La Corée du Nord a tiré six projectiles à courte portée dans la mer jeudi en signe de défi après l’adoption par les Nations unies des sanctions les plus lourdes jamais décrétées contre Pyongyang, en réaction à son quatrième essai nucléaire et son tir de fusée.
La Corée du Nord déploie régulièrement sa puissance militaire -de manière limitée- face aux pressions internationales sur des sujets aussi divers que son programme d’armements nucléaires ou son bilan en matière de droits de l’Homme.
Selon le ministère sud-coréen de la Défense, les six projectiles -des missiles ou des roquettes- sont tombés en mer du Japon, à 100 ou 150 km des côtes orientales du Nord.
Le ministère des Affaires étrangères chinois a réagi en appelant l’ensemble des parties à s’abstenir de toute action qui pourrait aggraver les tensions.
Les tirs nord-coréens ont eu lieu quelques heures à peine après l’adoption unanime par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution imposant de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, au terme de négociations laborieuses entre Washington et Pékin, unique allié d’importance de Pyongyang.
Tous les yeux sont désormais tournés vers la Chine et la Russie afin de savoir si elles vont les appliquer pleinement.
Pour la première fois, les pays membres de l’ONU seront tenus d’inspecter toutes les marchandises en provenance et à destination de la Corée du Nord, dans les ports et aéroports.
La résolution interdit aussi les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer. Pyongyang ne pourra pas vendre d’or, de titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie, et ne pourra plus se procurer de carburant pour l’aviation et les fusées.
Failles possibles.
Les analystes ont mis cependant le doigt sur certaines failles possibles comme par exemple la définition exacte de ce que devrait être « l’inspection » d’un navire et l’exception permettant l’exportation de minerais si les revenus générés servent à la « subsistance » de la population nord-coréenne.
Selon l’ambassadrice américaine Samantha Power, Pyongyang amasse un milliard de dollars par an en exportant son charbon, et 200 millions de dollars en vendant son minerai de fer.
Le président Barack Obama a salué une réponse « ferme, unie et appropriée » à l’essai nucléaire du 6 janvier et au tir de fusée du 7 janvier, généralement considéré comme un test de missile balistique déguisé, en violation de plusieurs résolutions onusiennes.
« La communauté internationale, s’exprimant d’une seule voix, a envoyé à Pyongyang un message simple: la Corée du Nord doit abandonner ces programmes dangereux et choisir une meilleure voie pour son peuple », a déclaré M. Obama.
La résolution renforce les restrictions bancaires existantes et les pays seront tenus de bloquer tout avion soupçonné de transporter des marchandises en contrebande vers la Corée du Nord.
Ces sanctions « sont parmi les plus lourdes jamais adoptées contre un pays », a souligné l’ambassadeur britannique Matthew Rycroft, tandis que son homologue français François Delattre saluait « des sanctions sans précédent mais ciblées ».
La liste noire des individus et entreprises sanctionnés pour leur implication dans le développement par Pyongyang d’armes nucléaires et balistiques s’allonge avec 16 personnes et 12 entités supplémentaires -dont l’agence spatiale nord-coréenne (NADA).
Des barrières incontournables?
Les diplomates nord-coréens « impliqués dans des activités illicites » devront être expulsés et les dignitaires du régime ne pourront plus se procurer montres de luxe ou jet-skis.
La présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a estimé qu’il s’agissait d’un message fort pour inciter Pyongyang à renoncer à ses ambitions nucléaires: « J’espère sincèrement que le Nord va à présent abandonner son programme de développement nucléaire et emprunter la voie du changement ».
La Corée du Nord est déjà sous le coup de quatre séries de sanctions internationales depuis son premier essai nucléaire en 2006.
Ces sanctions ne l’ont cependant pas empêchée de poursuivre sa course aux armements, ont souligné récemment des experts de l’ONU.
La Chine et la Russie « trouveront des échappatoires comme toujours » pour ne pas appliquer strictement les sanctions, a estimé Roberta Cohen, experte à l’institut de recherche américain Brookings.
La Chine, pourtant irritée par les dernières initiatives de Pyongyang, s’est efforcée de limiter la portée des nouvelles sanctions dans les négociations avec Washington, selon des diplomates.
Pékin redoute un effondrement du régime communiste qui déverserait un flot de réfugiés à sa frontière et n’aimerait pas voir une Corée réunifiée sous influence américaine, des inquiétudes partagées en partie par la Russie.
« Il est difficile d’imaginer que la résolution sera appliquée largement et avec constance, surtout par des acteurs comme la Chine, pour ériger des barrières que la Corée du Nord ne pourra contourner », a jugé Andrea Berger, analyste à l’Institut royal des études de défense et de sécurité de Londres.
