La rupture entre Jean-Marie Le Pen et sa fille Marine est consommée.

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« Je m’oppose à la candidature de Le Pen [à la tête de liste aux élections régionales en Provence-Alpes-Côte d’Azur],
parce qu’il est dans une spirale entre la stratégie de la terre brûlée et le suicide politique.

Le FN ne veut pas être pris en otage de ses grossières provocations,

a déclaré Mme Le Pen.

Son but est de me nuire. Nous allons réunir le bureau exécutif pour trouver le meilleur moyen de protéger les intérêts du mouvement. »

Comprendre : prendre des sanctions.

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Jusqu’à présent, jamais Marine Le Pen ne s’en était prise en des termes aussi durs à son père.

Surtout, elle n’avait jamais osé concevoir la mise à l’écart de celui qui demeure la figure emblématique du parti d’extrême droite.

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Marine Le Pen le reconnaît :
« C’est une crise sans précédent. »

Pour la première fois depuis la fondation du parti en 1972,
Jean-Marie Le Pen, pourrait être mis à l’index par ses propres troupes.

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Dans l’entretien qu’il a donné au journal d’extrême droite Rivarol,
le président d’honneur du Front national règle ses comptes avec sa fille.
Celle-ci avait déjà désapprouvé publiquement les propos de son père tenus le 2 avril, sur RMC. M. Le Pen avait une nouvelle fois qualifié les chambres à gaz de « détail »
de l’histoire de la seconde guerre mondiale.
La présidente du FN s’était déclarée « en profond désaccord sur la forme et le fond » avec la sortie de son père, qui répétait une prise de position déjà assumée à plusieurs reprises par le passé.

« On n’est jamais trahi que par les siens », se lamente aujourd’hui M. Le Pen dans Rivarol.

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« Fervents pétainistes »

« Je ne suis pas homme à changer d’avis ni à ramper », assure M. Le Pen.
Il développe son propos asséné à la radio quant à la présence de « fervents pétainistes » au FN. « Je n’ai jamais considéré le maréchal Pétain comme un traître.
L’on a été très sévère avec lui à la Libération. Et je n’ai jamais considéré comme de mauvais Français ou des gens infréquentables ceux qui ont conservé de l’estime pour
le maréchal », assure-t-il.

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Loin de l’entreprise de « dédiabolisation » du parti entreprise par sa fille,
M. Le Pen se permet même de nouvelles provocations à l’égard, cette fois, de
Manuel Valls, naturalisé français à l’âge de 20 ans après avoir quitté l’Espagne.
« Valls est Français depuis trente ans, moi je suis français depuis mille ans.
Quel est l’attachement réel de Valls à la France ?

Cet immigré a-t-il changé du tout au tout ? ,

s’interroge le député européen.

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Au FN, les cadres du parti affirment découvrir l’entretien en même temps que le grand public. Louis Aliot, vice-président du parti, a lui dénoncé sur Twitter cet entretien accordé à un « torchon antisémite ».

« Nos désaccords politiques [sont] désormais irréconciliables »,
lance-t-il.

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« Avec Le Pen, nous nous connaissons depuis de nombreuses années.
C’est moi qui l’ai appelé. Il n’a pas à demander l’autorisation ni à sa fille, ni à

[Florian] Philippot [vice-président du FN], ni à quiconque »,
explique Robert Spieler,
auteur de l’entretien pour le compte de Rivarol.

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Pour le député du Gard, cadre du Rassemblement Bleu Marine,
« les ponts sont rompus » avec le leader historique du FN qui,
« selon toute vraisemblance », ne sera pas tête de liste aux régionales en PACA.
« Des décisions seront prises rapidement », a renchéri mercredi matin le bras droit de Marine Le Pen.

gm

« Faute politique » et dédiabolisation

Avec Jean-Marie Le Pen, l’histoire se répète.
C’est déjà dans cet hebdomadaire qu’il se défendait, en juillet 2014,
après que sa fille eut qualifié de « faute politique » ses déclarations promettant une « fournée » aux artistes opposés au FN,
dont le chanteur Patrick Bruel, de confession juive.
« La diabolisation ne dépend pas de nous. Elle dépend de nos ennemis », répliquait alors le fondateur du FN. Et c’est déjà dans Rivarol qu’il déclarait, en 2005,
que, selon lui,
« l’occupation allemande n’a pas été particulièrement inhumaine ».
Cette sortie lui avait valu son premier désaccord politique avec sa fille,
qui s’était mise un temps en retrait du mouvement.

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Aujourd’hui, M. Le Pen profite de Rivarol pour dire sa désapprobation des choix de la direction du FN en matière économique.
« Je m’honore d’avoir rétabli l’honneur d’être de droite »,
dit-il, assumant son opposition à la retraite à 60 ans, promue par sa fille.
« L’influence chevénementiste (…) est nuisible », poursuit M. Le Pen, dans une référence à peine voilée à M. Philippot, partisan de
Jean-Pierre Chevènement en 2002.

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Avant la présidente du parti, des cadres comme M. Philippot
ou Nicolas Bay, le secrétaire général du FN, s’étaient interrogés publiquement sur l’opportunité d’investir M. Le Pen, âgé de 86 ans,
aux élections régionales.
hb
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