Voitures aux bonbonnes : les macabres projets des 3 radicalisées
L’enquête avance sur la voiture contenant des bonbonnes de gaz retrouvée le week-end dernier à Paris. (Captured’écran/BFMTV)

Allégeance à l’Etat islamique, cibles dans le Quartier latin, sur le RER D, mobiles… Que planifiaient Inès M., Sarah. H. et Amel S. ?

Les macabres projets des trois femmes radicalisées et des deux couples résidant dans le Loiret, arrêtés cette semaine après la découverte d’une voiture remplie de bonbonnes de gaz près de Notre-Dame de Paris, commencent à être percés à jour. Et tout porte à croire que le groupe était déterminé à passer à l’acte : selon une source policière à l’AFP, le réseau préparait un attentat pour jeudi après l’échec de celui de Notre-Dame.

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Inès, 19 ans, a fait allégeance à l’EI.

La principale suspecte, Inès M., âgée de 19 ans, préparait donc une autre attaque imminente après la tentative de Notre-Dame, selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. Interpellée jeudi soir en pleine rue avec deux complices présumées, elle est l’une des cinq filles du propriétaire de la voiture retrouvée avec des bonbonnes à son bord, près de Notre-Dame.

Fichée S et connue des services de police pour des velléités de départ en Syrie, elle avait prêté allégeance à l’Etat islamique dans une lettre retrouvée sur elle lors de son arrestation, a indiqué le procureur de la République de Paris, François Molins. Selon une source proche de l’enquête, elle y disait par ailleurs adieu à sa mère. Son père, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, avait été relâché mardi soir à l’issue de sa garde à vue.

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Son arrestation, en compagnie de ses deux complices, Sarah H. et Amel S. a été mouvementée. Selon le procureur, l’une des complices d’Inès M. a en effet poignardé un des policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) venus les arrêter à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), à 25 km au sud-est de Paris, au domicile de l’une d’elles. Inès M. a elle été blessée par balle, alors qu’elle se jetait sur un policier, armée d’un couteau.

Elles « avaient l’air stressées, elles regardaient partout autour d’elles », raconte à l’AFP un riverain, qui dit les avoir vues avant leur interpellation. Au moment de l’arrestation, « une jeune femme a sorti un couteau et a frappé un policier », dont les jours ne sont pas en danger.

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Lors de son arrestation, les policiers ont par ailleurs retrouvé les clés de la voiture de Notre-Dame.

Par ailleurs, lors d’une perquisition au domicile d’Inès M., les enquêteurs ont découverts sept bouteilles en verre, des mèches artisanales et deux jerricanes avec des résidus de carburant.

 

« Jeudi, c’était alerte maximale. Partout ! »

Agées de 39, 23 et 19 ans, les trois femmes « radicalisées, fanatisées », « préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes« , a déclaré jeudi soir le ministre de l’Intérieur.

Un message d’alerte sur un risque d’attentat-suicide dans les gares parisiennes et en Essonne sur la ligne du RER D avait d’ailleurs été envoyé dans la journée aux policiers, souligne une source policière. Le secteur avait été bouclé. Selon une autre source au sein de la police, le réseau préparait bien un attentat pour jeudi. « Hier, c’était alerte maximale. Partout ! », souligne une source proche de l’enquête.

D’après « le Figaro » et le procureur de la République, Inès et son amie Sarah, 23 ans, sont ressorties du domicile de leur complice, Amel S., âgée de 39 ans, armées de couteaux et vêtues de noir, pour commettre ces fameuses « actions violentes et imminentes » après l’échec de Notre-Dame. C’est à ce moment-là qu’elles ont été arrêtées. La fille aînée d’Amel S., âgée de 15 ans et « susceptible d’être impliquée » dans le projet d’attentat, a également arrêtée.

Une voiture avec des bonbonnes de gaz découverte à Paris : ce que l'on sait

L’attentat du Quartier latin manqué de peu.

Les policiers sont désormais persuadés que la voiture découverte à Paris dans la nuit de samedi à dimanche, chargée de cinq bonbonnes de gaz et de trois bouteilles de gazole, feux de détresse allumés et sans plaque d’immatriculation, devait servir à un attentat. Le véhicule était garé à quelques centaines de mètres de Notre-Dame de Paris, dans le quartier touristique du quartier Latin, plus précisément Quai de Montebello, dans le 5e arrondissement.

