Les revenus de Daech en chute de 30 % sur ces neuf derniers mois. Même pour Daech, c’est la crise !
Ses ressources auraient diminué de 30 % depuis l’an dernier. Résultat : Daech multiplie impôts, taxes et amendes.

À Mossoul, en 2014. Dans le fief de Daech en Irak, un combattant distribue le Coran. Désormais, mal répondre à des questions sur le livre saint est puni d'amendes.

Les revenus du groupe djihadiste État islamique ont chuté d’environ 30 % depuis l’an dernier. Et, comme tout État voyant ses recettes diminuer, Daech doit faire preuve d’imagination en matière fiscale : de nouveaux impôts ont donc été imposés dans les territoires sous son contrôle, dont une taxe sur la réparation des antennes paraboliques.

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Ces conclusions émanent d’une étude publiée lundi : « En mars 2016, les recettes mensuelles de l’État islamique ont chuté à 56 millions de dollars », a déclaré Ludovico Carlino, analyste en chef chez IHS Jane’s, l’institut spécialisé qui publie régulièrement des rapports sur les territoires sous domination de l’EI. « Mi-2015, l’ensemble des recettes mensuelles de l’État islamique avoisinait les 80 millions de dollars (71 millions d’euros). »

Un panneau de propagande pour l'Etat islamique, dans une rue de Raqqa, en Syrie, le 2 novembre 2014.
Un panneau de propagande pour l’Etat islamique, dans une rue de Raqqa, en Syrie.

Un rapport d’IHS, qui se fonde sur des informations tirées des médias sociaux et de sources présentes en Syrie et en Irak, affirme également que la production pétrolière dans les zones sous le joug du groupe djihadiste a diminué de 33 000 à 21 000 barils par jour. Ces pertes sont largement liées aux frappes aériennes opérées par la coalition menée par les États-Unis et la Russie.

Daech: le groupe terroriste perd énormément d'argent et crée de nouveaux impôts

Payer pour éviter le fouet.

Environ la moitié des recettes de l’EI provient des impositions et de la confiscation des commerces et des biens, selon le rapport. Le pétrole représente 43 % de ce total, le reste provenant du trafic de drogue, de la vente d’électricité et de dons, selon le rapport. Selon IHS, l’EI a perdu environ 22 % de son territoire au cours des 15 derniers mois et n’impose plus sa loi qu’à 6 millions de personnes, contre 9 auparavant. Sa base fiscale a donc diminué. « L’État islamique augmente actuellement les impôts sur les services de base et cherche de nouvelles manières d’obtenir de l’argent de la population », selon le chercheur.

« Ces impôts incluent des péages pour les chauffeurs de camion, des frais pour installer ou réparer des antennes paraboliques et des « droits de sortie » pour quiconque tente de quitter une ville », affirme M. Carlino. Selon IHS, le groupe radical a aussi introduit des amendes pour ceux qui ne répondent pas correctement à des questions sur le Coran, ainsi que la possibilité de payer en liquide pour éviter des châtiments corporels.

Irak : l'Etat islamique détruit le plus vieux monastère chrétien du pays

Daech: l’Etat Islamique obligé de diviser par deux le salaire de ses combattants par manque de moyen.

Daech a de moins en moins d’argent. Si les bombardements de la coalition commencent à porter leurs fruits, cela oblige le groupe terroriste à diviser les salaires de ses soldats par deux !

Daech: l'Etat Islamique obligé de diviser par deux le salaire de ses combattants par manque de moyen

Dans un communiqué de l’Etat Islamique, relayé par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), Daech a annoncé que « face aux circonstances exceptionnelles auxquelles fait face l’Etat islamique, il a été décidé de réduire de moitié les salaires des moudjahidines ».

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Une information qui n’aurait pas dû sortir des zones d’influences de Daech, mais c’était sans compter sur la présence des hommes de l’Observatoire en Syrie qui dispose d’un vaste réseau d’informations. Dans ce communiqué, il est ajouté que « personne ne sera exempté de cette décision, quelle que soit sa position, mais la distribution alimentaire se poursuivra deux fois par mois comme d’habitude ».

Les bombardements de la coalition commencent à faire effet.

Si cette information est assez révélatrice des difficultés économiques de Daech ces derniers temps, cela signifie aussi que les raids de la coalition internationale qui bombardent sans relâche les zones contrôlées par l’Etat Islamique commencent à porter leur fruits. Les infrastructures pétrolières, qui sont la principales sources de revenus de Daech que le groupe terroriste contrôle en Syrie et en Irak, sont des cibles prioritaires pour les forces militaires occidentales. Il semblerait même que les bombardements à répétition ont causé la destruction d’une réserve d’argent liquide de l’organisation ou était entreposée des « millions de dollars » .

Un salaire de 200 euros par mois pour les combattants de Daech.

Selon le directeur de l’OSDH, Rami Abdel Rahmane, le salaire moyen des combattants de Daech va donc passer de 400 dollars par mois à 200. Une baisse qui touche aussi les combattants étrangers. Si eux sont habituellement payés le double de leurs frères d’arme syriens (800 euros/ mois), eux aussi verront leur salaire diminué de moitié. Si cela traduit le manque de moyen de Daech qui recherche à faire des économies, cela signifie que les possibilités de financements extérieurs vont aussi probablement être réduit.

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Daech: les esclaves sexuelles de l’Etat Islamique se révoltent et prennent les armes.

En Irak, des nouvelles recrues ont rejoint les rangs des Peshmergas, ces kurdes qui combattent Daech. Ce sont des femmes, les anciennes esclaves sexuelles du groupe terroriste.

Daech- les esclaves sexuelles de l'Etat Islamique se révoltent et prennent les armes

Une nouvelle brigade a rejoint les rangs des Peshmergas. Elle ne compte exclusivement que des anciennes esclaves sexuelles du groupe terroriste Daech. Pour ces femmes, survivantes de l’horreur, l’heure est à la réplique. Elles veulent se venger en combattant leurs anciens bourreaux.

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Khatoon Khider, leader de l’escouade, a confié à la chaîne américaine Fox News que 500 femmes attendent d’être formées pour partir au combat. Et 120 sont en ce moment en première ligne dans le Kurdistan irakien. Ce sont seulement d’anciennes victimes de Daech dont l’âge varie de 17 à 37 ans.

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Se venger de Daech.

On sait que les Peshmergas comptaient déjà des femmes dans leurs rangs qui avaient pris les armes pour se soulever contre Daech. Mais une nouvelle brigade prend de l’ampleur, elle est constituée uniquement de femmes qui ont une chose en commun : avoir été des esclaves sexuelles du groupe terroriste.
Force of the Sun Ladies. 

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C’est le nom de cette brigade, littéralement en français : la Force des Femmes du Soleil. Elles ont impressionné et attiré l’attention des Peshmergas lors de la libération de la ville de Sinjar en Irak en novembre dernier. Animées par un esprit de vengeance mais aussi d’une volonté de libérer d’autres femmes, elles se sont montrées indispensables au combat. La zone était contrôlée par Daech depuis plus d’un an. Durant ce laps de temps le nombre de femmes victimes de ces atrocités se comptent en milliers.

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Rependre Mossoul pour libérer les femmes sur place

Le but et l’objectif principal de nouveau groupe est de reprendre Mossoul qui est devenue la capitale de Daech en Irak depuis juin 2014. Ces combattantes yazidies espèrent libérer les femmes sur place, dont elles connaissent la situation et la souffrance. Une présence sur le terrain aussi symbolique pour rappeler la condition de ces esclaves qui connaissent l’enfer. Et comme le dit Khatoon Khider à la chaîne américaine Fox News: « Leur famille les attend. Nous les attendons. La libération de Mossoul pourrait nous aider à les ramener à la maison. » avant d’ajouter « que son escouade souhaite défendre toutes les minorités quoi qu’il en coûte ».

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Une députée irakienne, Vianne Dakhil, a éclaté en sanglots en évoquant le triste sort de la communauté yazidite, la sienne, et des autres minorités en Irak, et particlièrement des femmes vendues en esclaves dans les régions occupées par l’Etat islamique.

Sur Facebook, un groupe d’activistes anti-EI de Mossoul révèle les nouvelles méthodes de l’EI pour soutirer des fonds aux résidents.

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Premier message de L’œil de Mossoul :

Nous avons découvert une nouvelle source de financement de l’EI, les impôts imposés aux condamnés à mort, avant et après leur exécution. Toute famille dont un membre a été condamné à mort par l’EI doit payer 1 000 dollars de caution pour le libérer sur parole, et une fois que la famille a versé la caution, l’EI exécute le condamné et ne remet sa dépouille qu’une fois que la famille a payé un autre impôt, qui varie selon les conditions suivantes : un condamné à mort accusé d’être un agent de police doit verser de 1 000 à 2 000 dollars, soit le coût d’une arme à poing. Après l’exécution, la famille doit verser 2 millions de dinars irakiens pour recevoir la dépouille, et si elle ne paie pas, l’EI décharge le corps dans un lieu inconnu. Un condamné à mort reconnu coupable d’espionnage doit verser 3 000 dollars avant son exécution. La famille doit payer 2 000 dollars pour recevoir sa dépouille. Un condamné à mort reconnu coupable d’apostasie doit payer 2 500 dollars avant son exécution, et la famille doit verser 1 000 dollars pour recevoir sa dépouille.

Un musulman condamné à mort pour avoir violé un Hadd (restriction prévue par la loi de la charia, selon laquelle la personne reste musulmane, mais l’EI maintient sa condamnation à mort) verse 750 dollars avant son exécution, et sa famille paie 500 dollars pour recevoir sa dépouille.

Les détenus reconnus coupables d’autres crimes que l’apostasie et l’espionnage doivent verser 300 dollars d’inscription et de frais d’interrogatoire, et 250 dollars après leur libération (de frais de détention). Ce montant varie en fonction du temps de détention.

Un condamné à une peine de coups de fouet doit payer 150 dollars de frais d’interrogatoire et d’exécution [de la peine], et 50 dollars de frais de détention par jour et d’inscription aux casiers judiciaires Alhisba de l’EI.

