Erdogan, tacticien politique hors pair, verra sans doute dans ce putsch raté une occasion de resserrer son contrôle sur la Turquie, mais il fait face à un dilemme.

Des Turcs protestent contre le coup d'état sur la place Taksim à Istanbul le 16 juillet 2016. (Crédit : AFP / OZAN KOSE)

Il a surmonté des manifestations anti-gouvernementales qui ont duré des mois en 2013.

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Il a échappé aux flammes qui ont emporté certains de ses ministres lors d’un scandale de corruption de la fin 2013, qui a touché son cercle intime.

Et le président turc Recep Tayyip Erdogan a survécu à un coup d’Etat militaire – un exploit dont beaucoup de ses prédécesseurs renversés par des coups d’Etat ne peuvent se vanter.

Personne en Turquie n’avait prévu ce qui est arrivé vendredi soir quand des soldats ont pris le contrôle des deux principaux ponts sur le Bosphore à Istanbul, et fait voler des avions de chasse à basse altitude au-dessus de la capitale, Ankara.

Cependant, dans ce pays qui a connu trois coups d’Etat militaires, il y a toujours eu des lignes de faille qui ont pu conduire à cette tentative de putsch.

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Quelles sont les raisons derrière ce coup ?

Ces dernières années, détracteurs de M. Erdogan, gouvernements étrangers et citoyens turcs ont fait part de leurs inquiétudes sur sa tendance grandissante à l’autoritarisme.

Arrivé à la tête du gouvernement en 2003 sur les ruines d’une grave crise financière, M. Erdogan est loué par ses partisans comme l’homme du miracle économique et des réformes qui ont libéré la majorité religieuse et conservatrice du pays du joug de l’élite laïque et des interventions politiques de l’armée.

Mais depuis trois ans, il est aussi devenu la figure la plus critiquée de Turquie, dénoncé pour sa dérive autocratique et islamiste.

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Le chef de l’Etat veut changer la Constitution turque actuelle, rédigée sous l’influence de la junte militaire qui avait pris le pouvoir en 1980 en Turquie. Cette réforme a essentiellement pour but de faire passer la Turquie d’un régime parlementaire à un régime de type présidentiel afin de concentrer tous les pouvoirs entre ses mains.

Or, l’homme fort du pays possède déjà un pouvoir politique, économique et médiatique inégalé dans l’histoire moderne de la Turquie.

Selon Aykan Erdemir, chercheur à la Fondation pour la défense des démocraties (FDD) à Washington, la peur au sein de l’armée de ce nouveau système est l’une des raisons de cette tentative de coup, ainsi que « le refus d’Erdogan d’être impartial ».

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Pourquoi le coup a échoué ?

Selon Sinan Ulgen, directeur de l’Edam (centre de recherche basé à Istanbul), à la différence des précédents coups, ce dernier n’était pas soutenu par l’ensemble de l’armée, mais mené par un groupe de militaires.

« Cela a dépassé la chaîne de commandement : un groupe assez réduit au sein de l’armée, qui a même pris en otage » le chef d’état-major des armées, le général Hulusi Akar, a expliqué à l’AFP M. Ulgen.

« Ce n’était pas une opération organisée par l’armée, et on l’a bien vu. Sans le soutien total de l’armée, ils ont manqué d’hommes et de compétences », poursuit cet expert.

Selon le chercheur Aykan Erdemir, l’ère des coups d’Etat réussis – comme en 1960, 1971 et 1980 – est terminée, et l’opinion publique y est en majorité hostile.

Cette fois-ci, le pays a fait preuve de plus de solidarité avec le régime civil en place. Les trois partis d’opposition au Parlement ont rapidement condamné la tentative de coup.

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Les partis politiques n’ont pas « de très bons souvenirs » des précédents coups et de leurs expériences amères sous la férule des régimes militaires, note M. Erdemir.

« Quand les gens ont réalisé qu’il (ce coup) n’avait pas le soutien de l’armée, cela a été plus facile pour eux d’être contre », explique Sinan Ulgen.

