« Il ne faut pas qu’il y ait un accord et qu’ensuite l’Iran se dote de l’arme nucléaire », a affirmé le ministre de l’Énergie.

Obama face à Israël, l’Iran et la Corée du Nord

Israël a dénoncé mercredi l’essai par la Corée du Nord d’une bombe H, craignant qu’il serve de précédent pour l’Iran même si ce dernier s’est engagé auprès des grandes puissances à ne pas se doter de l’arme nucléaire.

Yuval Steinitz (Crédit photo: Miriam Alster/Flash90)

« Cet essai nord-coréen nous inquiète car il crée un précédent pour l’Iran. Il ne faut pas qu’il y ait un accord et qu’ensuite l’Iran se dote de l’arme nucléaire », a affirmé le ministre israélien de l’Énergie Yuval Steinitz à la radio militaire.

« Un travail de renseignement approfondi est nécessaire pour s’assurer que l’Iran ne viole pas ses engagements comme l’a fait la Corée du nord », a ajouté ce ministre proche de M. Netanyahu.

« La menace iranienne, qui constitue notre défi principal malgré l’accord nucléaire et sans doute à cause même de cet accord, est devenue plus tangible. L’Iran continue à appeler à la destruction d’Israël, à moderniser ses capacités militaires tout en renforçant sa main mise dans notre région », a dénoncé Yossi Cohen, nouveau chef du Mossad, selon un communiqué du bureau du Premier ministre.

Le gouvernement israélien de Benjamin Netanyahu s’oppose farouchement à l’accord signé en juillet entre les grandes puissances et Téhéran qui prévoit que l’Iran renonce à développer une bombe atomique en échange de la levée des sanctions internationales.

La Corée du Nord a affirmé mercredi avoir réussi son premier essai de bombe à hydrogène, bien plus puissante que la bombe atomique ordinaire, une annonce accueillie avec le plus grand scepticisme par les spécialistes.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a réclamé mercredi que Pyongyang « cesse toute activité nucléaire et respecte ses obligations pour une dénucléarisation vérifiable ».

Dans une déclaration à la presse, M. Ban a « condamné sans équivoque » l’annonce par la Corée du Nord qu’elle a testé une bombe à hydrogène.

Il a qualifié ce quatrième essai nucléaire nord-coréen de « très inquiétant », estimant qu’il « est profondément déstabilisant pour la sécurité régionale et qu’il nuit gravement aux efforts internationaux de non-prolifération ».

Il s’agit pour M. Ban d’une « nouvelle violation flagrante de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité, malgré les appels unis de la communauté internationale à cesser de telles activités ».

Les Nations unies, a-t-il ajouté, « suivent de près ces développements en coordination étroite avec les organisations internationales concernées comme l’Organisation pour l’interdiction des essais nucléaires (CTBT) ».

La bombe H, infiniment plus puissante qu’Hiroshima.

Les bombes H à hydrogène, du type de celles que la Corée du Nord affirme avoir essayé avec succès, ont une puissance infiniment supérieure aux bombes A, comme celles larguées sur Hiroshima et Nagasaki en 1945.

Les bombes A libèrent une énergie déclenchée par la fission d’éléments comme l’uranium ou le plutonium. Celles à hydrogène – ou thermonucléaires – utilisent d’abord la technique de la fission, puis celle de la fusion nucléaire dans une réaction en chaîne.

Aucune bombe H n’a à ce jour été utilisée en dehors de tirs d’essai.

– La bombe H, « bombe à hydrogène » ou encore « thermonucléaire », est basée sur le principe de la fusion nucléaire et libère une énergie supérieure aux températures et aux pressions en œuvre au cœur du soleil.

Quand une bombe H éclate, des explosions chimique, nucléaire et thermonucléaire se succèdent en un laps de temps infinitésimal. Une première bombe à fission entraîne une très forte augmentation de la température qui déclenche la fusion.

 

Le 1er novembre 1952, les Etats-Unis faisaient exploser secrètement ce nouveau type d’engin dans les îles Marshall, en plein océan Pacifique. Un an plus tard, l’URSS annonçait à son tour un tir thermonucléaire. La puissance de la plus grosse bombe H à avoir jamais explosé, l’essai soviétique « Tsar Bomba », le 30 octobre 1961 au dessus de l’Arctique, était de 57 mégatonnes, une puissance théoriquement près de 4.000 fois supérieure à la bombe sur Hiroshima.

– La bombe A, communément appelée « bombe atomique », utilise le principe de la fission de noyaux atomiques. Deux filières ont été développées d’entrée, l’une à l’uranium enrichi, l’autre au plutonium.

L’explosion du premier engin de ce type en juillet 1945 dans le désert américain du Nouveau-Mexique a révélé la puissance destructrice de cette énergie. La puissance de la bombe à l’uranium larguée sur Hiroshima était de 15 kilotonnes (0,015 mégatonne). Celle de la bombe de Nagasaki, au plutonium, d’une puissance comparable (17 kilotonnes), soit l’équivalent de 17.000 tonnes de TNT. Quatre ans plus tard, l’URSS faisait exploser sa première bombe A, le 29 août 1949 dans le désert du Kazakhstan.

– La technique de la miniaturisation est une étape décisive car elle permet de monter l’arme nucléaire sur des ogives de missiles.

Selon Pyongyang, la bombe H testée était un engin « miniaturisé ». En mai 2015, la Corée du Nord avait affirmé être capable de lancer des têtes atomiques miniaturisées à partir de fusées longue portée de haute précision. Mais la Maison Blanche a rétorqué ne pas croire que ce pays soit en mesure de miniaturiser l’arme atomique.

– Au moins neuf pays détiennent aujourd’hui l’arme nucléaire dans le monde.

 

Les cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU sont considérés comme puissances nucléaires officielles: Etats-Unis, Russie, Chine, Grande-Bretagne et France. Tous possèdent la bombe H, selon les experts.

 

Selon Hans Kristensen, analyste à la Federation of American Scientists (FAS), un groupe de réflexion, les arsenaux américain, britannique et français sont exclusivement composés aujourd’hui d’armes thermonucléaires. La Russie en est principalement dotée mais semble encore disposer de la bombe A.

 

L’Inde (1974) et le Pakistan (1998) ont rejoint le club des puissances nucléaires, de même qu’Israël, qui ne l’a toutefois jamais reconnu. Ces trois pays ne posséderaient que la bombe A, toujours selon les experts.

La Corée du Nord, qui a annoncé son premier essai de bombe à hydrogène, a testé trois fois la bombe atomique A en 2006, 2009 et 2013, ce qui lui a valu plusieurs volées de sanctions internationales.

Enfin, l’Iran a signé avec les grandes puissances (Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie, Chine et Allemagne) en juillet 2015 un accord nucléaire prévoyant une limitation du programme nucléaire iranien contre une levée partielle et réversible des sanctions internationales.

Publicités

Bon comme un citron bien rond !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :