L’armée a publié une liste de noms, les positions des hommes qui ont été tués au cours des violences à la barrière de sécurité. Le Hamas admet avoir perdu 5 membres.

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Les victimes des violences du 30 mars sur la frontière entre Israël et Gaza identifiées par l’armée israélienne comme étant des membres de groupes terroristes (Crédit : Armée israélienne)

L’armée israélienne a identifié dans la nuit de samedi 10 des 16 personnes qui auraient été tuées pendant des manifestations violentes le long de la barrière de sécurité avec Gaza comme étant des membres des groupes terroristes palestiniens et elle a publié une liste de leurs noms et des postes qu’ils occupaient au sein de leurs organisations.

Vendredi, environ 30 000 Palestiniens ont participé à un mouvement de protestation le long de la frontière avec Gaza, durant lequel les émeutiers ont jeté des pierres et des cocktails Molotov aux troupes israéliennes regroupées de l’autre côté de la frontière. Ils ont fait brûler des pneus et du bois, ont cherché à franchir la clôture de sécurité et à l’endommager et, dans un cas, ont ouvert le feu sur les soldats israéliens.

L’armée a fait savoir que ses tireurs n’avaient ciblé que les auteurs d’actions violentes explicites contre les militaires israéliens ou ceux qui ont tenté de traverser ou de créer des dégâts à la barrière de sécurité. Une séquence vidéo a montré que dans un cas, un émeutier – classé par l’armée dans sa liste des membres du Hamas – a paru être touché par une balle alors qu’il fuyait la frontière. L’armée israélienne a riposté en accusant le Hamas de manipuler ses images et de faire des montages.

Selon l’armée israélienne (lien en arabe), huit des hommes tués étaient des membres du Hamas qui gouverne la bande de Gaza. L’un servait au sein des brigades des martyrs al-Aqsa et un autre était affilié au « Jihad global », a-t-elle fait savoir, se référant apparemment à un groupe salafiste de Gaza.

Dans la matinée de samedi, le Hamas a reconnu publiquement que cinq membres de son aile militaire, les brigades Ezzedine al-Qassam, figuraient parmi les victimes.

L’armée a précisé qu’au moins un membre du Hamas, Sari Abu Odeh, faisait partie de la force d’élite Nukhba du groupe et qu’un autre, Muhammad Abu Amro, avait servi dans ses opérations de tunnel (le porte-parole arabe de l’armée israélienne a donné plus de détails en arabe sur Twitter).

L’armée a identifié l’un des deux membres du Hamas qui a tiré sur des soldats israéliens vendredi soir et qui a tenté de franchir la barrière de sécurité avant d’être tué. Il s’agissait de Mussab al-Saloul, âgé de 23 ans.

Les médias palestiniens ont fait savoir que les dépouilles des deux hommes armés ont été capturées par les soldats israéliens, une affirmation que l’armée n’a pas officiellement commentée.

Le combattant le plus âgé a été identifié sous le nom de Jihad Farina, 35 ans, commandant d’une compagnie militaire au sein de l’aile militaire du Hamas. Le plus jeune s’appelle Ahmad Aodeh, 19 ans, qui servait dans le bataillon Shati de l’organisation terroriste, ont annoncé les militaires.

Les dirigeants du groupe terroriste du Hamas ont diffusé les images des membres de son aile militaire qui, ont-ils reconnu, figurent parmi les 16 Gazaouis tués par des tirs israéliens durant des affrontements le long de la barrière de sécurité, le 30 mars 2018.

Le Hamas a déclaré que les personnes tuées participaient à des « événements populaires, côte à côte avec leur peuple ».

L’armée n’a fourni aucune preuve de ces identifications. Certaines ont pu être vérifiées grâce à des photographies des combattants portant l’uniforme ou faisant l’objet de funérailles de type militaire de la part du groupe terroriste incriminé.

Des milliers de personnes se sont rendues aux funérailles organisées samedi à Gaza de 14 des tués – deux ont été enterrés vendredi. Les personnes dans l’assistance portaient des drapeaux palestiniens, certains appelant à la vengeance et lançant des tirs en l’air.

