Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.
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Israël a officiellement annoncé, jeudi 24 avril, la suspension des négociations avec l’Autorité palestinienne, après l’annonce de sa réconciliation avec le Hamas, enfonçant le processus de paix dans la crise.
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S’exprimant sur la chaîne américaine NBC, le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, a estimé que cet accord était « un pacte [qui] tue la paix »et « un énorme pas en arrière »Israël n’a pas précisé la nature des sanctions.« Quiconque choisit la terreur du Hamas ne veut pas la paix », a-t-il ajouté.
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Le Hamas est également considéré comme une organisation terroriste par les Etats-Unis et l’Union européenne
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.L’accord interpalestinien
 
prévoit d’une part la formation d’un cabinet de« consensus national » dirigé par Mahmoud Abbas et, d’autre part, la tenue d’élections à la fin de 2014. Il a été annoncé en pleine crise dans les négociations de paix qui n’ont pas abouti à un résultat tangible depuis leur reprise, en juillet 2013, sous l’égide des Etats-Unis.
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L’OLP SE RÉUNIRA CE WEEK-END.
Le secrétaire d‘Etat américain John Kerry a exhorté les dirigeants israéliens et palestiniens à faire des compromis, quelques heures après l’annonce faite par l’Etat hébreu. « Il existe toujours une possibilité d’avancer, mais les dirigeants doivent, pour cela, faire des compromis. (…) S’ils ne souhaitent pas faire les compromis nécessaires, cela va devenir très difficileLa situation est entre leurs mains. »
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« Au lieu de choisir la paix, Abou Mazen [le surnom de M. Abbas] a conclu un pacte avec une organisation terroriste meurtrière », accusait plus tôt le bureau de M. Benyamin Nétanyahou, dans un communiqué publié à l’issue d’une réunion de cinq heures du cabinet de sécurité, qui comporte les plus importants ministres.
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Répondant aux annonces d’Israël, le négociateur Saëb Erakat a annoncé que la direction palestinienne allait étudier « toutes les options »« La priorité maintenant pour les Palestiniens est la réconciliation et l’unité nationale », a-t-il précisé.
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Une réunion des instances dirigeantes de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) est prévue pour ce week-end en Cisjordanie, sous l’autorité de Mahmoud Abbas. Parmi les options possibles, la direction palestinienne pourrait choisir d’adhérer à de nouveaux traités et organisations internationales.
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Réconciliation palestinienne : une manœuvre d’Abbas ?

