François Hollande a « promis solennellement » vendredi que la France mettrait « tout en œuvre » pour « détruire l’armée des fanatiques » des responsables des attentats de Paris et Saint-Denis du 13 novembre.

France - Attentats: l'hommage de Hollande à la jeunesse de France, frappée en son coeur - 1

Ils étaient « la jeunesse de France », ils étaient « le visage de la France »: deux semaines jour pour jour après les attentats de Paris et de Saint-Denis, François Hollande a rendu hommage vendredi aux Invalides aux 130 morts et aux centaines de blessés de ces attaques jihadistes sans précédent.

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« Vendredi 13 Novembre, ce jour que nous n’oublierons jamais, la France a été frappée en son coeur », a commencé le chef de l’État, parlant d’un « acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté » par « une horde d’assassins » agissant « au nom d’une cause folle et d’un Dieu trahi ».

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« Aujourd’hui, rassemblée, la Nation pleure ses victimes », a-t-il enchaîné. Le visage fermé, marqué par une intense émotion, François Hollande a évoqué ces « 130 noms, 130 vies arrachées, 130 destins fauchés, 130 rires que l’on n’entendra plus, 130 voix qui à jamais se sont tues ».

Actualités - Attentats de Paris : la nation a rendu hommage aux victimes

Lors d’une cérémonie aussi sobre que brève (47 minutes), retransmise par des chaînes du monde entier, il a promis « solennellement » que la France mettrait « tout en oeuvre » pour « détruire l’armée des fanatiques » qui ont commis les attentats, revendiqués par le groupe État islamique.

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« La France restera elle-même, telle que les disparus l’avaient aimée, et telle qu’ils auraient voulu qu’elle demeure », a-t-il poursuivi, « nous ne céderons ni à la peur ni à la haine ».
Face aux terroristes, « nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles, nous continuerons à aller dans les stades ».

Fil rouge de son discours: l’hommage à une « génération », qui « malgré les larmes » est « devenue le visage de la France », ce même visage évoqué par André Malraux le 19 décembre 1964 lors du transfert des cendres de Jean Moulin au Panthéon.
Pour cette génération, « l’attaque du 13 novembre restera (…) comme une initiation terrible à la dureté du monde », a conclu le président.

Après les honneurs rendus par la garde républicaine au chef de l’État et une Marseillaise, les chanteuses Yael Naim, Camélia Jordana et Nolwenn Leroy ont interprété « Quand on n’a que l’amour » de Jacques Brel, tandis que les portraits des victimes décédées étaient projetés sur fond noir.

 

Familles et blessés assistaient à la cérémonie depuis la vaste tribune de 2.650 places érigée dans la cour d’honneur de l’Hôtel national des Invalides.
Devant eux, jusqu’à son discours, assis seul sur une simple chaise, François Hollande.

La cantatrice Natalie Dessay a ensuite entonné « Perlimpinpin », la chanson de Barbara, accompagnée au piano par Alexandre Tharaud.

Drapeau tricolore

 

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Puis les noms des victimes décédées et leur âge ont été égrenés pendant onze longues minutes, dans un silence pesant.

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Aux côtés des familles et des blessés figuraient le gouvernement, les responsables politiques, placés sans distinction de tendances, le corps diplomatique et, en uniforme, des représentants des services de secours et de police intervenus lors des attentats.
Sur tous les visages, la même tristesse, les mêmes sanglots difficilement retenus.

Parmi les personnalités du monde politique présentes: les anciens Premiers ministres Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon, Jean-Marc Ayrault, Edith Cresson et Alain Juppé, le maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que de nombreux parlementaires, parmi lesquels les présidents du Sénat Gérard Larcher et de l’Assemblée nationale Claude Bartolone.

La plupart des chefs de partis étaient également dans les gradins: Nicolas Sarkozy (Les Républicains), Jean-Christophe Cambadélis (PS), Marine Le Pen (FN), Jean-Luc Mélenchon (PG), François Bayrou (MoDem)…

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« Cet hommage m’a beaucoup impressionné, même si au fond ça ne change rien à la douleur que l’on ressent », a estimé François Giroud, père de Matthieu Giroud, tué dans la salle de spectacle. « Quand j’entends des gens cracher sur l’État et le gouvernement… L’État nous montre là qu’il est présent avec nous. »

François Hollande avait invité tous les Français à se joindre à cet hommage national en pavoisant leur domicile avec le drapeau tricolore.

Vendredi après-midi, il a poursuivi ses rencontres diplomatiques tous azimuts en se rendant à Malte pour un sommet du Commonwealth. Il y a lancé un appel aux députés britanniques « en solidarité avec la France » pour qu’ils approuvent les frappes en Syrie afin de combattre l’organisation de l’Etat islamique.
Il a aussi rappelé l’importance de la COP21, qui va s’ouvrir au Bourget, et qui ne doit pas, selon lui, servir de « rencontre internationale sur le terrorisme ».

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Près d’un Français sur deux (49%) pense que le chef de l’Etat est « capable de prendre les décisions qui s’imposent », selon un sondage Odoxa pour Paris Match et iTELE, réalisé presque deux semaines après les attentats du 13 novembre. Il est en hausse de 10 points par rapport à un sondage similaire en février.

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