La procédure promet d’être difficile mais permettrait d’ouvrir le débat sur les frappes aériennes françaises…

Des combattants de Daesh en Irak, le 24 février 2015

Une somme rondelette. Daesh paie jusqu’à 10.000 dollars (8.800 euros) les recruteurs qui parviennent à faire venir des volontaires en Syrie, ont affirmé vendredi à Bruxelles des experts des Nations unies à l’issue d’une mission d’enquête en Belgique. L’avocate polonaise Elzbieta Karska, qui dirige un groupe de travail de l’ONU sur les activités des combattants étrangers qui partent vers des zones de conflit, a confirmé que l’EI avait recours aux médias sociaux et à des réseaux informels (familles, amis, etc.) pour recruter de nouveaux djihadistes en Belgique.

La somme en fonction du nombre… et d’un éventuel mariage.

Ces intermédiaires, qui sont souvent basés en Syrie, «sont payés en fonction du nombre de personnes recrutées et du fait que leurs recrues se marient par la suite», a précisé le groupe d’experts onusiens dans un rapport préliminaire présenté aux médias à Bruxelles.
«Nous avons été informés de cas où les recruteurs sont payés de 2.000 ou 3.000 dollars à 10.000 dollars, en fonction de qui est recruté. Cela dépend des capacités de la personne. Si c’est quelqu’un avec un haut niveau d’éducation, comme un informaticien ou un médecin, ils sont payés plus», a précisé Mme Karska, qui a dirigé la mission d’enquête d’une semaine en Belgique.

«Ils sont payés par Daesh» (l’acronyme arabe de l’EI), a affirmé une autre membre de la délégation de l’ONU, la Chilienne Patricia Arias. «Quand il y a un contact personnel direct, la radicalisation est la plus rapide», a-t-elle expliqué.

Une moyenne d’âge de 23 ans.

On en sait un peu plus sur les profils des combattants. S’ils sont «divers», leur âge moyen se situe aux alentours de «23 ans et moins» et «les femmes sont également de plus en plus nombreuses à partir», note le rapport. Quant aux motivations, elles sont également variées: «conviction religieuse», «raisons humanitaires» ou encore «recherche d’aventures».

Beaucoup vivent dans de bonnes conditions matérielles.

«Le profil n’est pas toujours celui de personnes touchées par le sous-emploi. Beaucoup vivent dans de bonnes conditions matérielles», a souligné Elzbieta Karska. Avec des chiffres variant de «375 à 500 combattants», selon les statistiques donnés par les autorités belges aux experts de l’ONU, la Belgique est le pays de l’UE d’où sont issus le plus grand nombre de djihadistes partis en Syrie ou en Irak, proportionnellement à sa population.+

Ceci explique que le groupe d’experts a choisi de s’y intéresser, après avoir visité en juillet la Tunisie, qui fournit le plus grand nombre de combattants en chiffres absolus, et avant de se rendre en Ukraine l’an prochain.

Djihadistes français tués: La galère des familles pour faire reconnaître les décès en France.

Illustration djihadiste.

Sofiane est mort à Alep le 2 septembre 2013. Sa mère a été prévenue par un coup de fil d’un « compagnon d’arme ». Un an et neuf mois plus tard, ce Roubaisien de 20 ans, combattant djihadiste, est toujours considéré comme vivant par les autorités françaises. Aucun acte de décès, certificat ou document officiel n’a été remis à sa famille.

Fermer un compte bancaire, résilier un abonnement de téléphone, demander une radiation des services sociaux… Les familles de djihadistes français tués sur zone irako-syrienne ont toutes les peines du monde à faire reconnaître en France le décès de leurs proches. Si l’organisation de l’Etat islamique fournit parfois des « certificats de décès », ces documents ne font office d’aucune preuve aux yeux de l’Etat français.

Sentiment de culpabilité.

« Au-delà du deuil, c’est très difficile pour les familles de recueillir des éléments qui accréditent le décès », explique auprès de 20 Minutes Jérôme Pianezza l’avocat de la mère de Sofiane. La famille a entamé une procédure au civil pour que la justice reconnaisse a minima la « disparition » du jeune homme. « C’est déjà difficile pour les familles de faire leur deuil. A cela s’ajoute un sentiment de culpabilité », ajoute l’avocat lillois.

