En riposte à l’assassinat du pilote jordanien par Daech, Amman a exécuté le 4 février 2015 deux djihadistes irakiens condamnés à mort, dont une femme. Sajida al-Rishawi était un symbole pour l’organisation islamiste.

Sajida-al-Rishawi

Elle devait mourir le 9 novembre 2005… Mais la ceinture explosive de Sajida al-Rishawi n’a pas fonctionné comme prévu.

Les autres kamikazes qui l’accompagnent ce jour-là à Amman tuent 60 personnes. Le triple attentat qui secoue le royaume hachémite est revendiqué par al-Qaïda en Irak.

Condamnée à mort pour terrorisme fin 2006, la jeune Irakienne âgée alors d’une trentaine d’années est envoyée en prison. La sentence n’est pas exécutée car le pouvoir jordanien veut faire bonne figure sur les questions des droits de l’Homme.
Selon une source de sécurité jordanienne, elle passe ses journées à lire le Coran et à regarder des télévisions islamiques.

Une icône des djihadistes
Une décennie plus tard, Sajida al-Rishawi est de nouveau sous les projecteurs. Le 20 janvier 2015, l’organisation Etat islamique exige sa libération et menace d’exécuter deux otages, un journaliste japonais et un pilote jordanien.

Car la prisonnière irakienne est un symbole pour les islamistes de Daech. Comme eux, elle est issue du groupe d’Abou Moussab al-Zarkaoui, l’ex-chef d’al-Qaïda en Irak tué en 2006. Ses deux frères et l’un des ses beaux-frères sont morts dans des combats contre l’armée américaine en Irak. Une famille «exemplaire» pour les djihadistes.

Sajida al- Rishawi lors ses aveux en novembre 2005

Sajida al-Rishawi avec sa ceinture d’explosifs en novembre 2005. Capture d’écran de la télévision jordanienne.

En la mettant sur le devant de la scène, les radicaux islamistes voulaient sans doute montrer qu’ils n’oublient pas leur «sœur» d’armes et en faire une héroïne.
Pour mener l’attentat à Amman en 2005, la djihadiste s’était munie d’un faux passeport. Et pour brouiller les pistes, elle avait épousé pour l’occasion l’un des kamikazes du groupe, Ali Hussein al-Chammari.

Sajida al-Rishawi n’est pas leur seule égérie. L’Etat islamique réclame aussi la libération d’une autre femme, une scientifique pakistanaise Aafia Siddiqui écrouée aux Etats-Unis. L’organisation avait proposé de l’échanger contre James Foley, l’otage américain assassiné en août 2014.

Terrorisme au féminin : une réalité qui ne touche pas que le djihad.

Djihad-suicide

Agée de 18 ans, Mirvat Massoud s’est fait exploser dans une attaque contre les troupes israéliennes en 2006 (Image fournie par le Djihad islamique). 

La présence supposée ou réelle d’une femme dans le commando de Nairobi n’est pas une première. Des attaques ou des attentats ont déjà été menés par des femmes dans les conflits tchétchène ou israélo-palestinien. Mais l’islamisme radical est loin d’être la seule cause des engagements extrêmes au féminin.

L’image la plus frappante de cet activisme féminin remonte sans doute à octobre 2002. La scène se passe à Moscou. On se souvient de ces femmes portant des voiles islamiques et des ceintures bourrées d’explosifs. Elles faisaient partie d’un groupe tchétchène qui avait pris en otages les spectateurs du théâtre de la Doubrovka dans la capitale russe. Après l’assaut, le bilan est lourd : 169 morts dont 19 «veuves noires» du commando.

Le drame tchétchène

«A l’origine d’attentats-suicides en Tchétchénie dès 1999 ─ date de l’entrée des troupes russes dans cette république rebelle du Caucase ─, les femmes kamikazes ont refait parler d’elles à plusieurs reprises : l’attentat au cours d’un festival rock à Moscou en juillet 2003 (15 morts) et la double catastrophe aérienne le 24 août 2003 (90 morts) ont ainsi été causés par des femmes », rappelait Le Figaro en 2010.

