Après avoir été traité de « terroriste », le Premier ministre a expliqué que le pays qui a envahi Chypre et qui « massacre les civils à Afrine » ne devrait pas parler d’éthique.

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Le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à gauche, et le président turc Recep Tayyip Erdogan, à droite, dans un montage photo fait le 1er avril 2018 (Crédit : RONEN ZVULUN AND OZAN KOSE/AFP)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le président turc Recep Tayyip Erdogan se livrent une guerre des mots qui va crescendo. Netanyahu a ainsi déclaré à Erdogan qu’il valait mieux qu’il s’habitue à une réponse israélienne à sa rhétorique et que l’Etat juif n’était pas prêt à accepter des critiques émanant de l’homme fort d’Ankara.

“Erdogan n’a pas l’habitude qu’on lui réponde », a écrit Netanyahu sur Twitter. « Il faudra qu’il s’y habitue ».

Ces propos sont survenus alors que les deux hommes n’ont cessé de s’interpeller durant la journée, au cours de laquelle Erdogan a qualifié Netanyahu de « terroriste » et Israël « d’état terroriste ».

Netanyahu a cité ce qui, a-t-il dit, sont les crimes de la Turquie : « Quelqu’un qui occupe le nord de Chypre, envahit les régions kurdes, et massacre les civils à Afrine – ne devrait pas prêcher ce que sont les valeurs et l’éthique », a dit Netanyahu.

La Turquie a envahi des territoires du nord de Chypre en 1974 et a plus tard annexé la zone, une initiative qui n’a été reconnue par aucun autre pays.

Au mois de janvier de cette année, la Turquie a lancé une offensive terrestre et aérienne au sein de l’enclave d’Afrine, en Syrie, pour déraciner l’unité de protection du peuple kurde (YPG), que la Turquie considère comme un groupe terroriste mais qui, selon les Etats-Unis, est un acteur déterminant dans le combat contre les jihadistes de l’Etat islamique. Les Nations unies ont indiqué qu’environ 170 000 personnes ont fui Afrine suite à l’offensive turque. Des douzaines de civils ont été tués.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan s’adresse à la 42e réunion de Mukhtars au complexe présidentiel d’Ankara, le 20 décembre 2017. (Crédit : ADEM ALTAN / AFP)

 

Les commentaires de Netanyahu sont survenus après qu’Erdogan l’a qualifié de « terroriste » plus tôt dans la journée.

‘Hé Netanyahu ! Tu es un occupant ! Et c’est en tant qu’occupant que tu es sur ces terres. En même temps, tu es un terroriste », a déclaré M. Erdogan, dans un discours télévisé devant ses partisans à Adana, dans le sud de la Turquie.

« Ce que tu fais aux Palestiniens opprimés sera inscrit dans l’histoire et nous ne l’oublierons jamais », a-t-il poursuivi, ajoutant que « le peuple israélien est mal à l’aise avec ce que tu fais ».

 » Nous, nous ne sommes coupables d’aucun acte d’occupation », a-t-il également affirmé.

Dans un autre discours repris par Reuters, Erdogan aurait déclaré : « Vous êtes un état terroriste. On sait ce que vous avez fait à Gaza et ce que vous avez fait à Jérusalem. Il n’y a personne qui agisse comme vous dans le monde ».

Dans la matinée de dimanche, Netanyahu a critiqué la Turquie dans sa réponse à l’affirmation faite par son président que l’Etat juif aurait commis une « attaque inhumaine » sur les Palestiniens au cours des manifestations massives qui ont eu lieu vendredi sur la frontière avec Israël.

« L’armée la plus éthique du monde n’a pas de leçons de morale à recevoir de la part de celui qui bombarde des civils sans discernement depuis des années », a-t-il dit, en référence apparente au combat d’Ankara contre les Kurdes.

« C’est apparemment comme ça qu’Ankara fête le 1er avril », a tweeté Netanyahu en hébreu, commentant la condamnation turque.


Des soldats israéliens regardent des manifestants palestiniens suite à une manifestation aux abords de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza, le 31 mars 2018 (Crédit : Abed Rahim Khatib/ Flash90)

Samedi, Erdogan a déclaré durant un discours à Istanbul : « Je condamne fortement le gouvernement israélien pour cette attaque inhumaine ».

L’armée israélienne a fait savoir samedi qu’au moins 10 des personnes tuées – elles auraient été 15, selon les Gazaouis – étaient des membres de groupes terroristes palestiniens et notamment du Hamas.

Les victimes des violences du 30 mars sur la frontière entre Israël et Gaza identifiées par l’armée israélienne comme étant des membres de groupes terroristes (Crédit : Armée israélienne)

Le porte-parole de l’armée israélienne Ronen Manelis a expliqué que l’armée a dû affronter une « manifestation terroriste violente en six points » le long de la clôture.

Il a expliqué que l’armée israélienne avait fait usage de « tirs chirurgicaux » à chaque fois que des protestataires ont tenté de franchir la barrière de sécurité ou de l’endommager.

« Toutes les victimes étaient âgées de 18 à 30 ans, plusieurs d’entre elles étaient connues de nos services, et au moins deux étaient membres des forces de commando du Hamas », a-t-il précisé en fin d’après-midi.

Samedi dans la soirée, le Hamas, un groupe terroriste qui cherche ouvertement à détruire Israël, a lui-même reconnu que cinq des personnes décédées dans les affrontements dans la « marche du retour » étaient ses hommes armés.

Vendredi, ce sont environ 30 000 Palestiniens qui ont participé à des affrontements le long de la frontière avec Gaza. Les émeutiers ont jeté des pierres et des grenades incendiaires sur les soldats israéliens de l’autre côté de la frontière, ont fait brûler des pneus et ont cherché à ouvrir des brèches et à endommager la barrière de sécurité, ouvrant le feu à une occasion sur les militaires israéliens.

L’armée israélienne a indiqué que ses tireurs n’avaient pris pour cible que les auteurs d’actions violentes explicites contre les militaires ou ceux qui s’en étaient pris à la barrière de sécurité, tentant de la franchir ou de la dégrader.

Lors des pourparlers de paix antérieurs, les Palestiniens ont toujours demandé, avec la souveraineté en Cisjordanie, à Gaza, à Jérusalem-est et dans la Vieille Ville, un « droit au retour » en Israël pour les Palestiniens qui avaient quitté ou avaient été dans l’obligation de quitter l’Etat juif lors de sa fondation. Les Palestiniens ne demandent pas seulement l’exercice de ce droit pour les centaines de milliers de réfugiés encore en vie – un chiffre qui atteindrait des dizaines de milliers de personnes – mais également pour leurs descendants, qui sont des millions.

Aucun gouvernement israélien ne pourrait probablement accepter cette demande puisqu’elle signerait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive. Le positionnement israélien est que les réfugiés palestiniens et leurs descendants pourraient devenir les citoyens d’un Etat palestinien à l’apogée du processus de paix, comme cela avait été le cas des Juifs contraints à fuir les pays du Moyen-Orient en raison de gouvernements hostiles qui sont devenus par la suite des ressortissants israéliens.

 

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