Le quartier de Shajaya donne l’impression d’avoir été frappé par une catastrophe naturelle. Aussi loin que va le regard, on ne voit qu’amas de béton et de ferraille. Mais la destruction quasi totale de Shajaya est le fruit de l’homme, de la guerre.

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C’est dans ce quartier que se sont déroulés les combats parmi les plus intenses pendant l’opération israélienne Bordure protectrice, l’été dernier. Shajaya a des airs de ville fantôme, mais en y regardant de plus près, on voit bien des signes de vie.

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Au milieu des débris, allongé au soleil sur ce qui était jadis le toit de sa maison, un vieillard, Ali Bakroun, passe le temps.

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« C’est que je n’ai rien à faire. Depuis la fin de la guerre, on est ici en espérant que quelqu’un va venir déblayer tout ça », dit-il.

Sa femme Mahdia revient du marché avec quelques oranges. D’un ton excédé, elle demande qui peut les aider.

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« Nous avons acheté ce bout de terrain il y a 45 ans, et pendant 45 ans, nous avons construit cette maison. Elle a été détruite en une seule journée. On n’a que ce bout de terrain là. On n’a pas de terres. Cette maison, c’est tout ce qu’on avait. Où aller? Le loyer, c’est trop cher. On vit dans l’épuisement et la souffrance. »
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Le cas des Bakroun n’a rien d’exceptionnel à Gaza. Au moins 100 000 personnes ont fui leur maison pendant la guerre, qui a duré sept semaines et a fait plus de 2100 morts palestiniens, dont 495 enfants, selon les Nations unies. Soixante-six soldats israéliens et sept civils sont morts du côté israélien.

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Un lourd bilan auquel s’ajoute la souffrance de ceux qui cherchent aujourd’hui à refaire leur vie.

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Partout dans les gravats, on voit des affiches placées par les propriétaires avec leurs coordonnées. Une sorte de bouteille à la mer au cas où une âme charitable chercherait à les contacter pour offrir de l’aide.

À l’école Bahrain pour garçons, les classes n’ont toujours pas repris. L’école est administrée par l’Office de secours des Nations unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA).

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Ses balcons sont transformés en cordes à linge, ses locaux en logements surpeuplés. L’école accueille toujours des centaines de personnes qui n’ont nulle part où aller. Ils sont une dizaine de milliers répartis comme ça dans plusieurs écoles.

Pourtant, après le cessez-le-feu le 26 août dernier, la communauté internationale avait promis plus de 5 milliards de dollars pour reconstruire toutes ces vies brisées.

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Mais les promesses tardent à se matérialiser et la reconstruction traîne, explique Guillaume Limal, de l’UNRWA. « Pour l’instant, on a un gap de 545 millions pour tout ce qui est reconstruction, aide au loyer, réparation des dommages, que ce soit mineur ou majeur », explique-t-il.

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Ce sont bien 545 millions de dollars américains qui manquent sur les 720 millions prévus au programme d’aide. Un trou béant qui a forcé l’UNRWA à suspendre temporairement son programme à la fin de février.

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« On n’avait pas trop le choix. L’UNRWA avait déjà fait plusieurs déclarations comme quoi il fallait que l’argent arrive, que les promesses de dons se matérialisent. Au bout d’un moment, ça n’a pas été suivi, donc on a été obligés d’annoncer la suspension des paiements pour la réparation et l’aide au loyer. »

Après la guerre, la tempête.

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8 janvier 2015. Une nouvelle dévastatrice pour la population de Gaza survient alors qu’un hiver particulièrement rude s’abattait sur l’enclave. Au moins deux enfants qui habitaient des abris temporaires sont morts de froid cet hiver.

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Dans une déclaration commune sans précédent, une trentaine d’organismes d’aide ont sonné l’alarme.

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« Nous ne devons pas abandonner Gaza. Israël, en tant que puissance occupante, est la principale responsable et doit se conformer à ses obligations en vertu du droit international. En particulier, elle doit lever totalement le blocus. »s
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« Comme le blocus est toujours là, il y a beaucoup de restrictions sur les matériaux nécessaires pour la reconstruction de Gaza, pas seulement les maisons. On parle aussi de la reconstruction de toutes les infrastructures pour l’eau et les équipements sanitaires, pour les écoles et pour la reconstruction du secteur de la santé, pour les hôpitaux et les cliniques », explique Arwa Mhanna, d’OXFAM, l’un des organismes signataires de la lettre.

Après trois guerres successives à Gaza, OXFAM va encore plus loin dans l’évaluation des besoins d’une population dont plus de 80 % dépend maintenant d’une forme ou d’une autre d’aide alimentaire.

