L’heure du bilan a sonné. Depuis sa nomination le 16 mai 2012 à la tête du Quai d’Orsay, Laurent Fabius a mené une politique hésitante et pleine de revirements.
Malgré la COP 21 ou encore l’intervention au Mali,
la diplomatie française a multiplié les échecs, parfois très douloureux.

Pourquoi Laurent Fabius aura été un très mauvais ministre des Affaires étrangères

Quel bilan global peut-on faire de l’action de Laurent Fabius au quai d’Orsay ? Quels adjectifs le qualifieraient le mieux ?

 

Désastreux. Il suffit de comparer l’image de la diplomatie française avant lui et aujourd’hui. Elle avait certes pris du plomb dans l’aile avant son arrivée, mais depuis quatre ans rien ne s’est arrangé. A l’alignement euro-atlantique s’est ajouté une impression de servilité qui ne grandit pas l’image de la France.

La seule question est : quelle est dans cette dérive la part de Fabius et la part de Hollande. Il ne faut pas dédouaner trop facilement le président qui, dans cet affaiblissement de la diplomatie française, a la première responsabilité.

Mais sur tous les sujets, il semble que Fabius ait plutôt aggravé les choses.

On pouvait pourtant espérer en 2012 que dans un gouvernement médiocre et inexpérimenté, Fabius, surdiplômé qui avait été premier ministre, qui avait été à l’école de Mitterrand, qui avait fait preuve d’une belle indépendance d’esprit en appelant à voter non au référendum du 29 mai 2005, porterait avec une certaine dignité l’image de la France. Il n’en a rien été.

Sur le fond, notre politique s’est volontairement privée de ce qui pouvait lui rester de marge de manœuvre vis à vis des conditionnements euro-atlantiques. L’affaire clef a été celle des Mistral que Sarkozy avait vendus aux Russes et que, au détriment du crédit de la France, nous avons, sous pression bien entendu, refusé de livrer. Il était pourtant facile de dire : « Je déplore cette affaire mais c’est mon prédécesseur qui l ‘a engagée, la France ne peut plus se dédire ». Nous avons offert là le spectacle affligeant de l’inféodation la plus servile. Même inféodation dans les affaires de l’Ukraine où la France n’a pas joué le rôle modérateur qui aurait pu être le sien, laissant ce rôle à Mme Merkel, et en Syrie où nous n’avons cessé de verser de l’huile sur le feu. De même Laurent Fabius n’a cessé de vouloir faire échouer la négociation ente les Etats-Unis et l’Iran : qu’elle ait abouti malgré lui montre bien la piteuse place qui est désormais celle de la France. Il n’aura été finalement que la mouche du coche. Dans les affaires européennes, on ne se souvient pas d’une affaire où la France aurait infléchi la position allemande, même dans l’affaire grecque où, ne nous y trompons pas, c’est Obama qui a joué le rôle le plus décisif pour parvenir à un accord.

Sur la forme, il y a eu cette parole malheureuse à l’ONU en 1992 : « Bachar el-Assad n’a pas mérité d’être sur la terre ». Ce ne sont pas des choses qui se disent. Quel mépris ! Un chef d’Etat, bon ou mauvais, représente toujours un peuple. Roosevelt n’a jamais parlé ainsi d’Hitler, ni Truman de Staline. Derrière, il y a une grossière erreur d’analyse sur la longévité de ce régime et un comportement qui a contribué à faire durer une guerre atroce. Il y a aussi le reniement de ce qui était tenu, y compris par la République laïque de 1905 pour une mission historique de la France : protéger les chrétiens d’Orient. Fabius a eu beau aller se balader dans leurs camps en Irak, il a armé, avec d’autres, leurs bourreaux.

 

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Bon comme un citron bien rond !

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