La carte de l’ODNI des zones où Daesh et al-Qaïda opèrent. 

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Le 19 janvier, le Pentagone a publié sa nouvelle stratégie de défense nationale. Le deuxième paragraphe du résumé déclassifié de 14 pages dresse un tableau désastreux. “Aujourd’hui, nous sortons d’une période d’atrophie stratégique, conscients que notre avantage militaire, jusque-là compétitif, s’est érodé”, a averti le Département de la Défense. “Nous sommes confrontés à un désordre global accru, caractérisé par le déclin de l’ordre international, fondé sur des règles établies de longue date, créant un environnement sécuritaire plus complexe et plus volatil que tout ce que nous avons connu, de mémoire récente. C’est la concurrence stratégique interétatique, et non le terrorisme, qui est maintenant la principale préoccupation pour la sécurité nationale des États-Unis. “

Cette dernière ligne a suscité beaucoup d’attention. Elle signale que les planificateurs de la défense ne veulent plus que les guerres (anti-)djihadistes déclenchées par les attentats du 11 septembre soient leur principal objectif. Le reste de la synthèse explique pourquoi. La Chine est désormais un “concurrent stratégique” tandis que la Russie cherche à “briser l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et à changer les structures économiques et sécuritaires européennes et du Moyen-Orient à leur avantage”. La Chine et la Russie “veulent façonner un monde conforme à leur modèle autoritaire – en s’octroyant un droit de veto sur les décisions économiques, diplomatiques et sécuritaires des autres nations. » Pendant ce temps, des États voyous tels que la Corée du Nord et l’Iran constituent des menaces accrues pour les intérêts américains. Alors que le département de la Défense reconnaît que l’Etat islamique et d’autres “groupes terroristes” continueront à “assassiner les innocents et menacer plus largement la paix », Washington doit « recentrer son attention sur le contexte des rivalités stratégiques internationale ».

À bien des égards, le document de planification du Pentagone a du sens. La Chine et la Russie commandent des ressources qui dépassent de loin les capacités des djihadistes. Ils ont des missiles nucléaires de pointe ; pas les djihadistes. L’écart entre leurs prouesses militaires conventionnelles et celles de l’Amérique s’est quelque peu resserré. La Russie et la Chine utilisent aussi d’autres moyens, allant de la pression économique aux cyberattaques en passant par l’espionnage et la désinformation, pour défier la suprématie américaine. Pendant ce temps, les guerres déclenchées par le 11 septembre ont été coûteuses. Mais aussi menaçants qu’ils puissent être, les djihadistes n’ont pas la capacité industrielle et la puissance militaire de se propulser en tant que rival de haut niveau. Il est naturel, compte tenu de ces faits, que le Département de la Défense cherche un rééquilibrage.

Cependant, il ne sera pas aussi facile que cela de pivoter pour s’éloigner des djihadistes. L’Etat islamique et al-Qaïda se sont attachés l’attention des services de sécurité à travers tout l’occcident, durant toutes ces années. Des milliers de terroristes présumés en Europe doivent être surveillés. Le FBI a été submergé par des centaines de dossiers en Amérique, où des terroristes potentiels étaient ou pouvaient être impliqués. La CIA et les agences de renseignement alliées continuent de traquer les terroristes professionnels qui complotent des attentats de destruction massive en Occident. Les membres de l’Etat islamique et d’Al-Qaïda menacent toujours l’aviation civile avec des bombes intelligentes dissimulées dans des portables ou autres objets miniaturisés. Et tandis que l’EI a perdu son territoire du califat, la lutte est loin d’être terminée.

La semaine dernière, le Bureau du directeur du renseignement national (ODNI) a présenté son évaluation annuelle des menaces devant le Sénat. Elle contient de nombreux avertissements montrant à quel point le complet changement de perspective envisagé par le Département d’Etat pourrait bien s’avérer prématuré :

“L’année prochaine, nous prévoyons que l’Etat islamique se concentrera probablement sur son regroupement en Irak et en Syrie, renforcera sa présence mondiale, défendra sa cause, planifiera des attaques internationales et encouragera ses partisans, membres et simples sympathisants, à mener des attaques dans leurs pays d’origine. « “Daesh, avertit l’ODNI,” a commencé – et va probablement poursuivre durablement – une insurrection renforcée, en Irak et en Syrie, dans le cadre d’une stratégie à long terme, visant à permettre, en définitive, la réapparition de son soit-disant califat, et il continuera à «menacer les intérêts américains dans la région».

Conclusion : (la lutte contre) Daesh est loin d’être fini(e). Alors que la plus grande partie du territoire jadis sous son contrôle en Irak et en Syrie a été «libérée», le groupe conserve toujours les ressources nécessaires pour mener une guérilla indéfiniment.

Une carte produite par l’ODNI souligne la nature globale de la menace. En dehors de l’Irak et de la Syrie, les combattants de l’EI continuent de mener des insurrections dans plusieurs pays et régions diversifiées. Et certaines de ces branches du soi-disant califat menacent encore les États-Unis et leurs alliés.

Considérons la situation en Egypte. En novembre 2014, un groupe lié à Al-Qaïda connu sous le nom d’Ansar Bayt al-Maqdis a juré allégeance à l’émir Abu Bakr al-Baghdadi. Le groupe a ensuite été rebaptisé Wilayat Sinaï, ou la province du (califat) Sinaï, et a promis de se battre pour la cause du califat. Wilayat Sinaï reste une menace pour la sécurité de l’Etat égyptien. Ses membres ont fait exploser un avion de ligne russe en octobre 2015 (sans doute avec l’aide du MIT turc), tuant les 224 passagers et membres d’équipage à bord. L’attentat a été la première attaque réussie des jihadistes contre l’aviation commerciale depuis les détournements du 11 septembre. Le Wilayat Sinai a assassiné des responsables égyptiens, harcelé des résidents locaux et mené une série d’attentats à la bombe contre des mosquées, des tribus bédouines et des chrétiens. À certains moments, la branche sinaïtique de Daesh s’est avérée assez puissante pour capturer des points de contrôle égyptiens et envahir les installations de la sécurité.

Les djihadistes du Sinaï sont si féroces que les hommes du président Abdel Fattah el-Sisi n’ont pas été capables de les contenir par leurs seuls moyens. En début de ce mois-ci, le New York Times a confirmé un secret à peine masqué : Israël a aidé les Egyptiens à traquer les dirigeants et les commandants de l’Etat islamique dans le nord du Sinaï depuis 2015. Malgré cette aide des experts israéliens, Wilayat Sinai n’a pas été éradiqué. La semaine dernière, le groupe a menacé la prochaine élection présidentielle égyptienne, prévue pour fin mars. Dans une longue vidéo diffusée sur les canaux médiatiques de l’EI, les frères du Califat du Sinaï se sont engagés à faire couler le sang des «tyrans» et à célébrer certains de ses actes les plus odieux (décapitations, etc.). Dans une scène montrée dans cette vidéo, un djihadiste se faufile derrière un responsable de la sécurité égyptienne, levant lentement son pistolet sur la tête de l’homme avant d’appuyer sur la queue de détente. Ce meurtre en direct est censé envoyer un message au gouvernement égyptien : personne n’est en sécurité. C’est une menace que Sisi a pris au sérieux. En début de ce mois-ci, son gouvernement a annoncé une campagne de grande ampleur contre les djihadistes du Sinaï. Les Egyptiens se sont efforcés de trouver la bonne formule de contre-insurrection, ce qui signifie qu’ils sont bien conscients que les djihadistes continueront probablement à menacer la région dans un proche avenir.

En Libye, l’EI ne contrôle plus les territoires les plus importants. Mais il y a des raisons de s’inquiéter que les hommes de Baghdadi puissent, là aussi, se  regrouper pour refaire surface. Au sommet de sa puissance en Afrique du Nord, à partir de 2015, l’Etat islamique a gouverné la ville de Syrte pendant plus d’un an. La ville natale de Muammar Qaddafi et le site de la mort du dictateur libyen en 2011, Syrte représentait plus qu’un simple bastion symbolique. L’Etat islamique l’a considérée comme l’une des trois villes les plus importantes sous son contrôle, se classant juste derrière Mossoul, en Irak et Raqqa, en Syrie. Mais la branche libyenne de l’Etat islamique a perdu le contrôle de la ville en décembre 2016, après un siège prolongé de forces locales (dont l’Armée Nationale du Général Haftar) soutenues par les Etats-Unis.

