Le nouveau président américain a tenu sa promesse de candidat : s’en prendre aux musulmans. Sur les conseils d’idéologues islamophobes, le chef de l’Etat va aussi à l’encontre des intérêts des Etats-Unis.

Donald Trump nous emmène vers le "choc des civilisations"

Dans le conflit qui les oppose aux islamistes radicaux adeptes du djihad, les Occidentaux ont toujours pris soin de faire la distinction entre une minorité extrémiste et l’islam en tant que religion de plus d’un milliard d’habitants de cette planète. Avec Donald Trump, cette précaution importante disparaît, au risque de faire du « choc des civilisations » du défunt politologue américain Samuel Huntington une prophétie auto-réalisatrice, posant à l’Europe, placée en première ligne, un sérieux défi.

L’attaque frontale contre les musulmans était bel et bien présente dans la campagne du candidat républicain, mais beaucoup d’observateurs s’attendaient à ce qu’une fois installé à la Maison-Blanche, Donald Trump atténue son discours globalisant et adopte une attitude plus raisonnée, prenant en compte la complexité des rapports islam-Occident.

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Il a fallu déchanter, comme l’a montré le décret interdisant l’entrée aux Etats-Unis des citoyens et natifs de sept pays à majorité musulmane, une mesure d’exclusion fondée sur le seul critère religieux, même si la Maison-Blanche s’en est par la suite défendue.

Certes, la mesure se heurte à une résistance farouche d’une partie de la société civile américaine, et fait l’objet d’un bras de fer avec la justice fédérale, mais le mal est fait.

L’« Executive order » signé par Donald Trump donne donc le ton d’une administration qui s’inscrit en rupture avec la précédente, celle de Barack Obama qui, dès son discours du Caire en 2009, avait tenté de tendre la main au monde arabo-musulman tout en poursuivant une guerre sans fin contre les djihadistes, ceux d’Al-Qaïda puis de l’Etat islamique.

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Entouré d’islamophobes.

Les dirigeants européens, français et allemands en particulier, bien plus exposés au terrorisme djihadiste que les Américains, maintiennent soigneusement cette distinction entre une religion et ceux de ses adeptes qui ont choisi une voie violente, résistant à l’extrême droite radicale qui tente de pratiquer un amalgame aux motivations idéologiques.

Ils ont été confortés dans cette approche par le fait que même si des natifs des pays européens sont présents en grand nombre parmi les combattants étrangers en Syrie et en Irak, et sont à l’origine de nombreux actes terroristes en Europe, ils n’ont pas trouvé au sein des millions de musulmans d’Europe la caisse de résonance qu’ils espéraient. Ils estiment que la bataille contre les extrémistes sera menée, et gagnée, avec la majorité des musulmans, et pas contre eux.

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Ces précautions ne sont plus de mise à Washington, où le nouveau président est entouré d’hommes qui ont exprimé une islamophobie sans fard, à commencer par son « Raspoutine », Steve Bannon, le conseiller spécial et désormais membre du Conseil national pour la sécurité (NSC) de la Maison-Blanche. Le NSC, rappelons-le, est présidé par un autre pourfendeur de l’islam, le général Michael T. Flynn, qui tweetait, avant sa nomination, que « la peur des musulmans est RATIONNELLE [les majuscules sont de lui, NDLA]«  – peur des musulmans en général, pas des intégristes ou des djihadistes.

Steve Bannon, l’ex-journaliste « alt-right », la mouvance d’extrême droite américaine, dont le « New York Times » se demandait il y a quelques jours dans un éditorial s’il n’était pas le « président Bannon » tant son influence est grande, apparaît comme travaillé par des visions apocalyptiques de l’histoire. Pour s’en convaincre, il suffit de voir le film « Torchbearer » qu’il a écrit et réalisé en 2016, juste avant la campagne électorale, et dans lequel des images du nazisme et des exécutions macabres de l’Etat islamique alternent avec un message répété de bout en bout : il n’y a de salut qu’avec Dieu.

Faire le jeu de Daech.

Deux pays se retrouvent particulièrement pénalisés dans l’approche des idéologues de la Maison-Blanche : l’Iran et l’Irak, qui ont, pour des raisons différentes, des histoires particulières avec les Etats-Unis. Même si l’un comme l’autre est étranger aux actes de terrorisme commis sur le sol américain ces dernières années, pas même ceux du 11 septembre 2001 dont les auteurs venaient principalement d’Arabie saoudite, pays épargné par le « muslim ban ».

