Reprise de Palmyre : une défaite cuisante pour l’EI.

Le temple de Bel, à Palmyre, en 2009.

L’armée syrienne, appuyée par son allié russe, a infligé une cuisante défaite au groupe djihadiste État islamique (EI) en lui reprenant la ville de Palmyre, cité antique du centre de la Syrie inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco. Il s’agit de la victoire la plus importante du régime face à l’EI depuis l’intervention militaire dans le conflit syrien, fin septembre 2015, de la Russie, allié indéfectible du président Bachar el-Assad.

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Après avoir reconquis Palmyre, les forces pro-régime n’auront qu’à déloger l’EI de la localité d’Al-Alianiyé, à 60 kilomètres plus au sud, pour reprendre le contrôle du désert syrien et avancer vers la frontière avec l’Irak, contrôlée en grande partie par les djihadistes. Bachar el-Assad a qualifié dimanche d’« important exploit la libération de Palmyre », ville vieille de plus de 2 000 ans. Le président russe Vladimir Poutine a félicité par téléphone Bachar el-Assad, qui lui a exprimé « une haute appréciation de l’aide apportée » par la Russie, selon un porte-parole du Kremlin.

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VIDEO : 

Palmyre libérée.

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Ville fantôme.

Selon un correspondant du « Citron » sur place, Palmyre ressemblait dimanche à une ville fantôme, la quasi-totalité des habitants ayant fui les bombardements et les raids aériens ces derniers jours. D’énormes destructions y témoignent de la violence des combats. Dans chaque quartier, les immeubles portent l’impact de balles et des trous béants défigurent leurs façades. La télévision d’État a montré des images de destructions dans le musée de Palmyre avec des têtes de statues renversées, le sol couvert de débris et un grand cratère au plafond.

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Soutenue par l’aviation et les forces spéciales russes, ainsi que par le Hezbollah libanais et des milices, l’armée avait lancé le 7 mars l’offensive pour reprendre Palmyre à l’EI, qui s’en était emparée en mai 2015. En 20 jours de combats, 400 djihadistes sont morts, « le bilan le plus lourd pour l’EI dans une seule bataille depuis son émergence » dans le conflit en 2013, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). 188 membres des forces prorégime y ont péri. La perte de Palmyre est la deuxième grande défaite de l’EI en Syrie, après celle en janvier 2015 à Kobané (nord).

Une rue de Palmyre, le 31 mars.

Fort de son succès, le commandement militaire syrien a affirmé que Palmyre « sera la base à partir de laquelle s’étendront les opérations contre le groupe terroriste notamment à Deir Ezzor (est) et Raqa (nord) », principaux fiefs de l’EI. Le but est de « couper leurs lignes de ravitaillement et de reprendre les territoires sous leur contrôle pour mettre fin à leur existence » en Syrie. L’ordre de retrait est venu du commandement de l’EI à Raqa, a indiqué l’OSDH, mais il reste « une poignée de djihadistes qui veulent se battre ». Des combats se poursuivaient d’ailleurs à l’aéroport militaire de Palmyre, au sud-est de la ville, selon l’OSDH. Selon Moscou, les avions russes ont effectué 40 sorties dans la région de Palmyre ces dernières 24 heures, bombardant 117 cibles « terroristes ».

"Le temple de Bêl ne sera plus jamais comme avant. D'après nos experts, nous allons pouvoir certainement restaurer un tiers de la cella détruite et peut-être plus après des études complémentaires avec l'Unesco. Cela prendra cinq ans de travail sur le terrain", a affirmé le directeur des antiquités syriennes, Maamoun Abdelkarim.

« Comme avant »

Responsable d’atrocités dans les régions sous son contrôle et de vastes destructions du patrimoine, l’EI a détruit à coups d’explosifs les temples de Bêl et Baalshamin à Palmyre, ainsi que les tours funéraires et le célèbre Arc de triomphe. « Nous étions si effrayés à l’idée d’entrer sur le site antique et de le trouver complètement détruit », a confié un soldat du régime sous couvert d’anonymat, « mais quand nous sommes entrés, nous avons été soulagés ». « Le paysage général est en bon état » et Palmyre « redeviendra comme avant », a assuré le chef des Antiquités syriennes Mamoun Abdelkarim.

De la cella du temple de Baalshamin, il ne reste plus rien en dehors de quatre colonnes, et de l'arc de triomphe, datant de l'empereur romain Septime Sévère (IIIe siècle) ne subsistent que deux piliers mais la partie centrale et les arches sont à terre.

De l’autre côté de la frontière, en Irak, l’EI est aussi la cible d’une large offensive de l’armée qui cherche à reprendre son fief de Mossoul (nord), avec le soutien aérien de la coalition internationale. Les grandes puissances sont déterminées à en finir avec l’EI qui a revendiqué les attentats de mardi à Bruxelles (31 morts et 340 blessés), quatre mois après avoir commis ceux de Paris (130 morts). Palmyre était l’une des principales batailles en cours en Syrie, où une trêve est en vigueur depuis un mois entre rebelles non djihadistes et régime.

Sur le podium s'amoncellent les blocs de pierre beige et ocre typique de la région qui formaient les murs, et la colonnade de huit pilastres finement cannelés de 16 m de haut gît au sol tout comme les merlons et créneaux qui surmontaient le toit.

À la faveur de cette trêve, des pourparlers indirects ont eu lieu à Genève entre régime et opposition afin de trouver une issue au conflit qui a fait depuis cinq ans plus de 270 000 morts et créé une grave crise migratoire avec la fuite de millions de Syriens. L’ONU espère un deuxième round autour du 9-10 avril.

La "cella", partie fermée et la plus importante du temple de Bêl, le plus beau monument de la cité antique, n'est plus qu'un amas de gravats depuis que l'organisation Etat islamique l'a fait exploser en août 2015.

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