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« Où êtes-vous, Arabes ? Où êtes-vous, musulmans ? », ont scandé les foules réunies lors de ces inhumations, appelant le monde arabe et musulman à intervenir. Une grève générale a été organisée dans la bande de Gaza et en Cisjordanie.

Le porte-parole de l’armée israélienne, le général de brigade Ronen Manelis, a déclaré samedi que les personnes tuées étaient toutes engagées dans les violences, ajoutant que les responsables de la Santé du Hamas à Gaza exagéraient les chiffres des blessés et que quelques douzaines seulement avaient été touchées par des tirs à balles réelles, les autres souffrant des effets des gaz lacrymogènes et autres moyens de dispersion.

Manelis a expliqué vendredi soir que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture. Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager. « Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé.

La marche des Palestiniens vers la frontière entre Gaza et Israël, vendredi, a été la plus importante manifestation de ce type, de mémoire récente, appelant les Palestiniens à pouvoir revenir sur la terre qu’avaient fui leurs ancêtres lors de la guerre d’Indépendance de 1948. Elle avait été intitulée « la marche du retour ».

Le bilan des morts de la manifestation de vendredi a été fourni par le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, qui a également noté qu’environ 1 400 Palestiniens avaient été blessés durant ces manifestations, plus de la moitié par balles. Les autorités israéliennes n’ont aucun moyen de confirmer officiellement ces chiffres.

Manelis a averti samedi que si les violences devaient se prolonger le long de la frontière avec Gaza, Israël élargirait ses réactions et frapperait les terroristes qui en sont à l’origine. Les militaires ont jusqu’à présent restreint leur réponse à ceux qui tentent d’ouvrir une brèche à la frontière, mais si les attaques devaient continuer, ont-ils mis en garde, ils frapperont les terroristes « également à d’autres endroits », a-t-il dit.

Manelis a répété qu’Israël « n’autorisera pas une violation massive de la clôture vers le territoire israélien ».

Il a expliqué que le Hamas et d’autres groupes terroristes utilisent les manifestations comme couverture pour mener des attaques. Si les violences continuent, « nous ne serons plus en mesure de limiter notre activité à la barrière de sécurité et nous agirons contre les organisations terroristes sur d’autres sites également », a-t-il ajouté.

Le Hamas est un groupe terroriste islamiste qui cherche à détruire Israël. Il s’est saisi du contrôle de la bande de Gaza en 2007, l’arrachant des mains du Fatah d’Abbas.

L’armée est restée en état d’alerte élevé même si les violences ont semblé s’apaiser vendredi soir dans un contexte de craintes persistantes d’éventuelles attaques, et notamment de tentatives d’infiltration sur le territoire et de tirs de roquette.

Les organisateurs du mouvement de protestation ont indiqué que les marches massives continueraient jusqu’au 15 mai, 70e anniversaire de l’établissement de l’Etat d’Israël. Pour les Palestiniens, ce jour est celui de la « nakba » ou catastophe, où des centaines de milliers de personnes avaient quitté volontairement ou non le territoire israélien durant la guerre de l’Indépendance de 1948. La vaste majorité des deux millions d’habitants de Gaza sont leurs descendants.

000_13F83D-640x400-400x250Le chef du Hamas, au centre, scande des slogans et fait le signe de la victoire alors qu’il participe à une manifestation dans une ville de chapiteaux érigée près de la frontière avec Gaza, le 30 mars 2018 (Crédit : AFP PHOTO / Mohammed ABED)

Lors des pourparlers de paix antérieurs, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les Palestiniens qui avaient quitté ou avaient été dans l’obligation de quitter l’Etat juif lors de sa fondation. Les Palestiniens ne demandent pas seulement l’exercice de ce droit pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre qui atteindrait des dizaines de milliers de personnes – mais également pour leurs descendants, qui sont des millions.

Aucun gouvernement israélien ne pourrait probablement accepter cette demande puisqu’elle signerait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive. Le positionnement israélien est que les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient devenir les citoyens d’un Etat palestinien à l’apogée du processus de paix, comme cela avait été le cas des Juifs contraints à fuir les pays du Moyen-Orient en raison de gouvernements hostiles qui sont devenus par la suite des ressortissants israéliens.

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