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Oscar du meilleur documentaire, le percutant « Amy », diffusé sur Canal +, lève le voile sur le destin souvent caricaturé d’Amy Winehouse. Son réalisateur, Asif Kapadia, commente pour domhertz.com quelques photos-clés.

Le making-of d'"Amy" par Asif Kapadia

Elle ne voulait pas aller en rehab. Amy Winehouse s’en est donc allée rejoindre Kurt Cobain, Janis Joplin, Jim Morrison, Jimi Hendrix, Robert Johnson et Brian Jones au « club des 27 », cimetière des idoles décédées à 27 ans. C’était le 23 juillet 2011. Depuis, « Amy », l’excellent documentaire d’Asif Kapadia, est venu retracer la vie courte et pathétique de cette petite Londonienne gouailleuse qui rêvait d’être Ella Fitzgerald et mourut en caricature de rock star destroy, nous rappelant quelle perte énorme fut sa disparition pour le monde de la musique, tout en dressant un constat amer sur la violence hypocrite du système médiatique.

Amy Winehouse avait juste besoin de quelqu’un qui prenne réellement soin d’elle.

#Amy d’enfance.

« La blonde aux côtés d’Amy est Juliette Ashby, une de ses deux amies d’enfance. Elle témoigne tout au long de mon film. Elle aussi voulait être chanteuse, elle l’est d’ailleurs devenue. Sa famille avait un studio d’enregistrement où Amy a composé ses premières chansons. Elles avaient formé un groupe, les Sweet and Sour. Un nom inspiré des rappeuses Salt’N’Pepa. Juliette était Sweet (douce) et Amy, Sour (aigre). On avait dégoté une de leurs chansons – un très bon morceau de hip-hop aux paroles très matures sur les garçons – mais elle n’a pas survécu au montage. »

#Reconnaissance

« Amy Winehouse était appréciée par les musiciens de tous horizons : hip-hop, jazz, soul, pop, rock. Tout le monde la voulait. Les Rolling Stones, Mos Def et Tony Bennett (son idole) se sont produits avec elle. »

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Prince l’adorait, il l’a accueillie une fois lors d’un de ses concerts pour chanter “Love Is a Losing Game”, un moment extraordinaire.

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Jay-Z, qui a rappé sur un remix de “Rehab”, voulait la signer sur son label. Il a même été question qu’elle fasse la chanson d’un “James Bond”. Elle avait un tel potentiel.

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Le problème, c’était sa vie privée, ses addictions. Et la notoriété n’a fait que compliquer les choses. Amy n’a enregistré qu’entre 18 et 22 ans. Après, plus rien, à part une chanson avec Tony Bennett. C’est dingue ! Tout s’est arrêté trop tôt.

#Blake


Avec son mari Blake Fielder-Civil, le 18 juin 2007.

« Toute leur histoire est dans le film. C’est celle de deux gamins qui, pour je ne sais quelles raisons, cherchaient une échappatoire dans l’héroïne, l’alcool et toutes ces saloperies. »

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Les voir ensemble est à la fois tragique et révoltant. Fielder-Civil passait son temps à filmer leur quotidien au Caméscope. On a vu beaucoup de ces vidéos pour le film, certaines très drôles, d’autres vraiment douloureuses.

D’après lui, de nombreuses images ont disparu lorsqu’il s’est fait cambrioler. S’il disait vrai, on les aurait vues réapparaître dans les tabloïds. « Allez savoir où elles ont fini. »

 #Pete

Sur scène avec Pete Doherty, le 22 août 2009.

« Vous trouvez que Doherty est le grand absent du film ? Il dit quelques mots, on voit des images qu’il nous a confiées mais beaucoup de choses avaient déjà été dites sur leur histoire. Ni lui ni son entourage n’ont exigé de coupes. Amy et lui se sont rencontrés très tôt, ils avaient de nombreux amis communs issus de la scène du quartier londonien de Camden. Lorsqu’ils se sont mis ensemble, ils étaient tous les deux au plus bas. Mais je ne pense pas que leur relation ait été si importante que ça. Elle révèle juste que, comme tout accro à la drogue, Amy savait se trouver des compagnons qui l’étaient aussi. »

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#Détresse

 Festival de Belgrade, le 18 juin 2011. Amy monte sur scène dans un état sévère d’ébriété et refuse de chanter sous les huées du public.

« C’est le moment où elle dit “je ne veux plus de tout ça”. Cette séquence que l’on a tous vue la montre dans toute sa détresse, mais elle illustre aussi sa volonté de reprendre le contrôle de sa vie.

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Et que pouvait-elle faire de plus fort que refuser de chanter, quitte à détruire sa carrière. J’ai fini “Amy” il y a plus d’un an et il m’est de plus en plus difficile de voir ces images. Sa célébrité coïncide avec l’arrivée des médias sociaux. Toutes ces nouvelles manières de partager des images dégradantes, d’humilier les gens. Je tenais à pointer ce rôle du public, à ce que chacun réfléchisse à sa part de responsabilité.

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Combien de personnes ont été détruites par ce qui se dit d’elles sur le net ?

Aujourd’hui, quand un concert se passe mal, les vidéos circulent sur le web accompagnées de commentaires assassins. Imaginez l’effet sur une fille comme Amy, fragilisée par ses addictions et sa dépression. Sans parler des paparazzis qui la pourchassaient, elle, cette petite chose toute menue, dès qu’elle sortait de chez elle. Je tenais à ce que l’on ressente cette violence dans le film. Elle s’exprime à travers les mitraillages de flashs, motif que j’ai emprunté à “Raging Bull” de Scorsese. »

#Légende

Inauguration d’une statue à son effigie dans le quartier londonien de Camden, le 14 septembre 2014, en présence de ses parents, Janis et Mitch. Ce dernier, avant la sortie du film, le décrivait comme un tissu de « contrevérités » et menaçait d’attaquer Kapadia en justice.

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« Est-on obligé de parler de lui ? J’ai discuté avec la mère d’Amy depuis la sortie du film et elle en est très fière. Le père, lui, n’a pas réagi. Or si une seule chose avait été fausse, croyez-bien qu’il nous aurait attaqués. Toutes les personnes impliquées dans la vie d’Amy, sauf lui, m’ont remercié pour l’honnêteté de mon travail. »

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« Beaucoup m’ont dit que le film, son succès, son impact positif sur l’image d’Amy ont eu sur eux l’effet d’une thérapie. Ils se sentent libérés d’un poids, d’un sentiment de culpabilité. »

Mercredi 8 juin à 20h55 sur Canal +. Documentaire américain d’Asif Kapadia (2015).V.O. 2h07.  (En multidiffusion et A la demande) 

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In The Studio with Tony Bennett & Amy Winehouse .

 

 

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Bon comme un citron bien rond !

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