Tous ces impôts s’ajoutent à la confiscation de tous les biens du condamné ou de tous les biens de sa famille au premier degré [ses frères, sœurs, fils, filles, neveux]. Les gens sont obligés de payer ces sommes pour recevoir les dépouilles de leurs proches et éviter que d’autres membres de la famille ne soient exécutés par l’EI. Cela dure secrètement depuis des mois, jusqu’à ce que nous révélions cette affaire grâce à l’information que nous avons reçue les familles des victimes.

Nous avons essayé d’estimer le montant que l’EI a recueilli à ce jour. Il est d’ores et déjà confirmé que chaque agent de police s’étant repenti ou ayant été exécuté a payé 2 000 dollars depuis la prise de contrôle par l’EI de Mossoul en 2014.

D’après le second post : « Nouvelles de dernière minute : L’EI collecte des taxes d’eau de la ville, même si le service d’eau est coupé depuis plus de 10 jours. Le service a partiellement été renouvelé aujourd’hui. »

Note :
[1] Voir rapport de MEMRI JTTM Year After Mosul’s Fall, Local Activists Show Glimpses Of Life Under ISIS Rule, 1er juillet 2015.

Ce que révèlent les formulaires d’embauche de l’Etat islamique.

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Des spécialistes américains ont épluché des formulaires remplis par des aspirants jihadistes souhaitant rejoindre l’autoproclamé califat de l’Etat islamique.

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Ces documents, dûment remplis par les aspirants jihadistes, ont été récupérés sur le terrain par des journalistes de la chaîne américaine NBC, puis analysés par des spécialistes basés aux Etats-Unis. Lundi 18 avril, les chercheurs du Combating terrorism center (CTC) ont publié un premier rapport (lien en anglais) détaillant le contenu des formulaires d’embauche del’organisation Etat islamique.

Ils ont été remplis, en arabe, par 4 600 volontaires et datent d’une période comprise entre le début de l’année 2013 et fin 2014. Nom, surnom, nom de la mère, groupe sanguin, date de naissance, nationalité, « Par qui avez-vous été recommandé » ou « Avez-vous déjà mené le jihad, et où ? », ou encore « Date et lieu de la mort » (laissé en blanc) : voici ce que ces documents nous apprennent.

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Des postulants âgés de 12 à 70 ans

Le plus âgé à avoir rempli le formulaire approche les 70 ans, tandis que le plus jeune en comptait seulement 12. L’âge moyen, lui, est de 26-27 ans. Seuls 400 étaient mineurs à leur entrée sur les terres du califat, proclamé en juin 2014.

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70 pays représentés, mais l’Arabie saoudite et la Tunisie en tête

A en croire ces formulaires, les aspirants jihadistes sont venus de 70 pays pour rejoindre en Syrie le groupe Etat islamique (EI).

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La nationalité la plus représentée dans cet échantillon est saoudienne, avec 579 personnes, puis viennent les Tunisiens (559), Marocains (240), Turcs, (212), Egyptiens (151) et Russes (141). La liste compte notamment 49 Français, 38 Allemands, 30 Libanais, 26 Britanniques, 11 Australiens, 7 Canadiens, mais aucun Américain.

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Surtout des célibataires, plutôt instruits, voire qualifiés

61% des volontaires assure être célibataires, 30% seraient mariés tandis que 8% n’ont pas répondu. En outre, le rapport relève que le niveau moyen d’éducation est plutôt élevé, avec 1 371 d’entre eux assurant être passés par une éducation secondaire, et 1 028 supérieure, soit des niveaux moyens plus élevés que ceux de leurs classes d’âges dans leurs pays d’origine. Par ailleurs, 10% des inscrits assurent avoir une expérience jihadiste.

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Les formulaires contiennent aussi les notes prises par les « fonctionnaires » de l’EI, à la recherche de talents particuliers. Ainsi, face à un nom est inscrit :« Important : il a une expérience de chimiste ». Sur la fiche d’un autre, un Turc de 24 ans ayant inscrit « vendeur de drogue » dans la case « Profession », on peut lire le commentaire suivant : « Que Dieu nous pardonne ! »

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L’EI, selon ces données, peine à recruter des kamikazes : 12% affirment être prêts à mener des attentats-suicides. Mais l’organisation « a également besoin de personnel pour remplir des fonctions plus conventionnelles comme soldat, membres de la police religieuse, des services de sécurité ou fonctionnaires », expliquent les rédacteurs du rapport.

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Des autorisations de sorties variées

Quelles sont les raisons justifiant un départ du califat auto-proclamé par l’organisation Etat islamique ? Les documents comprennent 431 « fiches de sortie ». Les motifs pour quitter les terres du califat vont de « traitement médical » à « raisons familiales », en passant par « parti en Libye pour organiser  la création d’un Etat ».

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Les notes des « fonctionnaires » constituent parfois des évaluations. « A menti », « s’il revient, sera emprisonné », « esprit confus », « ne sait pas faire preuve de patience » ou « réfractaire à la vie militaire et au jihad », sont autant de mentions relevées par les spécialistes qui ont épluché ces formulaires.

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