétés comme le suédois Spotify ou le français Deezer, le streaming a vu ses revenus progresser de 11 % au premier semestre (sur un an) en France par exemple, atteignant 26,1 millions d’euros, soit 40 % des revenus de la musique numérique, selon le Syndicat national de l’édition phonographique.

Contrairement aux services à la demande de Spotify ou de Deezer, l’iTunes Radio, comme son nom l’indique, fonctionne comme une radio : il n’est pas possible de choisir les morceaux que l’on veut écouter, tout juste peut-on opter pour l’une ou l’autre des 300 stations thématiques proposées (pop, rock, jazz, reggae…).

LE MODÈLE ÉCONOMIQUE DE LA MUSIQUE EN LIGNE ÉVOLUE

La firme à la pomme a intégré un algorithme qui reconnaît les préférences de l’utilisateur – en fonction de ce qu’il a acheté ou le plus écouté – et joue des morceaux en conséquence. Il est possible d’indiquer à la machine que l’on ne souhaite plus écouter tel morceau ou, au contraire, qu’on aimerait que plus de chansons de tel type soient jouées.

Accessible avec le logiciel iTunes, la radio d’Apple sera disponible sur tous les appareils dans lequel celui-ci est installé : iPhone, iPod Touch, iPad, Mac et Apple TV, mais aussi PC. Le service devrait être gratuit, financé par des publicités intercalées entre les chansons.

Si Apple se lance sur le streaming, c’est que le modèle économique de la musique en ligne évolue. De plus en plus de consommateurs sont séduits par l’écoute directe en ligne et pourraient, à terme, être moins enclins à acheter de la musique.

MENACE POUR LA CONCURRENCE

Or, Apple récupère 70 % des revenus issus du téléchargement de musique dématérialisée. Et la musique représente, selon certaines estimations, un tiers des revenus de son magasin en ligne. Le groupe ne peut se permettre d’attendre que ce marché se réduise.

« Ce que fait Apple est plutôt intelligent, note Yves Riesel, cofondateur de la plate-forme de téléchargement en ligne Qobuz. Ils vont pousser leurs utilisateurs à écouter de la musique en streaming, mais ensuite les inciter à acheter les morceaux qu’ils aiment. » Apple conserverait ainsi, quoi qu’il arrive, les revenus, plus rentables, du téléchargement.

Pour Martin Pyykkonen, de Wedge Partners, l’avenir de la consommation de musique réside dans un mélange des deux modes d’écoute. « Les services de streaming proposent la grande majorité de ce qui intéresse les gens, mais n’ont pas tout, explique l’analyste. Certains voudront toujours des morceaux rares ou indisponibles en écoute directe et seront prêts à payer pour ça. »

Les grands perdants risquent d’être Deezer ou Spotify. L’iTunes Radio pourrait dissuader de s’abonner à leurs offres et de se contenter du service de la pomme.

Bon comme un citron bien rond !

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