«Je l’aurai un jour en face de moi»

L'enquête sur les attentats de Paris pourrait progresser après l'arrestation de Salah Abdeslam.

Sonia, blessée par l’explosion de la ceinture du frère de Salah Abdeslam, Brahim, au Comptoir Voltaire à Paris.

Bataclan (Paris XIe), le 13 novembre. Des secouristes évacuent un blessé de la salle de concerts où 89 personnes ont perdu la vie.

Ils le croyaient mort, parti en Syrie, ou capable de déjouer encore longtemps les surveillances des polices belges et françaises. Les victimes des attentats du 13 novembre comme leurs proches ont exprimé hier leur immense soulagement après la capture d’un des auteurs, et non des moindres : Salah Abdeslam, logisticien et membre du commando qui a semé la mort dans Paris.

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

«Ils n’y croyaient plus, ils ne pensaient jamais le revoir vivant», témoigne MeMehana Mouhou, avocat de plusieurs rescapés du Bataclan et de deux blessés du Stade de France. « Juger un auteur présumé, c’est mieux qu’un complice», ajoute le pénaliste, allusion à l’affaire Merah. Hasard du calendrier, Toulouse rendait justement hier hommage aux sept victimes du terroriste, tué lors de l’assaut mené par les forces de l’ordre. Quatre ans plus tard, seul Abdelkader Merah, considéré comme complice, est renvoyé aux assises. Une source de frustration immense pour les familles de victimes.

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

«Salah Abdeslam arrêté, c’est synomyme de procès. Et même si cela ne ramènera pas nos enfants, cela permettra de nous apporter un certain apaisement», se réjouit Jean-Marie de Peretti, dont la fille Aurélie, 33 ans, est morte au Bataclan. « C’est génial, voilà !» exulte presque Sonia. La jeune femme de 22 ans, blessée au visage, est une rescapée du Comptoir Voltaire, ce bar où l’un des kamikazes s’est fait exploser. Son nom : Brahim Abdeslam, le frère de Salah. «Cela veut dire que je l’aurais peut-être un jour en face de moi , se projette-t-elle. Et qu’il y aura enfin une justice». Tous attendent désormais du terroriste qu’il livre ses complices, ses motivations, les détails de cette soirée macabre, ainsi que tous les préparatifs. « Je ne voulais surtout pas qu’il meure, ça aurait fait un nouveau martyr pour leur cause. Et là, il va devoir balancer des gens, veut croire Robin, 27 ans, rescapé du Bataclan. J’espère que ça va faire péter tout le réseau de Molenbeek. »

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

« C’est tout de même la première fois que nous allons avoir dans une cour d’assises française le protagoniste d’une vague d’attentats de cette ampleur, et peut-être des réponses aux innombrables questions qui restent en suspens », positive lui aussi M e Denis Tailly-Eschenlohr, avocat de deux blessés graves et des familles de deux victimes. Mais ce dernier prévient : «mes clients n’ont qu’une crainte, qu’il puisse se suicider et qu’ils soient priviés de ce procès.»

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

«Nous sommes d’abord restés sans voix»

Une audience qui devra aussi, pour Me Samia Maktouf, qui a récemment déposé une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) pour dénoncer « de graves dysfonctionnements dans le système belge de protection et de surveillance», faire la lumière sur toutes les complicités. « Cette arrestation a pour mes clients un goût d’inachevé, inisiste-elle. Salah Abdeslam et ses comparses n’ont pu agir qu’avec l’appui d’un réseau tentaculaire, que nous voulons voir démantelé. S’ils n’ont pas de réponses précises sur les circonstances exactes de cette organisation, ils ne pourront jamais ne serait-ce qu’entamer leur travail de deuil.»

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

Passée la « sidération » de cette arrestation, ce couple de Parisiens, dont le fils de 26 ans est mort sous les balles de kalachnikov au concert des Eagles of Death Metal, est sur la même ligne. « On sentait bien que l’étau se resserait en Belgique, mais nous sommes d’abord restés sans voix. Désormais, nous attendons son extradition. Nous voulons que soit décortiqué ce tissu organisationnel très solide qui a permis de préparer ces attaques en toute impunité, et que toutes les responsables soient désignés. »

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

Un commentaire qui fait écho aux déclarations du député Les Républicains Georges Fenech. Le président de la commission d’enquête parlementaire sur les attentats de Paris met lui aussi en garde : « N’imaginons pas un instant que l’arrestation d’Abdeslam met un terme à la filière djihadiste. Il n’était que l’un des exécutants. Derrière, il y a des organisateurs, c’est ceux là qu’il faut retrouver. » Toutefois, tous les proches de victimes n’ont pas accueilli la nouvelle avec autant d’enthousiasme.