Si la composante religieuse apparaît dans les méthodes de ces commandos, la guerre de Tchétchénie était loin d’être uniquement religieuse entre ce territoire réclamant son indépendance et Moscou. En deux guerres, l’une menée par Boris Eltsine et l’autre dirigée par Vladimir Poutine, les victimes se sont comptées en dizaines de milliers, selon les organisations humanitaires.

Palestine-Israël

Le 27 janvier 2002,WaffaIdriss, une infirmière palestinienne, explose en plein Jérusalem. Une personne est tuée, des dizaines d’autres sont blessées. La mort porte une part de mystère car rien ne semblait prédestiner cette femme, plutôt proche des milieux nationalistes et non religieux, à commettre un attentat-suicide.Deux mois avant ce drame, Patrick Chauvel était venu tourner un film sur les membres du Croissant-Rouge palestinien. Il y avait rencontré Wafa, souriante et pleine de vie. Après avoir appris son acte, il réalisa Kamikaze 47, l’histoire de Wafa Idriss, en se posant cette question : «Comment une jeune femme aussi dynamique a-t-elle pu décider de devenir le numéro 47 sur la liste des kamikazes ?»

 http://www.youtube.com/watch?v=mmA3ua4bMJg

Rencontre avec Wafa Idriss, première femme kamikaze palestinienne.

«Avocate, Hanadi Taysser Darajat, originaire de Jénine, en Cisjordanie, n’ira, quant à elle, jamais plaider la cause des siens devant un tribunal terrestre. Le 9 octobre 2003, son gracieux visage encadré de cheveux noirs gisait, loin de son corps déchiqueté, au milieu du restaurant Maxim, à Haïfa, jonché de lambeaux de chair ensanglantés. A 29 ans, sixième femme kamikaze palestinienne depuis le début de la seconde Intifada, en septembre 2000, Hanadi aurait, selon le Djihad islamique, voulu venger, en provoquant cette hécatombe (19 civils israéliens juifs et arabes tués), la mort de son frère et de son cousin, tombés quatre mois plus tôt sous les balles de Tsahal», racontait L’Express en 2004.

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En 2006, l’émotion est de nouveau grande lorsqu’une grand-mère palestinienne se tue près de soldats israéliens. Laissant neuf enfants et 41 petits-enfants, elle a expliqué dans une vidéo filmée avant sa mort «se sacrifier pour Dieu et pour son pays». Deux de ses fils avaient été tués quelques temps auparavant. Toujours difficile de définir les motivations profondes de tels actes, même si ce sont des mouvement religieux qui prônent de telles actions, normalement rejetées par les mouvements laïcs.Tout au long de la seconde Intifada, les kamikazes, féminins notamment, se sont multipliés.

 

Dans le monde
Le terrorisme au féminin n’est pas que musulman. Il s’est particulièrement illustré au Sri Lanka. Les Tigres tamouls (de tendance plutôt marxiste) auraient utilisé les attentats comme méthode politique. Sur 462 attentats «48 ont été réalisés par des femmes, souvent âgées de moins de 25 ans», selon Rue89. De la même façon, lePKK (Parti des travailleurs duKurdistan), a depuis longtemps intégré les femmes aux actions violentes. Le premier attentat-suicide commis par une femme date de 1985. L’acte n’était pas religieux, affirme le site.«Dans plus de 95% des cas, les attentats-suicides s’expliquent non par le religieux mais par l’opposition aux forces militaires étrangères», expliquait le chercheur américain Robert Pape, politologue à l’université de Chicago, cité par le journal canadien Le Devoir. Ce chercheur fait remonter à 1985, au Liban, le phénomène des femmes kamikazes : «Le 9 avril 1985, une jeune femme, Khyadali Sana, fait exploser sa voiture piégée près d’un convoi militaire israélien, faisant deux morts parmi les soldats», raconte-t-il.Sans remonter aux kamikazes japonais de la Seconde guerre mondiale et plus près de nous, géographiquement, des femmes n’ont pas hésité à prendre les armes dans des actions violentes, que ce soit en Italie ou en Allemagne. Les exemples sont nombreux. Brigades rouges ou Fraction Armée rouge, les deux organisations ont compté de nombreuses femmes, victimes de leur engagement. Même si l’attentat-suicide ne faisait pas partie de l’arsenal utilisé.