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Aucun dispositif de mise à feu n’a été retrouvé dans le véhicule. Mais d’après iTélé et France Info, au moins deux femmes ont tenté de mettre le feu à la Peugeot 607 chargée de bonbonnes de gaz et de bidons de gasoil.

Selon le procureur de la République de Paris, François Molins, « un mégot de cigarette à peine consumée a été trouvé à proximité d’une couverture portant des traces d’hydrocarbures », dans le véhicule.

« L’incendie du véhicule, s’il avait pris, aurait entraîné l’explosion d’au moins une bouteille de gaz et la destruction de l’ensemble du véhicule. »

La tentative aurait donc échoué faute de système de mise à feu efficace. « Le Parisien » affirme également qu’une dispute aurait éclaté entre les membres du commando.

Sarah H., promise à Abballa puis à Kermiche

Sarah H., 23 ans, aurait même eu pour projet de se marier avec Larossi Abballa, le terroriste qui a tué le couple de policiers de Magnanville. Après la mort de son futur époux dans l’assaut du Raid, la jeune femme aurait ensuite été promise à Adel Kermiche, 19 ans, un des tueurs du père Jacques Hamel dans l’église de Saint-Etienne du Rouvray, à son tour abattu par les policier le 26 juillet dernier.

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Alors que les policiers étaient sur le point de l’interpeller en compagnie des deux autres suspects, « Sarah H. a couru vers un véhicule banalisé de police et a asséné un violent coup de couteau de cuisine à un policier à l’épaule gauche », a indiqué le procureur de la République.

Sarah H. serait à présent la compagne de Mohamed Lamine A., troisième suspect interpellé jeudi soir, frère de Charaf Eddine A., actuellement incarcéré pour ses liens étroits avec Larossi Abballa.

Fichée S, elle aurait également tenté de partir mener le djihad, avant d’être refoulée par la Turquie en mars 2015, poursuit LCI. Elle était sous le coup d’une interdiction de sortie de territoire, selon la même source.

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Leur mobile, venger Al-Adnani ?

Selon RTL, les trois femmes voulaient venger la mort du porte-parole et numéro deux de l’EI, Abou Mohammed al-Adnani, dit « ministre des attentats ». Le document d’allégeance à l’EI, découvert sur Inès M. lors de son arrestation, faisait en tout cas référence à l’appel d’al-Adnani, a expliqué le procureur.

Les projets d’attentat des trois jeunes femmes ont-ils été inspirés par la propagande de l’EI ou commandités depuis la Syrie ? Impossible pour l’heure de le savoir mais un contact entre l’une des interpellées et une personne pouvant se trouver en Syrie est en cours d’investigation.

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Selon « le Monde », il s’agirait d’un donneur d’ordres situé en zone irako-syrienne. « Ces dernières semaines, plusieurs projets d’attentats déjoués ont été pilotés à distance par Rachid Kassim, un djihadiste roannais très actif sur les réseaux sociaux. Il est considéré comme l’instigateur du meurtre d’un prêtre dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray […] », ajoute le quotidien.

Pour François Molins, le commando a été « téléguidé » par des djihadistes de l’EI, depuis la Syrie.

« Si les femmes ont pu être confinées à des tâches familiales et domestiques par Daech, force est de constater que cette vision est fortement dépassée », estime François Molins.

Hayat Boumeddiene, envolée avec ses secrets

Elles auraient aussi été en contact avec Hayat Boumeddiene, la compagne du tueur de l’Hyper Cacher Amedy Coulibaly, disparue en Syrie, ainsi qu’avec le tueur du couple de policiers de Magnanville, Larossi Abballa.

Deux couples, deux frères et leurs compagnes, arrêtés mardi et mercredi, ont également été placés en garde à vue vendredi. Le couple arrêté dans la soirée de mercredi près de Montargis, dans le Loiret, a toutefois été relâché dans la journée.

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En revanche, Ornella G., arrêtée avec son compagnon mardi sur une aire d’autoroute du sud de la France, doit « être déférée » samedi « en milieu de journée en vue de l’ouverture d’une information judiciaire et donc de sa présentation devant un magistrat instructeur antiterroriste », a expliqué le procureur de la République de Paris, François Molins, devant la presse.

