Image

Dieudonné va-t-il être chassé de son fief historique, le théâtre parisien de la Main d’Or ? Si la grève des greffiers ne l’empêche pas, la 18e chambre du tribunal correctionnel de Paris devra trancher, mardi 29 avril, le litige qui oppose l’humoriste aux propriétaires de ce théâtre du 11e arrondissement. Ces derniers, des hommes d’affaires du quartier du Sentier, cherchent à l’expulser au motif que son bail ne serait plus valable.
images (9)
L’enjeu est de taille pour Dieudonné, qui pourrait se voir privé d’une importante source de revenus. Depuis la passe d’armes qui l’a opposé cet hiver à Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur, il joue une quinzaine de jours par mois sa nouvelle création, Asu Zoa, une version édulcorée de son précédent spectacle, devant les quelque 250 spectateurs du théâtre du passage de la Main-d’Or.
images (12)
L’épisode qui se joue devant la 18e chambre a tout d’un banal contentieux juridique. Selon l’assignation, l’ancienne société de production de Dieudonné, Bonnie Productions, a renouvelé en 2010 un bail de neuf ans l’autorisant àexploiter le théâtre. Or la société a cédé en 2011 son droit au bail aux Productions de la Plume, le nouveau producteur des spectacles de Dieudonné, et ce sans l’accord des propriétaires, affirment les plaignants. Bonnie Productions a en outre été radiée des registres le 19 septembre 2013.
images (11)

TRANSFERTS D’ESPÈCES

Ce contentieux tranché, Dieudonné n’en aura pas fini avec la justice. Le comique doit bientôt comparaître devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour « injure publique à caractère antisémite et provocation à la haine et à la violence ». En cause : les propos tenus sur scène à l’encontre du journaliste Patrick Cohen. Il avait notamment déclaré : « Quand je l’entends parler, Patrick Cohen, je me dis, tu vois, les chambres à gaz… Dommage. » L’audience de fixation est prévue le 19 juin.
images (10)
Le polémiste est en outre visé par plusieurs enquêtes pilotées par le parquet de Paris. La plus importante, ouverte en janvier pour « blanchiment de fraude fiscale », « abus de biens sociaux et recel » et « organisation frauduleuse d’insolvabilité », a été confiée à l’Office central de lutte contre les infractions financières et fiscales.
images (2)
Elle vise les activités professionnelles de Dieudonné en lien avec le Théâtre de la Main d’Or et les Productions de la Plume. Selon Tracfin, le service de renseignement de Bercy, des transferts d’espèces lui auraient permis d’échapper au circuit bancaire et au paiement d’une somme due au titre d’un redressement fiscal. Depuis 2009, 415 000 euros auraient été expédiés au Cameroun, à partir des comptes de son ex-femme, Marine Lutinier, et de son fils Merlin. Des perquisitions dans les différentes résidences de l’humoriste ont permis de saisir 600 000 euros et 15 000 dollars en liquide.
images (13)

ENQUÊTE SUR LES APPELS AUX DONS LANCÉS SUR INTERNET

Une information judiciaire a par ailleurs été ouverte en septembre 2013, avec constitution de partie civile de la Licra, du chef d’« organisation frauduleuse d’insolvabilité ». Les faits visent cette fois le non-paiement à l’association de dommages et intérêts auxquels Dieudonné a été condamné.
images (14)
En janvier, une enquête préliminaire a été ouverte à la suite d’une deuxième plainte de la Licra sur le fondement de l’article 40 de la loi du 29 juillet 1881. Confiée à la brigade de répression de la délinquance aux personnes (BRDP), elle vise des appels aux dons lancés sur Internet par Dieudonné pour financer le règlement deses condamnations pénales, ce qui est illégal.
word4
Une dernière enquête préliminaire pour « contestation de crime contre l’humanité et provocation publique à la discrimination », elle aussi confiée à la BRDP, a été ouverte en mars après une plainte de l’Union des étudiants juifs de France et de l’association J’accuse !. Elle vise les propos tenus sur scène lors de ses spectacles.
1993744348
Dieudonné était par ailleurs visé par une enquête ouverte en mai 2013 sur le financement du Parti anti-sioniste aux européennes de 2009 et aux législatives de 2012. Elle faisait suite à un signalement du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) se fondant sur une vidéo dans laquelle le colistier de l’humoriste, l’essayiste d’extrême droite Alain Soral, évoquait des financements iraniens. Elle a été classée sans suite en février.
images (17)

« Le gouvernement de la République française ne tolérera rien », a martelé François Hollande, mardi 4 mars à l’occasion du 29e dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), dont il était l’invité d’honneur. Si le propos du président, conformément à l’usage, s’est voulu rassurant quant à la volonté de l’exécutif de lutter contre un regain de l’antisémitisme, il n’en a pas moins pris une résonance particulière, deux mois après le bras de fer juridico-politique engagé par Manuel Valls contre Dieudonné M’bala M’bala.
images (16)
Le chef de l’Etat n’a pas éludé les inquiétudes qu’avait exprimées un peu plus tôt le président du CRIF Roger Cukierman. « En 2013, nous pensions avoir vécu une accalmie et même un recul dans les actes et manifestations antisémites. C’était hélas une illusion. Si le nombre des faits avait diminué de 30%, le niveau qui permettait cette comparaison était exceptionnellement élevé », a concédé M. Hollande, dans un discours conçu et écrit comme une réponse, point par point, à celui de M. Cukierman. Lequel avait estimé un peu plus tôt que « l’antisémitisme n’est pas le problème des Juifs », mais bien « le problème de la France ».
franc-maconnerie
« Cette flambée de haine ne surgit pas du néant. Elle a bon dos, la crise », a évacué le président qui, refusant l’explication sociologique, dans une implicite référence à l’affaire M’bala M’bala, a défendu la volonté politique. « Les propagandistes ne se cachent plus, a-t-il estimé. Ils publient des livres, défilent dans la rue, organisent des spectacles et utilisent des moyens modernes pour colporter des rumeurs qui deviennent des tumeurs. »

