L’ex-chef du laboratoire de Moscou accuse la Russie, et notamment ses services secrets, d’avoir dopé certains de ses athlètes aux Jeux d’hiver de 2014.

Le président russe, Vladimir Poutine, discute avec le double champion olympique de bobsleigh Alexandre Zubkov, le 23 février 2014, lors de la cérémonie de clôture des JO d'hiver de Sotchi (Russie).

Une épine de plus dans le pied de la Russie. L’ancien patron du laboratoire de Moscou affirme que des athlètes russes ont bénéficié, durant les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi, en 2014, d’un système de dopage supervisé par les autorités russes.

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« Nous étions très bien équipés, nous savions ce que nous avions à faire et nous étions parfaitement préparés pour Sotchi, comme jamais auparavant. Cela a fonctionné comme une horloge suisse », explique Grigory Rodchenkov dans un article publié par le site du New York Times (en anglais), jeudi 12 mai.

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« 15 médaillés olympiques » dopés ?

Il estime que « des douzaines d’athlètes russes, dont 15 médaillés olympiques », ont profité de ce système. Il évoque notamment 14 membres de l’équipe de ski de fond, le double champion olympique de bobsleigh Alexandre Zubkov et Alexandre Tretiakov, médaillé d’or en skeleton. La Russie a terminé à la première place du tableau des médailles à Sotchi, avec 33 podiums, dont 13 titres olympiques.

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Grigory Rodchenkov affirme avoir mis au point un cocktail associant trois stéroïdes anabolisants, qu’il mélangeait à de l’alcool pour réduire la fenêtre durant laquelle ils pouvaient être détectés.

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Les services secrets russes impliqués

Les services secrets russes sont de leur côté intervenus pour changer les échantillons urinaires prélevés sur des athlètes russes. Selon l’ancien chef du laboratoire, ils remplaçaient, avec son aide, durant la nuit, des échantillons prélevés après les compétitions par des échantillons « propres » prélevés plusieurs mois en amont, pour éviter que les athlètes russes soient déclarés positifs.

Pour étayer ces accusations, Grigory Rodchenkov a fourni au New York Times des échanges de courriers électroniques avec le ministère russe des Sports, dans lequel sont mentionnés les athlètes profitant de ce programme. Il a également fourni une photo montrant une petite trappe dans le laboratoire antidopage de Sotchi utilisée par les services secrets russes pour échanger les échantillons.

Des contacts réguliers avec Moscou

Dans les six mois qui ont précédé les JO de Sotchi, Grigory Rodchenkov affirme avoir rencontré le vice-ministre des Sports au moins une fois par semaine, dans les bureaux du ministère, pour évoquer le programme de dopage. Durant les JO, il recevait, chaque jour, d’un fonctionnaire de ministère des Sports, la liste des athlètes russes dont les échantillons devaient être changés.

L’ancien patron du laboratoire de Moscou a été contraint de démissionner, fin 2015, après le début du scandale qui éclabousse l’athlétisme russe, qui pourrait être privé des JO de Rio. Craignant pour sa vie, il s’est installé, en début d’année, aux Etats-Unis.

Des accusations « absurdes », selon le ministre des Sports

Le ministre russe des Sports a qualifié, jeudi, d’« absurdes » et « sans fondement » les révélations de Grigory Rodchenkov. « Nous allons analyser cet article et décider comment nous réagirons », a-t-il ajouté. « Tout ça, c’est de la sale politique. Dans ces déclarations, il n’y a rien de vrai, ce ne sont que des rumeurs », a réagi l’entraîneur en chef de l’équipe russe de skeleton.

Le Comité international olympique, lui, a fait part de « son inquiétude » et a demandé à l’Agence mondiale antidopage de « lancer immédiatement une enquête ». « Le fonctionnement du laboratoire (de Sotchi), incluant le système de contrôle qualité, se conformait aux règles internationales et au règlement« , a rappelé le CIO.

La Russie est déjà exclue des compétitions internationales d’athlétisme, après les révélations d’une commission indépendante de l’Agence mondiale antidopage, en novembre dernier, pour des faits de dopage d’Etat. Sauf à voir leur suspension levée, les athlètes russes ne pourront pas participer aux Jeux olympiques de Rio de Janeiro, qui se tiennent du 5 au 21 août.

Trois mois après les JO, retour à Sotchi, ville abandonnée.

Depuis la fin février, et le départ des athlètes olympiques, les installations des Jeux d’hiver dépérissent, rouillent et se cherchent un avenir.

Trois mois après la fin des compétitions, les installations mirobolantes des Jeux olympiques d’hiver à Sotchi en Russie sont, pour la majeure partie, laissées à l’abandon. Des dizaines de milliards de roubles ont été dépensés pour des aménagements et des infrastructures gigantesques : routes, aéroport, pistes skiables et surtout de nombreux hôtels. Depuis la fin février, le village des athlètes est un terrain vague qui se cherche un avenir.

Des installations sportives fermées rouillent alors qu’une partie devait être démantelée et installée ailleurs. La reconversion était vraiment un projet illusoire, juge une journaliste locale. Les 30 000 chambres d’hôtel n’ont aucun client en ce début de mai 2014. La plage de sable, une des plus belles de Russie, est dénaturée avec un muret sur toute la longueur, et la mer est impropre à la baignade. Des déchets pourrissent et révoltent les écologistes de la région.

Quatre sites olympiques laissés à l’abandon.

La construction d’infrastructures pour des JO coûte des milliards d’euros, et parfois, ne sert que pour cet événement. Voici quatre lieux qui, après avoir rempli leur mission, n’ont pas trouvé de second souffle.

Que vont devenir les installations de Sotchi (Russie) ? La ville russe va connaître un nouveau souffle durant les Jeux paralympiques, du 7 au 16 mars. Mais la question de l’avenir de la cité qui borde la mer Noire se pose déjà, à plus long terme. Côté mer, le site gardera une vocation sportive, avec notamment les patinoires. Côté montagne, l’avenir est plus flou.

Dans l’histoire des JO, tous les sites olympiques n’ont pas réussi leur reconversion. Un certain nombre est d’ailleurs totalement à l’abandon, soit que le public n’ait pas été au rendez-vous, soit que l’argent ait manqué pour entretenir les structures, comme en Grèce.

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