Pourquoi la religion juive se transmet-elle par la mère ?

L’identité juive est due à l’ascendance matrilinéaire, ce qui signifie que c’est la mère qui détermine ou non l’identité juive de l’enfant.

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Le Judaïsme se conforme au concept du « Mater semper certa est »… c’est-à-dire à l’idée que « la mère est absolument sûre ».. .. mais pas le père. En outre, un verset de la Thora précise parfaitement la matrilinéarité en plus des décrets rabbiniques ou de la halaka(devarim chap 7 ver 3-4) : « ne t’allie avec aucun d’eux : ta fille ne la donne pas à son fils et sa fille n’en fais pas l’épouse du tien car il détacherait ton (petit) fils de moi et ils adoreraient des divinités étrangères… »

 

-Principe de matrilinéarité.

Conformément à la loi rabbinique, depuis le deuxième siècle de notre ère, on considère que l’enfant né d’une mère juive et d’un père non-juif est juif, tandis que celui d’une mère non juive et d’un père juif ne l’est pas. Bien que chacune de ces deux règles ait en réalité sa propre histoire, on s’accorde habituellement à les regrouper sous le titre général de Principe de matrilinéarité (l’identité de l’enfant dépend du statut de la mère). D’où vient cette loi qui pourrait paraître arbitraire à certains ? Comment expliquer ce phénomène qui rythme la vie juive et peut parfois bouleverser des familles entières dans les cas de « mariages mixtes »

 

-Et tu marcheras dans ses voies ..

Comment peut-on considérer que la religion se transmet effectivement par la mère, alors que de nombreuses sources montrent que l’influence du statut du père sur celui de l’enfant est prédominante dans la Loi juive ? Le Rav M. Gugenheim montre dans son ouvrage « Et tu marcheras dans ses voies » différents exemples dans lesquels l’enfant prend le statut de son père. Ainsi, le statut de Cohen, de Lévy ou de simple Israël se transmet exclusivement par le père. Ceci est vrai selon la Torah, mais également dans la plupart des sociétés dans lesquelles l’identité de l’enfant est avant tout déterminée par l’identité du père. Cependant, il existe une « identité de l’être » dépassant la simple « identité sociale ». L’ « être » ne devient complet qu’après la grossesse de la femme. Il est donc intrinsèquement lié à sa mère qui a permis que sa vie se concrétise, au-delà de la « potentialité » apportée par le père.

 

-Identité de l’être.

Peut-être cette idée peut-elle expliquer le fait qu’un enfant naissant d’une mère non-juive prenne le statut de sa mère. C’est ici l’ « identité de l’être » qui est en jeu. Par contre, si la mère est Cohen et que le père est Israël, le fils deviendra Israël comme son père, car c’est de son « identité sociale » dont il est question. Il n’en restera pas moins que son « identité de l’être » sera la même que celle de sa mère, au-delà de tous les aspects administratifs et sociaux. En d’autres termes, il sera considéré comme juif avant d’être considéré comme un Cohen.

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Une Loi Orale remontant au Sinaï.

Plusieurs explications peuvent être trouvées grâce à l’étude et à la réflexion. Toutefois, sur le plan de la Halakha, ce n’est pas la pertinence des raisons invoquées qui détermine la transmission de la judéité, mais bien l’existence d’une tradition orale remontant au Sinaï et retrouvée grâce à l’exégèse talmudique.

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Une autre vision.

Beaucoup de mouvements juifs libéraux ou réformés, en Europe et aux Etats-Unis non par déni du Talmud, mais par volonté d’adaptation à l’époque moderne ont tranché et considèrent, depuis les années 80, que la transmission patrilinéaire vaut la transmission matrilinéaire et que les enfants d’un père juif et d’une mère qui ne l’est pas –bien qu’ils recommandent la conversion de la mère non-juive au judaïsme – ont la présomption d’être d’ascendance juive à confirmer par une éducation juive appropriée.

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Shaye Cohen.