« CERTAINS SONT ALLÉS TRÈS LOIN, TROP LOIN »

Et François Hollande, faisant référence à l’historien de l’antisémitisme Léon Poliakov et son bréviaire de la haine, de s’appliquer à trancher le débat qui avait alors fait rage : « Certains sont allés très loin, trop loin. La liberté de création, d’expression, de manifestation, sont des valeurs fondamentales de la République. Mais elles ne peuvent offrir aux racistes et antisémites un permis de propager leur thèse », a expliqué le chef de l’Etat, pour qui « la liberté de moquer n’est pas la liberté de haïr. »
180px-Escudo_inquisicion
En écho aux inquiétudes exprimées par la communauté juive quant au développement des thèses antisémites sur Internet, M. Hollande a là encore tenu àfaire oeuvre de fermeté et promis la vigilance sur les réseaux sociaux : « Si nous arrivons à lutter contre les messages pédophiles, nous devons réussir à lutter contre les messages délibérément racistes et antisémites », a-t-il assuré.
Citant la garde des sceaux Christiane Taubira, qui « en matière d’insulte, sait ce que signifie le racisme » et le ministre de l’intérieur Manuel Valls, tous deux présents entre autres ministres, le président a expliqué avoir « demandé au gouvernement de nous faire des propositions pour améliorer notre appareil répressif par rapport au développement de la cybercriminalité. »
téléchargement (1)
Au chapitre proche-oriental, François Hollande, préconisant, ainsi qu’il l’avait fait à la Knesset en novembre 2013, « deux Etats pour deux peuples, l’Etat d’Israël et de Palestine avec Jérusalem pour capitale », l’a répété : « Si on ne veut pas reconnaître l’autre partie, il ne peut pas y avoir de paix. » Non sans rassurer encore une fois quant à sa fermeté face à la République islamique d’Iran : « L’Iran ne disposera jamais de l’arme nucléaire », a-t-il juré.
images (18)
Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a appelé, jeudi 27 février, à combattre« l’antisémitisme virulent » diffusé notamment sur Internet, au cours du dîner du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) de Midi-Pyrénées à Toulouse, deux ans après l’affaire Merah.
1230617402.2
« Jamais la France n’oubliera ce terrible mois de mars 2012 qui a vu l’assassinat de trois militaires français et de quatre Français juifs, dont trois enfants, tués parce que juifs », à Montauban et Toulouse, a d’abord dit le ministre. « Ces souffrances (…) nous intiment l’ordre de ne pas baisser la garde, car quand on s’en prend à un juif de France pour ce qu’il est, pour ce en quoi il croit, on s’en prend à la République, à la France, à nos valeurs », a-t-il affirmé. Le ministre a évoqué « cette lame de fond qui fait se joindre des antisémitismes venus d’horizons divers : l’antisémitisme traditionnel et un nouvel antisémitisme – on connaît le stratagème – qui se cache derrière un antisionisme de façade ».« Cette jonction, qui se fait notamment sur Internet, ranime un antisémitisme virulent, celui dont Alain Soral n’est qu’un petit idéologue rabougri », a-t-il lancé, au sujet de l’essayiste proche de l’extrême droite et du polémiste Dieudonné.
WP (17)

LE SPECTRE D’ILAN HALIMI

« Même si en 2013, en tendance, les actes antisémites sont en baisse par rapport à 2012 – année cependant d’une rare violence – le climat a changé. On n’hésite plus à assumer, à revendiquer, à clamer la haine du juif comme ce fut le cas, dans les rues de Paris, il y a quelques semaines », a dit le ministre, appelant à combattre les propos et les actes qui visent les juifs, les francs-maçons, les étrangers ou les homosexuels.
IHS
M. Valls a salué dans le public le cinéaste Alexandre Arcady, en disant avoir déjà vu son film 24 jours, la vérité sur l’affaire Ilan Halimi. Estimant que ce film allait« inciter chacun à réfléchir sur sa propre responsabilité », il a dit : « Si on n’arrête pas ces mots qui tuent et qui déchirent la société, il y aura d’autres Ilan Halimi ». Ce jeune avait été enlevé dans la région parisienne puis torturé à mort en 2006 par un groupe se faisant appeler le « gang des barbares ».
israeli_paranoia_861885
« Le combat que nous devons mener, ici, à Toulouse, comme partout en France, c’est aussi celui de la lutte contre la radicalisation », a dit M. Valls, évoquant notamment les jeunes partis en Syrie pour le djihad. Devant le maire de Toulouse, Pierre Cohen (PS), et son prédécesseur, Jean-Luc Moudenc (UMP), candidats aux municipales, il a évoqué « la crise identitaire patente dans certains de nos quartiers, chez tous ces jeunes qui se cherchent, non seulement un avenir, mais aussi parfois un passé, une dignité ».
images (20)

Publicités

Bon comme un citron bien rond !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :