Des émeutiers palestiniens ont lancé jeudi soir des cocktails Molotov sur cet édifice révéré par les juifs à Naplouse.
Le président Mahmoud Abbas a condamné « un acte irresponsable ».

Le Tombeau de Joseph, un site funéraire situé à la périphérie de Naplouse et révéré par les juifs, a été partiellement endommagé par un incendie dans la nuit de jeudi à vendredi.


Une centaine de jeunes Palestiniens, selon l’armée israélienne, ont pénétré dans l’enceinte sacrée avant d’y jeter plusieurs cocktails Molotov.

La police de l’Autorité palestinienne, territorialement compétente, est aussitôt intervenue pour disperser les émeutiers, tandis que les pompiers s’appliquaient à maîtriser les flammes.

Cette attaque «constitue une violation flagrante de la valeur fondamentale de liberté de culte», a dénoncé le lieutenant-colonel Peter Lerner, porte-parole de l’armée, avant de prévenir:

«Nous ferons le nécessaire pour traduire les auteurs de cet acte méprisable devant la justice, remettre le site en état et garantir la liberté de culte au Tombeau de Joseph».

L’incendie, condamné par l’Autorité palestinienne ainsi que par la totalité de la classe politique israélienne, survient dans un contexte de très forte tension en Cisjordanie.

Le meurtre d’Eitam et Naama Henkin à quelques kilomètres de Naplouse, le 1er octobre, a provoqué un regain de violences entre colons israéliens et villageois palestiniens.

Des heurts éclatent, chaque ou presque, aux abords de check-points tenus par l’armée israélienne, et la plupart des factions ont appelé ce vendredi à une «journée de la révolution».

Depuis deux semaines, une vingtaine d’attaques au couteau ont par ailleurs visé des juifs dans les Territoires palestiniens et en Israël.

Point de tension entre juifs et musulmans.

Le site visé par les émeutiers, qui fut révéré à travers les âges par les juifs, les musulmans, les chrétiens et les Samaritains, est réputé être le lieu de sépulture du patriarche Joseph, fils de Jacob et de Rachel. Il est situé à proximité immédiate du camp de réfugiés de Balata, qui fut l’un des foyers les plus actifs de la seconde intifada.

L’armée israélienne fut alors contrainte d’en abandonner le contrôle, si bien que le maintien de l’ordre y est désormais assuré par la police palestinienne. En vertu de la coordination sécuritaire entre les deux parties, elle autorise les fidèles juifs à venir y prier une fois par mois sous sa protection. Mais le lieu, qui fut par le passé le théâtre de plusieurs incendies comme de violents affrontements, demeure un point de tension entre juifs et musulmans.

Sitôt informé de l’incendie, le président Mahmoud Abbas a dénoncé «un acte irresponsable».

«Cette attaque nous rappelle les actes des factions islamistes les plus extrémistes, en Afghanistan ou en Libye, a pour sa part dénoncé Dore Gold, directeur général du ministère israélien des Affaires étrangères. Elle illustre clairement ce qui arriverait si les Lieux saints de Jérusalem se trouvaient sous le contrôle de la direction palestinienne.»

Moti Yegev, député du parti nationaliste-religieux Foyer juif, a menacé:

«Quiconque brûle la Tombe de Joseph montre que sa place n’est pas ici, de même que ceux qui jettent des explosifs et des pierres autour de la mosquée al-Aqsa prouvent ce lieu n’est pas sacré à leurs yeux. Mais ces endroits finiront par revenir entre nos mains.»

Escalade.

Au même moment, la diplomatie, qui a paru impuissante jusqu’alors, cherchait toujours le moyen d’apaiser les esprits. Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira à 15H00 GMT à New York à l’instigation des pays arabes. Le secrétaire d’Etat américain John Kerry a l’intention de se rendre dans les « prochains jours » dans la région.

Policiers et garde-frontières ont été déployés en masse à Jérusalem. Trois cents soldats viendront dimanche à Jérusalem pour prêter main forte aux policiers. L’appel à l’armée est supposé contribuer à endiguer les violences, mais aussi à rassurer la population, dont les nerfs sont mis à l’épreuve par plus d’une vingtaine d’attaques à l’arme blanche depuis le 3 octobre et, pour la première fois mardi, un attentat à l’arme à feu dans un bus à Jérusalem.

Les alertes se succèdent et l’anxiété pousse les Israéliens à s’armer.

Difficile de discerner quelle part peut revenir à la diplomatie. Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s’est redit prêt jeudi soir à rencontrer Mahmoud Abbas, y compris en présence du roi Abdallah II de Jordanie. Il a de nouveau accusé Mahmoud Abbas d’incitations à la violence. Pour la première fois, il a reçu un soutien ferme de la part du secrétaire d’Etat américain.

Abbas « doit condamner (la violence) haut et fort« , a dit John Kerry à la radio NPR News, « et il ne doit pas se livrer à une incitation dans le registre de ce qu’il a parfois été entendu dire« .

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