Si l’Iran n’est pas une surprise, tant Donald Trump a répété pendant sa campagne que l’accord nucléaire signé par Barack Obama (mais pas que lui, les Européens, les Russes et les Chinois sont aussi signataires) avec Téhéran est un « mauvais accord », la stigmatisation de l’Irak est plus surprenante étant donné que plusieurs milliers de soldats américains y sont encore stationnés en appui au gouvernement de Bagdad, participant aux efforts de reconquête de Mossoul aux mains de l’Etat islamique.

IRAK. "Il n'y a pas de vraie stratégie pour libérer Mossoul"

Corée du Nord, Russie, Iran, Israël… Trump attise les tensions

Les voix dissidentes aux Etats-Unis, en particulier le millier de diplomates du Département d’Etat qui ont signé une motion contraire à la politique officielle, ont clairement indiqué que le « muslim ban » risquait de mettre en danger des vies américaines, et en particulier celles des militaires stationnés à l’étranger, mais aussi de faire le jeu des factions les plus extrémistes. C’est le cas de l’EI et d’Al-Qaïda dont la propagande est facilitée par la stigmatisation de tous les musulmans des pays visés.

C’est aussi le cas des plus durs du régime iranien, en particulier les Gardiens de la Révolution, à quelques semaines d’une élection présidentielle dans laquelle le président Rohani, garant de l’accord nucléaire et d’une relative ouverture, tente de se faire réélire.

Cette approche de la nouvelle administration ne tient compte ni de la réalité des rapports avec l’immense majorité des musulmans aux Etats-Unis (soit moins de 1% de la population) ou dans le monde, ni même des intérêts stratégiques des Etats-Unis tels qu’ils sont exprimés par Donald Trump lui-même dans sa volonté de lutter contre le terrorisme islamique.

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Le défi des Européens.

L’attitude du petit noyau d’idéologues autour de Donald Trump pose un double défi : à l’establishment républicain aux Etats-Unis, d’une part, qui a une compréhension un peu plus fine de la complexité des situations, en particulier du président républicain de la Chambre des Représentants, Paul Ryan, qui a estimé la semaine dernière que l’accord nucléaire avec Téhéran était là pour rester ; aux Européens, qui s’inquiètent de plus en plus de la dérive islamophobe de la nouvelle administration, et doivent trouver les moyens de s’en dissocier avant d’être entraînés, malgré eux, dans le « choc des civilisations » souhaité par certains.

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L’Union européenne a choisi jusqu’ici une approche soft, mais celle-ci risque de ne pas être possible très longtemps. Lorsqu’il avait publié son célèbre article dans la revue « Foreign Affairs » en 1993, Samuel P. Huntington avait accompagné l’expression « choc des civilisations » d’un point d’interrogation. Le livre qui suivit avait supprimé cette précaution, et suscité de très nombreux débats critiques. L’édition française de 1997, aux éditions Odile Jacob, avait fait figurer sur la couverture une bombe avec la mèche allumée…

Vingt ans après, tous ceux qui, en Occident comme dans le monde musulman lui-même, tentent d’éviter ce « choc de civilisations », tant prophétisé mais jamais réalisé, constatent avec effroi que c’est le président des Etats-Unisqui tente aujourd’hui de rallumer la mèche.

« Heil Trump » : rencontre avec le leader neonazi qui effraie l’Amérique.

"Heil Trump" : rencontre avec le leader neonazi qui effraie l'Amérique

Lors d’une réunion à Washington le 19 novembre, les amis de Richard Spencer ont lancé un salut nazi qui a fait le tour de la planète.
Enquête sur le chef charismatique des suprématistes blancs et ses inquiétants acolytes francophones.

La réunion – inimaginable il y a quelques semaines – se déroule au centre de Washington, à deux pas de la Maison-Blanche. Nous sommes le samedi 19 novembre, juste après l’élection de Donald Trump. Deux cent cinquante hommes blancs palabrent dans une grande salle au sous-sol de l’immeuble Ronald-Reagan. Le thème de leur conférence à ­l’accès restreint : l’avenir de la race blanche après le triomphe inattendu du milliardaire populiste, leur « Napoléon », comme ils disent.

Ce que contient le très inquiétant programme de Donald Trump

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De vieux membres rancis du Ku Klux Klan en robe ? Non, des trentenaires éduqués et sapés comme des cadres sup, qui ont payé 250 dollars pour être là. Des fascistes new look. L’avant-garde d’une vague qui déferlera peut-être sur l’ensemble de l’Occident.