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« À ce rythme-là, et avec la continuation du blocus, ça peut prendre 100 ans pour reconstruire Gaza et pour la population de revenir à la vie qu’ils avaient avant le blocus et avant les trois guerres qui ont eu lieu pendant le blocus. »

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« Il faut admettre que c’est un échec »

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C’est à Kerem Shalom que passent les camions remplis de sacs de ciment et autres matériaux nécessaires.

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Depuis l’imposition d’un blocus par Israël il y a plus de sept ans, en réaction à la prise du pouvoir par le Hamas dont la branche armée est considérée comme un groupe terroriste par Israël, les États-Unis et le Canada, c’est le seul point de passage des marchandises vers Gaza.

Le mécanisme est laborieux. C’est l’Autorité palestinienne à Ramallah qui approuve les projets soumis par des organismes implantés à Gaza. Israël contrôle entièrement le point de passage et doit aussi donner son accord. Il le fait au compte-gouttes, comme il soupçonne le Hamas de détourner les matériaux pour reconstruire ses tunnels détruits pendant la guerre.

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C’est un processus qui ne marche pas, selon l’économiste Omar Shaban.

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« On a besoin de 1,5 million de tonnes de ciment et de cinq ans pour reconstruire Gaza, selon les estimations d’il y a quelques mois. Jusqu’ici, seulement 45 000 tonnes sont entrées. Le processus est pénible et inefficace. Après sept mois, il faut admettre que c’est un échec », affirme Omar Shaban, qui croit savoir à qui revient la faute de cet échec.

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« Pourquoi échoue-t-on à Gaza? Parce que tout le travail est confié à l’ONU. Mais l’ONU n’est pas un entrepreneur en construction. »

L’ONU est non seulement inefficace, mais elle permet aux deux principales factions politiques palestiniennes, le Fatah et le Hamas, en guerre depuis 2007, de se défiler de leurs responsabilités, croit-il.

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Ils avaient annoncé une réconciliation peu de temps avant la guerre, mais à Gaza, les signes de rapprochement se font attendre.

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« Pourquoi les donateurs ne veulent pas payer? Parce qu’il n’y a pas de réconciliation entre le Hamas et le Fatah. Et pourquoi n’y a-t-il pas de réconciliation? Parce que l’ONU a pris tout le travail et le gouvernement de coalition n’a plus rien à faire. Le Hamas est exclu du processus et l’Autorité palestinienne est absente de Gaza. Alors je suis d’accord avec les pays donateurs. Mais à qui la faute? Elle revient à nos dirigeants politiques parce qu’ils n’ont pas fait d’efforts pour être présents et visibles à Gaza. »

Sliman Shamali serait sans doute d’accord. Il en a soupé des querelles politiques entre le Hamas et le Fatah.

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« Tous les gouvernements sont en train de se faire la guerre pour décider qui va prendre l’argent de la reconstruction, qui va faire entrer les matières de construction. Celui-là dit c’est moi, l’autre dit c’est moi. Et nous, on se retrouve au milieu du compresseur. »

En attendant, Sliman Shamali regarde l’air impassible pendant qu’une pelle mécanique achève de démolir sa maison. Il n’a pas l’argent pour reconstruire, mais un entrepreneur a offert de la démolir pour de bon en échange des matériaux.

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À Gaza, on récupère chaque bout de métal, chaque bloc de béton, tout ce qui pourra servir à rebâtir.

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Dans le quartier de Beit Hanoun, tout au nord de la bande de Gaza, Abou Soubhi ratisse patiemment les décombres de sa maison, du matin jusqu’au soir. Il ne cherche pas à recycler la ferraille mais il espère retrouver les bijoux de sa femme, pour la faire sourire un peu.

C’est la deuxième fois en six ans que la famille voit sa vie s’effondrer. Lors de la guerre de 2009, elle a perdu un fils, Ibrahim, en plus de la maison. Cette fois, Abou Soubhi, qui a quelque chose d’un poète, se croit chanceux.

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« Attendre pour la reconstruction, c’est comme planter une aiguille dans le bras de quelqu’un et le vider lentement, très lentement de son sang. Il espère qu’il survivra, bien qu’il saigne. C’est comme ça qu’on se sent dans l’attente de la reconstruction. La dernière fois, on a moins senti la peine d’avoir perdu la maison à cause d’Ibrahim. »
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C’est sur leur terrain qu’Ibrahim est enterré, alors pas question pour la famille d’aller vivre ailleurs, même si tout autour leur rappelle la guerre. D’un côté, on voit la frontière avec Israël, et de l’autre, les camps d’entraînement du Hamas et du Jihad islamique.