François Hollande avec Charles Michel à Bruxelles le 18 mars 2016

A Nice, Michel, le père de Mathieu, 33 ans, très grièvement blessé au Bataclan, se montre plus pragmatique. « Je suis content, oui. Et il devenait risible que ce type échappe à toutes les polices. » Mais pour l’heure, la perspective d’un procès n’est pas sa préoccupation. « Il sera jugé, on saura que c’est un méchant et puis c’est tout… » Pour lui et son épouse, la priorité est ailleurs : le combat que mène leur fils, toujours hospitalisé, pour retrouver son autonomie. « Les progrès sont minces, il faudra encore de longs mois, mais il a bon moral. »

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

« Aucune explication ne sera jamais recevable »

« Ni joie ni soulagement. » Salah Abdeslam arrêté ? Nicolas Mognard, dont le frère François a été très gravement blessé au Bataclan le 13 novembre, n’en a cure. « Avec les moyens colossaux qu’ont les Etats belges et français, j’ai envie de dire : encore heureux ! Cette arrestation est simplement normale. Ce qui eût été anormal, c’est qu’il échappe une nouvelle fois à la police. Pour le reste, ça ne changera pas grand-chose. » Personne dans la famille de François, assure-t-il, n’a fait de « fixation » sur la personne de Salah Abdeslam, pourtant membre du commando et logisticien des attentats du 13 novembre.

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

« Salah Abdeslam n’est qu’une fourmi. Mon frère n’est pas absorbé au quotidien par l’enquête, il a sa vie à vivre ! Nous ne voulons pas leur faire le cadeau d’avoir peur, de ne pas avancer. Le problème est ailleurs : ce qu’il faut arrêter, ce n’est pas une personne, mais une idée, le terrorisme. Nous sommes passés par tous les états depuis quatre mois et, bien sûr, j’ai eu à un moment l’envie de l’affronter pour lui demander des comptes. Mais je sais aujourd’hui que je pourrais l’avoir dix ans en face de moi sans que je ne puisse en tirer quoi que ce soit. Aucune explication ne sera jamais recevable. La vraie question reste posée. Comment a-t-on pu générer des gens comme ça, aussi pauvres intellectuellement, dans notre pays ? L’adage dit qu’on ne combat bien que ce qu’on connaît bien. En ce sens, oui, son arrestation a un intérêt parce qu’alors on pourra l’étudier. Pour le reste, nous n’avons aucun esprit de vengeance. Ce qu’on a vécu est tellement invraisemblable et hors de notre normalité, que les ressorts intellectuels mis en œuvre ne sont plus les mêmes. Et la vengeance n’en fait pas partie. »

Arrestation de Salah Abdeslam : les images de l'opération policière

Arrestation de Salah Abdeslam : les coulisses d’une opération éclair.

FAIT DU JOUR. Après 126 jours de cavale, le logisticien présumé des attaques de Paris a été interpellé vendredi après-midi au cœur de Bruxelles.

Molenbeek-Saint-Jean (Belgique), hier. Une ambulance arrive sur les lieux où Salah Abdelslama été arrêté et blessé.

Quatre mois d’une interminable course de fond et soixante-douze heures de sprint haletant. Les enquêteurs belges et français lancés à la poursuite de Salah Abdeslam ont toujours cru à leur bonne étoile malgré les impasses et le temps qui passe.

Photos : Les images de l’arrestation de Salah Abdeslam

Leurs investigations se sont brutalement accélérées en début de semaine jusqu’au coup de théâtre d’hier. Le seul auteur encore en vie des attentats de Paris, considéré comme le logisticien, a enfin été arrêté à Bruxelles. Il était hébergé depuis peu chez une famille, rue des Quatre-Vents, à Molenbeek.

Molenbeek… Le quartier où ont été planifiées les attaques est aussi celui où leur coordonnateur a été capturé. Si celles-ci ont été minutieusement préparées, la cavale opportuniste de Salah Abdeslam, de planque en planque, s’est révélée d’un bout à l’autre chaotique. Et ses appels désespérés à des proches mardi en fin de journée ont fini par guider les enquêteurs jusqu’à sa dernière tanière.

Première opération : un coup d’épée dans l’eau.

Ces deux terroristes toujours recherchés après l'arrestation d'Abdeslam

La chance lui a jusqu’ici souri. Le 14 novembre, en début de matinée, il échappe aux premiers barrages sur les routes entre Paris et Bruxelles, l’enquête n’ayant pas encore permis de l’identifier comme suspect. Une fois de retour dans son quartier bruxellois, il prend le temps de passer chez le coiffeur pour modifier son apparence. L’un de ses amis le dépose à côté d’une station de tram à Schaerbeek, autre quartier de la capitale belge. Le fugitif lui lance alors  : « Tu ne me reverras jamais. » De fait, la police perd sa trace pour quatre longs mois.

Blessé lors de son interpellation, Salah Abdeslam a été transféré à l'hôpital Saint-Pierre de Bruxelles.

La première vaste opération pour le retrouver ressemble à un coup d’épée dans l’eau. Le 17 novembre, la police boucle une zone de Molenbeek et investit des maisons en vain. A ce stade, les enquêteurs sont divisés. La plupart pensent qu’Abdeslam n’a aucun intérêt à quitter un quartier qu’il connaît par cœur et dans lequel il peut se fondre. Mais d’autres penchent pour une seconde hypothèse  : le fugitif aurait réussi à gagner la Syrie, sanctuaire de l’organisation terroriste Daech. En tout cas, le lendemain des attaques de Paris, l’un de ses complices présumés, Ahmed Dahmani, prenait l’avion pour la Turquie depuis l’aéroport de Schiphol, aux Pays-Bas. Or, ce même 14 novembre, à Amsterdam également, le système de vidéosurveillance de la ville a enregistré une silhouette ressemblant à celle de Salah Abdeslam. D’où l’idée que le terroriste ait pu, comme son complice, prendre l’avion pour la Turquie et de là, rejoindre la Syrie.

Selon l'ancienne petite amie de Salah Abdeslam, ce dernier a longtemps envisagé de partir vivre en Syrie.

Une perquisition de routine.

A Bruxelles, Salah Abdeslam a laissé bon nombre d’indices derrière lui, comme de l’ADN et des empreintes digitales. Mais ces preuves biologiques restent impossibles à dater, comme celle retrouvée le 9 décembre. Ce jour-là, la police belge retrouve la fabrique d’explosifs des commandos, située en plein cœur du quartier de Schaerbeek. Au troisième étage d’un immeuble de briques rouges, elle retrouve des traces d’un explosif artisanal de type TATP, le même que celui utilisé à Paris et à Saint-Denis. Et au milieu du fatras, l’empreinte ADN de Salah Abdeslam. Selon des informations de la presse belge, non confirmées officiellement, le fugitif aurait passé trois semaines caché dans cet appartement, prenant la fuite le 4 décembre.

Depuis, les arrestations se multiplient dans son entourage (58 au total, selon le décompte du Premier ministre belge, Charles Michel). Une centaine de perquisitions ont eu lieu. C’est l’une d’elles, presque de routine, opérée dans le quartier résidentiel de Forest, qui fait basculer l’affaire. La traque connaît en effet un brusque coup d’accélérateur mardi en milieu d’après-midi lorsque la police fédérale se présente devant un appartement loué sous un faux nom. Ce même locataire aurait déniché, avant les attentats du 13 novembre, une autre planque à Charleroi cette fois.

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Salah Abdeslam : un petit fumeur de shit devenu terroriste.

Depuis cent vingt-six jours, Salah Abdeslam, 26 ans, est l’ennemi public no 1.

Le regard perdu face à une forêt de caméras, Mohamed Abdeslam cherche ses mots. Nous sommes le 16 novembre 2015, trois jours après les attentats qui ont ensanglanté Paris. Un temps suspecté, l’aîné des frères Abdeslam a rapidement été mis hors de cause.

Le point sur les terroristes du 13 novembre.

