Tandis que les diplomates étaient réunis à Paris,
sur le terrain les militaires se préparent a la confrontation.

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Un tempo diplomatico-militaire parfaitement «raccord»: au moment où s’ouvrait à Paris la conférence pour la paix en Irak, deux avions Rafale décollaient d’Abu Dhabi pour engager des vols de reconnaissance militaire qui pourraient conduire la France à mener prochainement des frappes contre les djihadistes dans le nord du pays.

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Cette première mission dans le cadre de la coalition internationale contre l’État islamique (EI) a été annoncée lundi matin par Jean-Yves Le Drian, qui avait fait le déplacement à al-Dhafra, la base dont dispose la France, à 30 kilomètres de la capitale des Émirats arabes unis. «Soyez prêts à intervenir», a déclaré le ministre à 200 militaires français, sur les 750 déployés aux émirats. «Il est certain que vous aurez ici un rôle décisif», a-t-il ajouté.

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Six Rafale, un avion ravitailleur Boeing C-135 et un avion de reconnaissance Atlantique de la marine française sont stationnés à al-Dhafra. La base a déjà servi, le 31 août dernier, à une mission aérienne pour le largage de 3 tonnes d’aide humanitaire française au nord de Bagdad.

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Durant ces vols de reconnaissance, des pods électroniques de nouvelle génération fixés sous les ailes des avions permettent de rapporter des films et nombre d’informations. Ces données rendent possibles une appréciation de la situation sur le terrain et le ciblage préalable à d’éventuelles frappes. Leur déclenchement serait possible dès les prochains jours, si François Hollande donnait son feu vert… Le chef de l’État devrait s’en entretenir avec Jean-Yves Le Drian, qui revient mardi après-midi de la visite qu’il effectue en Égypte, où il s’est rendu après Abu Dhabi.

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Avec ces missions «Intelligence, surveillance, reconnaissance», la France souhaite pouvoir évaluer seule la situation et décider le cas échéant de frapper, sans être tributaire pour cela de ses partenaires. Le partage du renseignement, même avec un allié, est toujours une question sensible et reste la plupart du temps limité.

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Si la France ne dispose pas de drones dans le Golfe, à la différence des Américains, ses capacités militaires, à al-Dhafra notamment, en font assurément un des premiers contributeurs occidentaux de la coalition, certes loin derrière les États-Unis. Conserver une capacité d’appréciation souveraine relève donc d’enjeux à la fois militaires et politiques. En l’occurrence, «nous sommes prêts à nous engager pleinement dans la coalition», insiste une bonne source militaire.

Ligne de front

Aider l’Irak«par tous moyens» est devenu un cas d’urgence depuis l’égorgement d’un troisième otage occidental, à la veille de la conférence de Paris. Certes, les experts conviennent que les frappes aériennes ne suffiront pas, à elles seules, pour abattre l’EI. Mais le coup d’arrêt donné à l’expansion djihadiste par les quelque 150 missions de bombardements ciblés effectuées depuis le 8 août par les Américains souligne l’efficacité de l’outil militaire.

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Lundi, le secrétaire général de l’Otan, Anders Fogh Rasmussen, qui quitte son poste à la fin du mois, a jugé nécessaire une «réponse militaire pour vaincre et détruire» l’État islamique. «Nous sommes sur la ligne de front d’une nouvelle bataille entre la tolérance et le fanatisme, la démocratie et le totalitarisme, des sociétés ouvertes et fermées», a-t-il estimé.

Premiers vols français de reconnaissance en Irak.

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Les premiers survols commencent ce matin, a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, qui est aux Émirats pour clarifier le rôle que jouera la France au sein de la coalition antidjihadiste.

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L’implication de Paris au sein de la coalition antidjihadiste en Irak se précise. En déplacement aux Émirats arabes unis, le ministre de la Défense, Jean-Yves le Drian, a annoncé que la France procède depuis ce lundi matin à des vols de reconnaissance militaire en Irak

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Selon France 2, ces survols effectués par des Rafale débutent à 9h30, avec l’accord et des autorités irakiennes et des autorités émiriennes. L’objectif de cette mission ISR (intelligence, surveillance et reconnaissance) est de prendre des photos de haute précision des positions djihadistes en Irak pour définir des cibles en vue de bombardements. Six Rafale, un avion ravitailleur Boeing C135 et un avion de reconnaissance Atlantic de la marine française ont été vus atterrissant ce lundi matin avec le Falcon qui transportait le ministre sur la base militaire d’al-Dhafra.

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«La France se tient prête en ces moments décisifs pour sa sécurité, car c’est bien aussi la sécurité de la France que menace Daech, ce pseudo-État islamique», a souligné Jean-Yves Le Drian. «Soyez donc prêts à intervenir», a exhorté le ministre aux 200 militaires stationnés à al-Dhafra.

Pour François Hollande, «il n’y a pas de temps à perdre»

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Jean-Yves Le Drian doit rencontrer le prince héritier, Cheikh Mohammed ben Zayed al Nahyane, pour clarifier le rôle que joue la France au sein de la coalition antidjihadiste. Les entretiens doivent porter non seulement sur l’Irak mais aussi sur la Libye. Sa visite dans les deux pays intervient au moment où les représentants d’une vingtaine de pays se réunissent à Paris pour définir le rôle de chacun dans la coalition internationale voulue par Washington pour combattre les djihadistes de l’EI, qui ont exécuté un nouvel otage.

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Sans aborder nommément ces survols, François Hollande, qui est chef des armées, a insisté, à l’ouverture de la conférence, sur l’urgence à agir : face à l’État islamique «il n’y a pas de temps à perdre». Le président a exhorté ses partenaires occidentaux et arabes à s’engager «clairement, loyalement et fortement aux côtés des autorités irakiennes», jugeant «l’unité nécessaire sur le plan international».

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«Notre disponibilité aux Américains a été expliquée. Trois personnes ont été décapitées. On ne peut pas rester dans nos pantoufles. Quand on est un politique responsable, il faut mesurer le coût de l’action et de l’inaction», a rappelé sur France Inter Laurent Fabius. Assurant que le Parlement sera aussi consulté, le chef de la diplomatie a réfuté que cette mission de survol soit synonyme de l’ouverture d’un nouveau front pour l’armée française.

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Invité d’Europe 1, le président irakien, Fouad Massoum, a d’ores et déjà approuvé les survols français: «C’est exactement ce que nous voulions.» «Nous ne demandons pas de déploiement de troupes au sol, mais nous avons besoin d’un soutien logistique, d’une couverture aérienne, de l’expertise des gouvernements alliés en matière de formation des troupes et de renseignements, et d’aide humanitaire pour les déplacés», a-t-il redit.

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Bon comme un citron bien rond !