Voiture aux bonbonnes : retour sur cinq jours de traque

Voiture aux bonbonnes : retour sur cinq jours de traque
Investigations à Boussy-Saint-Antoine dans la nuit du 8 septembre 2016 (GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP)

La découverte d’un véhicule avec cinq bouteilles de gaz dans le coffre a permis de déjouer un attentat et d’arrêter un réseau.

Dans son discours consacré à « La démocratie face au terrorisme«  jeudi, François Hollande a évoqué des « tentatives d’attentats déjouées », notamment « ces derniers jours ». L’enquête autour de la voiture Peugeot 607 découverte à Paris et chargée de cinq bouteilles de gaz pleines et de trois bidons de gasoil, en donne une dernière illustration. Récit d’une semaine de traque.

Lundi 5 septembre

a Peugeot 607 suspecte, garée dans la rue de la Huchette à Paris (STR / CITIZENSIDE / AFP)
La Peugeot 607 suspecte, garée dans la rue de la Huchette à Paris (STR / CITIZENSIDE / AFP)

Dans la nuit de samedi 3 à dimanche 4 septembre, une voiture suspecte a été découverte dans la petite rue de la Huchette à Paris, près du Quai de Montebello et non loin de la cathédrale Notre-Dame-de-Paris, révèle « Le Figaro« .

Cette Peugeot 607, dont les plaques d’immatriculation avaient été enlevées, était stationnée, les clignotants allumés, avec cinq bouteilles de gaz pleines et trois bidons de gasoil dans le coffre. Une sixième bouteille de gaz, vide, avait été laissée sur la banquette arrière.

Si aucun dispositif de mise à feu n’a été identifié dans le véhicule, un torchon brûlé a été retrouvé, suggérant la volonté d’incendier la voiture pour qu’elle explose.

La Section antiterroriste (SAT) de la Brigade criminelle et la DGSI (Direction générale de sécurité intérieure) ont été saisies après le témoignage d’un employé de bar qui avait remarqué la présence de la bouteille de gaz sur la banquette arrière, selon une source policière.

Mardi 6 septembre.

La Peugeot 607 et ses bouteilles de gaz (Capture d'écran/BFMTV)
La Peugeot 607 et ses bouteilles de gaz (Capture d’écran/BFMTV)

Mardi 6 septembre, une enquête préliminaire est ouverte par le parquet antiterroriste de Paris pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

Selon « Le Figaro« , deux premiers suspects sont placés en garde à vue. L’AFP précise qu’il s’agit du propriétaire de la voiture et un membre de son entourage. Ils sont tous deux connus des services de renseignement, selon une source policière.

Le propriétaire de la voiture suspecte, connu pour des faits anciens de prosélytisme islamiste, a été relâché dans la soirée à l’issue de sa garde à vue. Il a désigné sa fille, qu’il a décrite aux enquêteurs comme radicalisée, comme principale suspecte.

« Le Parisien » rapporte que les enquêteurs de la DGSI l’identifient alors comme Inès Madani. Celle-ci fait déjà l’objet d’une surveillance et, selon une source policière au quotidien, aurait fait des confidences au téléphone sur son projet d’attentat avorté :

« Cette jeune femme a été entendue échanger de nombreuses informations avec son interlocutrice sur les faits de Notre-Dame-de-Paris. [Elle] a alors exprimé sa ferme volonté de repasser rapidement à l’action. »

« Le Point » publie une capture de son avis de recherche :

Mercredi 7 septembre.

Inès Madani, 19 ans, est activement recherchée à partir du mercredi 7 septembre.

Deux autres suspects sont interpellés dans la journée de mercredi, sur une aire de l’autoroute A7 proche d’Orange (Vaucluse), dans le sud de la France. Il s’agit d’un couple originaire de Montargis (Loiret) : un homme de 34 ans et une femme de 29 ans, tous deux fichés « S » pour leur appartenance à la mouvance islamiste radicale.

iTL précise que le couple est proche d’Inès Madani. Selon « le Parisien« , la femme du couple, Ornella D., avait tenté de mettre le feu à la voiture piégée proche de Notre-Dame à Paris. « Le scénario élaboré par ces deux jeunes femmes consistait à mettre le feu à la 607 remplie de bouteilles de gaz pour tout faire exploser« , indique une source proche de l’enquête au quotidien.