Sanctions « sans précédent » contre la Corée du Nord.
Le Conseil de sécurité des Nations unies a imposé mercredi une nouvelle série de lourdes sanctions contre la Corée du Nord après les derniers essais nucléaire et balistique menés par le régime communiste.
Restrictions commerciales.
Et la résolution impose de nouvelles restrictions aux exportations nord-coréennes afin de limiter la capacité du régime à financer ses programmes militaires. Elle interdit ainsi les exportations de charbon, de fer et de minerai de fer, sauf si les revenus générés sont utilisés pour la « subsistance » de la population nord-coréenne. Selon l’ambassadrice américaine Samantha Power, Pyongyang amasse un milliard de dollars par an en exportant son charbon, et 200 millions de dollars en vendant son minerai de fer.
Restrictions bancaires.
Pyongyang aura aussi interdiction de vendre de l’or, du titane et des minerais rares utilisés dans la haute technologie, et ne pourra plus se procurer de carburant pour l’aviation et pour les fusées. La résolution renforce les restrictions bancaires existantes et les pays seront tenus de bloquer tout avion soupçonné de transporter des marchandises en contrebande vers la Corée du Nord.
Liste noire.
La liste noire des individus et entreprises sanctionnés pour leur implication dans le développement par Pyongyang d’armes nucléaires et balistiques s’allonge avec 16 personnes et 12 entités -dont l’agence spatiale nord-coréenne (NADA)- supplémentaires. Les diplomates nord-coréens « impliqués dans des activités illicites » devront être expulsés et les dignitaires du régime ne pourront plus se procurer montres de luxe ou jet-skis.
Réponse « ferme, unie et appropriée »
La résolution a été immédiatement saluée par le président américain Barack Obama, y voyant une réponse « ferme, unie et appropriée » à un essai nucléaire -le quatrième depuis 2006- et un tir d’une fusée effectués respectivement les 6 janvier et 7 février par la Corée du Nord, en violation de plusieurs résolutions onusiennes. « La communauté internationale, s’exprimant d’une seule voix, a envoyé à Pyongyang un message simple: la Corée du Nord doit abandonner ces programmes dangereux et choisir une meilleure voie pour son peuple », a ajouté le président américain dans un communiqué.
Sanctions « sans précédent ».
Ces sanctions « sont parmi les plus lourdes jamais adoptées contre un pays », a souligné l’ambassadeur britannique Matthew Rycroft, tandis que son homologue français François Delattre saluait « des sanctions sans précédent mais ciblées ». La Corée du Nord est déjà sous le coup de quatre séries de sanctions internationales depuis son premier essai nucléaire en 2006, suivi par trois autres en 2009, 2013 et 2016.
Corée du Nord : Kim Jong-un souhaite que son arsenal nucléaire soit « prêt à chaque instant ».
Cette déclaration menaçante intervient après le vote par les Nations unies, mercredi, de nouvelles sanctions contre Pyongyang.
C’est une petite phrase qui ressemble beaucoup à une menace. « Nous devons être toujours prêts à chaque instant à utiliser notre arsenal nucléaire », a déclaré le leader nord-coréen Kim Jong-un, vendredi 4 mars, à l’agence de presse officielle du pays. Un défi lancé aux Nations unies, qui ont voté de nouvelles sanctions contre la Corée du Nord, mercredi, en réponse à un essai nucléaire. Quelques heures après l’annonce de ces sanctions, Pyongyang avait déjà répliqué par six tirs de missiles en mer du Japon.
Les Américains sceptiques.
Des responsables américains ont exprimé leur scepticisme face à cette déclaration belliqueuse, et à la capacité des nord-coréens à utiliser l’arme nucléaire. « L’analyse du gouvernement américain n’a pas changé. Nous n’avons pas vu la Corée du Nord tester ou démontrer sa capacité à miniaturiser une tête nucléaire et la mettre sur un missile balistique », a relativisé un responsable américain.
La Corée du Sud a tout de même annoncé qu’elle entamerait, vendredi, des discussions avec Washington sur le déploiement d’un bouclier antimissile américain pour se protéger de son voisin. Ce système est conçu pour intercepter et détruire les missiles quand ils sont à l’extérieur de l’atmosphère ou viennent d’y entrer. Ces discussions étaient prévues depuis l’annonce, le 7 février, d’un tir de fusée à longue portée par Pyongyang.
Vendredi, la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye a promis une réponse aux menaces de Pyongyang: « Si la Corée du Nord nous provoque, nous devons répondre par une punition sévère pour montrer clairement à la Corée du Nord le prix qu’elle aura à payer et démontrer notre détermination à protéger notre pays ».