« C’est comme s’il n’était pas mort… Il n’y a aucune reconnaissance », a témoigné sur RMC Azziza, la mère de Sami, un autre djihadiste tué le 9 mars dernier à 22 ans dans un accident de voiture.

« Je veux un acte, quelque chose qui prouve que mon fils est décédé ne serait-ce que pour effectuer les démarches. Mais pas pour faire le deuil… Le deuil, on ne le fera jamais… On veut juste qu’ils reconnaissent que mon fils est mort »

Incertitude juridique ?

Si les autorités françaises sont frileuses à l’idée de délivrer cet acte de décès, c’est d’abord parce que « recueillir les preuves de leur mort est très compliqué », explique-t-on dans l’entourage du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Les services de renseignement sont aussi particulièrement vigilants à ne pas laisser des Français se déclarer comme morts en Syrie ou en Irak avant de revenir dans l’Hexagone et échapper à leurs radars.

« Globalement, on considère ces individus comme “présumés décédés”, mais à divers degrés », résume une source proche du dossier. Les autorités ne cachent néanmoins pas les « difficultés » qu’elles rencontrent dans ce type d’affaires. « Il faut toujours rester prudents sur les morts », confie-t-on à Beauvau.

Pour pallier cette « incertitude juridique », les familles de djihadistes tués sur zone irako-syrienne ont demandé au gouvernement de mettre en place une procédure exceptionnelle pour éditer un acte de décès.
La Chancellerie, contactée par 20 Minutes, renvoie à la procédure classique et indique que « le décès d’un Français mort à l’étranger peut-être  judiciairement déclaré même quand le corps n’a pas été retrouvé ».

110 tués sur zone.

Les articles 88 et 89 du code civil prévoient que le procureur de la République demande au tribunal de grande instance de prononcer « au vu des éléments fournis (durée de l’absence, photographies, déclarations et témoignages de proches…) un jugement déclaratif de décès individuel », souligne un des porte-parole du ministère de la Justice. Mais à notre connaissance, aucune décision concernant la problématique du décès des djihadistes français n’a, à ce jour, abouti.

En tout, 110 personnes parties de France ont été tuées en Irak ou en Syrie, selon le Premier ministre Manuel Valls qui s’exprimait mardi devant le Sénat. Et neuf individus sont décédés dans des actions suicides.

Le camp d’entraînement du groupe Etat islamique visé par des chasseurs français en Syrie dans la nuit de jeudi à vendredi abritait des combattants «français et francophones», a-t-on indiqué dimanche au ministère français de la Défense confirmant une information du Journal du Dimanche (JDD).

«Nous avons ciblé un camp d’entraînement dans lequel se trouvaient des combattants étrangers de Daesh (acronyme de l’EI en arabe) formés pour venir nous attaquer en France», a-t-on assuré, en rappelant la notion de légitime défense sur laquelle repose l’intervention française en Syrie. Parmi eux, il y avait des Français, des francophones.
Ce sont les « foreign fighters » (combattants étrangers) que nous avons visés, pas les Français en particulier, a-t-on ajouté de même source.

Plusieurs Français et francophones.

Cette présence de combattants étrangers avait été identifiée par le renseignement français, à travers notamment des interrogatoires de djihadistes liés à la Syrie, a-t-on poursuivi. Des chasseurs Rafale français ont visé pour la deuxième fois un centre d’entraînement de l’EI dans la région de Raqa (est de la Syrie), après une première frappe le 27 septembre sur un objectif de même nature.

Selon le JDD, il y avait «plusieurs Français» ainsi que d’autres «djihadistes francophones parmi la centaine de combattants qui s’entraînaient dans ce camp», installé sur au moins une vingtaine d’hectares à cinq kilomètres au sud-ouest de Raqa. Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait déclaré vendredi que les objectifs avaient été atteints. «Tout a été détruit», selon la source citée par l’hebdomadaire du dimanche..

«Nous savons qu’il y a en Syrie, en particulier dans les environs de Raqa, des centres d’entraînement de combattants étrangers dont la mission n’est pas d’aller combattre pour Daesh sur le Levant mais de venir en France, en Europe pour commettre des attentats», avait alors souligné Jean-Yves Le Drian.

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