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« Elles ont donc tenté d’incendier cette voiture avant de quitter les lieux. Mais après s’être éloignées, elles ont fait machine arrière, voyant que le feu ne prenait pas. »

Selon « le Parisien », en rebroussant chemin, les deux femmes ont cru apercevoir des policiers en civil, avant de prendre peur et de quitter définitivement les lieux.

Le couple interpellé s’apprêtait à se rendre en Espagne au moment de son interception, précise « Le Figaro« .

Jeudi 8 septembre, 8h.

L'entrée du bâtiment où a été interpellé le couple, à Chalette-sur-Loing (GUILLAUME SOUVANT / AFP)
Le bâtiment où a été interpellé le couple, à Chalette-sur-Loing (GUILLAUME SOUVANT / AFP)

Tandis qu’Inès Madani est toujours activement recherchée, un deuxième couple de 26 ans est arrêté près de Montargis dans le Loiret, dans la nuit de mercredi 7 à jeudi 8 septembre, selon une source policière à l’AFP.

Il s’agit du frère de l’homme du couple déjà arrêté. Les deux frères et leurs compagnes sont placés en garde à vue dans la région de Montargis (Loiret), confirme à l’AFP Franck Demaumont, maire PCF de Châlette-sur-Loing, ville de 12.000 habitants où le second couple a été interpellé. Le maire se dit « à demi-surpris » : « Il y a déjà eu des interpellations dans le Gâtinais », citant notamment « celle d’un couple en avril 2015 à Saint-Maurice-sur-Fessard. Les deux enfants [de ce couple] étaient partis faire le djihad en Syrie. »

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Selon un témoin de l’interpellation menée à Châlette-sur-Loing, le couple arrêté était « discret ». « Lui, je le connaissais comme ça – ‘Bonjour, bonsoir’ – c’était quelqu’un de discret, de très aimable. J’ai appris qu’il était vigile », a déclaré Daniel Baray à un correspondant de l’AFP.

« Avec lui, il n’y a jamais eu de soucis, il partait au boulot, il revenait, point à la ligne. »

La ville de Châlette-sur-Loing compte trois mosquées. Toutefois, les suspects arrêtés « ne les fréquentaient pas », rapporte à l’AFP Majid Halimi, enseignant dans la région.

Jeudi 8 septembre, 19h.

L'une des suspectes arrêtée à Boussy-Saint-Antoine (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
L’une des suspectes arrêtée à Boussy-Saint-Antoine (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Jeudi 8 septembre, la principale suspecte, Inès Madani, est interpellée avec deux autres femmes à Boussy-Saint-Antoine (Essonne), à 25 km au sud-est de Paris, par des policiers de la DGSI.

Au cours de l’interpellation, un policier est blessé à l’épaule à l’arme blanche par la principale suspecte. Un tir de riposte la blesse aux jambes. Selon RTL, l’une de ses complices aurait été également touchée à la tête et a été hospitalisée dans un état jugé désespéré.

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Inès Madani, 19 ans, et ses amies Sarah, 23 ans, et Amel, 39 ans, sont « radicalisées, fanatisées », selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve :

« Elles préparaient vraisemblablement de nouvelles actions violentes et de surcroît imminentes ».

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Le ministre a salué « l’action exemplaire et la très belle performance des services d’enquête et de renseignements » dans ce qui a été une « véritable course contre la montre ». Un riverain, Joachim Fortes Sanchez, dit à l’AFP avoir vu les trois femmes avant leur interpellation :

« Elles avaient l’air stressées, elles regardaient partout autour d’elles », raconte-t-il.

D’après RTL, les trois femmes projetaient de s’en prendre à la Gare de Lyon et à une gare dans l’Essonne, après avoir abandonné la voiture chargée de bonbonnes de gaz. Un message d’alerte sur un risque d’attentat dans les gares parisiennes et en Essonne a été envoyé dans la journée aux policiers, précise une source policière à l’AFP.

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« C’était alerte maximale. Partout ! », souligne alors une source proche de l’enquête.

