L’écrivain américain Douglas Preston a participé en 2015 à une mission d’exploration au Honduras, à la recherche d’une mythique « cité blanche ». Il en a tiré un récit des plus romanesques.

C\'est uniquement par hélicoptère et à pieds qu\'il est possible d\'accéder aux ruines. 

Les fans de Tintin ou d’Indiana Jones raffolent de ce genre d’histoires. Parti à la recherche d’une cité perdue au cœur de la jungle du Honduras, l’écrivain Douglas Preston a publié en janvier le récit de cette aventure à hauts risques, La Cité perdue du dieu singe : une histoire vraie.

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Il donne de nouveaux détails sur cet étonnant voyage dans un entretien au Washington Post (en anglais), dimanche 5 mars. Chaussez vos brodequins, coiffez-vous de votre fedora et, surtout, n’oubliez pas votre machette et votre lotion antimoustique. Bienvenue dans l’impénétrable jungle de la Mosquitia.

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Une cité évoquée depuis le XVIe siècle.

C’est en 2015 qu’une expédition, menée par des archéologues américains et honduriens, se met en quête de la mystérieuse « cité blanche », aussi appelée « cité du dieu singe ». Evoquée par le conquistador Hernán Cortés au XVIe siècle dans une lettre adressée au roi d’Espagne, elle regorgerait de richesses, raconte La Prensa (en espagnol). Pour autant, aucun explorateur ne parviendra à la localiser.

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L’introuvable cité refait parler d’elle en 1940, détaille Courrier international. Cette année-là, l’explorateur américain Theodore Morde la mentionne dans ses écrits après une mission de cinq mois au Honduras. Les habitants rencontrés auraient évoqué l’existence d’une statue d’un dieu singe au cœur de la cité, précise l’hebdomadaire. L’homme refuse néanmoins de divulguer la localisation exacte du site, afin d’éviter les pillages. Pour ajouter au mystère, Theodore Morde meurt peu de temps après, emportant le secret dans sa tombe.

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« Un cri s’est élevé dans la jungle »

Alors, pour la localiser, les archéologues partis en 2015 ont utilisé les grands moyens. La jungle a été passée au Lidar (pour « light detection and ranging ») : un laser qui fonctionne comme un radar pour cartographier les sols et détecter les structures, explique le Washington Post (en anglais). Et une zone de 20 à 30 kilomètres de périmètre interpelle les chercheurs : des formes carrées et rectangulaires, laissant penser à des ruines, dorment sous la canopée. Serait-ce la fameuse cité ?

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Pour en avoir le cœur net, il faut se rendre sur place, emprunter les sentiers des trafiquants de drogue, mais surtout se frayer un chemin à travers la végétation luxuriante. C’est un ancien soldat des forces spéciales britanniques (SAS), accompagné de soldats honduriens, qui ouvre la voie. « Chaque pas a été gagné à coups de machettes, relate Douglas Preston dans son livre. Nos lames étaient équipées de bandes fluorescentes pour éviter un coup du voisin. Mais même avec ça, certains ne sont pas passés loin. » Un parcours du combattant au milieu d’une faune hostile : jaguars, serpents venimeux, mais aussi moustiques, mouches et autres parasites.

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Nous avons été massacrés par des insectes. Je me couchais dans ma tente le soir, et ils rampaient sur moi. Au moment de partir, j’étais couvert de morsures.

Douglas Preston

au « Washington Post »

Au bout de trois jours de marche harassante, c’est par hasard que la cité se révèle aux explorateurs, raconte Douglas Preston. Un membre de l’équipe trébuche sur un tas de pierres. L’une d’elles a la forme d’une tête d’homme-jaguar. « Un cri s’est élevé dans la jungle et tout le monde s’est précipité, narre-t-il. Les objets ont pris forme dans le crépuscule de la forêt : des vases, des trônes ornés de têtes de divinités mi-animales mi-humaines. (…) Tous ces objets étaient presque entièrement enterrés, avec leurs seuls sommets visibles, comme des icebergs de pierre. »

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Je me souviens du moment où j’ai vu cette tête de jaguar sortir du sol, luisante de pluie. C’est comme si elle grondait, luttant pour échapper à la terre.

Douglas Preston

dans son livre

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Vraie ou fausse découverte ?

Au cœur de la jungle, les archéologues parviennent à repérer ce qui ressemble à de grandes places, des fortifications et une pyramide en terre. Dans une sorte de cache, ils découvrent des sculptures en pierre ainsi que de la vaisselle finement décorée de serpents ou de vautours, rapporte National Geographic (en anglais). Ces artefacts dateraient au moins du XVe siècle, d’après Oscar Neil Cruz, patron de l’Institut d’anthropologie et d’histoire du Honduras, cité par le magazine. Reste à déterminer ce qui a provoqué la disparition de la communauté. Probablement des maladies importées sur le continent par les conquistadors, comme la variole ou la rougeole.

Une des sculptures découvertes lors des fouilles, le 12 janvier 2016. 
Une des sculptures découvertes lors des fouilles, le 12 janvier 2016.

Le mystère de « la cité du dieu singe » est-il résolu ? Chris Fisher, l’anthropologue en chef de l’expédition, reste prudent. Lui se contente de parler de « cité perdue », préférant insister sur l’incroyable état de conservation des sculptures et sur leur intérêt historique. Est-ce seulement une découverte ? Tous les archéologues ne sont pas de cet avis, rapporte Vice (en anglais).

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Dans une lettre ouverte (en anglais), des spécialistes honduriens ont dénoncé la médiatisation de cette expédition : selon eux, les trésors archéologiques de cette zone étaient connus. « Ils ont été tenus secrets pour les préserver, et parce que les gens qui les ont découverts ne veulent pas attirer les touristes, affirme l’historien Dario Euraque. La seule ‘nouveauté’ de cette expédition, c’est que [ses membres] veulent mettre ce qu’ils ont trouvé dans un musée. »

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Le visage dévoré par un parasite

Au-delà de cette querelle d’experts, l’histoire prend un tout autre tournant une fois l’expédition terminée. Tels les membres de l’expédition de Sanders-Hardmuth dans Les sept boules de cristal, ceux de « la cité du dieu singe » tombent mystérieusement malades. Douglas Preston raconte son calvaire au Washington Post. Six semaines après son retour, il remarque des lésions sur sa peau qui ne guérissent pas. Bien au contraire, elles s’étendent. Plusieurs de ses collègues explorateurs sont eux aussi frappés par cette étrange affection.

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Après analyses, ils découvrent qu’ils sont victimes de leishmaniose, une maladie parasitaire contractée après une piqûre de moucheron dans la jungle, et qui grignote l’épiderme. « Le parasite migre dans les muqueuses de la bouche et du nez puis les ronge », explique Douglas Preston au Vancouver Sun (en anglais). La maladie se soigne, mais son traitement est long et douloureux.

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Pour autant, l’écrivain-explorateur se dit prêt à repartir, persuadé que la jungle n’a pas livré tous ses secrets. Dans une interview à The Verge (en anglais), il affirme que les reconnaissances aériennes au Lidar évoquent la présence d’une deuxième cité, mais également de puits gigantesques et de grottes monumentales cachant « probablement des nécropoles majeures, des ossuaires et autres trésors archéologiques ». Si votre âme d’aventurier vibre à l’évocation de ces trésors, vous voilà prévenu des dangers qui vous guettent !

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