Des théories de la conspiration ont même fleuri sur Twitter avec le hashtag « #Darbedegiltiyatro » (« ceci n’est pas un coup, c’est du théâtre »).

Cette tentative de coup, qui « semblait destinée à échouer », a soulevé des soupçons, juge ainsi Natalie Martin, conférencière spécialisée en relations politiques et internationales à l’Université de Nottingham Trent (Royaume-Uni).

Des civils pro-Erdogan ont pris le contrôle des chars des rebelles, comme ici à Ankara

Consensus ou répression ?

Erdogan, tacticien politique hors pair, verra sans doute dans ce putsch raté une occasion de resserrer son contrôle sur la Turquie, mais il fait face à un dilemme.

« Il peut capitaliser sur le fait que tous les partis (politiques) l’ont soutenu et construire une ère de consensus, ou il peut utiliser cette opportunité pour consolider encore plus » son pouvoir, relève M. Erdemir.

« Presque tout dépend de lui – le chemin qu’il va prendre va avoir d’énormes conséquences. Mon côté optimiste veut croire à la voie démocratique, mais mon côté réaliste et pessimiste pense que Erdogan ne ratera jamais une telle occasion », estime-t-il.

Pour Sinan Ulgen, le président turc en sortira plus fort, mais « la question est de savoir si il est enclin à utiliser cette situation pour aller vers une politique plus consensuelle ».

« C’est une occasion unique de progresser vers une politique démocratique plus ambitieuse. Mais le scénario le plus probable est que Erdogan va l’utiliser pour assouvir ses ambitions personnelles et mettre en place un système présidentiel », conclut M. Ulgen.

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Putsch avorté en Turquie : 161 morts, 1 440 blessés sans compter les putschistes.

Les putschistes de l’armée ont tenté de prendre le pouvoir en Turquie avec des avions de chasse et des chars, entraînant samedi une violente riposte d’Ankara et le retour précipité de vacances du président Recep Tayyip Erdogan, qui semble avoir repris la main.

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La chaîne publique turque de télévision avait diffusé peu avant minuit (21H00 GMT) un communiqué des « forces armées turques », faisant état de la proclamation de la loi martiale et d’un couvre-feu dans tout le pays.

Les putschistes ont justifié leur « prise de pouvoir totale dans le pays » par la nécessité « d’assurer et de restaurer l’ordre constitutionnel, la démocratie, les droits de l’Homme et les libertés et laisser la loi suprême du pays prévaloir ».

Les affrontements, qui ont donné lieu à des scènes de violences inédites à Ankara et Istanbul depuis des décennies, ont fait près de 265 morts, dont de nombreux civils, a annoncé un responsable turc. 2 839 militaires ont été arrêtés, selon l’agence progouvernementale Anadolu.

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« Le coup a été avorté grâce à une solidarité totale entre notre commandant-en-chef et président, notre Premier ministre et les forces armées turques », a indiqué le général qui remplace a priori temporairement le chef d’état-major, le général Hulusi Akar.

Ce dernier avait été retenu par les rebelles tout au long de la nuit avant d’être libéré lors d’une opération militaire menée contre une base aérienne de la banlieue d’Ankara.

Les rebelles ont pris les commandes d’avions de combats et de chars.

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De nombreux hauts responsables militaires s’étaient désolidarisés publiquement des putschistes dans la nuit, dénonçant « un acte illégal » et appelant les rebelles regagner leurs casernes.

La situation dans ce grand pays de 80 millions d’habitants, membre-clé de l’Otan, était toutefois loin d’être réglée vers 07H00 (04H00 GMT), huit heures environ après l’annonce de la tentative de coup d’Etat.

Un avion a largué tôt samedi une bombe près du palais présidentiel à Ankara, et des avions de chasse F-16 ont bombardé des chars de rebelles aux abords du palais présidentiel, a indiqué la présidence.

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Peu après, une soixantaine de soldats rebelles qui avaient investi dans la nuit l’un des ponts suspendus enjambant le Bosphore se sont rendus, en direct à la télévision, aux forces de sécurité à Istanbul.

Des coups de feu sporadiques étaient toujours audibles au petit matin dans plusieurs quartiers d’Ankara et d’Istanbul, après une nuit de violences marquée par des explosions causées, selon les médias, par des bombardements aériens.

Le Premier ministre Yildirim avait ordonné samedi à l’armée d’abattre les avions et les hélicoptères se trouvant aux mains des militaires putschistes, selon un responsable turc.

Le chef de l’Etat a affirmé que l’hôtel où il se trouvait en vacances à Marmaris, station balnéaire du sud-ouest de la Turquie, avait été bombardé après son départ.

Le président Recep Tayyip Erdogan salue ses partisans, après les obsèques d'une des victimes du putsch militaire, à Istanbul (Turquie), le 17 juillet 2016. 

Le Parlement, autour duquel des chars ont été déployés, a été bombardé dans la capitale Ankara, où au moins 17 policiers ont été tués, a annoncé l’agence Anadolu.

A Istanbul, des soldats ont ouvert le feu sur la foule, faisant des dizaines de blessés, a constaté un photographe de l’AFP. Des F-16 ont également abattu un hélicoptère des putschistes, selon la télévision turque.

Les ponts enjambant le Bosphore entre l’Asie et l’Europe à Istanbul ont été fermés dans les deux sens.

A Istanbul, des grandes artères menant notamment à la place Taksim, dans le centre de la première métropole de Turquie, étaient bloquées par les forces de l’ordre et la présence policière était massive.

À Istanbul, place Taksim, des manifestants protestent contre le coup d'État. 

De nombreux habitants semblaient saisis d’inquiétude, voire de panique, et se sont précipités dans les magasins pour acheter bonbonnes d’eau et nourriture et aux distributeurs d’argent pour retirer des liquidités.

La compagnie aérienne grecque Aegan Airlines a annoncé l’annulation de ses vols prévus samedi sur Istanbul et Izmir, la grande ville turque de la côte égéenne. La compagnie aérienne allemande Lufthansa a pour sa part indiqué qu’elle annulait ses vols entre l’Allemagne et la Turquie jusqu’à la mi-journée.

La chaîne publique grecque Ert1 a interrompu ses programmes pour rendre compte en direct des évolutions en Turquie.

Binali Yildirim, le Premier ministre turc. (Crédit : capture d'écran AFP/chan)

Yildirim a assuré que tout était désormais « largement sous contrôle ».

Accueilli à l’aéroport d’Istanbul en provenance de Marmaris (ouest) par une foule compacte de sympathisants, M. Erdogan a adopté une attitude de défi, prédisant l’échec de la rébellion et assurant qu’il continuerait à assumer ses fonctions « jusqu’à la fin ».

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi avant l’aube qu’il « y a en Turquie un gouvernement et un président élus par le peuple » et que « si Dieu le veut, nous allons surmonter cette épreuve ».

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Malgré l’annonce de mise en échec du putsch, Erdogan a demandé aux Turcs de rester dans les rues. « Nous devons continuer à être maîtres des rues (…) car une nouvelle flambée est toujours possible », a-t-il déclaré dans un message sur Twitter, dont les responsables du réseau social ont dit soupçonner un ralentissement volontaire de son service en Turquie.

« Nous n’avons pas de raison de penser qui nous sommes totalement bloqués en Turquie, mais nous suspectons qu’il y a un ralentissement intentionnel de notre service dans le pays », écrit Twitter dans un message sur @policy, le compte officiel qu’il consacre sur son réseau aux questions politiques.

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« Ceux qui sont descendus avec des chars seront capturés car ces chars ne leur appartiennent pas », a ajouté le président, fort du soutien de ses partisans qui ont massivement répondu à son appel à descendre dans les rues d’Ankara, Istanbul et Izmir pour contrer le putsch.

Il a félicité les Turcs pour être descendus « par millions » dans les rues, notamment sur l’emblématique place Taksim à Istanbul, noire de manifestants conspuant les putschistes. Des dizaines de milliers de personnes, brandissant souvent des drapeaux turcs, ont bravé les militaires rebelles, grimpant sur les chars déployés dans les rues.

Soutiens du président turc sur la place Taksim, le 15 juillet 2016 (Crédit : Chris McGrath / Getty Images / AFP)

Depuis l’arrivée au pouvoir de M. Erdogan, la hiérarchie militaire a été purgée à plusieurs reprises. L’armée a déjà mené trois coups d’Etat (1960, 1971, 1980) et forcé un gouvernement d’inspiration islamiste à quitter sans effusion de sang le pouvoir en 1997.

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Pour en savoir plus sur l’armée turque.

Erdogan, cible ces dernières années de nombreuses critiques l’accusant de dérive autoritaire, a accusé les soldats rebelles d’être liés à son ennemi juré l’imam Fethullah Gülen, un ancien allié exilé depuis des années aux États-Unis.

Fethullah Gülen./DDM

« Je réfute catégoriquement ces accusations », a rétorqué ce dernier dans un communiqué. « J’ai souffert de plusieurs coups d’État militaires au cours des 50 dernières années et trouve donc particulièrement insultant d’être accusé d’avoir un quelconque lien avec cette tentative ».

Le mouvement de Fetullah Gülen, a condamné vendredi « toute intervention armée » en Turquie, où un putsch semblait en passe d’être maîtrisé.

Des manifestants entourent un char de l'armée turque à Ankara, Turquie, 16 juillet 2016.

« Nous condamnons toute intervention armée dans les affaires intérieures de la Turquie », a écrit dans un communiqué l’Alliance for Shared Values.

Ancien allié du président turc, M. Gülen, qui dirige depuis les Etats-Unis un puissant réseau d’écoles, d’ONG et d’entreprises sous le nom d’Hizmet (Service, en turc), est devenu son ennemi juré depuis un scandale de corruption fin 2013 dans lequel nombre des proches de M. Erdogan ont été impliqués.

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Le chef de l’Etat accuse depuis l’imam d’avoir mis en place un « Etat parallèle » destiné à le renverser, ce que les « gülenistes » nient.

L’Alliance de M. Gülen rappelle que le prédicateur et ses partisans ont toujours « montré leur engagement en faveur de la paix et de la démocratie ».

Une foule manifeste devant l'aéroport international Ataturk lors d'une tentative de coup à Istanbul, Turquie, 16 juillet 2016.  

« Les événements sur le terrain évoluent rapidement et ce serait irresponsable pour nous de spéculer sur eux », a affirmé le mouvement d’opposition.

« Les commentaires des cercles pro-Erdogan à propos du mouvement sont très irresponsables », a-t-il estimé.

Depuis deux ans, les autorités turques ont multiplié les purges, notamment dans la police et le monde judiciaire, et les poursuites contre les proches de la nébuleuse Gülen et ses intérêts financiers.

Des manifestants administrent des premiers soins à une femme blessée couverte d’un drapeau turc près de l‘état-major de l’armée à Ankara, Turquie, 16 juillet 2016.  

Selon l’agence de presse turque Anadolu, quelque 1.800 personnes, y compris 750 officiers de police et 80 soldats ont été mis en prison ces deux dernières années dans le cadre de la lutte contre le mouvement de Fethullah Gülen.

Fethullah Gülen (Crédit : CC-BY-Diyar soi, Wikimedia Commons)

Réactions internationales de soutiens à la démocratie et à Erdogan

Les condamnations internationales se sont multipliées contre ce que le Premier ministre Yildirim a qualifié de tentative « idiote », « vouée à l’échec ».

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Le président américain Barack Obama a appelé à soutenir le gouvernement turc « démocratiquement élu », « faire preuve de retenue et éviter violence ou bain de sang ».

Quelques personnes barrent la route aux véhicules militaires blindés à Ankara, Turquie, 16 juillet 2016.  

La chef de la diplomatie européenne Federica Mogherini a également exhorté à la « retenue » et au « respect des institutions démocratiques ».

A Bruxelles, le Premier ministre Charles Michel a demandé via Twitter aux ressortissants de son pays présents en Turquie de « rester chez eux ». Le ministère des Affaires étrangères belge a recommandé aux touristes de « rester sur place, à l’intérieur jusqu’à ce que situation se clarifie ».

Des policiers montent la garde près de l’état-major de l’armée turque à Ankara, Turquie, 15 juillet 2016.

La tentative de coup d’Etat en Turquie accroît la menace sur la stabilité régionale et internationale, a indiqué samedi le ministère russe des Affaires étrangères. « Moscou est très inquiet au vu des derniers évènements en Turquie », a fait savoir le ministère dans un communiqué.

« Cette soudaine flambée de la situation politique, sur fond de menaces terroristes existant dans ce pays et du conflit armé dans cette région, contribue à accroître les risques pour la stabilité régionale et internationale », indique le ministère. Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov a demandé d’éviter « tout affrontement meurtrier ».

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a jugé « crucial de réinstaurer le pouvoir civil et l’ordre constitutionnel rapidement et pacifiquement ».

Les partisans du président Recep Tayyip Erdogan protestent devant des soldats sur la place Taksim d'Istanbul, 16 juillet 2016.

En Grèce, le Premier ministre grec Alexis Tsipras a fait part de son « soutien au gouvernement démocratiquement élu » de Turquie via un contact de ses services avec ceux de M. Erdogan, a indiqué une source gouvernementale grecque.

En Iran voisin de la Turquie, le ministre des Affaires étrangères Mohammad Javad Zarif a exprimé sa « grande inquiétude ».

Le secrétaire général de l’Otan Jens Stoltenberg a appelé au « calme » et au « respect total des institutions démocratiques en Turquie », « allié estimé » de l’alliance militaire.

Jens Stoltenberg, secrétaire général de l'OTAN, en 2010. (Crédit : Magnus Fröderberg/CC BY 2.5 via WikiMedia Commons)

La France a également demandé d’ »éviter toute violence » et de « respecter l’ordre démocratique » en Turquie, incitant « les Français actuellement présents en Turquie à ne pas sortir », selon un communiqué du ministère français des Affaires étrangère.

La France « espère que la démocratie turque sortira renforcée » après « la tentative de coup de force contre son ordre constitutionnel et démocratique », a déclaré samedi le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault.

Les agents de sécurité turcs ont arrêté des policiers turcs (en noir) à Istanbul sur  le pont du Bosphore, 15 juillet 2016.  

Le ministre, dans un communiqué, a ajouté former « le voeu que le calme puisse revenir très vite » et espérer « que les libertés fondamentales seront pleinement respectées » après ces événements qui appellent « la plus ferme condamnation de la France ».

« La population turque a montré sa grande maturité et son courage, en s’engageant pour le respect de ses institutions. Elle en a payé le prix avec de très nombreuses victimes », a précisé Jean-marc Ayrault.

Dans la nuit, le Quai d’Orsay avait incité « les Français actuellement présents en Turquie à ne pas sortir ».

Le Qatar, plus proche allié de la Turquie dans le Golfe, a félicité samedi le président turc Recep Tayyip Erdogan pour avoir mis en échec une tentative de coup d’Etat militaire.

Des militaires turcs bloquent l’accès au pont du Bosphore qui relie les côtés européens et asiatiques de la ville, à Istanbul, Turquie, 15 juillet 2016.

L’émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad Al-Thani, a appelé M. Erdogan et l’a « félicité pour le soutien du peuple de Turquie à son régime et contre le coup d’Etat militaire raté », a rapporté l’agence de presse officielle qatarie QNA.

L’émir a condamné fermement cette tentative de putsch et réaffirmé sa solidarité avec la Turquie, selon la même source.

Les deux pays soutiennent les rebelles syriens contre le président Bachar al-Assad.

Le mouvement terroriste palestinien du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, a « dénoncé la tentative ratée de coup d’Etat » et « félicité le peuple et les dirigeants turcs pour avoir réussi à protéger la démocratie ».

Des militaires loyalistes turcs montent la garde sur la place Taksim à Istanbul, Turquie, 15 juillet 2016.  

Le Hamas est un allié de la Turquie, qui a obtenu d’Israël quelques mesures en faveur de Gaza après la normalisation de ses relations avec l’Etat hébreu fin juin.

La présidente du Comité des Ministres du Conseil de l’Europe, Marina Kaljurand, ministre des Affaires étrangères d’Estonie, a exprimé son « soutien aux autorités démocratiquement élues » de la Turquie avant d’appeler à « la reprise normale de la vie des institutions ».

Des soldats loyalistes turcs bloquent l’emblématique pont du Bosphore à Istanbul, 15 juillet 2016.  

En Allemagne, qui compte près de 3 millions d’habitants d’origine turque, plusieurs milliers de personnes ont manifesté dans le calme dans la nuit de vendredi à samedi dans plusieurs villes du pays, comme Berlin ou Essen (ouest), Hambourg (nord), Karlsruhe et Stuttgart notamment.

En Autriche, où la communauté turque est estimée à environ 300.000 personnes, quelque 4.000 manifestants se sont rassemblés dans la nuit devant l’ambassade de Turquie puis dans le centre-ville pour dénoncer la tentative de coup d’Etat.

Les agents de sécurité turcs ont arrêté quelques personnes supposées être des putschistes à Istanbul, 15 juillet 2016.

L’armée turque, l’une des forces les mieux entraînées au monde.

Reprise d'une position militaire sur le pont du Bosphore à Istanbul le 16 juillet 2016, suite à un coup d'Etat militaire apparemment maîtrisé en Turquie. (Crédit : AFP / Gürcan OZTURK)

Depuis l’arrivée au pouvoir du président turc Recep Tayyip, la hiérarchie militaire a été purgée à plusieurs reprises.

Avec 510.600 actifs, l’armée turque, dont une partie a tenté un putsch militaire dans la nuit de vendredi à samedi, est la deuxième en effectifs de l’OTAN après l’armée américaine et passe pour l’une des forces les mieux entraînées au monde.

Les Forces armées turques regroupent 402.000 hommes dans l’Armée de terre (77.000 professionnels et 325.000 conscrits), quelque 48.600 dans la Marine (14.100 et 34.500) et 60.100 dans l’Armée de l’air (28.600 et 31.500), selon le rapport 2016 de l’Institut de réflexion stratégique IISS, basé à Londres.

A cette capacité, on peut ajouter plus de 102.200 membres des forces paramilitaires de la Garde nationale, selon les chiffres de 2015. De plus, la Turquie compte 378.700 réservistes dans les trois corps d’armée.

Après une baisse constante, les effectifs, qui étaient de plus de 800.000 actifs en 1985, se sont stabilisés ces dernières années.

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Depuis l’arrivée au pouvoir du président turc Recep Tayyip, la hiérarchie militaire a été purgée à plusieurs reprises.

L’armée de ce pays clé de l’Otan, qui compte 80 millions d’habitants, a déjà mené trois coups d’Etat (1960, 1971, 1980) et forcé un gouvernement d’inspiration islamiste à quitter sans effusion de sang le pouvoir en 1997.

Samedi matin, le général Ümit Dündar, chef de l’armée turque par intérim, a annoncé que le putsch avait été « mis en échec ». Il a ajouté que 104 putschistes avaient été abattus et que 1.563 militaires avaient été arrêtés.

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Sur le plan des matériels, les forces armées turques se sont équipées afin de consolider leur défense territoriale, en particulier face à la menace des séparatistes kurdes implantés en Irak.

La Turquie participe également à la coalition internationale contre les jihadistes du groupe Etat islamique.

Une partie de l’arsenal est cependant considérée par les experts comme hors d’âge, même si, selon l’institut IHS Jane’s, basé à Londres, elle a fait d’importants progrès depuis le début des années 1990.

Selon IISS, l’armée de l’air dispose de 364 avions de combat, en grande majorité des Falcon F-16 et les vieillissants Phantom F-4.

Quant à la marine, elle dispose d’une bonne aptitude aux opérations de lutte anti-sous-marine et de surface, selon les experts. Elle peut déployer 13 sous-marins, 18 frégates et six corvettes.

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