Elles sont tout d’abord amoureuses d’un homme qui leur promet monts
et merveilles, mais beaucoup doivent déchanter une fois arrivées sur zone.
Les femmes sont vulnérables, on voit ce que certaines font par amour.
Pauvre monde.

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À l’instar d’Hayat Boumeddiene, la compagne d’Amedy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otages du supermarché casher de la porte de Vincennes, elles seraient de plus en plus nombreuses à rejoindre les rangs des groupes islamistes armés.

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Hayat Boumeddiene

Déjà en juin 2014, l’État islamique annonçait la création d’une brigade féminine, El-Khansa, en Irak et en Syrie. Des combattantes qui ont créé la surprise tant les groupes de l’islam radical véhiculent une haine des femmes. « Aujourd’hui, il y a moins cette espèce de phobie antiféminine. Par exemple, Mohammed Atta, pilote impliqué dans l’attentat contre le World Trade Center, a écrit dans son testament qu’il ne voulait pas qu’une main de femme touche son cadavre. Là, on était dans la phobie. Quinze ans après, les choses sont différentes. On voit qu’au moins dans une partie des milieux djihadistes, la présence féminine n’est plus considérée comme une aberration ».

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Elles sont toujours plus nombreuses à rejoindre les rangs des djihadistes, et pas seulement ceux de l’État islamique. « Les groupes qui n’ont auparavant jamais utilisé de femmes, comme les talibans, Boko Haram et, plus récemment, les islamistes shebab, ont commencé à en recruter de plus en plus », explique Mia Melissa Bloom, professeur des études en sécurité à l’université de Massachusetts, à Euronews. Elle ajoute que si les groupes terroristes comme al-Qaida, réputé conservateur, intègre des femmes, c’est parce qu’ils « ont une stratégie ».
Quelle est-elle ? Et pourquoi ces femmes rejoignent-elles des organisations qui leur laissent peu de place ?

Animées par la haine de l’Occident

« À la base, il y a une haine de l’Occident.
Les ennemis, ce sont les Occidentaux, et un ennemi doit se combattre. Ces djihadistes sont en guerre contre l’Occident. Les femmes sont solidaires des hommes et s’il faut combattre, elles y vont. Leur djihad à elles, c’est de servir cette cause et de soutenir les hommes », explique Nahida Nakad, ancienne journaliste devenue consultante en relations internationales. Des raisons idéologiques auxquelles s’ajoutent des motifs économiques – les combattantes de l’État islamique toucheraient quelque 200 dollars par mois –, et psychologiques – la peur des représailles.

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Bien que les photos d’Hayat Boumeddiene maniant l’arbalète témoignent du rôle plutôt actif de ces combattantes, ces dernières ne prendraient pas les armes comme les hommes, mais seraient plutôt cantonnées à des missions de soutien moral. « Il y a une espèce de lavage de cerveau visant à faire croire aux femmes que seul l’islam les respecte et que l’Occident leur manque de respect, puisque cette société montre leur corps et les oblige à côtoyer des hommes », poursuit Nahida Nakad.

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Dans ce rôle de soutien pratique et psychique, les femmes auraient pour mission première de construire un foyer. « Cela confère aussi au groupe terroriste une dimension générationnelle, puisque ce sont les femmes qui vont élever des enfants dans un environnement où ils pourront prendre la relève de leur père », explique Mia Melissa Bloom. Une stratégie pour que l’implantation de ces mouvements soit durable, comme en atteste la création récente d’une agence matrimoniale dans la ville d’Al-Bab (région d’Alep) destinée aux Syriennes désireuses d’épouser un combattant d’un groupe ultra-radical.

Elles sont là pour soutenir les combattants

Cette féminisation n’est pas inédite. Il existait déjà des femmes kamikazes, mais le phénomène s’est accentué et traduirait une « modernisation paradoxale » du djihad syrien, selon l’expression d’Olivier Roy. Plus largement, et sans qu’elles soient terroristes ou combattantes, les femmes s’investissent plus « dans les mouvements ultra-religieux» explique l’islamologue. On observe le même phénomène chez les catholiques, qui s’est exprimé lors des manifs pour tous, mais aussi chez les juifs orthodoxes, où les femmes sont de plus en plus présentes. En Europe, on voit de plus en plus de filles impliquées dans les mosquées, dans la gestion des organisations islamiques, des sites Internet, etc. Il y a une féminisation en général du fondamentalisme religieux, une plus grande percée des filles dans ces milieux ». Et parmi ces croyantes, un petit nombre se radicalisent drastiquement.

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Les groupes islamistes armés assurent maintenant une médiatisation importante à ces combattantes Car « quand une femme est impliquée dans une organisation terroriste, cela incite d’autres hommes à y participer », explique Mia Melissa Bloom. Et donne, par la même occasion, une plus grande importance et légitimité au mouvement.

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Chaque jour, ils seraient deux ou trois à quitter le territoire français pour aller mener la guerre sainte en Syrie.