Certains des survivants de l’EI ont décampé dans des zones isolées au sud de Syrte, dans les déserts libyens, où ils ont tenté de se regrouper. Début 2017, le gouvernement américain a annoncé que deux de ses camps d’entraînement improvisés avaient été bombardés, après la découverte de «comploteurs extérieurs», c’est-à-dire des agents chargés de planifier des attentats terroristes en Europe ou aux États-Unis. Certains de ces terroristes ont peut-être été directement impliqués dans l’attentat de mai 2017 à l’Arena de Manchester, qui a fait 22 morts et des centaines de blessés.

De combien d’hommes dispose encore Daesh en Libye? Nous ne savons pas vraiment. Le Département d’Etat estime que l’Etat islamique comptait «jusqu’à 6 000 combattants dans ses rangs» en Libye au début de 2016, c’est-à-dire avant le début des combats les plus violents à l’intérieur de Syrte. Quelque 1 700 djihadistes de l’Etat islamique auraient été tués dans la ville ou aux alentours dans les mois qui ont suivi, lors des frappes aériennes américaines et lors des batailles terrestres. Cela implique que plus de 4 300 membres de Daesh se sont dispersés ou ont été évacués pour se stationner ailleurs en Libye. Il est possible que Daesh conserve un contingent significatif de purs et durs en Afrique du Nord.

Ailleurs en Afrique, Daesh a des branches émergentes qui cherchent à se développer. En Afrique de l’Ouest, un ancien commandant d’Al-Qaïda nommé Adnan Abu Walid al-Sahraoui dirige un groupe qui a revendiqué la responsabilité de l’assassinat de quatre soldats américains et cinq soldats nigériens en octobre dernier (2017). Les circonstances entourant leur mort sont troubles, mais ces hommes patrouillaient au Niger lorsque les djihadistes ont saisi l’occasion de frapper. Sahraoui et ses hommes combattent au nom du califat depuis 2015. Dans un cadre différent, le leader de Boko Haram, Abubakar Shekau, a également prêté allégeance à Baghdadi en 2015. Boko Haram est tristement célèbre pour une série de meurtres et d’enlèvements de grande envergure, y compris l’enlèvement de centaines d’écolières nigérianes. Même par rapport aux psychopathes de Baghdadi, Shekau a toujours été l’un des djihadistes les plus mentalement perturbés de la planète. Ses manières de détraqué ont même conduit à ce qu’il soit désavoué en 2016, lorsque l’Etat islamique a nommé un nouveau chef à sa place pour diriger ses hommes en Afrique de l’Ouest. Shekau continue, néanmoins, à diriger son propre contingent de Boko Haram.

À l’Est, dans la Corne de l’Afrique, l’EI a créé une petite force de combat, mais qui s’avère meurtrière. Ayant son quartier général dans la région autonome du nord du Puntland en Somalie, Abdulqadir Mumin, un autre ancien commandant d’Al-Qaïda, dirige un contingent de l’Etat islamique qui mène régulièrement des attaques. Les hommes de Mumin ont été incapables de conquérir et de tenir le terrain, depuis une durée significative, et leur éloignement de cette zone entrave leur efficacité. Mais ils ont exploité leurs sources locales, en s’appuyant sur la couverture d’affaires commerciales somaliennes pour financer leur entreprise.

À travers tout le Golfe d’Aden, au Yémen, les fanatiques de l’EI ont ajouté une autre dimension à une guerre déjà complexe et qui se déroule sur plusieurs fronts. En décembre 2017, le Commandement central des États-Unis a cité des «estimations des renseignements» selon lesquelles Daesh avait «doublé de taille au cours de l’année écoulée». Cela ne signifie guère que ses efforts seraient sur le déclin, bien au contraire. Pire encore, le Pentagone a averti que Daesh «a utilisé les espaces ingouvernables du Yémen pour comploter, diriger, inciter, et recruter pour mener des attaques contre l’Amérique et ses alliés dans le monde entier.» Les djihadistes utilisent ce pays déchiré par la guerre comme «un centre de recrutement, d’entraînement et de transit des terroristes. “