Historien et professeur de philosophie hébraïque à l’université de Harvard, fait remarquer que dans tout mariage où il n’y a pas eu de faute, l’enfant a le statut du père (Cohen, Lévi, Israël). L’argument de la filiation matrilinéaire, donnée par les laïcs dans les mouvements orthodoxes et conservateurs (bien que pas par leurs rabbins) est la « certitude » de la maternité par opposition à l’« incertitude » de la paternité. ». Shaye Cohens’emploie à démontrer que le principe de la matrilinéarité aurait été introduit à l’époque de la Mishna en rupture avec la loi patrilinéaire traditionnelle. En effet, le principe de la matrilinéarité semble ignoré de la Bible hébraïque, et des écrits du premier siècle de l’ère commune. Et de rajouter : aucune de ces explications ne tient, à l’exception des possibles parallèles entre droit talmudique et droit romain, ainsi que le pourrait suggérer le style de la Mishna Kiddoushin 3:12. Cependant, Shaye Cohen estime qu’il existe peu de preuves à l’appui de cette assertion et avance que les Tannaïm (auteurs) auraient pu établir cette loi en se fondant sur celles des kilaïm (hybrides-T.BYoma74a-b).Une transmission purement matrilinéaire.

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La règle originelle aurait été patrilinéaire, mais ne se serait appliquée qu’à des cas où les parents étaient légalement mariés, ou étaient considérés comme conjoints légaux, auxquels cas l’enfant possède un père légal. Dans le cas d’un mariage entre deux Juifs ou deux non-Juifs, l’enfant hériterait de son statut, Juif ou Gentil, de son père. Aux temps bibliques, la même règle se serait appliquée aux unions mixtes, socialement méprisées mais légalement possibles. Cependant, et ce dès l’époque d’Ezra, la loi juive aurait considéré ces unions mixtes comme non seulement interdites mais invalides. En conséquence, l’enfant d’une telle union n’aurait pas eu de père légal, recevant le statut de sa mère par défaut, de même qu’en Angleterre, les enfants légitimes recevaient le nom du père, les enfants non légitimes ceux de la mère.

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Bar Mitzvah

Ce n’est donc qu’en cas de mariage mixte qu’en enfant hériterait de la judéité par la mère ; dans les cas normaux, il hériterait du statut du père, mais la judéité de la mère serait la condition sine qua non pour que cela se produise, ce qui reviendrait en définitive à considérer qu’il s’agirait d’une transmission purement matrilinéaire.

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Pour le rabbin Rivon Krygier le « judaïsme » désigne la culture traditionnelle juive, tandis que la « judéité » concerne le statut légal de la personne aux yeux de la société juive traditionnelle. C’est la judéité et non le judaïsme qui est fonction de la mère. La loi juive classique impose clairement aux pères le devoir d’instruire les garçons à l’étude et à la pratique de la Tora, et à eux seuls, suivant en cela la conception patriarcale de la société antique, quasi universellement répandue.

 

 

Qui est juif en Israël ?

Depuis la fondation de l’État d’Israël en 1948 cette question « qui est juif ? » passa dans le langage courant et réapparut à plusieurs reprises, provoquant des remous religieux, sociaux et politiques, Le principe de la matrilinéarité se trouve en effet au centre d’un débat permanent en Israël sur le thème « Qui est juif ? »
Afin de faire son Alyah, et pour prétendre à la citoyenneté israélienne, il n’est pas obligatoire d’être né de mère juive. Selon la Loi du Retour appliquée par l’Etat d’Israël, il suffit qu’un des deux parents ou grands-parents le soit. De facto, les personnes converties en dehors d’Israël par des tribunaux rabbiniques non-orthodoxes peuvent bénéficier de la Loi du retour. Le type de conversion n’ayant pas été défini par la loi, à la suite de divers recours juridiques, la Cour suprême reconnaît les conversions non orthodoxes effectuées hors d‘Israël, mais pas en Israël. Ce sujet continue à susciter de vives polémiques dans le pays.
Le problème comme on le sait est fort complexe, d’autant qu’il y a dans le caractère juif d’un individu à la fois une dimension ethnique (notion de peuple ou de nation) et une dimension religieuse. Conditionnée par les contingences juridiques et démographiques d’une époque lointaine, la définition rabbinique de la judéité reste inchangée. Cette étonnante permanence, qui inquiète les démographes, peut susciter des réactions diverses : pour certains, elle est une manière d’outrage au principe de l’égalité des sexes alors que d’autres y voient un hommage rendu à la femme juive

En annexe, Nicolas Bedos réponds à Dieudonné.

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