Depuis six jours une opération militaire, menée conjointement par l’armée et les forces spéciales de la police, se déroule dans le sud-est de la Turquie.

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102 Kurdes, présumés militants du PKK (Parti des Travailleurs Kurdes), ont été abattus.

10.000 soldats, appuyés par des chars, sont mobilisés pour détruire les militants kurdes dans les centres urbains.

L’opération se concentre sur deux villes proches des frontières syriennes et Irakiennes, Cizre et Sicopi, dans la province de Sirnak.

Ces opérations se poursuivront avec détermination jusqu’à ce que l’ordre soit totalement rétabli a déclaré le gouvernement turc.

Donc jusqu’à l’extermination des derniers kurdes de cette région (rappelons que la Turquie est experte en génocide : celui des Arméniens et celui des Assyriens)

Des avions de combat bombardent les camps du PKK même dans le nord de l’Irak, que le gouvernement accuse d’ingérence sans autorisation.

Le président de la Turquie, Recep Tayyip Erdogan, depuis sa réélection, concentre son action contre le parti des travailleurs kurdes, qui sont, depuis plusieurs mois, les opposants les plus sérieux et les plus motivés contre DAECH.

Erdogan, par la voix de son premier ministre Ahmet Davutoglu, a dénoncé une tentative de déclenchement d’une guerre civile afin de motiver et de justifier son intervention meurtrière.

« Nous sommes face à une organisation barbare qui instrumentalise les jeunes afin de porter atteinte à la vie des gens en installant des barricades »

Membre de l’OTAN, la Turquie est engagée dans la coalition internationale contre le groupe Etat Islamique, sous l’aile protectrice des Etats-Unis, mais sa priorité est la neutralisation des Kurdes et la chute de Bachar-Al-Assad.

Le secrétaire américain de la défense, Ashton Carter, appelle même Erdogan à s’engager davantage :

« La Turquie a un rôle énorme à jouer et nous apprécions ce qu’elle fait. Nous voulons qu’elle en fasse plus ».

On ne peut que s’alarmer devant les avances faites à la Turquie pour lui proposer son entrée dans l’Union Européenne, même à présent par Angela Merkel et l’Allemagne.

Il est vrai que le président Erdogan joue très habilement de « ses migrants », monnayant, comme dans un souk, le prix à payer par l’Europe pour qu’il les conserve, et le chantage, par la menace de les laisser nous envahir.

L’Europe, déjà bien mal en point, ne résisterait pas à une ouverture de ses frontières à la Turquie.

Une certitude : le peuple français n’en veut pas, ni aujourd’hui ni demain.

Si la Turquie nie le génocide arménien de 1915, c’est (aussi) pour cacher le génocide de 1895.

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Le génocide arménien est le premier génocide du 20e siècle. Mais en 1895, les musulmans turcs firent un autre génocide…

« Pendant des siècles, les Turcs ont simplement vécu comme des parasites sur le dos de ce peuple occupé et industrieux. Ils leur ont imposé une extinction économique, ont volé leurs plus belles filles pour les emmener de force dans leurs harems, ont pris les nourrissons chrétiens de sexe masculin par centaines de milles pour en faire des soldats musulmans. Je n’ai pas l’intention de décrire la terrible vassalité et l’oppression qui a duré cinq siècles.
Mon but est simplement de souligner cette attitude innée du Turc musulman envers les personnes qui ne sont pas de leur propre race et religion, à savoir qu’ils ne sont pas des êtres humains mais simplement des esclaves autorisés à vivre quand ils présentent un intérêt pour leurs maîtres, ou qui peuvent être détruit sans pitié quand ils ont cessé d’être utile. Cette attitude est renforcée par un mépris total pour la vie humaine, et un plaisir intense à infliger la souffrance physique, ce qui n’est pas inhabituel chez les peuples primitifs. »

(Henry Morgenthau, ambassadeur américain à Constantinople de 1913 à 1916).

En tout, deux millions d’Arméniens furent soit déplacés de leurs terres ancestrales, soit éliminés, un peu comme les Européens le souhaitent aux Juifs de Palestine aujourd’hui.

