Depuis la frappe aérienne qui s’est déroulée dans la nuit du 2 au 3 octobre, faisant 19 morts, ni Obama ni le Pentagone n’évoquent une possible responsabilité de l’armée américaine.

Photo non datée fournie par MSF après le bombardement de l'hôpital de Kunduz qui a fait 19 morts, le 3 octobre.

De la compassion, mais pas d’excuses. Dans sa première réaction au bombardement de Kunduz, qu’il aura d’ailleurs fallu attendre plus de vingt-quatre heures après l’attaque, Barack Obama a assuré le service minimum.
«Au nom du peuple américain, j’adresse mes plus profondes condoléances aux victimes de ce tragique incident», déclare le président américain.
Pas un mot, en revanche, sur la probable responsabilité de l’armée américaine.
«Nous attendrons les résultats de l’enquête»
lancée par le Pentagone, se justifie Barack Obama.

A peine plus loquace, le Pentagone a toutefois fourni quelques éléments permettant de dessiner le scénario du drame. Peu après 2 heures du matin, dans la nuit du 2 au 3 octobre, des soldats américains déployés dans la ville de Kunduz pour «conseiller et assister» l’armée afghane auraient été pris pour cible par des talibans. Les marines réclament alors un soutien aérien immédiat. A 2h15, un avion américain bombarde les insurgés qui se trouvent «à proximité» de l’hôpital de Médecins sans frontières (MSF). «Cette frappe a pu causer des dommages collatéraux à un bâtiment médical», avance le colonel Brian Tribus, porte-parole des forces américaines en Afghanistan.

Ces bribes de version officielle permettent de dresser un premier constat: le raid a semble-t-il été décidé dans l’urgence pour répondre à une menace perçue comme imminente. En vertu des règles d’engagement de l’armée américaine en Afghanistan, tout raid aérien programmé à l’avance doit donner lieu à une évaluation des possibles dommages collatéraux. Une procédure qui ne s’applique pas aux bombardements d’urgence. L’armée américaine, qui disposait des coordonnées GPS indiquant la localisation précise de l’hôpital de MSF, n’a peut-être pas pris le temps de les vérifier.

Indignation internationale.

Tout aussi inexplicable: selon MSF, les bombardements se sont poursuivis pendant plus de quarante-cinq minutes après que l’ONG a averti les armées afghane et américaine des premiers tirs.
«Les impacts étaient très ciblés, toujours sur le même bâtiment. L’avion est parti puis il est revenu pour redonner suite à une série d’impacts, exactement sur le même bâtiment», a affirmé le directeur des opérations de MSF.
Ce récit concorde avec le type d’appareil utilisé, un AC-130.
Spécialisé dans l’appui aérien rapproché, cet avion est doté d’une bonne précision de tir et capable de rester longtemps sur la zone de l’objectif. De quoi remettre sérieusement en cause la version du «dommage collatéral».

Outre l’indignation internationale –l’ONU parle d’un possible «crime de guerre»–, cette bavure met en lumière le rôle accru joué par les Etats-Unis en Afghanistan, malgré la promesse de désengagement de la Maison Blanche. En moins d’une semaine, les avions américains ont ainsi mené 12 raids aériens pour aider l’armée afghane à reprendre le contrôle de Kunduz, tombée aux mains des talibans. De rares combats au sol ont même éclaté entre insurgés et troupes américaines.

A l’heure actuelle, 9 800 militaires américains sont déployés en Afghanistan et laa quasi-totalité d’entre eux doit quitter le pays d’ici fin 2016. Cela permettrait à Barack Obama de respecter sa promesse de mettre fin à la plus longue guerre de l’histoire des Etats-Unis. Mais face à l’avancée des talibans, à la faiblesse de l’armée afghane et à la poussée de l’Etat islamique dans certaines régions du pays, les responsables militaires américains redoutent un scénario à l’irakienne. Le 6 octobre, le commandant des forces américaines en Afghanistan doit justement témoigner devant le Sénat, à Washington. Il pourrait plaider pour une présence militaire au-delà de 2016.

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