Le martyr au féminin, selon l’islam

 

On a beaucoup dit que les martyrs musulmans pouvaient trouver le bonheur au paradis. Notamment en y trouvant 72 vierges. Mais pour les femmes ? Slate cite l’érudit du IXe siècle al-Tabarani qui «avança que les femmes seraient réunies à leurs époux dans l’au-delà, et que celles qui en avaient eu plusieurs pourraient choisir le meilleur pour mari dans l’éternité. (D’autres commentateurs précisèrent qu’une femme qui ne s’est jamais mariée peut épouser qui elle veut au paradis).»

Lelila Khaled 1970
Leïla Khaled en 1970 

On est loin de l’opération menée en 1969 par la Palestinienne Leïla Khaled. Cette militante palestinienne du FPLP (Front populaire de libération de la Palestine), un mouvement marxiste, avait été la première femme à détourner un avion. Les Palestiniens libérèrent tous les passagers du vol TWA Los Angeles-Tel Aviv et firent sauter l’avion sur l’aéroport de Damas. Dans une interview en 2011, elle affirmait sur les attentats-suicides : «Nous ne voyons pas cela comme une façon de faire face à l’occupation (israélienne)».

Samantha Lewthwaite, la «veuve blanche» à la tête du commando de Nairobi ?

Plusieurs sources affirment que le chef du commando de Nairobi serait une femme. Il s’agirait de Samantha Lewthwaite, une anglaise convertie, veuve de Jermaine Lindsay, qui s’était fait exploser lors des attentats de Londres en 2005. Une information non confirmée.

Samantha-Lewthwaite

Samantha Lewthwaite est une Britannique convertie, originaire d’Aylesbury dans le Buckinghamshire, au Royaume-Uni. Elle aurait quitté l’Angleterre en 2005 et rejoint les shebab en Somalie. Elle fait partie des «terroristes les plus recherchés d’Afrique de l’Est», précise le Daily Post de Nairobi.

En 2012, elle est suspectée d’avoir participé, au Kenya, à une attaque à la grenade, tuant trois personnes qui regardaient un match de foot de l’Euro.

Elle avait écrit alors sur son blog : «Ma décision de revenir à l’islam est le don le plus précieux que mon créateur m’a accordé», rapporte le Mirror de 2012.

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Samantha Lewthwaite, surnommée «la veuve blanche» serait née en Irlande du Nord où son père était soldat. Elle serait la cadette des trois enfants de la famille. Ses parents se seraient séparés quand elle avait onze ans. Et elle aurait trouvé le réconfort dans l’islam à l’âge de quinze ans.

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Un tweet fait état de sa présence sur le terrain, dans le centre commercial de Nairobi. «Meneur de #WestgateAttack est une dame avec un accent britannique. Pourrait être la veuve insaisissable», a déclaré Robert Alai, un blogueur kényan qui a été tweeté en direct pendant plus de 36 heures, rapporte la presse britannique.

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Un homme présenté par la BBC comme un «commandant» des islamistes somaliens shebab a cependant démenti le 23 septembre sur la radio britannique que des étrangers figuraient parmi les assaillants responsables de l’attaque meurtrière d’un centre commercial à Nairobi. Il a ajouté à propos de la présence d’une femme dans le commando : «Nous ne demandons pas à nos sœurs de mener des attaques militaires de ce type. Ce sont simplement des rumeurs infondées».

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