Marisol Touraine et Jean-Marie Le Guen s’opposent sur la question « compliquée » de la fumette, qui bat des records en France.

Légaliser le cannabis ? Le débat divise jusqu'au gouvernement

La France est le pays d’Europe le plus répressif avec les joints… mais aussi celui où on en fume le plus ! Selon les derniers chiffres de l’Observatoire français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT, 2015), 42% des Français âgés de 18 à 64 ans ont déjà fumé au moins une fois du cannabis, soit 17 millions d’utilisateurs. Faut-il aller vers une dépénalisation, voire une légalisation de cette drogue ? Le débat fait rage, jusqu’au sein du gouvernement. Si la ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’y dit « totalement opposée », le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen, plaide lui, pour une « légalisation réglementée et partielle » et l’organisation d’un référendum sur la question. Mi-avril, il avait déjà évoqué une « échéance politique à venir ».

J'achète le numéro

Cannabis : et si on légalisait ? 

Je suis contre la dépénalisation et la légalisation

Afficher l'image d'origine

Par Marisol Touraine, ministre de la Santé.

« Il faut partir d’une réalité simple : le cannabis est néfaste pour la santé, et la ministre de la Santé que je suis est donc totalement opposée à sa légalisation ou à sa dépénalisation. Il est cependant très important de réfléchir à la bonne politique publique à adopter concernant sa consommation. »

Afficher l'image d'origine

Avant d’ouvrir un débat, il faut être clair quant à l’objectif qui, on le voit à travers les expériences étrangères, peut être différent d’un pays à l’autre. Vise-t-on un objectif de santé publique, sachant que la consommation des jeunes est inquiétante en France, ou bien la lutte contre les trafics et les mafias ? Ou veut-on, comme au Mexique où l’on peut transporter 5 grammes de cannabis pour sa consommation, vider les prisons et désengorger les tribunaux ?

unnamed (1)

Dépénaliser le cannabis ? Ça fait 40 ans qu’on en parle !

Quoi qu’il en soit, c’est une question compliquée qui mérite d’être débattue dans un cadre plus serein que celui d’une campagne présidentielle. Ce sujet ‘hystérise’ alors qu’il nécessite une réflexion profonde, une vraie évaluation des enjeux. »

08ec7430-a122-407f-8532-306a166acff0

Il faut un référendum

Par Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat chargé des Relations avec le Parlement.

« Depuis la fin des années 1960, La France n’a pas bougé sur le sujet du cannabis, et elle ne pourra le faire qu’à une seule condition : que le débat soit porté par la société civile elle-même, le changement ne peut pas venir d’en haut. Car aujourd’hui tout le monde est concerné alors que notre loi pénale est inefficace. »

Jean-Marie Le Guen.

La politique française en matière de cannabis peut-elle évoluer ? Vers quoi ? Il faut entendre tous les arguments, apporter toutes les réponses. Enfin, une décision aussi fondamentale ne peut pas être tranchée par une majorité à l’Assemblée nationale mais par un référendum, parce qu’il ne s’agit pas d’un produit récréatif anodin mais d’une substance dont la dangerosité et les conséquences sanitaires sont probablement sous estimées.

Dépénalisation du cannabis : le gouvernement (r)ouvre le débat… et le referme aussitôt

« Il est temps de lever la chape de plomb culturelle et idéologique qui pèse sur ce débat, où la droite moraliste considère que le cannabis est une perversion, alors que la gauche bobo en ferait un usage social laxiste. Cela ne veut rien dire quand le cannabis devient un produit de consommation courante. C’est pourquoi je défends l’idée d’une légalisation réglementée et partielle, avec le maintien de l’interdiction pénale pour les moins de 21 ans. C’est à l’Etat de prendre en charge la régulation de ce marché, directement ou par une délégation de service public, comme pour le tabac et l’alcool. »

unnamed

Publicités
  1. Raphaël Perrichon

    Force est de constater que les politiques de répressions qui existent depuis X temps n’ont pas les résultats que l’on souhaiterait (c’est même l’inverse). Pourtant, on continue de soutenir ceux dont les troubles de santé et sont dus à la consomation de cannabis.
    Ces raisons ne rendent elles pas pragmatique sa légalisation en permettant un contrôle légal sur le commerce et en récupérant par la même occasion le financement des soins?

    J'aime

    Réponse

    1. modztreh

      Le pragmatisme finira bien par gagner, au vue des bénéfices et taxes en tous genre.
      Les usagés de Cannabis non pas de trouble de santé, juste un risque de troubles psychiques uniquement s’ils ont un terrain favorable.
      Par contre le cannabis accentue les maux déjà présent.
      Donc il n’y a pas de fumeur de cannabis heureux s’il n’est pas déjà heureux dans la vie.

      Aimé par 1 personne

Bon comme un citron bien rond !

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :