À Paris, une exposition présente une icône d’Oksana Shachko, fondatrice des Femen.

Retirée du mouvement, elle reste maître dans l’art du sacrilège.

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Au cœur du Marais, la galerie Mansart est blanche comme la neige. Aussi le petit cadre de bois accroché en hauteur avec ses couleurs naïves, or, rouge, bleu, ne passe-t-il pas inaperçu. Mais que fait donc cette pièce d’art religieux au milieu des œuvres abstraites réunies en hommage à Anna Guenrikhovna, cinéaste russe des années 1950, censurée par le régime soviétique ?

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Le diable se niche dans les détails. Les trois anges, aux longues chevelures de filles de l’Est, colliers de fleurs dans les cheveux, fument des clopes autour de quelques bières. Ce sont les Femen travesties en Sainte Trinité.

En effet, l’auteur de cette peinture n’est autre qu’Oksana Shachko, cofondatrice du mouvement. Réfugiée à Paris depuis 2012, l’Ukrainienne a arrêté l’activisme en 2015 pour se consacrer à l’icône religieuse orthodoxe. Plus qu’une nouvelle lubie, c’est un retour à une vocation première. « Avant d’être connue comme Femen, Oksana a été un enfant prodige de l’icône religieuse », rappelle Azad Asifovich, commissaire de l’exposition.

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Jésus gangsta, la Vierge en burqa.

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Une sorte de Rimbaud de la peinture sur bois. Acceptée à 5 ans dans une école réputée, l’enfant enchaîne les commandes pour décorer des églises. Ce sont ses études de philosophie qui ont fait d’elle une athée militante, l’une des trois premières Femen aux côtés d’Anna Hutshol et de Sacha Chevchenko (Inna Chevchenko, connue pour avoir fondé les Femen France, ne s’y est rattachée en fait que plus tard). Finie la petite dessinatrice d’icônes, voilà la sextrémiste dont les seins nus font le tour du monde.

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Entre les idéaux des unes et les ambitions médiatiques des autres, le mouvement s’est délité. En 2015, Oksana, lassée, ressort ses pinceaux. Quand ses œuvres d’enfance restaient dans les clous, ses nouvelles créations détournent les sujets canoniques. Jésus, cheveux longs et bouclés, qui brandit un révolver en mode gangsta. La Vierge Marie qui donne le sein à l’enfant, voilée d’une burqa. Elle prépare avec l’équipe de 8+/-2 une exposition personnelle qui dévoilera ses œuvres les plus explosives au printemps.

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8+/-2. Oksana Shachko, Evor, Niyaz Najafov, Brigitte Cornand, Virgile Fraisse, Ekaterina Vasilyeva, Jean-Luc Blanc, Elizaveta Konovalova, Anne Deguelle, Anne Kreis.
Galerie Mansart, 8 rue Payenne, Paris IIIe, métro Saint-Paul. Jusqu’au 31 janvier 2016.

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