La lutte d’influence qui existe entre L’Etat islamique et Al-Qaida « canal historique » sur l’ensemble des terres de djihad s’est étendue après les Balkans dernièrement s’est étendue au Caucase.
Poutine sur ses gardes !

caucase

On se souvient qu’en fin juin 2015 ce sont près de 15 000 tchétchènes qui prêtaient allégeance à l’Etat islamique.

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L’Emirat du Caucase est responsable de plus de 900 attentats et attaques en Russie, depuis 2007 et il comprend des islamiste de Tchétchénie, du Daghestan et d’Ingouchie.

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Comme sur les autres théâtres d’opérations extérieurs – dont le noyau central est situé à cheval sur la Syrie et l’Irak -, Daech ne fait que recueillir les allégeances de chefs et d’activistes qui servaient auparavant sous les couleurs d’Al-Qaida.

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Daech se concentre sur la consolidation de l’Etat Islamique. Pour l’instant, l’organisation n’a pas de moyens à consacrer aux théâtres extérieurs même si elle a un peu renforcé sa représentation en Libye, au Sinaï et dans une moindre mesure, auprès de Boko Haram.

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Les organisations djihadistes du Caucase.

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Dans le Caucase, il faut donc distinguer deux entités : l’une dépendant du docteur Al-Zawahiri et l’autre d’Al-Baghdadi, alias le calife Ibrahim.

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La première est officiellement dirigée depuis le 1er juillet par Mohamed Abou Osman « Gimrinski », qui a succédé à Ali Abou Mohamed le Daghestanai,s tué par les forces de sécurité russes (qui traquent les rebelles « jusque dans les chiottes » comme le déclarait Vladimir Poutine) . Cette entité, qui a été fondée en 2007 – donc bien avant la création de Daech -, porte le nom qui peut tromper d’« Emirat islamique du Caucase » (EIC). Ses chefs se font tuer régulièrement les uns après les autres. Il est vrai que le FSB et le GRU, les deux services secrets habilités à agir à l’intérieur de la Fédération de Russie, remplissent parfaitement leur mission d’infiltration même s’ils ne peuvent empêcher tous les attentats. Généralement, les responsables de ces actions sont ensuite retrouvés et neutralisés, sans passer par la case tribunal.

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La deuxième organisation, qui a fait allégeance à l’EI serait emmenée par Roustan Asilderov, alias Abou Mohamed al Qadari, l’ancien émir de l’EIC pour le Daghestan. Il aurait été rejoint par une figure de la rébellion caucasienne, Aslan Byututayev – alias l’émir Khamzat -, commandant la région de Tchétchénie pour l’EIC et surtout, responsable de nombreux attentats suicide dont ceux de Moscou (en 2010 et 2011) et de Grozni (2014). Selon la déclaration d’allégeance (bayat) qui a été acceptée le 23 juin par le porte-parole de l’EI, Abou Mohamed al Adnani, tous les militants de l’EIC pour la Tchétchénie, le Daghestan, l’Ingouchie et la Karbadino-Balkarie se sont rangés du côté de Daech. Cette déclaration a été démentie par les leaders de l’EIC et condamnée par Al-Qaida dans la péninsule arabique (AQPA), qui joue un peu le rôle de ministère des « Affaires étrangère » au sein d’Al-Qaida « canal historique ».

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Il est probable que l’on va bientôt se retrouver un peu dans le même cas de figure qu’en Syrie où le Front Al-Nosra (la branche armée d’Al-Qaida) s’oppose frontalement à l’EI même si les affrontements ne sont pas des combats directs mais se déroulent via des attentats et des exécutions médiatisées.

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Une évolution du rapport de force et des violences ?