La campagne aérienne américaine dans le sud de la péninsule Arabique s’est considérablement accrue l’année dernière, avec un nombre record de frappes aériennes (131) prenant pour cibles les djihadistes au Yémen. La plupart d’entre elles ont frappé Al-Qaïda dans la péninsule arabique (AQPA), qui rejette le califat de Baghdadi. Mais plusieurs autres, pour la première fois, ont frappé des foyers de présence grandissante de l’Etat islamique. En octobre, le Pentagone a déclaré que des «dizaines» de militants de l’Etat islamique avaient été tués dans deux camps d’entraînement yéménites. L’un des camps a été baptisé du nom d’Abu Muhammad al-Adnani, un porte-parole décédé de l’Etat islamique qui a aidé à construire la campagne médiatique de terreur des djihadistes à travers le monde. Adnani a joué un rôle direct dans l’instigation et la planification d’attentats en plein cœur de l’Occident. Le fait que les djihadistes yéménites s’entraînent maintenant en son nom est un présage menaçant.

En Afghanistan et au Pakistan, les fidèles de Daesh combattent leurs ennemis presque tous les jours. Wilayat Khorasan, ou la province du Califat de Khorasan, a perdu beaucoup de terrain dans l’est de l’Afghanistan, où elle contrôlait autrefois plusieurs districts. Les États-Unis ont systématiquement traqué plusieurs émirs du Wilayat Khorasan, perturbant ainsi sa chaîne de commandement. Mais les djihadistes restent résilients – survivant à des mesures aussi extrêmes que l’utilisation par les États-Unis d’une bombe à explosion massive, le GBU-43 (aussi connue sous le nom de MOAB ou «mère de toutes les bombes») dans la province de Nangarhar en avril 2017. C’était la première fois qu’un MOAB, la plus grande bombe non nucléaire de l’arsenal américain, a été déployé au combat.

Les représentants de Baghdadi revendiquent régulièrement des opérations au cœur de Kaboul, la capitale afghane. En janvier, une escouade d’inghimasis hautement entraînés (combattants de la guérilla qui se sont immergés dans les combats avant d’effectuer des attentats suicides) a frappé l’Université de la défense nationale du maréchal Fahim à Kaboul. En mars dernier, une escouade d’Inghimasis s’est infiltrée dans l’hôpital Sardar Mohammad Daud Khan, le plus grand centre médical d’Afghanistan pour le personnel militaire et leurs familles. Il a tué ou blessé des dizaines de personnes.

Certains prétendent que des groupements tels que le Wilayat Khorasan ont simplement adopté le sigle du califat, mais manquent de liens significatifs avec la multinationale de Baghdadi. Ce n’est pas le cas. L’armée américaine a découvert le tissu qui relie les extrémités à la tête. Le général John Nicholson, commandant des forces américaines en Afghanistan et du Soutien Déterminé de l’OTAN, a expliqué qu’il y avait un «lien» entre le Wilayat Khorasan et le quartier général de l’Etat islamique. Le premier responsable de Wilayat Khorasan a «suivi le processus de candidature» et le groupe a reçu des «conseils», de la «publicité» et un «soutien financier» de la part de Daesh. En juin 2017, les États-Unis ont bombardé un «centre de production en direction des médias» de Daesh dans l’Est de l’Afghanistan. Le Pentagone a expliqué que les bombardements “perturbent [leurs] relations avec l’Etat islamique en Syrie”.

Les combattants de l’Etat islamique restent une menace dans des zones aussi éloignées de l’Irak et de la Syrie, que l’Asie du Sud-Est. Comme ailleurs, Daesh a construit un réseau en Indonésie, en Malaisie et aux Philippines en attirant des djihadistes chevronnés à sa cause, tout en « électrisant » (galvanisant) les nouvelles recrues, dès ses premiers succès sur le champ de bataille en 2014.

Les autorités indonésiennes et malaisiennes ont coupé court à une série de complots terroristes, directement reliés aux agents centraux en Syrie et en Irak. Les gouvernements d’Australie et de Singapour y ont aussi participé. Dans un cas étonnant l’année dernière, les Australiens ont découvert, par l’intermédiaire de révélations et de l’alerte donnée par l’unité 8.200 israélienne, que Daesh avait envoyé des composants d’une bombe depuis la Syrie vers une cellule chargée de prendre l’aviation australienne pour cible. Pendant ce temps, durant plusieurs mois l’année dernière, les forces armées philippines se sont battues pour expulser les djihadistes de la ville de Marawi, sur l’île de Mindanao.