Fonctionnaire à la mairie de Molenbeek-Saint-Jean, ce garçon encensé par ses collègues se résout à prendre la parole, contraint d’endosser malgré lui une part de l’horreur perpétrée par ses deux cadets. Mohamed d’un côté,Salah et Brahim de l’autre. Une même éducation, et pourtant des trajectoires radicalement divergentes. Mohamed a « découvert le drame à latélévision » : « Nous sommes une famille qui n’a jamais eu de problème avec la justice. Mes parents sont sous le choc. Ma mère souffre aussi. »

Brahim, 31 ans, et Salah, 26 ans, n’étaient guère des modèles de vertu. Mais au dire de tous ceux qui les ont côtoyés, nul indice d’un basculement djihadiste n’avait pu être décelé. Jusqu’alors, il n’y a guère que le nom de leur bar, le café des Béguines, pour apporter une unique connotation religieuse. Les « Béguines » désignent ainsi ces « femmes appartenant à une communauté religieuse, mais sans former de vœux perpétuels ». Au sein de l’établissement toutefois, l’ambiance n’a rien de monastique. Ce sont des effluves de cannabis qui inondent le voisinage. Une semaine avant les attentats, un arrêté de fermeture administrative a d’ailleurs été placardé sur la façade de l’établissement, situé dans le haut de Molenbeek, pour « consommation de substances hallucinogènes prohibées ».

Une opération policière d'envergure est en cours dans le quartier de Molenbeek, à Bruxelles. Un homme aurait été blessé.

Si Brahim était officiellement propriétaire de l’endroit, Salah y passait la majeure partie de son temps, à boire de la Jupiler ou à fumer des joints. Enfant pas spécialement turbulent, il a passé un diplôme professionnalisant. « On est loin des clichés de la famille dont les enfants sont en décrochage scolaire, selon une source municipale citée par le quotidien belge la Dernière Heure. Ces frères semblaient avoir trouvé une situation, exerçant différents métiers. Leurs revenus prouvent aussi qu’on est loin d’un foyer vivant dans le besoin. Aux yeux de tous, c’était une famille sans problème. »

Un important dispositif policier a été mis en place dans le quartier de Molenbeek.

Une famille originaire de Bouyafar, petite bourgade à l’est de Tanger, au Maroc, où le jeune Salah, titulaire d’un passeport français, passait ses vacances d’été. En septembre, le papa reprenait son poste de machiniste à la Stib, la Société des transports de Bruxelles. C’est là que Salah Abdeslam se fait embaucher en 2009. Il n’y passe que dix-huit mois comme technicien de maintenance des tramways, licencié début 2011 au vu de ses nombreuses absences. A l’époque, son casier judiciaire est encore vierge. En 2012, il est incarcéré un mois pour une affaire de braquage, laquelle implique également un certain Abdelhamid Abaaoud, désigné comme l’un des instigateurs des attentats du 13 novembre. L’origine du basculement radical du jeune Abdeslam ?

Si tel est le cas, il manie avec brio l’art de « la taqiya », se fondant dans cette société « impie » dont il est autorisé à adopter les vices pour se dissimuler aux radars de l’antiterrorisme. « Il aimait la vie, les voitures, les filles et faire la fête en boîte de nuit », nous confiait ainsi en novembre l’une de ses connaissances, qui usait avec lui les chaises des Béguines. « Il était plus intégré que Brahim, relevait en écho Alain, un voisin. Toujours à dire bonjour et à prendre des nouvelles. »

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«Un gars ouvert aux autres, souvent looké comme un collégien anglais»

Tous ceux qui le connaissent notent son goût des soirées et des beaux vêtements. « Un gars ouvert aux autres, souvent looké comme un collégien anglais », se remémorait Martine, une autre voisine, dans nos colonnes. La même notait seulement « cette petite barbe qui lui avait poussé au moment du ramadan, pas plus longue que celle de mon mari ». Un comportement suffisamment discret pour lui éviter d’être suivi par le service prévention de Molenbeek, chargé de détecter d’éventuels départs vers les zones djihadistes.

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A l’inverse, l’Ocam, l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, commence à entendre parler de lui. Le nom de Salah Abdeslam apparaît sur une liste de 800 personnes ayant des velléités de se rapprocher de l’organisation Etat islamique. En janvier 2015, Brahim tente de rejoindre la Syrie avant d’être intercepté à la frontière turque. A son retour, il est interrogé par la police belge. Son frère est à ses côtés. Tous deux sont pourtant relâchés, ne présentant « pas de signes de menaces », selon le parquet belge.