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La rébellion dans le Caucase est traditionnellement très morcelée en fonction de réalités ethniques et régionales. Le commandement central de l’EIC n’a toujours fait qu’envoyer des directives très générales, laissant les chefs locaux agir à leur guise selon la réalité du terrain. En effet, il ne bénéficie d’aucun moyen de rétorsion, car il ne fournit pas d’aide à ces groupes sur le terrain. Son premier souci consiste à échapper aux commandos russes et aux milices spéciales du président tchétchène Ramzan Kadirov, qui sont lancées à ses trousses et qui agissent avec des succès certains bien au delà des frontières.

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L’influence tactique d’Al-Baghdadi risque donc d’être insignifiante mais Al-Qaida craint que de nombreux groupes fassent défection à leur tour Cette préoccupation pousse Al-Qaida à se lancer à une course en avant pour ne pas perdre le leadership du djihad. C’est inquiétant, car des opérations terroristes pourraient être déclenchées dans ce but dans des pays occidentaux.. En effet, les unités utilisant le label « EI » profitent de sa notoriété pour se faire connaître, particulièrement à l’international. En fin de compte, Daech est plus « vendeur » qu’Al-Qaida « canal historique ».

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L’exemple des attentats dirigés contreCharlie Hebdo par Al-Qaida via AQPA, en janvier 2015 est révélateur : on ne parle que de Daech.

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On observe aujourd’hui un phénomène psychologique inquiétant dans le monde occidental : sous l’influence de l’Arabie saoudite, du Qatar et de la Turquie – pays qui se sont mis discrètement d’accord, pour une fois -, Al-Qaida apparaît désormais « moins pire » que l’EI. L’objectif de ces pays est vraisemblablement, au final, d’entamer dans les années qui viennent, des négociations avec un acteur « qui compte ». Or, l’objectif d’Al-Qaida est le même que celui de l’EI : établir un califat mondial, même si les modalités pour y parvenir sont actuellement différentes.

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La capacité de nuisance des mouvements rebelles caucasiens a toujours été élevée. Par exemple, les fameuses « veuves noires » ont défrayé la chronique nécrologique. L’arrivée de Daech dans le paysage n’augmente pas le risque. Seules les signatures des prochains attentats seront intéressantes à décrypter afin de savoir qui prend l’avantage entre Al-Qaida et l’Etat islamique. Mais il ne faut pas s’attendre à une recrudescence des violences dans la mesure où les moyens des rebelles ne sont pas accrus.

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Il est à noter que deux leaders caucasiens présents en Syrie soutiennent le nouveau chef de l’EIC, Salahuddine Shishani, et son adjoint, Abdul Karim Krymsky. Par contre, ces deux combattants se sont vus retirer à la mi-juin la direction du Jaish al-Muhajiree wal-Ansar, une formation proche du Front al-Nosra. Ils n’auraient pas respecté les « principes de l’islam ». Ils pourraient en profiter pour rentrer dans leur pays d’origine. Or, les autorités russes craignent, comme en Europe, le retour des volontaires servant sur le front syro-irakien, aussi bien dans les rangs de Daech que dans ceux d’Al-Nosra. En effet, 500 Ouzbeks, 360 Turkmènes, 200 Tadjiks et 100 Kirghizes serviraient en Syrie. Il ne faut pas oublier des Ouzbeks, membres du Mouvement islamique d’Ouzbekistan (MIO), combattent aux côtés d’Al-Qaida en Afghanistan et au Pakistan. Certains auraient rejoint la « province Khorasan », une nouvelle entité créée par l’EI dans la zone, dont le chef, Hafez Saïd aurait été tué par une frappe américaine le 9 juillet 2015 à la frontière entre les deux pays.

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Cette crainte de Moscou permet de comprendre pourquoi la Russie soutient les régimes en place à Damas, à Bagdad et dans une moindre mesure à Islamabad et à Kaboul : ces pays constituent des abcès de fixation qui permettent de mener la guerre contre les radicaux islamistes hors de la mère patrie. Le but du président Poutine ne consiste pas à empêcher les volontaires caucasiens de partir vers l’extérieur, mais est de leur interdire de revenir pour qu’ils ne créent pas de désordres à domicile.

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