L’Arabie saoudite a exécuté ce samedi Baqer Al-Nimr, défenseur charismatique de la minorité chiite et critique virulent de la au pouvoir.

Photo du dignitaire chiite Nimr al-Nimr brandie par un manifestant le 18 octobre 2014 devant l'ambassade d'Arabie saoudite à Sanaa pour protester contre la condamnation à mort du leader d'opposition.

Qui était le cheikh Nimr Baqer al-Nimr ?
Pourquoi la monarchie saoudienne s’est-elle acharnée sur lui?

L’exécution du chef religieux chiite saoudien Nimr Baqer al-Nimr, ce samedi a provoqué l’indignation, dans le monde entier, particulièrement en IraK et en Iran, pays à majorité chiite.
Sa mise à mort risque d’attiser la fracture entre chiites et sunnites dans toute la région.

Capture Agé de 56 ans, le cheikh Nimr al-Nimr, était une figure respectée de la communauté chiite d’Arabie Saoudite.
Farouche opposant de la monarchie des Al-Saoud, il a été arrêté à plusieurs reprises pour des prêches enflammés.

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Porte-voix de la minorité chiite opprimée.

Dans le royaume wahhabite, berceau de l’orthodoxie sunnite, les chiites (10 à 15% de la population) se plaignent d’être considérés comme des citoyens de seconde zone.
Ils font l’objet de discrimination systématique dans l’enseignement public, l’emploi, et l’autorisation de construire des lieux de culte. Les chiites sont principalement installés dans la région riche en pétrole d’Al-Qatif, dans l’est du pays.

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En 2009, selon Al Jazeera, le cheikh al-Nimr, qui a fait des études de théologie en Iran, aurait menacé la dynastie des Saoud d’un soulèvement, à moins que le gouvernement ne libère des prisonniers politiques, mette fin aux discriminations contre les chiites et prenne des mesures contre la corruption.

Figure des manifestations du printemps 2011.

La notoriété du cheikh s’est accrue en 2011, dans le sillage des Printemps arabes. Des manifestations avaient alors éclaté dans la communauté chiite du royaume, notamment pour protester contre l’intervention saoudienne contre le printemps bahreïni.
Il avait alors réclamé la chute de la dynastie des Al-Saoud, selon le Guardian, et réclamé l’égalité pour les chiites.
Dans l’un de ses prêches, il aurait, selon le Monde, prôné la scission de l’est du pays et son unification avec le royaume voisin, également à majorité chiite, qui jouxte Al-Qatif.

Bien que coutumier de discours virulents, Nimr s’est toujours gardé d’appeler à la violence, précise Le Monde.
En 2012, toutefois, une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre Nimr se réjouissant de la mort du ministre de l’Intérieur de l’époque, le prince héritier Nayef.
« Que les vers le mangent », disait-il, critiquant également les dynasties sunnites régnantes en Arabie saoudite et au Bahreïn.
Nimr « a prononcé des mots qui peuvent être durs, mais il était le porte-parole d’une opinion. Il aurait pu être tenu politiquement responsable » mais pas exécuté, a déclaré à l’AFP le frère du cheikh.

Il dénonçait toutes les dictatures de la région.

Le cheikh Nimr est arrêté en juillet 2012, de manière mouvementée; deux de ses partisans sont tués au cours des manifestations provoquées par cette interpellation. Il est condamné à mort en octobre 2014 pour « sédition », « désobéissance au souverain » et « port d’armes » par un tribunal de Ryad spécialisé dans les affaires de terrorisme, une peine dénoncée par les ONG de défense des droits humains.

La mort de son épouse, Muna Jabir al-Chariyavi, dans un hôpital de New York, après sa détention, a galvanisé la sympathie du public à son encontre, souligne le Guardian.

Le cheikh Al-Nimr rejetait les accusations des autorités saoudiennes d’être un agent de l’Iran.
Il dénonçait à la fois les dynasties sunnites de son pays, de Bahrein, mais également le régime syrien qui s’appuie sur le clan alaouite de Bachar el-Assad -une variante du chiisme- soutenu par l’Iran.

Si l’exécution du dignitaire scandalise dans la communauté chiite d’Arabie Saoudite et dans toute la région, c’est aussi parce que le Royaume l’a mis sur le même plan que des auteurs d’attentats terroristes, exécutés le même jour. Alors que la monarchie, obnubilée par sa lutte contre le puissant voisin chiite iranien, est confrontée à la menace d’Al-Qaïda et du groupe Etat islamique, elle a probablement choisi d’exécuter le dignitaire chiite comme gage vis-à-vis des fondamentalistes sunnites du royaume: « Le régime saoudien pouvait difficilement exécuter une quarantaine de djihadistes d’AQPA (Al-Qaïda au Yémen et dans la péninsule arabique) et épargner un dignitaire chiite condamné à mort. », observe Romain Caillet, spécialiste de l’islam radical sur Twitter.

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Le neveu du cheikh, Ali al-Nimr, est lui-aussi dans les couloirs de la mort. Il a été arrêté pour sa participation aux manifestations de 2011-2012, alors qu’il était encore mineur.

>> Lire aussi Qui est Ali al-Nimr, Saoudien de 21 ans menacé de décapitation

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