L’hôte de ce rassemblement, qui va créer un séisme politique aux Etats-Unis, s’appelle Richard Spencer. C’est l’idole du groupe, son chef charismatique. A 38 ans, il dirige un nouveau think tank, le National Policy Institute, qui prône l’avènement d’un « Etat ethnique », entendez une Amérique « débarrassée » des Noirs et des hispaniques. Ce Goebbels en herbe veut profiter de l’élection de Donald Trump pour sortir définitivement des marges dans lesquelles les suprématistes blancs sont contenus depuis les années 1970. Et peser enfin sur le débat politique national. C’est le but de la réunion. Il va réussir au-delà de ses espérances.

cv

L’inventeur de « l’alt-right ».

Comédien amateur, Richard Spencer s’est construit un personnage. Il soigne son apparence, à l’extrême. Il porte un costume trois pièces de tweed gris acheté chez Brooks ­Bro­thers, le fournisseur de Jacques Chirac et de John Kennedy. Il porte aussi une montre suisse cerclée d’or et affectionne une eau de Cologne dite Impériale russe, copie du parfum créé, en 1840, par la maison Guerlain pour le futur tsar Alexandre II.

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Comme ses admirateurs, ce beau gosse est un adepte de la coupe « faschi » (pour « fasciste ») : des cheveux longs sur le sommet du crâne et rasés sur les côtés. Un style hipster version extrême droite qui fera bientôt, qui sait, fureur de ce côté-ci de l’Atlantique ?

Féru de l’histoire intellectuelle européenne, Spencer est un propagandiste des plus malins. En 2008, il a inventé le terme alt-right pour alternative right (« droite alternative »), une formule aseptisée, moderne, pour désigner la nébuleuse de ces jeunes racistes très actifs sur internet : des trolls qui diffusent les clichés ségrégationnistes et ­complotistes, notamment à ­travers des blagues et des « mèmes », comme Pepe le Frog.

Pepe the Frog.

A sa création en 2005, la petite grenouille « Pepe The Frog » est un personnage sympathique d’une BD, « Boy’s club« , dessinée par Matt Furie. Il représente un jeune adepte de jeux vidéo, de pizzas et de joints. Ce mème (élément propagé par internet) très populaire a été récemment récupéré puis détourné par l’extrême droite américaine qui l’affuble d’un uniforme nazi, d’une robe du Ku Klux Klan ou d’une étoile jaune. En septembre « Pepe the Frog » a été désigné comme « symbole de haine » par la grande organisation antiraciste américaine, ADL.

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L’expression alt-right a envahi les médias ­américains et internationaux après que, fin août, Hillary Clinton l’a ­utilisée pour dénoncer les soutiens extrémistes de son adversaire. Dans un discours en Floride, elle déclare :

« Une idéologie raciste émergente connue sous le nom d’’alt-right’ est en train de prendre le pouvoir au Parti républicain. »

Accusé : le directeur de campagne de Trump, Steve Bannon, ancien patron du site d’information Breitbart qui, de son propre aveu, a servi de « plateforme » à cette mouvance.

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10 choses à savoir sur Steve Bannon, l’inquiétant bras droit de Donald Trump

Quand il a entendu la candidate démocrate, Richard Spencer a sauté de joie. Juste avant le début de la conférence :

« Je n’osais rêver d’un tel coup de pub. Si, il y a deux ans, on m’avait dit que je connaîtrais une telle notoriété, de surcroît grâce à Hillary Clinton, la candidate des juifs, des Noirs et des hispaniques, j’aurais éclaté de rire. »

Hillary Clinton thumbs up

Le ton, nauséabond, est donné.

Alt-Right : la fachosphère américaine sort de l’ombre, pour de bon

C’est le langage de tous les trentenaires réunis dans l’immeuble Ronald-Reagan. Il faut écouter leurs délires racistes, parce qu’à l’ère Trump ils pourraient devenir mainstream (« dominants ») aux Etats-Unis, où de tels propos ne sont pas punissables par la loi au nom de la liberté absolue d’expression. Coupe « faschi » et barbe bien taillée, Charles, 34 ans, travaille dans une chaîne de grands magasins en Caroline du Nord. Il refuse de révéler son nom de famille, mais explique :

« Là-bas, je vis entouré de Noirs et de plus en plus d’hispaniques. Et c’est la même chose dans tous les Etats-Unis et au-delà. En fait, nous, les Blancs, subissons un génocide. » 

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Pourquoi est-il ici ? « Parce que les militants de l’’alt-right’ sont très efficaces. Ils utilisent les mêmes méthodes que les trotskistes, en particulier l’humour. Leur but : que nos idées n’effraient plus les ‘normies’ [c’est ainsi que les suprématistes appellent les Blancs ‘normaux’ qui seraient, d’après eux, non conscients de leur propre race]. C’est comme cela que nous gagnerons. » 

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La panoplie du parfait extrémiste.