Par ailleurs, Mohamed Lamine A., le compagnon de la suspecte Sarah H., est arrêté le même soir aux Mureaux (Yvelines), selon LCI. Il est connu des services de renseignement pour islamisme radical et est le frère d’un homme incarcéré pour ses liens avec Larossi Abballa, le tueur d’un couple de policiers à Magnanville, dans les Yvelines. LCI précise que Sarah H. avait eu pour projet d’épouser Larossi Abballa, juste avant que celui-ci n’assassine le couple de policiers, et soit tué dans l’assaut. Elle aurait ensuite eu le projet d’épouser Adel Kermiche, l’un des tueurs du père Jacques Hamel, également abattu.

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Vendredi 9 septembre.

Des policiers à Boussy-Saint-Antoine (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)
Des policiers à Boussy-Saint-Antoine (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

RTL rapporte, vendredi 9 septembre, que la principale suspecte, Inès Madani, 19 ans, a prêté allégeance au groupe djihadiste Etat islamique (EI ou Daech). Les policiers ont retrouvé sur elle une lettre en ce sens, affirme la radio.

RTL précise que les trois femmes interpellées voulaient, selon la lettre, venger la mort du porte-parole et numéro deux de Daech, Abou Mohammed al-Adnani, surnommé « le ministre des attentats ».

Mort d’Al-Adnani, « ministre des attentats » et porte-parole de Daech

Fichée « S », Inès Madani était connue des services de police pour des velléités de départ en Syrie.

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Et maintenant ?

« Un groupe a été annihilé, mais il y en a d’autres », a commenté François Hollande. L’investigation se poursuit toutefois. Les enquêteurs cherchent désormais à savoir si les trois jeunes femmes ont bénéficié de complicités et à déterminer si leur projet a été inspiré ou téléguidé par un de leurs contacts qui pourrait se trouver en Syrie.

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Selon « Le Monde« , les enquêteurs ont découvert que les jeunes femmes sont en relation avec un donneur d’ordre situé en zone irako-syrienne. Ces dernières semaines, plusieurs projets d’attentats déjoués étaient pilotés à distance par Rachid Kassim, un djihadiste roannais très actif sur les réseaux sociaux. Il est considéré comme l’instigateur du meurtre du prêtre Jacques Hamel dans l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray, le 26 juillet.

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Selon « Le Parisien« , l’une des trois femmes interpellées était en contact sur internet avec Hayat Boumeddiene, compagne du terroriste de l’Hyper Cacher Amedy Coulibaly et qui a fui la France peu avant les attentats de janvier 2015.

De son côté, « Le Monde » affirme que la femme du couple arrêté sur une aire d’autoroute près d’Orange était proche d’une sœur d’Hayat Boumeddiene.

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« Un carnet de notes en arabe » 

Dans un courrier daté de mardi adressé au préfet de police de Paris Michel Cadot, dont l’AFP a eu copie, Florence Berthout, maire LR de l’arrondissement, évoque également « un carnet de notes en arabe » découvert dans la voiture qui a pu « stationner en toute illégalité pendant plus de deux heures et ce, en dépit de plusieurs signalements téléphoniques adressés par un commerçant au commissariat ».Elle critique dans sa lettre le « manque d’effectifs » policiers dans cet arrondissement fréquenté par des « milliers de touristes et d’étudiants (…) chaque jour ».

La France est confrontée à une menace terroriste élevée après une succession d’attentats jihadistes pour la plupart revendiqués par le groupe Etat islamique (EI) depuis début 2015, et d’autres projets avortés ou déjoués.« C’est dans le cadre de cette vigilance, étant attentifs à tout, qu’il a été procédé à cette arrestation », a dit Bernard Cazeneuve à la sortie du Conseil des ministres à Matignon. Selon le ministre de l’Intérieur, « cette arrestation ne donne pas le résultat de l’enquête, ni ne révèle pour l’instant les intentions de ceux qui ont été arrêtés »..

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Le spectre des véhicules piégés.

