Quatre ans après le drame de Fukishima, un premier réacteur a été remis en service ce  mardi 11 août  à Sendai.

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L’hostilité des Japonais n’y fera rien. Sur la petite ile de Kyushu au Japon, 200 manifestants avaient fait le déplacement pour dire leur colère et leur angoisse devant  les portes de la centrale nucléaire de Sendai.

« Actuellement, il y a beaucoup d’activité sismique et volcanique. Le redémarrage est fou et complètement immoral »

explique une jeune femme.

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Un Premier ministre en colère.

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Dans la foule, Naoto Kan, un ancien Premier ministre avait lui aussi fait le déplacement.

« Nous ne pouvons pas prévoir les accidents, voilà pourquoi ils se produisent et ici toutes les précautions nécessaires n’ont pas été prises »

a commenté l’ancien ministre. Au même instant à l’intérieur de la centrale  Sendai, les techniciens relancent le réacteur numéro 1. Un impératif voulu le gouvernement conservateur. Selon un rapport, l’arrêt du nucléaire aurait coûté plus de 26 milliards d’euros au pays. Quatre ans après Fukishima et deux ans après, l’arrêt des 48 centrales, le Japon renoue avec le nucléaire. D’ici 2030, le pays vise à produire 20% de l’électricité grâce à cette énergie.

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C’est une première depuis l’accident de Fukushima, le 11 mars 2011. Un réacteur nucléaire a été relancé mardi 11 août au Japon, plus de quatre ans après cette catastrophe qui a traumatisé la population. Toutes les centrales du pays étaient à l’arrêt depuis septembre 2013. 

« Le réacteur numéro 1 de la centrale de Sendai [à 1 000 km au sud-ouest de Tokyo, sur l’île méridionale de Kyushu] a redémarré à 10h30 (3h30, heure de Paris) »

a annoncé à l’AFP un porte-parole de la compagnie Kyushu Electric Power.

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Le cœur du réacteur devrait entrer en réaction en chaîne auto-entretenue à compter de 23h (16h, heure de Paris). Il commencera à générer vendredi de l’électricité qui sera exploitée commercialement à partir de début septembre, selon la compagnie.

« Je souhaite que le redémarrage soit effectué en garantissant toute la sécurité qui doit être la première priorité »

avait déclaré lundi soir le Premier ministre pro-nucléaire Shinzo Abe.

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L’ancien Premier ministre parle d’erreur.

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Voulue par le gouvernement conservateur, cette remise en service d’installations nucléaires est d’abord motivée par des raisons économiques : le Japon a enduré depuis 2011 d’importants déficits commerciaux, en grande partie dus à la flambée de la facture d’hydrocarbures pour alimenter les centrales thermiques. L’équipe de Shinzo Abe argue en outre que les entreprises freinent leur activité à cause de la cherté de l’électricité et que les ambitions de réduction de gaz à effet de serre sont bridées par l’usage extensif de centrales au gaz, au pétrole ou au charbon.

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Face au gouvernement, une majorité des Japonais s’interroge sur la pertinence d’un redémarrage qualifié « d’erreur » par Naoto Kan, Premier ministre au moment de l’accident de Fukushima et l’un des plus virulents militants antinucléaires. Au cri de « saikado hantai » (« contre le redémarrage »), quelque 200 personnes, selon la chaîne publique NHK, venues des diverses régions du Japon hébergeant des installations nucléaires, ont protesté aux portes de la centrale.

Des manifestants antinucléaires manifestent contre le redémarrage de la centrale de Sendai (Japon), le 11 août 2015.
Des manifestants antinucléaires manifestent contre le redémarrage de la centrale de Sendai (Japon), le 11 août 2015.

Les opposants invoquent pour principale raison à leur hostilité des inquiétudes sur la sûreté et l’absence de clarification précise de l’enchaînement des événements qui ont abouti au désastre de mars 2011.

« L’accident de Fukushima n’est toujours pas résolu et toutes les causes ne sont pas même élucidées, alors pourquoi relance-t-on aujourd’hui un réacteur ? »

s’agaçait devant les caméras une habitante de la préfecture de Fukushima venue spécialement à Sendai. Le Japon comptait 54 réacteurs exploitables avant la destruction des six réacteurs de la centrale de Fukushima. Sur les 48 restants, cinq au moins doivent être démantelés.

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Quatre ans après l’accident nucléaire de Fukushima, où en est-on?

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En mars 2011, le Japon faisait face au plus gigantesque tsunami de son histoire moderne, qui allait ravager une partie du nord-est du pays et provoquer la catastrophe nucléaire de Fukushima Daïchi. Une catastrophe toujours en cours : Tepco, l’opérateur de la centrale, doit envoyer en permanence de l’eau sur les cœurs fusionnés des réacteurs et sur les déchets pour éviter un nouvel accident.