Dès l’ouverture de la conférence, à 9 heures, l’ambiance est tendue. A l’extérieur, des militants « antifa » manifestent leur opposition à la tenue d’un tel ­rassemblement dans la capitale dite du monde libre. La mobilisation est forte. Washington, ville majoritairement afro-américaine, a voté à 90% pour la candidate démocrate. Du coup, le lieu est ultraprotégé. Fouilles, portique de sécurité… beaucoup de policiers filtrent les entrées. Triste ironie de l’histoire, ce sont tous des Noirs.

Des manifestants antifascistes protestent devant l’immeuble Ronald-Reagan où se tient la conférence de Richard Spencer, le 19 novembre à Washington. 

A l’entrée de la salle de conférences, où sont présents des fascistes anglais, néerlandais et français, des volontaires fournissent des badges mentionnant seulement le prénom, pas le nom de famille. « Afin de ne pas être identifiés », explique l’un des militants qui lui-même porte de larges lunettes de soleil « pour ne pas risquer de perdre [son] boulot ». Sur les tables, la panoplie du parfait extrémiste est en vente : la célèbre casquette rouge de Donald Trump et des livres dont certains sont interdits sur le Vieux Continent.

Il y a là des ouvrages de la nouvelle icône de l’extrême droite européenne, le Russe Alexandre Douguine. Et ceux d’écrivains français, notamment Alain de Benoist, le fondateur de la Nouvelle Droite, que Richard Spencer a invité en 2013, et Guillaume Faye, le principal idéologue de la mouvance identitaire, qui a publié en 2000 « la Colonisation de l’Europe », livre qui lui a valu une condamnation pour incitation à la haine raciale.

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Le Raspoutine de Poutine

Le cataclysme n’a pas lieu immédiatement. Toute la journée, Richard Spencer, dont le compte Twitter a été suspendu trois jours plus tôt, adopte un discours plutôt policé, aussi « politiquement correct » que possible. Il sait qu’il doit faire attention. L’heure est à la dédiabolisation.

« Faire le troll sur internet, c’est bien, ça emmerde le monde. Mais, après l’élection de Trump, il faut passer à autre chose. Agir comme si nous étions déjà le nouvel establishment. »

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Les Blancs, « les enfants du soleil »

Mais à 21 heures, les reporters ont depuis longtemps été priés de partir, sauf les rares qui ont payé leur place. Alors Spencer décide de se lâcher, de faire plaisir à ses groupies. Il utilise ouvertement les termes de la propagande nazie. Comme dans les années 1930 à Berlin, il dénonce la Lügenpresse (la « presse à mensonges »). Il dit que les journalistes de gauche sont des « golems », ces créatures monstrueuses du Talmud. Il parle de la victoire de Donald Trump comme d’un « triomphe de la volonté », en référence au film de Leni Riefenstahl sur le congrès de Nuremberg.

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Il jure que les Blancs sont « les enfants du soleil », une « race de conquérants », de « croisés », de « créateurs » qui ont été marginalisés et qui se réveillent grâce à Trump à leur « propre identité ». « L’Amérique est notre création, elle nous appartient », lance-t-il sous les applaudissements. Puis il conclut son envolée suprématiste par:
« Hail Trump ! Hail notre peuple ! Hail notre victoire ! » La salle exulte. Tous se lèvent, plusieurs font le salut nazi.


Les partisans de Richard Spencer font le salut nazi lors de sa conférence, le 19 novembre, à Washington. 

La scène est filmée en cachette par un journaliste du mensuel américain « The Atlantic ». La vidéo sera reprise par toutes les chaînes américaines et vue des millions de fois sur les réseaux sociaux. Le scandale est considérable. Donald Trump est sommé de se désolidariser de ces agissements. Il attend trois jours. Avant de dire, dans une interview au « New York Times » : « Bien sûr, je désavoue, je condamne » ce groupe. Richard Spencer, qui voulait entrer dans le débat national, est aux anges.

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Un mentor diplômé de Sciences-Po Paris.

Comment est-il devenu ce personnage emblématique de l’ère Trump ? Il ne vient pas d’un milieu extrémiste. « Je suis le mouton noir de ma famille », explique ce fils d’un ophtalmologiste aisé du Texas. Il grandit à Dallas où il fréquente une école huppée pour garçons. Il étudie la littérature anglaise à l’université de Virginie. En 2007, il entreprend un doctorat à Duke. C’est à ce moment-là, assure-t-il, que tout bascule.

Trois membres d’une équipe de sport de son université sont accusés de viol par une jeune Noire – à tort. « La justice et les médias se sont acharnés contre eux », affirme-t-il. La preuve, selon lui, de la discrimination que subiraient désormais les Blancs. « L’année suivante, j’ai voté pour Obama », dit-il avant de préciser :

« Nous avions besoin qu’un président noir soit élu pour symboliser la marginalisation des Blancs en Amérique »…

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Richard Spencer se met à dévorer « American Renaissance ». C’est la revue créée au début des années 1990 par le principal idéologue des suprématistes blancs, un certain Jared Taylor, un intellectuel francophone qui devient très vite le mentor de Spencer. ­Cet échalas, diplômé de Sciences-Po Paris, promotion 1978, l’initie aux thèses des identitaires français, et surtout Guillaume Faye, son modèle, qu’il a rencontré en France. Avant de prendre la parole devant les 250 “faschis”, Jared Taylor explique :

« Dans les années 1980, j’avais aussi des contacts avec le FN, dans l’entourage de Bruno Mégret, et Bruno Gollnisch qui est venu parler à l’une de mes conférences. Je reviens souvent à Paris. Récemment j’ai été reçu par Eric Zemmour. Je souhaitais que son éditeur publie mon dernier livre, “White Identity” [“l’Identité blanche”]. Ça n’a pas marché. »

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Jared Taylor, idéologue raciste : “Trump sauvera les Blancs”

« Réalisme racial »

Pour Taylor, ce n’est pas la campagne de Trump qui a fait renaître le suprématisme blanc, mais « Black Lives Matter » (« La vie des Noirs compte »), le mouvement afro-américain qui, depuis 2013, organise de grandes manifestations pour dénoncer les violences policières. Il assure :

« Soixante ans après l’adoption des droits civiques, les Blancs constatent qu’il est impossible de vivre en paix avec des races différentes. » 

Ce fanatique prétend ne pas être « raciste » mais prôner un « réalisme racial ». Il jure que, pour atteindre son but, « un territoire où ne vivent que des gens d’origine européenne », il n’aimerait pas que les Blancs en soient réduits à utiliser la force.

« Je préférerais une ségrégation “volontaire”, mais il faudra peut-être avoir le courage de défendre les territoires qui sont à nous. Un jour ou l’autre, vous, les Français, devrez faire la même chose. »

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L’un de ses amis parisiens est dans la salle : un certain Tristan Mordrel, 58 ans, alias André Chelain. Malgré ses airs d’expert-comptable, c’est un vieux routier de la droite extrême française. Son père, Olier Mordrel, était un leader indépendantiste breton qui a collaboré avec l’Allemagne nazie avant d’être condamné à mort par contumace, à la Libération. Tristan a poursuivi la tradition familiale. Il a longtemps tenu une librairie, haut lieu de réunion des négationnistes et des nazis français. Il explique :

« Depuis 1994, je viens deux à trois fois par an à ce genre de rassemblement aux Etats-Unis. Aujourd’hui, c’est l’heure de gloire. Un travail de longue haleine qui finit par payer. De part et d’autre de l’Atlantique. »

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« Interdit de visa Schengen »

Une internationale identitaire de Washington à Moscou ? Richard Spencer, qui est marié à une Russe, traductrice d’Alexandre Douguine, est souvent venu en Europe jusqu’à son bannissement de l’Union européenne, il y a deux ans.

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« En France, je rencontrais régulièrement des leaders identitaires et même un responsable du Front national, dont je ne peux pas vous donner le nom. »

Qui sont les soutiens de Donald Trump en France ?

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En 2014, il organise une réunion à Budapest où il compte inviter le sulfureux Alexandre Douguine, que certains considèrent comme un agent du Kremlin. Les autorités hongroises, pourtant proches de l’idéologie identitaire, prennent peur. Elles expulsent Spencer. « Je suis interdit de visa Schengen jusqu’en septembre 2017 », confie-t-il. De toute façon, il veut se concentrer sur l’Amérique.

« Pour nous, Trump, c’est une première étape. Il est vulgaire, mais il a de bons instincts. Nous n’avons pas de liens directs avec lui ni avec son conseiller Steve Bannon, mais nous pouvons les influencer. Qu’il le veuille ou non, il est le premier président identitaire de l’histoire des Etats-Unis mais il n’a aucune idée. Donc, nous pouvons être l’avant-garde d’une révolution Trump. »

Délire mégalomane ? On ne peut plus jurer de rien.

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