Le président ukrainien par intérim, Oleksandre Tourtchinov, a demandé, lundi 14 avril, le déploiement de casques bleus de l’ONU dans l’est de l’Ukraine, où des insurgés prorusses occupent mairies et commissariats dans près d’une dizaine de villes, et où l’autorité de Kiev se réduit d’heure en heure.
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Lors d’une conversation téléphonique avec le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, M. Tourtchinov a suggéré qu’une « opération antiterroriste » pourrait être menée conjointement par les forces de sécurité ukrainiennes et des casques bleus, selon la présidence. Ce déploiement devrait être autorisé par le Conseil de sécurité de l’ONU, où la Russie dispose d’un droit de veto, ce qui le rend de fait impossible.
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Le président ukrainien par intérim, Oleksandre Tourtchinov

Tensions à Sloviansk et à Gorlivka

A Gorlivka, ville de 300 000 habitants située dans le sud de la région, une centaine de séparatistes ont attaqué le siège de la police. Dans la ville de Sloviansk, où le drapeau russe flotte sur le quartier général de la police, Viatcheslav Ponomarev, un des chefs de l’insurrection, a affirmé « que les autorités centrales » [ukrainiennes] avaient envoyé
« mille mercenaires et des tanks » et a demandé « la protection » de Moscou.
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Les autorités ukrainiennes ont annoncé avoir lancé leur propre opération antiterroriste contre les insurgés, sans que les journalistes sur place ne relèvent de heurts réels. L’ultimatum lancé aux séparatistes pour qu’ils déposent les armes en échange d’une amnistie a expiré sans résultat visible sur le terrain. Depuis le 12 avril, Sloviansk clignote sur la carte en lettres blanches, bleues et rouges, couleurs du drapeau russe. La ville est l’épicentre d’un drame historique qui la dépasse :
l’Etat ukrainien se trouve entre la vie et la mort.
Le premier ministre russe Dmitri Medvedev, le 14 avril à Moscou.
La réunion d’urgence qui s’est tenue ce week-end à l’ONU à la demande des Russes a tourné au dialogue de sourds, les Occidentaux reprochant à Moscou d’avoir orchestré les derniers événements. « Il y a de nombreux signes que dans l’est de l’Ukraine des groupes armés actifs reçoivent le soutien de la Russie », a assuré l’un des porte-parole du gouvernement allemand, évoquant « les uniformes et les armes portés par quelques-uns de ces groupes ».

Thomas Shannon, conseiller du secrétaire d’Etat américain, a jugé « tout à fait évident que la main de la Russie est derrière tout cela », ajoutant que l’envoi d’une assistance armée aux forces ukrainiennes n’est pas une option exclue.
Pro-Russian armed men stand guard while pro-Russian protesters gather near the police headquarters in Slaviansk
Lors d’un entretien téléphonique avec Barack Obama, lundi, Vladimir Poutine a qualifié ces accusations de « spéculations basées sur des informations infondées », selon le Kremlin. Plus tôt dans la journée, la présidence russe affirmait recevoir « de nombreuses requêtes, adressées personnellement à Poutine des régions de l’est de l’Ukraine, qui demandent de les aider, d’intervenir d’une manière ou d’une autre ». Moscou a également dénoncé une visite du directeur de la CIA, John Brennan, à Kiev au cours du week-end. La Maison Blanche a minimisé une visite qualifiée de normale.
François Hollande, Barack Obama et David Cameron se sont entretenus, lundi, et « partagent la même inquiétude face aux événements violents », a rapporté l’Elysée. De nouvelles sanctions contre des responsables russes, notamment des restrictions sur les relations commerciales et financières, ont été décidées et devraient être dévoilées dans les prochains jours. MM. Obama et Hollande espère enclancher « une désescalade » lors d’un sommet qui réunira la Russie, les Etats-Unis, l’Ukraine et l’UE jeudi 17 avril à Genève.

  • Vers un référendum sur le statut de l’Ukraine ?

S’il a menacé de lancer l’armée, le président Oleksandre Tourtchinov a aussi évoqué la possibilité d’organiser un référendum sur le statut du pays en même temps que la présidentielle prévue le 25 mai. La tenue d’un tel scrutin est l’une des revendications des séparatistes, qui réclament d’être consultés sur le rattachement à la Russie ou une « fédéralisation » de l’Ukraine lors d’un vote le 11 mai. Des options exclues à Kiev, où les nouvelles autorités craignent un éclatement du pays. Le gouvernement a néanmoins promis de proposer des réformes constitutionnelles allant dans le sens d’une « décentralisation » au profit des régions. Lundi, Moscou a dénoncé cette proposition de vote, estimant que Kiev devait laisser les régions de l’Est participer à l’élaboration d’une nouvelle Constitution, plutôt que de leur imposer les termes d’un référendum.

La Russie prend-elle le contrôle de l’Ukraine ?
Quel est le rôle de la Russie dans les insurrections armées prorusses qui ont éclaté à Donetsk, Lougansk, Sloviansk et d’autres grandes villes de l’Est ukrainien ?
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Le gouvernement de Kiev a-t-il raison d’évoquer « une guerre menée par la Russie » ? Quel est l’intérêt de Poutine dans cette opération de déstabilisation de l’Ukraine qui a commencé avec l’annexion de la Crimée ?

Poutine juge les accusations d’ingérence russe «infondées»
Plus que jamais, l’Ukraine est menacée d’éclatement entre l’est russophone et le centre et l’ouest tournés vers l’Europe. Dans la nuit de lundi à mardi, d’après plusieurs témoins, les troupes de l’armée ukrainienne étaient en route vers l’est du pays pour mener une «opération anti-terroriste» contre les militants pro-russes.
Les insurgés sont en effet repassés à l’offensive lundi dans la région, notamment dans la localité de Gorlivka, demandant l’aide de Vladimir Poutine face au pro-européen de Kiev, qui a lancé un appel à l’ONU. Le président ukrainien par intérim, Olexandre Tourtchinov, avait laissé jusqu’à ce lundi matin aux insurgés pro-russes pour désarmer, sans risque de poursuite. En vain.
Selon l’Otan, la Russie a massé jusqu’à 40.000 hommes à la frontière et Vladimir Poutine a de longue date dit qu’il assurerait «à tout prix» la sécurité des populations russophones de l’ex-URSS. L’Union européenne, qui craint une intervention de Moscou, a décidé d’élargir la liste des personnes soumises à des sanctions.
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Dans un entretien téléphonique avec son homologue américain, Vladimir Poutine a, de son côté, qualifié de «conjectures» reposant «sur des informations infondées» les accusations d’ingérence de Moscou. Le président russe a en outre «appelé Barack Obama à faire tout son possible pour ne pas permettre l’usage de la force et un bain de sang», selon le Kremlin.
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Bon comme un citron bien rond !

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