Regardons à nouveau la carte ODNI et on remarquera autre chose : Daesh n’est pas la seule menace djihadiste. Al-Qaïda vit, bel et bien, malgré les nombreuses tentatives de l’administration Obama pour le déclarer mort. Dans certains pays, tels que la Somalie et le Yémen, l’empreinte d’Al-Qaïda est plus vaste et plus profonde que celle des cellules de Daesh. Un nouveau chapitre de la vie d’al-Qaïda est particulièrement prolixe au Mali (là où la France est engagée) et dans les pays environnants. En Afghanistan, Al-Qaïda reste fortement investi dans l’insurrection menée par les talibans. Bien que beaucoup à Washington, en particulier au Département d’Etat, voudraient nous faire croire que les Talibans et Al-Qaïda sont des entités mutuellement exclusives, de nombreux détails montrent le contraire. Le chef adjoint des talibans, Siraj Haqqani, est un allié de longue date d’Al-Qaïda. Et certains des facilitateurs les plus importants des talibans servent également al-Qaïda.

En septembre 2014, Ayman al Zawahiri, le successeur d’Oussama ben Laden, a annoncé la formation de l’antenne d’Al-Qaïda dans le sous-continent indien (AQIS). Sa mission première est d’aider les talibans à reconquérir l’Afghanistan. Aujourd’hui, les talibans et leurs alliés disputent ou contrôlent plus de 40% des districts de l’Afghanistan, soit beaucoup plus de territoires que les porte-drapeaux du califat. Les talibans bombardent régulièrement Kaboul avec des attentats à la bombe à grande échelle et des raids de guérilla. Au Pakistan voisin, al-Qaïda a réorganisé des éléments de groupes djihadistes vieux de plusieurs décennies sous la bannière de l’AQIS, veillant à ce que l’organisation ait le pouvoir.

Al-Qaïda espère utiliser les pertes territoriales de l’Etat islamique pour s’octroyer la loyauté des djihadistes mécontents. Reste à voir à quel point ces efforts seront couronnés de succès, mais une campagne de recrutement d’Al-Qaïda est en cours dans plusieurs des points chauds de Daesh, évoqués plus haut. Récemment, par exemple, un groupe pro-al Qaïda connu sous le nom de Jund al-Islam a réémergé dans le Sinaï après plusieurs années d’invisibilité. Il se vend explicitement comme une alternative à Daesh. Des efforts similaires seraient en cours ailleurs, y compris en Syrie. Al-Qaïda a rencontré de graves problèmes de gestion dans le nord-ouest de la Syrie, où des milliers de combattants étaient autrefois sous son commandement (Al Nusra). Mais il est trop tôt pour compter qu’Al-Qaïda serait mis hors de ce combat.

Le Pentagone n’a pas tort dans sa stratégie de défense nationale. La Chine monte en puissance. Et Vladimir Poutine verra toujours l’Amérique comme l’adversaire de la Russie. Ce n’est pas une coïncidence si l’Iran et la Corée du Nord – les deux États voyous mis en lumière dans le nouveau document stratégique – ont bénéficié des largesses chinoises et russes. Le gouvernement américain devra faire face aux nouveaux défis de ces quatre nations. Mais la révolution des djihadistes s’est répandue à travers le monde au cours des 16 années écoulées depuis le 11 septembre. Dans de nombreux domaines mis en évidence sur la carte de l’ODNI, l’implication de l’Amérique sur le terrain est la seule chose qui empêche les nouveaux émirats islamiques de germer. Les djihadistes se battent pour revendiquer un nouveau territoire, soit pour le califat de Baghdadi, soit pour en construire un nouveau, ailleurs. Les États-Unis ne peuvent pas faire fi de cette menace. Daesh n’est pas vaincu. Al Qaïda non plus.

Thomas Joscelyn est Chercheur principal à la Fondation pour la défense des démocraties et rédacteur en chef du Long War Journal pour cette même FDD.

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