Pour cela, les Musulmans turcs ottomans, qui ne toléraient pas les chrétiens – rien n’est nouveau – organisèrent un génocide pour se débarrasser des arméniens et des grecs.
C’est ainsi que 1.5 millions de personnes perdirent la vie entre 1915 et 23, pendant et après la première guerre mondiale.

C’est ce génocide dont les turcs nient aujourd’hui l’existence (ils ne l’ont pas toujours nié).

Mais avant cela, entre 1894 et 1896, environ 300 000 à 400 000 habitants de villages chrétiens arméniens furent massacrés lors de pogroms organisés par les régiments spéciaux du sultan Abdul-Hamid II, aussi connu sous le nom de « sultan rouge » pour les massacres qu’il commit contre cette population ottomane arménienne.

Le pire de ces massacres eu lieu en 1895

300 000 civils, principalement des hommes, furent sauvagement, islamiquement, abattus. Il faut dire que les chrétiens arméniens étaient de loin les plus éduqués, les plus riches du vieil Empire turc, mais aussi ceux que l’on nommait – déjà – les infidèles, les non croyants en l’islam.

Les massacres étaient -officiellement du moins- destinés à saper le sentiment nationaliste arménien en effrayant les Arméniens.


Le sultan Abdul-Hamid II était effrayé par  la vivacité de l’activité des groupes politiques arméniens, et voulait freiner leur croissance avant qu’ils n’acquièrent une plus grande influence en répandant des idées sur les droits civiques et à l’autonomie.

Cependant, selon les historiens, il n’envisageait pas comme ses successeurs, les Jeunes Turcs, de faire disparaitre les Arméniens en tant que peuple.

Le témoignage de Vilbert, Shipley et Prjevalsky, représentants la France, l’Angleterre et la Russie, contredit totalement la thèse du massacre non génocidaire :

« Nous, Messieurs Vilbert, Shipley et Prjevalsky, représentants la France, l’Angleterre et la Russie, avons acquis la conviction, et sommes arrivés à la conclusion, en fonctions des preuves qui nous ont été présentées, que les Arméniens ont été massacrés sans distinction d’âge ou de sexe, et que, en fait, pendant une période de trois semaines, entre le 12 août et le 4 septembre, il n’est pas exagéré de dire que les Arméniens furent absolument chassés comme des bêtes sauvages, furent tués là où ils étaient trouvés, et si le massacre n’a pas été plus important, c’est, je pense, uniquement du à l’étendue des montagnes de cette région, qui a permis à la population de se disséminer et de s’échapper plus facilement.

En fait, et parlant avec un plein sens de mes responsabilités, je suis contraint d’admettre que s’est imposée à moi la conviction que ce n’était pas tellement la capture de l’agitateur Mourad, ou la répression d’une pseudo-révolte, qui étaient recherchées par les autorités turques, mais l’extermination pure et simple du Ghelieguzan et du Talori”
(in Les massacres arméniens où le sabre de Mohammed et Les atrocités arméniennes).

Le Président américain Grover Cleveland écrit, le 2 décembre 1895 lors de son message au Congrès :

« Des évènements en Turquie ont continué à provoquer l’inquiétude. Les rapports sur les massacres de Chrétiens en Arménie, et le développement, là et dans d’autres régions, dans l’esprit d’une hostilité fanatique contre l’influence chrétienne, entraine une peur naturelle (baptisée depuis islamophobie), pour la sécurité d’hommes et de femmes dévots, appartenant à des sociétés de missionnaires américains à l’étranger, et qui résident en Turquie sous la garantie de la loi et des usages pour la pratique légitime de leur mission éducative et religieuse ».

Lorsqu’en 1896, les américains menacèrent le sultan Abdul-Hamid II afin qu’il cesse la “persécution” des Arméniens, ce dernier, dans sa réponse, fit comme son successeur Erdogan aujourd’hui : il nia toute persécution d’Arméniens, mais déclara que l’Empire Ottoman avait reçu des milliers de réfugiés musulmans qui avaient fui l’oppression de la Bulgarie et de la Russie chrétiennes.

C’est ainsi que les Turcs créèrent « la Turquie pour les Turcs ».

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