Le pick-up Toyota, c’est la voiture de l’année de l’Etat islamique (EI).

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La firme japonaise refuse pourtant de vendre ses véhicules…

Voici comment les bandes armées du Moyen-Orient et d’Afrique se procurent ces engins indestructibles.

Le pick-up Toyota, c’est la voiture de l’année de l’Etat islamique (EI). AFP

Le pick-up Toyota, c’est la Voiture de l’année des bandes armées de l’Etat islamique (EI)! Robuste, simple, facilement réparable, rapide, mobile, il est devenu le véhicule à abattre des pouvoirs publics américains.
Le Département du Trésor avait pris contact avec Toyota à ce sujet.

« Nous soutenons l’enquête du Département du Trésor américain, qui se penche plus largement sur les chaînes d’approvisionnement internationales et les flux de capitaux et marchandises au Moyen-Orient »
a aussitôt affirmé ce jeudi 8 octobre le groupe japonais.

« Toyota a une règle stricte: on ne livre pas des pays en guerre », affirme-t-on  au sein du constructeur. Mais « il est impossible pour un constructeur de contrôler les filières indirectes ou illégales », ajoute le fabricant, qui a vendu l’an dernier au Moyen-Orient plus de 800.000 véhicules (un chiffre en nette hausse).

Beaucoup de véhicules volés.

Alors, comment font donc ces groupes armés pour se procurer ces véhicules, dans lesquels des grappes de militants paradent fièrement sur les vidéos de propagande de l’EI en Libye, Syrie, Irak.
On retrouve d’ailleurs aussi les mêmes véhicules au sein des différents groupuscules armés en Afrique.

« Il y a trois filières visibles », explique à Challenges un fin connaisseur du dossier: « premièrement, les groupes armés utilisent des véhicules qui ont été légalement livrés, avant que les pays en cause ne deviennent des zones de guerre et que l’exportation soit interdite. Ces véhicules étaient alors en effet vendus régulièrement ».

« Deuxième filon : les engins volés tout simplement aux ONG et aux armées locales. C’est une grosse source d’approvisionnement.
Troisièmement, il y a tous les modèles achetés d’occasion, sur lesquels il ne peut y avoir aucun contrôle du constructeur.
Là-dessus, Toyota n’a pas de visibilité ».

Commandes par petits paquets simultanés.

Mais, cela ne suffit pas. Il existe également des filières clandestines.
Certains « concessionnaires tricolores » sont ainsi contactés pour des véhicules destinés notamment à l’Afrique.

« On a vu des commandes soudaines de 100 pick-ups transmises d’un coup à la filiale d’importation  française de Toyota, de la part de concessionnaires qui en commandaient habituellement une dizaine en moyenne ».

Une procédure quasiment abandonnée. Car peu discrète !
« Des cas pareils mettent immédiatement la puce à l’oreille du constructeur », souligne notre informateur proche du dossier. Toyota France a ainsi refusé plusieurs fois ce genre de commandes suspectes pour des marchés à l’export vers l’Afrique, dont la destination finale n’était pas claire.

Mais, il y a un moyen beaucoup plus subtile de passer entre les mailles.
« Le donneur d’ordres s’adresse alors à plusieurs concessionnaires en même temps dans des pays différents avec des petits paquets de commandes pour chacun.
Et, là, ça échappe aux radars »
… Judicieux.
Mais les intermédiaires, « dont les filières sont proches de celles des vendeurs d’armes », ne s’adressent pas forcément aux concessionnaires.

Ils utilisent parfois « des relais dans les administrations des grands hôtels » de certaines capitales, pour passer commande directement.
Là aussi, si les quantités commandées en même temps ne sont pas trop importantes, ça peut marcher!
Et rien n’empêche d’en passer plusieurs au même moment à des endroits distincts.

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Un engin qui existe depuis 1968.

Le « Toy » est réputé plus robuste et durable que ses concurrents chez Nissan, Mitsubishi, Ford. En outre, Toyota est une marque très bien établie, et de longue date, au Proche-Orient ou en Afrique.
Le pick-up Hilux existe depuis 1968. Ce pick-up Toyota avait été très utilisé notamment lors du conflit tchado-libyen de 1987, au point de le désigner par le vocable de « guerre Toyota » (Toyota War).

C’est ce conflit qui lui a donné ses lettres de noblesse parmi les mouvements rebelles aux quatre coins du monde. Son frère, le Land Cruiser pick-up, est, lui, dérivé d’un ancien 4×4 rustique sorti au milieu des années 80, utilisé notamment par la fourrière à Paris !

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  1. Ping: ATOYOT | Raimanet

Bon comme un citron bien rond !

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