Devant la commission de la Défense nationale et des Forces armées de l’Assemblée nationale, le 10 mai, le patron de la DGSI Patrick Calvar avait mentionné le risque d’« une nouvelle forme d’attaque » avec « le dépôt d’engins explosifs » dans des lieux rassemblant une foule importante. Devant la commission d’enquête parlementaire sur les attentats, il s’est aussi dit « persuadé » que les jihadistes « monteront en puissance » en passant au stade « des véhicules piégés et des engins explosifs ». »Dès qu’ils auront projeté sur notre territoire des artificiers, ils pourront éviter de sacrifier leurs combattants tout en créant le maximum de dégâts », prédisait-il.

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Attentat déjoué: que visaient les femmes terroristes?

Quelques hypothèses:

L’objectif des femmes djihadistes arrêtées dans l’Essonne n’est pas très évident. On a parlé, comme cible initiale, de la Tour Eiffel mais plusieurs autres hypothèses méritent examen…

terrorisme paris daech

Une Peugeot 607 stationnée deux heures durant jeudi au milieu de la rue de la Bûcherie avec une bonbonne de gaz bien visible sur le siège arrière sans attirer l’attention: vers 1h30 du matin, rien de plus normal, n’est-ce pas! D’ailleurs qui fréquente la rue de la Bûcherie à cette heure hors quelques fidèles attardés de la librairie Shakespeare &Company (ouverte jusqu’à 23h) et un ou deux cafés proches? Plusieurs appels téléphoniques  auraient  signalé le véhicule stationné au début de cette rue, en direction de la librairie. Peut-être n’était-il pas possible d’aller plus loin vu l’étroitesse de la voie et la panique des terroristes ayant provoqué une tentative de mise à feu intempestive.

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Cibler les chrétiens d’Orient?

L’objectif véritable de ces dernières n’est pas très évident. On a parlé, comme cible initiale, de la Tour Eiffel et de leur fuite précipitée à la suite de l’apparition d’un policier en civil. Lieux un peu loin de la rue de la Bûcherie et de Notre-Dame… mais alors pourquoi, si la cathédrale était visée par défaut, ne pas s’être arrêtées rue du Cloître Notre-Dame, fort peu passante à cette heure ? Pourquoi rue de la Bûcherie?  La librairie américaine Shakespeare &Co pourrait-elle avoir été un des objectifs? C’est douteux bien que les penseurs de Daech, ayant fait leurs études avant que Vallaud-Belkacem y mette de l’ordre, puissent en vouloir à l’auteur d’Othello.

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Reste une troisième hypothèse. À deux pas, se trouve l’Église Saint-Julien le Pauvre, au n° 1 de la rue du même nom, perpendiculaire à la rue de la Bûcherie. C’est une charmante petite église qui ne fait aucune ombre à son vis-à-vis Notre-Dame située à bonne distance de l’autre côté de la Seine et des quais. Il s’agit d’une église de rite grecque-melkite catholique.  Le chef de cette Église porte le titre de patriarche d’Antioche et de tout l’Orient, d’Alexandrie et de Jérusalem. Il réside à Damas. Chrétiens d’Orient donc, à l’ombre jusque-là conciliante de Bachar Al-Assad.

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Si la voiture des folles d’Allah —dont le public (et les journalistes ?) ne connaissait jusqu’à ce dimanche  que les prénoms1 ­— avait explosé rue de la Bûcherie, la célèbre librairie américaine et la petite église des Chrétiens d’Orient auraient été aux premières loges. Aussi est-il remarquable que la presse n’ait parlé du lieu de stationnement de ce véhicule aux intentions criminelles que par rapport à sa proximité avec Notre-Dame, alors que cette dernière en est assez éloignée (entre les deux lieux: la voie sur berge, la Seine, le parvis de la cathédrale) : France 24, “Cinq femmes mises en cause dans la tentative d’attentat de Notre-Dame de Paris…” Le Monde, “Une Peugeot 607 abandonnée en plein Paris….”,  Libération titre : “Des bonbonnes de gaz découvertes dans une voiture près de Notre-Dame-de-Paris”. Le Figaro : ”L’enquête éclair déclenchée après la découverte dimanche à 3h30 du matin d’une Peugeot 607 piégée aux abords de Notre-Dame à Paris.”

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Et il faut attendre dans le même journal une interview du criminologue Alain Bauer pour que soit nommée la rue de la Bûcherie, sans d’ailleurs que rien ne soit dit quant aux deux lieux précédemment évoqués. Ah, mystère quand tu nous tiens!

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