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Le premier ministre de Gaza, et dirigeant du Hamas, Ismaël Haniyeh (à droite) et Azzam Al-Ahmad, à la tête de la délégation de l’OLP, le 22 avril à Gaza.
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Une délégation de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a conclu, dans la nuit du mardi 22 au mercredi 23 avril, avec le Hamas, à Gaza, un accord de réconciliation en sept points. Il prévoit notamment la formation d’un gouvernement d’entente nationale composé de technocrates « d’ici à cinq semaines », ainsi que l’organisation d’élections présidentielle et législatives d’ici à six mois. Sa signature intervient à une semaine de l’échéance fixée pour les négociations de paix entre l’Autorité palestinienne et Israël, le 29 avril, qui paraissent compromises. Jean-François Legrain, historien à l’Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman, décrypte les dessous de cet accord inter-palestinien.vs
L’accord de réconciliation palestinienne signe-t-il l’acte de mort des négociations de paix avec Israël qui doivent s’achever le 29 avril ?
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Jean-François Legrain : Pas forcément. Bien qu’un texte ait été conclu en bonne et due forme, la circonspection est de mise. Des accords d’entente nationale et de réconciliation ont déjà été signés par le passé — au Caire (Egypte), le 4 mai 2011 ; à Doha (Qatar), le 6 février 2012, réaffirmé au Caire, le 20 mai 2012— sans jamais avoir été traduits dans la réalité. La rapidité avec laquelle le nouveau texte a négocié puis signé – deux jours – a de quoi surprendre. Mais la réconciliation palestinienne est un serpent de mer vieux de plusieurs années naviguant au gré des intérêts du moment de l’un ou l’autre des protagonistes.
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Aujourd’hui, le contexte est très particulier. Isolé du fait de ses réalignements diplomatiques issus des printemps arabes à l’époque où le Qatar et les Frères musulmans étaient triomphants, et davantage encore du fait du coup d’Etat de l’armée en Egypte de juillet 2013, le Hamas est demandeur d’un accord depuis plusieurs mois. Il a ainsi libéré des prisonniers du Fatah, amnistié ses membres les plus en vue impliqués dans les violences de 2007 et autorisé ses émissaires à se rendre dans la bande de Gaza. La fin programmée des négociations entre l’OLP et Israël, le 29 avril, impose son actualité et place également Ramallah et l’OLP en demandeurs.
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Quel intérêt ont Mahmoud Abbas et l’OLP à signer un accord de réconciliation avec le Hamas à une semaine de la fin des négociations avec Israël,  alors que même L’Etat hébreu se refuse à négocier avec le Hamas, qui ne reconnaît pas son existence ? L’analyse la plus simple suggérerait que Mahmoud Abbas et l’OLP ne pouvaient que chercher une légitimité élargie dans un moment qui pourrait s’avérer crucial pour le destin même de la Palestine. On peut, cependant, se demander si la signature de cet accord ne constitue pas simplement une manœuvre pour faire pression sur les Etats-Unis et Israël, afin de permettre à la partie palestinienne d’accepter, sans perdre la face, une prolongation des négociations au-delà du 29 avril.  La signature, en ce cas, serait à rapprocher de la menace, émise le 21 avril, par Mahmoud Abbas, de « rendre les clés » à Israël en dissolvant l’Autorité intérimaire d’autonomie [l’Autorité palestinienne née des accords d’Oslo de 1993], une hypothèse que ne peut envisager ni Israël, du simple point de vue économique, ni la communauté internationale, du point de vue politique. Mahmoud Abbas est vraisemblablement plus intéressé par les négociations, même sans fin – desquelles procède l’Autorité intérimaire d’autonomie et qui constituent le cœur de la politique préconisée par l’OLP depuis les années 1980 – qu’au rapprochement avec le Hamas, qui ne peut que lui compliquer la vie. Il ne peut, en revanche,passer pour celui qui se serait couché devant ses partenaires.
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En dépit des négociations antérieures et jusqu’aux plus récentes, Mahmoud Abbas n’avait d’ailleurs donné aucun signe d’une réelle volonté de rapprochement. Les arrestations de membres du Hamas se poursuivaient en Cisjordanie quand il affichait son soutien le plus total au nouveau régime égyptien, qui renforçait au même moment son blocus de la bande de Gaza. J’ai du mal à croire qu’en deux jours, on puisse revenir sur des années de désintégration nationale… notamment à si peu de temps de la fin programmée des négociations.
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En cas de relance et de prolongation des négociations de paix avec Israël après le 29 avril, que peut-il advenir de l’accord de réconciliation palestinienne ?
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Dans l’hypothèse
où Mahmoud Abbas obtiendrait de quoi pouvoir accepter la prolongation des négociations, il y a fort à parier que les « concessions » acceptées par ses partenaires auront pour prix le renoncement à la réconciliation. Rien ne lui serait alors plus facile que d’alléguer les difficultés de la mise en œuvre de l’accord pour prolonger la division. De nombreux grains de sable peuvent seglisser dans la machine. Le texte, par exemple, ne dit rien des questions de sécurité, même si les accords précédents constituent ses références. Toutes les décisions sont désormais censées être le fruit du consensus, mais y aura-t-il fusion des services de sécurité du Hamas avec ceux de Cisjordanie ? La garde présidentielle de Mahmoud Abbas sera-t-elle autorisée à se déployer le long de la frontière entre la bande de Gaza et l’Egypte ? Il y a par ailleurs un grand absent parmi les signataires : le Djihad islamique, une force plus populaire que jamais dans la bande de Gaza, et qui bénéficie d’une partie de l’aide du Hezbollah et de l’Iran. Sous la présidence de Mohamed Morsi, l’Egypte avait su amener le Djihad islamique a être partie prenante du cessez-le-feu signé entre le Hamas et Israël en 2011, sous égide américaine, un cessez-le-feu encore en vigueur aujourd’hui tant bien que mal. L’Egypte du maréchal Al-Sissi ne semble pas témoigner de la même sagesse.images (21)

Lire l’entretien :
Interdit en Egypte, « le Hamas reste dans le jeu régional »l

L’OLP et l’autorité palestinienne en bref.
 
L’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a été créée en 1964. Composée de plusieurs organisations palestiniennes, dont le Fatah, le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) et le Front démocratique pour la libération de la Palestine (FDLP), elle est reconnue internationalement comme seul représentant du peuple palestinien. L’Autorité intérimaire d’autonomie (ou Autorité palestinienne) est l’entité gouvernementale qui administre les habitants palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, dans les zones A et B de la Palestine définies par les accords d’Oslo de 1993. Son président est Mahmoud Abbas.

Lire : Israël-Palestine : les quatre erreurs de John Kerry

 

 

 

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