Le plan Belkacem entrant en vigueur à la rentrée 2016 impose des changements d’horaire et de programme. Il est très complexe dans sa mise en application et vide un peu plus le collège de substance et de contenu.

6 problèmes posés par la réforme des collèges

Difficile de parler ici de réforme car ce n’est pas d’une amélioration qu’il s’agit mais d’une continuation de la casse éducative. Le plan Belkacem entrant en vigueur à la rentrée 2016 impose des changements d’horaire et de programme. Il est très complexe dans sa mise en application et vide un peu plus le collège de substance et de contenu.

Les modifications pédagogiques

On a beaucoup parlé des EPI (Enseignements Pratiques Interdisciplinaires). L’idée est de croiser les disciplines pour apporter une autre approche éducative aux élèves. Dans les faits, ce genre de chose se révèle fumeux. Cela engendre perte de temps et ennui chez les élèves. Les EPI avaient déjà été testés à l’époque de Jack Lang, et ont été supprimés ensuite. Leur mise en application est compliquée : il y a 8 thèmes imposés et deux doivent être proposés pendant l’année. Donc les élèves pourront faire au maximum 6 thèmes (les EPI sont valables pour le cycle 4 du collège, qui comprend les classes de 5e/4e/3e).

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L’autonomie des établissements

Beaucoup de personnes sont tombées dans ce leurre de l’autonomie des établissements, qui devraient aller dans le bon sens. Les textes prévoient que 20% de l’horaire soit laissé à la libre appréciation des chefs d’établissement. Mais les textes précisent bien que cette autonomie est régulée et fortement encadrée par la loi.

En réalité, l’autonomie se limite au choix des EPI : les établissements doivent choisir 6 modules sur les 8 proposés. Dans les 20% d’autonomie, ils doivent aussi organiser le soutien scolaire et des travaux en petits groupes. Nous sommes très loin de l’autonomie réelle nécessaire à l’école (libre recrutement des professeurs, liberté pédagogique).

« La réforme donne plus d’autonomie pédagogique aux établissements : c’est une marque de confiance envers les équipes éducatives, confiance nécessaire à la réussite de tous les élèves. Mais cette autonomie est fortement encadrée au niveau national, à la fois par un cadre organisationnel, avec des horaires nationaux et, surtout, par des contenus communs, à travers le nouveau socle commun et les nouveaux programmes. Il s’agit donc d’une autonomie régulée. »

Source : http://eduscol.education.fr/cid87584/le-college-2016-questions-reponses.html

On appréciera ici le concept d’autonomie régulée.

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Le latin et le grec.

Dans les textes, ils sont maintenus. Dans la pratique il devient très difficile de les enseigner. Ces cours sont complètement saucissonnés au long du cycle 4. Il est prévu que des éléments de latin et de grec sont donnés en cours de français, pour montrer leur rôle dans la langue française.

Il est possible de suivre un EPI Langues et cultures de l’Antiquité et également, en complément, 2 heures en 4e et en 3e.

Possible donc, mais dans les faits comment concilier des niveaux très hétérogènes entre ceux qui auront fait l’EPI Langues & Cultures et les autres ? Et les emplois du temps sont tellement chargés, même si ce sont des cours inutiles, que rajouter deux heures d’option sera très lourd pour les élèves.

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Le coût de la réforme.

À la rentrée 2016, tous les programmes du CP à la 3ème ont changé. Ce qui signifie que les écoles vont devoir changer tous les manuels en une année. C’est la première fois qu’un changement de programme se passe en même temps à tous les niveaux ; normalement cela se fait par palier. Au Primaire, les manuels sont à la charge des communes, au collège des départements. Le Syndicat National de l’Édition estime le coût du renouvellement à 300 millions d’euros pour l’école, et 480 millions € pour le collège, soit 780 M€. L’État n’a pas prévu de budget pour financer ces achats. Où l’argent sera-t-il trouvé ? D’autant que les budgets scolarité des communes sont déjà étranglés par la réforme des rythmes scolaires qui coûtent très cher.

Le ministère prévoit l’embauche de 4 000 postes d’enseignants pour mettre en place la réforme. Cela représente une masse salariale d’environ 180 M€. Là aussi, où l’État va-t-il trouver l’argent ?Et les 4 000 personnes supplémentaires ? Sachant que, chaque année, au concours de l’éducation, il y a moins de candidats que de postes à pourvoir.

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L’esprit de la réforme.

Comme toujours, il s’agit de lutter contre les inégalités et les stéréotypes et de diffuser les valeurs de la République. La lecture des documents officiels du Ministère permet de se rendre compte dujargon absurde et pavlovien qui est sans cesse employé.

Les EPI ont une autre finalité. On le sait, l’Éducation nationale n’arrive plus à embaucher et beaucoup de classes se retrouvent sans professeur. La mise en place de ces enseignements pluridisciplinaires est une rustine destinée à préserver le bateau ivre. Il y a de grandes pénuries en mathématiques et en physique. On va donc pouvoir faire des EPI proposant des liens entre les disciplines scientifiques et le sport. Comme les étudiants en Staps sont très nombreux (c’est une des filières les plus demandées) cela permettra de leur trouver de nouveaux débouchés, tout en palliant le manque de professeurs dans les autres disciplines. Sous couvert d’avancée pédagogique, c’est surtout un moyen de colmater les brèches.

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Le numérique.

Évidemment, il ne saurait y avoir de réforme du collège sans adjonction forcée de numérique. C’est toute la République qui se mobilise pour la numérisation du collège, afin que tous les collégiens puissent disposer d’une tablette à la rentrée 2018. Problème : tous les rapports et études universitaires ont démontré que le numérique à l’école était inutile. L’enquête Pisa 2015 a même constaté que plus les établissements adoptaient le numérique plus leurs résultats baissaient.

Qu’importe : le numérique est un dogme, coûteux et dangereux, il doit donc s’appliquer.

La rentrée scolaire s’annonce chargée : réforme du collège, dégradation de l’enseignement, chute de la France dans le classement Pisa. Quelles solutions peut-on apporter pour redémarrer la machine ?

Najat Vallaud-Belkacem (Crédits Ségolène Royal, licence Creative Commons)

La rentrée scolaire cette année se fait sous le signe de la déprime et du pessimisme. Le climat lourd suite aux attentats et aux diverses tensions liées aux communautarismes a conduit les pouvoirs publics à réagir. Najat Vallaud-Belkacem a déclaré à plusieurs reprises qu’il était nécessaire de renforcer la sécurité des écoles, faisant ainsi passer au second plan, au moins momentanément, les difficultés auxquelles sont confrontées écoles et universités françaises aujourd’hui.

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Réforme des collèges et dégringolade dans le classement Pisa.

Dans l’enseignement secondaire, c’est la réforme des collèges qui continue à faire polémique. Son aiguillon égalitariste, tout comme ses conséquences pédagogiques et budgétaires désastreuses vident un peu plus le sens et le contenu de l’enseignement proposé par le collège. Plutôt que de réformer en intégrant l’innovation dans les contenus de cours comme dans les méthodes d’enseignement, le gouvernement Hollande ne semble pas déterminé à rejeter le bon vieux logiciel marxiste et à injecter un peu d’émulation dans notre vieux système scolaire. Ce nivellement vers le bas se traduit par la dégringolade de la France dans les classements internationaux, comme PISA, ces dernières années. L’éducation nationale est pourtant le premier poste de dépenses en France : comment expliquer ses résultats médiocres ?

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Ce qui bouscule l’enseignement aujourd’hui.

La France ne peut se préserver de l’évolution sociale, économique et politique mondiale, et l’arrivée de la révolution numérique ces dernières années n’a pas seulement produit bon nombre de nouveaux emplois, de nouvelles opportunités d’entreprendre et d’innovations technologiques. Elle bouscule notre façon d’apprendre et de transmettre, et tend à reconsidérer d’un œil neuf la place des filières et des diplômes. En effet, comment un système scolaire entièrement construit sur des filières débouchant sur des diplômes spécialisés pourra s’adapter à un marché qui ne cadre plus avec l’économie traditionnelle ? La révolution numérique passe par la diversification des filières, mais aussi, avec les Moocs, des manières d’enseigner, plus libres et insistant sur l’autonomie des élèves et des professeurs.

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Ce qui pourrait révolutionner l’école.

Les solutions pour faire redémarrer la machine « éducation nationale » existent, et méritent d’être testées : le Canada, à travers une passionnante enquête de l’Institut économique de Montréal, montre que l’autonomie des écoles, c’est-à-dire la liberté donnée aux établissements de choisir leur personnel enseignement, est un bon moyen de remonter le niveau des élèves… comme des enseignants ! Dans l’enseignement supérieur, Michel Albouy rappelle dans Contrepointsaujourd’hui que certaines vaches sacrées doivent être remises en cause, en particulier l’absence de sélection à l’entrée des universités, pour assurer à la France de meilleures places dans le classement de Shanghai ou PISA.

Enfin, la liberté doit être donnée aux parents de choisir quel type d’école et quel type d’enseignement ils veulent pour leurs enfants, ce que le chèque éducation propose d’offrir. Dans tous les cas, faire confiance à la liberté plutôt qu’aux conceptions autoritaires et égalitaristes est le meilleur moyen de guérir un pays devenu malade de son système éducatif.

Classement PISA : l’école française à la dérive.

Classement PISA : l'école française à la dérive

Tous les trois ans, l’OCDE publie les résultats de l’enquête-test PISA qui porte sur les performances des systèmes éducatifs des pays de l’OCDE et du monde entier. En dépit d’un niveau élevé de dépenses pour l’éducation, la France n’obtient pas de très bons résultats.

Comment ça marche ?

Le programme PISA (pour Program for International Student Assessment, programme international d’évaluation des élèves) permet d’évaluer les performances du système éducatif de chaque pays de façon standardisée. Le bilan des enquêtes qui y sont relatives, menées par l’OCDE, est publié tous les trois ans sous la forme d’un score général et d’un classement des 34 pays de l’OCDE et de 31 pays et économies partenaires. L’évaluation PISA porte sur un domaine majeur, les mathématiques, et trois domaines mineurs qui sont la compréhension de l’écrit, les sciences et la résolution de problèmes. Elle concerne 510 000 élèves entre 15 et 16 ans représentatifs des 28 millions d’élèves des pays participants.

Comme pour toute méthode d’évaluation, la représentativité des résultats fait débat. Le classement a, quoi qu’il en soit, le mérite de proposer des résultats comparables sur le plan international.

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PISA : la France à la traîne.

La France se situe à la traîne dans ce classement. Son score est de 495, en vingt-cinquième position sur 65 avec un point de plus que la moyenne des pays évalués, juste derrière la République Tchèque. Par exemple, 22.4% des élèves y sont peu performants en mathématiques alors que seuls 12.9% y sont très performants. La performance de la France diminue par ailleurs assez franchement depuis 2003.

 

Première moitié du classement PISA. La France apparaît en rouge.

Première moitié du classement PISA. La France apparaît en rouge.

C’est Shanghaï qui arrive en tête avec 614 points alors que le Pérou ferme la marche avec 365 points. Dans le haut du classement PISA, soit devant la France, on trouve notamment l’Allemagne, l’Autriche, les Pays-Bas ou la Pologne..

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Dépenser plus pour l’éducation ?

Dans son rapport sur le classement PISA, l’OCDE nous apprend :

(…) qu’au-delà d’un certain niveau de dépenses par élève, l’excellence n’est pas qu’une question d’argent : le mode de répartition des ressources est aussi important que le volume de ces ressources.

Le parallèle peut rapidement être fait avec l’évolution du score PISA en fonction du PIB par habitant. On voit qu’autour du PIB par habitant de la France, les scores PISA sont très variables. Au delà, ils n’augmentent que peu, répondant assez bien à une loi de puissance.

 

Score PISA en fonction du PIB par habitant et régression puissance. La France apparaît en rouge.

Mais aussi que :

Les systèmes d’éducation performants tendent à répartir les ressources de manière plus équitable entre les établissements favorisés et les établissements défavorisés sur le plan socio-économique.

L’autonomie des établissements, souvent faiblement considérée en France, est aussi pointée par l’OCDE comme un facteur clé de la performance des élèves.

Le classement et ses conclusions permettent de mettre en perspective la situation française. Les résultats ne sont pas bons, surtout au regard des sommes colossales englouties par le système éducatif français. Ni la performance brute, ni l’équité ne sont au rendez-vous. Pour un système qui se veut très égalitariste, on ne peut pas dire que les résultats soient exceptionnels.

Le prochain classement PISA paraîtra ces prochains mois. Il ne reste plus qu’à espérer qu’il porte le débat des élections présidentielles vers un élément clé de l’avenir du pays : l’éducation.

La rentrée universitaire française vue des USA.

La plus forte tendance de la rentrée, même si elle n’est pas la plus visible et la plus affichée, est celle de la rotation de la matrice des diplômes vis-à-vis de l’emploi.  Les études ne préparent plus aux métiers pour lesquels elles avaient été conçues.  Elles ont longtemps été des filières préparant à un diplôme qui permettait de déboucher sur un emploi. C’est encore le cas en France, du moins tel que cela apparaît dans les discours des établissements d’enseignements.

Tournez manège ! Inventer de nouvelles formations d’urgence.

En vérité, toute cette mécanique bien huilée depuis des décennies, très XXe siècle, est complètement bousculée par la mondialisation de l’enseignement supérieur et l’émergence de nouveaux métiers.

Les nouveaux métiers sont là, déjà avec le raz de marée de la digitalisation, mais ils ne disent pas leur nom (qu’ils ne connaissent d’ailleurs toujours pas) et n’entrent dans aucune nomenclature établie. Pour les pratiquer, il faut des compétences inédites que bricolent les entreprises et les étudiants avec l’aide d’enseignants soucieux de faire avancer les sujets, mais ce mouvement encore timide est en début de chantier. On constate aussi que, sous l’alibi de l’innovation, on retombe rapidement dans des cursus fermés qui reproduisent les vieilles habitudes du passé, sous la pression du « prêt à l’emploi ». Mais ce ne sont plus des diplômés « prêts à l’emploi » que veut le marché du travail. Il attend des personnes en capacité d’apprentissage et d’innovation.

Comment s’opère cette rotation de la matrice des diplômes ? Aujourd’hui, des politiciens grandissent dans des écoles de management, des créatifs viennent de sciences po, des entrepreneurs sortent d’écoles d’ingénieurs, des experts marketing ont fait des études de maths ou d’informatique…

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Ce n’est plus tendance d’être diplômé.

Des  chiffres récents aux USA montrent que la création d’emplois profite plutôt aux non-diplômés, depuis 4 ans. Ils obtiennent des postes peu qualifiés, parmi les métiers de la relation client, essentiellement dans le tourisme, la restauration, l’hôtellerie… Encore plus fort, les entreprises américaines observent que ces non-diplômés peuvent déployer de grandes compétences et garantissent une meilleure stabilité dans leur emploi, car moins encombrés de désirs d’évolution.

Nous voyons arriver en France l’idée que les diplômes peuvent être généralistes (comme l’emblématique Bachelor « Liberal Arts »). Cette capacité à l’interdisciplinarité séduit de plus en plus les étudiants qui ont compris que les compétences techniques ne sont plus complètement le sujet pour leur avenir. On se rend compte que, comme aux USA et pour bien des métiers, le diplôme et les études peuvent être contre-productifs, tant ils formatent les esprits et les compétences, et tant ils peuvent être des usines à générer de la frustration quand le premier emploi est sous-qualifié par rapport au niveau de diplôme.

Aux États-Unis, c’est bien sûr Mr Trump qui a lancé le pavé dans la mare en se présentant comme le « candidat des sans-diplôme » et en valorisant l’évolution professionnelle sur le tas. Il faut dire que la mare ne demandait qu’à éclabousser l’ élite américaine.

En France, le phénomène est encore très timide pour la bonne raison que le cadre est radicalement différent. En effet, autant les études supérieures sont très chères aux USA, autant en France, elles sont à très faible coût (à l’Université s’entend). Et notre pays chérit le diplôme qui est lié au statut, statut social qui constitue notre cadre culturel majeur.

Mais, si on y regarde de près, il existe bel et bien une mise en cause des élites dans l’interpellation de la légitimité des grandes écoles, qui « coûtent cher à la nation », « préservent la reproductionsociale », et « produisent des grosses têtes inaptes à la vraie vie ».

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Changer le business model de l’enseignement supérieur.

Toujours outre-atlantique, les démocrates – avec le challenger de Hillary Clinton, Bernie Sanders, – donnent des coups de boutoir dans le business model de l’enseignement supérieur. On sait depuis longtemps que la bulle éducative que représentent les remboursements des frais de scolarité américains est à haut risque pour l’économie toute entière.

On sait aussi que le ROI (le retour sur investissement) des études supérieures n’est plus à la hauteur des attentes des diplômés et de leurs familles. La campagne présidentielle permet de dire les choses, et il y a maintenant une très forte attente dans le pays sur la question des universités publiques gratuites et des baisses des frais de scolarité en règle générale.

À ce jour, seule la demande de cohortes d’étudiants asiatiques et notamment chinois, qui sont très attachés aux diplômes, camoufle aux yeux de ceux qui veulent se rassurer le caractère inéluctable de cette évolution.
Le modèle du tout gratuit à la française, en ce qui concerne l’université, relève du même déni, tant l’effet ciseau se confirme, avec des étudiants qui trouvent inacceptables les conditions dans lesquelles ils étudient, surtout quand ils comparent avec d’autres pays, et la baisse constante des financements publics.

La préoccupation, partout, est de trouver de nouvelles sources de financement sans risquer des hausses tarifaires impopulaires et intenables. Compte tenu de l’état des finances publiques, seules les entreprises peuvent être une source crédible de financement. Mais cela amène à reconsidérer fortement les attendus du métier des enseignants-chercheurs. Dans quelle mesure sont-ils prêts à cette reconfiguration de leurs ancres de carrière ?

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La fin du « publish or perish » pour une recherche en co-construction avec les entreprises.

Quand on observe ces évolutions, on ne peut que prédire, comme le font régulièrement les conférences dédiées à l’enseignement supérieur international, la remise en cause radicale des business models de l’enseignement supérieur payant.

Il n’est plus sérieusement possible de ne compter que sur les frais de scolarité des étudiants (qui pèsent souvent pour 80 % des budgets des écoles de management en France). Les subventions publiques baissant, c’est vers le monde économique qu’il faut se tourner pour obtenir les subsides manquants. Mais les entreprises attendent un retour sur leurs investissements, et un retour rapide ! Elles cherchent aussi la valeur concurrentielle non substituable de l’enseignement supérieur qui reste la recherche.

On ne peut en déduire qu’une chose : il va falloir abandonner petit à petit une vision de la recherche fondée sur les envies du chercheur et son objectif de publication, pour une recherche opérationnelle, répondant aux attentes des entreprises. Cela n’empêchera pas la publication mais la ré-orientera, et permettra de doter l’enseignement supérieur de moyens financiers compensant les baisses de frais de scolarité.

La section Management Consulting de l’Academy Of Management (association comptant 20 000 chercheurs internationaux en management et disciplines associées) travaille dans cette direction et mène ce qui est bien un combat, tant la démarche, pourtant de bon sens, est à rebours des pratiques des chercheurs. Un groupe trans-thématique s’est constitué et a présenté lors du dernier congrès d’août 2016 sous l’égide du Pr Denise Rousseau la matrice de ces nouvelles pratiques de chercheurs avec des témoignages sur les thèses de professionnels et les DBA (Doctorate of Business Administration). L’idée que le savoir peut être co-construit avec des « praticiens », que la recherche ne se limite pas à la publication dans des journaux académiques et que le savoir doit être actionnable, fait son chemin.

Cela se passait certes aux USA mais les Français avec l’ISEOR et sa capacité à déployer de la recherche-intervention, étaient force de proposition, avec de nombreux travaux menés aux USA.

Parions que ces sujets seront des Trending Topics de la rentrée 2016 de l’enseignement supérieur en France, comme partout dans le monde. L’importance qu’ils ont pris aux USA préfigurent des mouvements forts.

Parions aussi qu’ils seront encore présents en 2017 tant le changement est structurel !

Refondation de l’école : le sinistre triomphe de l’idéologie[Replay].

Par la Refondation de l’école, François Hollande a réussi là où ses prédécesseurs ont échoué : l’éducation nationale a totalement intégré le message égalitariste.

« L’école doit opérer ce miracle de l’engendrement par lequel l’enfant, dépouillé de toutes ses attaches pré-républicaines, va s’élever jusqu’à devenir le citoyen, sujet autonome. C’est bien une nouvelle naissance, une transsubstantiation qui opère dans l’école et par l’école, cette nouvelle Église, avec son nouveau clergé, sa nouvelle liturgie, ses nouvelles tables de la loi ».

La grande réunion de « Refondation de l’École » marque le succès complet du quinquennat Hollande et s’inscrit dans la grande campagne de soutien à la candidature de notre Président pour un nouveau mandat. Elle vient à point nommé rappeler aux Français que, contrairement à ce qu’on dit, le principal du travail de décomposition nationale et d’idéologie égalisatrice et marxiste a été fait, et bien fait ; il laissera des traces durables.

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Élèves et familles premières victimes de la refondation de l’école.

Rien n’a été épargné aux élèves et à leurs familles. Tout a été accompli selon les vœux des enseignants révolutionnaires, base électorale incontournable et puissant syndicat parlementaire. La présence des trois ministres successifs de l’Éducation Nationale s’imposait. Grâce soit rendue à Najat Vallaud-Belkacem pour la réforme des collèges, l’évacuation des matières « classiques », trop marquées de culture bourgeoise réactionnaire et inaccessibles aux familles de prolétaires. Reconnaissons aussi à Benoît Hamon le mérite d’une innovation majeure en matière de rythmes scolaires, avec le beau défi du mercredi après-midi, immense service rendu aux parents et nouvelle charge pour les municipalités. Mais surtout apprécions l’héritage laissé par Vincent Peillon, l’apôtre de l’école laïque, républicaine, qui a réussi à parfaire l’entreprise lancée en 1944 par les communistes Langevin-Wallon : dire qu’il a fallu plus d’un demi siècle pour couronner l’entreprise de démolition et de conditionnement de la jeunesse !

Voilà donc que ce que le Programme Commun de la Gauche avait voulu réaliser, à savoir le grand Spulen (Service Public Unique et Laïque de l’Éducation Nationale) sans y parvenir sous Mitterrand et Savary, Hollande l’a pleinement réussi. D’ailleurs ce qui montre que le succès a été complet c’est qu’à quelques exceptions près, toute la classe politique s’est crue obligée d’entonner l’hymne de « l’École de la République » et de magnifier la laïcité, valeur fondatrice de ladite République.

À ces frondeurs qui doutent encore des avancées du quinquennat Hollande, le conclave a pour mission de rappeler que les promesses ont été tenues : le nombre d’emplois créés dans l’Éducation Nationale est à ce jour de 48.000, et on atteindra les 60.000 annoncés. Les syndicats d’enseignants ont eu toute liberté de mettre les collégiens et lycéens dans la rue chaque fois qu’il le fallait, notamment pour s’opposer à la loi El Khomry qui, comme tout le monde le sait, promettait la précarité et l’exploitation, faisant des jeunes de la chair à pâté pour le patronat. Enfin, et non le moindre, justice et dignité ont été rendues aux laissés pour compte de cette administration : les gens du primaire vont voir leur prime passer de 400 à 1 200 euros, comblant l’écart qui les séparait des enseignants du secondaire et des agrégés. D’ailleurs, il n’y a plus que des professeurs maintenant : les instituteurs ont disparu, ils sont devenus « professeurs des écoles », et les maîtresses des classes maternelles auront bientôt une promotion et une considération dont elles ont été privées à ce jour.

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Pas de mobilisation pour l’école.

Face à ce naufrage douloureux et scandaleux, l’opposition n’a pas cru devoir alerter les familles françaises. Celles-ci se sont spontanément mobilisées contre les lois Taubira, mais pour l’école, il n’y a pas eu la même ferveur ni la même détermination qu’en 1984, lorsque François Mitterrand a été obligé de retirer la loi Savary. Ainsi les moyens de l’école privée, dite libre, ont-ils été mesurés et diminués sans cesse par l’administration centrale, où les syndicats règnent en maître (et ont eu jadis la peau de Claude Allègre). Pourtant les files d’attente s’allongent pour inscrire les enfants dans les écoles de l’enseignement privé.

L’école va-t-elle être au cœur des programmes des candidats ? Les libéraux le souhaitent et font toutes les propositions concrètes pour instaurer autonomie et concurrence dans le système scolaire. L’Aleps a exposé toutes les réformes nécessaires, y compris les modalités de financement offertes aux parents enfin libres de choisir l’école de leurs enfants. Mais à ce jour, on n’entend pas grand-chose, si ce n’est la promesse du roi des sondages d’augmenter les traitements des enseignants… pour qu’ils s’occupent un peu plus des écoliers.

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