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Trois jours avant les attentats, à l’issue desquels Brahim Abdeslam, membre du commando des terrasses, s’est fait exploser au Comptoir Voltaire, Salah dîne dans un restaurant de poisson avec Nadia, sa petite amie depuis l’âge de 15 ans. Si leur relation a connu des hauts et des bas, au gré des incartades du jeune homme, ils envisagent toujours le mariage. Alors qu’elle évoque leur avenir, Salah fond en larmes. Il sait son sinistre compte à rebours enclenché.

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Paris, 13 novembre 2015

Attentats de Paris : Salah Abdeslam, 126 jours de cavale.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, les images d'une caméra de vidéosurveillance d'une station service du Nord de la France montrent Salah Abdeslam avec Hamza Attou.

Salah Abdeslam, 26 ans, terroriste clé des attentats meurtriers du 13 novembre et l’un des hommes les plus recherchés par les policiers et gendarmes d’Europe, a finalement été interpellé ce vendredi dans le quartier de Molenbeek, à Bruxelles.

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Là ou sa cavale avait commencé, il y a quatre mois.

Filmé le soir du 11 novembre 2015, dans une station service de l’Oise, à bord d’une Clio noire louée en Belgique, Salah Abdeslam est soupçonné d’avoir convoyé les kamikazes au stade de France le soir du 13 novembre. Pour une raison qui reste à déterminer, le terroriste ne se fait pas exploser ce soir là, mais se rend place Albert Kahn, dans le XVIIIe arrondissement parisien. De là, il achète une puce et appelle deux amis en Belgique, Mohamed Amri et Hamza Attou.

Ce vendredi après-midi, on apprend que l'homme tué mardi, Mohamed Belkaïd, était un soutien de Salah Abdeslam. Plus important encore, les empreintes de Salah Abdeslam auraient été retrouvées à Forest. C'est alors que débute une opération de police à Molenbeek, la ville d'origine d'Abdeslam. Photo AFP

Entre 23 heures et 23h30, son téléphone borne en plusieurs endroits de Paris, qui correspondent au tracé de la ligne 4 du métro, que le suspect aurait donc pris du nord vers le sud. Une ceinture d’explosifs a ainsi été découverte dans une poubelle à Montrouge.

Rapidement, le dispositif policier devient impressionnant. Des coups de feu sont échangés. Le parquet fédéral belge filtre les informations. Photo AFP

On retrouve la trace de Salah Abdeslam le lendemain matin. Une caméra de vidéosurveillance le filme dans une station-service à la frontière franco-belge. L’équipage passe sans souci trois barrages de police et gendarmerie, et Salah Abdeslam, qui sait qu’il n’est pas encore recherché, présente même ses papiers d’identité. Sur les images diffusée par BFMTV, on découvre d’ailleurs un Salah Abdeslam visiblement décontracté alors qu’il vient de se faire contrôler une trentaine de minutes auparavant par les gendarmes. Mains dans les poches, se montrant à visage découvert malgré les caméras, il entre à 9h45 avec Hamza Attou dans la station service située près de la frontière belge.

Au lendemain des attentats du 13 novembre, les images d’une caméra de vidéosurveillance d’une station service du Nord de la France montrent Salah Abdeslam avec Hamza Attou rapporte BFMTV. Sur un autre cliché, on devine Mohammed Amri qui fait le plein de la Golf utilisée par les trois hommes.

Le travail minutieux de la police scientifique se poursuit toute la soirée. Et sans doute bien au-delà. Photo AFP

Ses deux complices le déposent ensuite dans le centre de Bruxelles, non loin du stade du roi Baudoin. C’est une autre connaissance, Ali Oulkadi, qui prend alors le relais, et convoie le terroriste dans une rue de la commune bruxelloise de Schaerbeek. C’est là, vers 14 heures, que les enquêteurs ont longtemps perdu la trace d’Abdeslam.

Cinq arrestations à Bruxelles, dont Salah Abdeslam

Le 15 novembre, Hamza Attou et Mohammed Amri sont arrêtés. Au total, une dizaine de suspects, gravitant dans le quartier de Molenbeek, sont arrêtés dans le volet belge de l’enquête.  Les deux convoyeurs reconnaissent avoir été chercher Abdeslam à Paris, en Golf. Selon eux, Salah Abdeslam était agité pendant le trajet. Il aurait pleuré et se serait montré menaçant; laissant supposer qu’il avait sur lui une ceinture d’explosifs. «Ils vont payer pour la mort de mon frère», aurait-il dit.

ATTENTATS DE PARIS - APPEL A TEMOINS

Le 10 décembre, les enquêteurs de l’antiterrorisme perquisitionnent un appartement situé au 86, rue Henri Bergé. Cet appartement, situé dans la commune de Schaerbeek, «avait été loué sous une fausse identité qui pourrait avoir été utilisée» par l’un des neuf hommes placé en détention provisoire dans le cadre du volet belge de l’enquête. Ils y retrouvent plusieurs ceintures destinées à transporter des explosifs, ainsi que des traces d’explosifs. Et une empreinte de Salah Abdeslam… Ce dernier aurait quitté cette planque cinq jours plus tôt.

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Une emprunte d’Abdeslam découverte.

Alors que toutes les pistes sont explorées – notamment une faisant état d’un passage de l’ennemi public numéro un à Amsterdam – les investigations continuent également à Bruxelles. Et c’est une simple perquisition de routine, menée le 15 mars dans un appartement du quartier du Forest, dans le sud-ouest de Bruxelles, qui va tout changer. Accueillis par des tirs à l’arme automatique, les six enquêteurs sont contraints d’appeler les renforts. Deux suspects parviennent à s’enfuir, mais un autre est abattu : Mohamed Belkaïd, un Algérien de 35 ans, recherché depuis trois mois sous un faux nom, et soupçonné d’avoir fourni une aide logistique dans les attentats de Paris. Là encore, l’ADN de Salah Abdeslam est retrouvé dans l’appartement. L’étau se resserre…

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Trois jours après cet assaut, et alors même que le parquet belge officialise la découverte d’empreintes de Salah Abdeslam dans l’appartement du Forest, une vaste opération de police est déclenchée dans le quartier de Molenbeek. Localisé grâce à une dénonciation, Salah Abdeslam est blessé et interpellé dans un appartement de la rue des Quatre-vents par les unités spéciales. Fin de cavale.

Attentats de Paris : qui sont les complices présumés de Salah Abdeslam.

Bruxelles, le 18 mars 2016. Recherché dans toute l'Europe, Salah Abdeslam a été appréhendé avec la famille qui le logeait. 

L’arrestation de l’homme le plus recherché d’Europe, Salah Abdeslam, a révélé un réseau d’aide au fugitif.

 © EPA

 La police belge a procédé vendredi à l’arrestation de cinq personnes au total, dont Salah Abdeslam, un suspect-clé des attentats de Paris.

Arrestation de Salah Abdeslam : les victimes en quête de justice se félicitent

Au cours de trois perquisitions vendredi après-midi, «Salah (Abdeslam) a été intercepté (…) Le soi-disant Monir Ahmed Alaaj, alias Amine Choukri, a été appréhendé (…)», a détaillé un porte-parole du parquet fédéral belge, Thierry Werts. «Trois autres personnes ont été privées de liberté: les nommés Abid A., Sihane A. et Djemila M., tous membres de la famille qui hébergeait Salah» a-t-il-précisé.

Mohamed Belkaïd, dit Samir Bouzid.

Les trois personnes qui ont hébergé Salah Abdeslam, «seront aussi entendues par les enquêteurs et le juge décidera de leur maintien éventuel en détention», a-t-il ajouté.

Attentats de Paris: Salah Abdeslam arrêté à Bruxelles.

Selon la télévision publique belge RTBF, les deux hommes ayant fuit mardi l’appartement de Forest ont pu être repérés grâce à une écoute téléphonique d’un proche de Salah Abdeslam.

Salah Abdeslam, en garde à vue, entendu par les enquêteurs belges

Visé par l’intervention policière, la maison du 79, rue des Quatre Vents à Molenbeek, sous surveillance, est le domicile de la mère de cet ami de Salah Abdeslam. Cet homme était présent jeudi lors des funérailles à Bruxelles deBrahim Abdeslam, un des frères de Salah, qui s’était fait exploser à Paris le 13 novembre, selon la chaîne belge.

Mounir Ahmed Alaaj, alias Amine Choukri, «avait été contrôlé en compagnie de Salah Abdelsam à Ulm en Allemagne (sud) le 3 octobre 2015», un peu plus d’un moins avant les attaques de Paris.

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