Parmi ces Français, des femmes, des adolescentes quittent leur foyer du jour au lendemain. Elles sont même parfois très jeunes, comme cette adolescente de 14 ans soupçonnée d’être partie en Syrie en début de semaine. En guise d’explications, sa famille, qui vit à Argenteuil dans le Val-d’Oise, a simplement eu droit à une lettre dans laquelle l’adolescente dit qu’elle part «pour le pays où l’on n’est pas empêché de suivre sa religion». Qui sont ces femmes prêtes à quitter leur famille pour rejoindre la Syrie et soutenir des djihadistes? Eléments de réponses avec David Thomson, journaliste pour RFI et France 24, et auteur d’une enquête publiée en mars dernier Les Français jihadistes*.

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Combien y a-t-il de Françaises parties faire le djihad en Syrie selon vous?

On est sur une fourchette de 100-150 femmes et enfants, aux côtés de 300 combattants français installés en Syrie. C’est un chiffre qui se stabilise ces derniers mois avec les départs et les décès.

Dans quelles conditions partent-elles?

Il est important de savoir qu’elles ne peuvent partir qu’à travers le mariage. Trois scénarios sont possibles. D’abord, il y a celles qui obtiennent une promesse de mariage d’un djihadiste français qui est déjà sur place. La plupart du temps, ça se fait sur Skype ou via les réseaux sociaux. Elles partent seules mais retrouvent leur mari sur place. Une fois qu’elles sont arrivées, leurs futurs époux appellent la famille restée en France et demandent l’autorisation de mariage au père. Si ce dernier refuse, les djihadistes contestent sa légitimité de tuteur, qui devient un mécréant à leurs yeux. Ensuite, il y a les femmes déjà mariées avec un djihadiste qui partent avec les enfants en Syrie. Et puis il y a celles qui se marient sur le sol français dans le but de partir en Syrie.

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Comment sont-elles recrutées?

Essentiellement via les réseaux sociaux, notamment Facebook, ou via Skype. Là, elles s’échangent des textes religieux, des vidéos, se donnent des conseils et s’encouragent mutuellement à partir. Les femmes installées en Syrie vont avoir un rôle d’entremetteuse, de facilitatrice entre celles qui sont en France et les djihadistes sur place. Sur Facebook, elles vont poster des petites annonces de promesses de mariage. Il faut savoir que les djihadistes français installés là-bas ne sont pas en contact avec les Syriennes et ne parlent pas arabe. C’est pour ça qu’ils font venir des femmes deFrance pour constituer une communauté française en Syrie.

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Jeudi, une enquête a été ouverte après la disparition d’une jeune fille de 14 ans à Argenteuil, soupçonnée d’être partie en Syrie. Comment expliquez-vous qu’une adolescente ait envie de partir au djihad?

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Ce sont des cas minoritaires mais très médiatiques. Elles doivent être une quinzaine au total. En général, elles sont bonnes élèves, sans problème, leur entourage n’est pas pratiquant. Et la famille n’est pas du tout consciente de leurs intentions djihadistes. Le pouvoir de la prédication djihadiste sur Facebook est pourtant très important. Il y a un réel effet de fascination face aux textes de grands djihadistes, aux vidéos qui expliquent pourquoi elles doivent absolument partir en Syrie. Une fois là-bas, elles pensent qu’elles pourront bénéficier des faveurs du martyr. Elles croient que leur mari, mort au combat, pourra les faire entrer au paradis.

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Que est leur rôle en Syrie, sur le terrain?

Dès leur arrivée, elles suivent un entraînement de trois semaines environ. Là, elles apprennent à manier des armes, du type Kalachnikov, fusil, pistolet, etc. Mais attention, elles ne sont pas destinées à se battre. Elles apprennent seulement à se défendre en cas de situation extrême. Sinon, au quotidien, elles s’occupent de leur mari et de leurs enfants. Elle joue le même rôle qu’elle aurait eu en France. Comme le disent les djihadistes eux-mêmes: «Elles élèvent les futurs lions de l’Islam dans l’amour du djihad».

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En janvier dernier, Rachida Benahmed, représentante de «Ni Putes ni soumises» à Meaux, parlait de «djihad prostitution» dans un reportage de TF1.
Est-il vrai que certaines partent pour se prostituer auprès des combattants pour qu’ils «puissent tenir le coup»?

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Cette histoire de «djihad Nikah» (djihad du sexe) est totalement fausse. C’est un mythe apparu dans la presse tunisienne et qui a été repris par la propagande pro-Bachar. Ces rumeurs disent qu’elles partiraient pour servir d’esclaves sexuelles. Sauf que c’est incompatible avec l’idéologie djihadiste. Les combattants sont très stricts quant à l’application de la Charia. Certes, il y a des unions polygammes, ils peuvent avoir jusqu’à quatre femmes en même temps mais celles-ci doivent leur rester fidèles. C’est impensable qu’une femme pratique le «djihad du sexe».

 

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