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Quatre ans après l’accident, une étape-clé susceptible d’éviter une nouvelle catastrophe a enfin été menée à bien : Tepco a enlevé les barres de combustible du réacteur numéro 4, très fragilisé après le tsunami et l’accident à la centrale. En cas de nouveau tremblement de terre, la quantité de radioactivité dégagée aurait été encore plus importante que celle émise par la fusion des quatre réacteurs. Fin novembre 2014, L’opérateur a annoncé qu’il avait réussi à mettre les 1 355 barres en sécurité dans un bâtiment plus solide.

« C’est la seule bonne nouvelle de 2014 : on a évité l’apocalypse »

explique Paul Jobin, maître de conférences à Paris Diderot.

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Une eau envahissante.

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Par contre, le problème de l’eau contaminée n’a pas été résolu. Un véritable tonneau des Danaïdes : Tepco doit chaque jour envoyer de l’eau sur les réacteurs accidentés et sur les déchets nucléaires pour éviter qu’ils ne soient en surchauffe. Et lorsqu’une unité d’eau est envoyée, deux doivent être stockées, car la nappe phréatique toute proche est contaminée par les infiltrations.

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Depuis juin 2011, 700 000 tonnes d’eau contaminée ont été entreposées sur le site, dans plus de 1 000 citernes, auxquelles de nouvelles s’ajoutent chaque jour. Tepco traite quotidiennement jusqu’à 2 000 mètres cubes de cette eau contaminée pour éliminer les radionucléides, sauf le tritium, que pour le moment on ne sait pas enlever.

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Mais pour Roland Desbordes, l’efficacité de ce traitement est de toute façon réduite : le directeur de la Criirad, la Commission de recherche indépendante sur la radioactivité, rappelle qu’avant même la construction des premières citernes l’entreprise française Areva s’était rendu sur place pour proposer ses services, mais avait vite dû jeter l’éponge devant le degré de contamination de l’eau :

« Evidemment, ils (NDLR:Tepco et le gouvernement) vont dire pour la galerie  » on fait un traitement « , mais il sera d’efficacité ridicule de mon point de vue. Ça va s’ajouter à tous les rejets non contrôlés dans la mer. »

Car l’AIEA, l’Agence internationale pour l’énergie atomique, conseille de rejeter cette eau dans la mer avant que la place ne manque sur le site, à la grande colère des pêcheurs de la région, déjà rendus furieux par les fuites d’eau radioactives dans l’océan.

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Plus de 6 000 travailleurs à Fukushima Daishi

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L’AIEA conseille également de renforcer la sécurité sur le site. En un an, le nombre de travailleurs qui interviennent chaque jour a été multiplié par deux, pour atteindre plus de 6 000. Ces ouvriers s’occupent de l’eau, mais ils travaillent aussi sur un autre chantier titanesque : mettre en place un mur d’eau glacé tout autour de la centrale pour empêcher la contamination des nappes phréatiques. Et pour éviter que les travailleurs ne soient exposés sur des durées trop longues à la radioactivité, il faut limiter leur temps d’intervention et donc multiplier leur nombre. « Problème, explique Paul Jobin :

Tepco a de plus en plus de mal à recruter une main d’œuvre qualifiée, ce qui se traduit par une multiplication des accidents du travail. De 23 en 2013, on est passé à plus de 40 en 2014, avec en janvier 2015, coup sur coup, deux accidents mortels. »

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Bataille autour de la santé

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Le nombre de cancers de la thyroïde a augmenté chez les enfants dans la région, mais il est impossible de prouver qu’ils sont liés à Fukushima : en quelque sorte ils ne sont pas signés « accident nucléaire », explique Roland Desbordes. Médecins et gouvernement affirment donc que les deux évènements ne sont pas liés. D’autres problèmes sont apparus, toujours chez les enfants : une hausse de l’apparition de nodules, des petits kystes sur la thyroïde. Un cinquième des traces de nodule sont susceptibles de se transformer en cancers, souligne Paul Jobin, qui insiste sur l’importance de poursuivre les études médicales.

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« Mais après, est-ce qu’elles sont conduites pour finir par dire «  finalement, tout va bien « , ou pour limiter le plus possible l’exposition des enfants aux rayons ionisants ? Si on pousse les gens à revenir contre leurs inquiétudes dans la province de Fukushima ou les provinces limitrophes, je ne vois pas comment on peut limiter l’exposition. »

C’est tout le problème de ces populations déplacées que le gouvernement commence à faire revenir dans plusieurs zones vidées après le tsunami et l’accident nucléaire.

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Bon comme un citron bien rond !

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