« Chaque bruit d’explosion qui vient du camp du Hamas rappelle aux enfants ce qui s’est passé. Oumsiat a 18 ans et m’a dit être mort de peur la nuit en entendant les explosions », raconte Abou Soubhi.

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Abou Soubhi prend des médicaments pour ses nerfs depuis la guerre, mais il n’hésite pas à fanfaronner avec une chèvre qui s’est égarée par ici pour faire rire les enfants, dont le petit Ibrahim, le cadet qui a remplacé le frère qu’il n’a jamais connu.

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« Il y a tant de choses que je voudrais offrir à mes enfants. La sécurité, l’indépendance et l’affection. Surtout, je voudrais faire disparaître la peur dans leurs yeux. J’ai essayé de toutes les façons, mais malheureusement, je vois toujours la peur dans leurs yeux », dit-il.

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Pour eux, comme pour bien des Gazaouis, malgré le cessez-le-feu, la guerre n’est pas finie.

 Le chat de Banksy attire les regards vers Gaza

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Dans les ruines de ce qui était la maison où il élevait ses six enfants avec sa femme s’élève une image incongrue. Parmi les débris de ciment, de bois et de ferraille, un pan de mûr qui a survécu aux bombardements et aux combats arbore depuis quelque temps l’image un peu naïve d’un chaton tout blanc.

« Un étranger est venu un jour pour le peindre. Il a passé quelques heures, puis il est reparti », raconte Mohammed Massad Al-Shinbari.

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Mais l’étranger, allait-il bientôt découvrir avec le flot incessant de visiteurs qui passent maintenant chez lui pour voir l’oeuvre, n’était nul autre que Banksy, l’artiste graffiteur dont personne ne connaît la véritable identité, mais dont la réputation ne connaît pas de frontières.

Le polémiste, qui a l’habitude de laisser des messages subversifs sur les murs et dans les espaces publics un peu partout dans le monde, a révélé son passage à Gaza par l’entremise d’une vidéo qui parodie un message promotionnel de tourisme.

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« Cette année, découvrez une nouvelle destination », déclare la vidéo avec sarcasme. « Bienvenue à Gaza. Bien à l’écart des sentiers touristiques conventionnels. On y accède par un réseau de tunnels illégaux. Les locaux aiment tellement l’endroit qu’ils ne le quittent jamais. »

Alors que ses enfants courent pieds nus dans les ruines autour de l’abri de fortune qu’il s’est construit depuis qu’il a quitté le refuge où il a attendu que la guerre cesse l’été dernier, Mohammed explique qu’il voit dans l’image du chat un message de solidarité.

Pour voir la vidéo avec Mohammed Massad Al-Shinbari sur votre appareil mobile, cliquez ici.

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« C’est le droit à la vie et les droits pour les enfants de s’amuser qu’il exprime. Et il cherche à faire voir notre réalité au reste du monde. »

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Sur son site, Banksy écrit : « Un homme sur place m’a demandé ce que ça voulait dire. J’ai dit que je voulais montrer la destruction de Gaza en mettant des photos sur mon site web, mais sur Internet, les gens ne regardent que des images de chatons. »

À Beit Hanoun, la petite Alia se balance entre les restes de ce qui était un escalier avant la guerre. Elle dit qu’elle aime bien le chat et qu’elle croit qu’il permettra peut-être à sa famille de reconstruire la maison.

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« Il est très joli. Tout le monde aime le chat, tout le monde vient le voir. Alors peut-être qu’on va nous donner de l’argent pour la maison. »

L’artiste palestinien Mohammed El-Haj connaissait l’oeuvre de Banksy bien avant sa visite. Mais quand un ami de Cisjordanie lui a demandé de faire quelques retouches sur le chat de Gaza, il ignorait complètement qu’il retravaillait l’oeuvre d’un artiste qu’il admire.

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« Il ne m’a pas dit qui l’avait dessiné, qui était ce peintre. Alors ça a été une surprise pour moi quand j’ai vu dans les médias qu’on parlait de Banksy et de sa présence à Gaza. »

Mohammed dit qu’il ne croit pas encore tout à fait au lien, même ténu, qui l’unit maintenant à Banksy.

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« Le graffiti est fondé sur la simplicité parce que cet art s’adresse à tout le monde. C’est un art loin des expositions et des musées où on a besoin d’un décor, de la lumière et, surtout, où on s’adresse à l’élite. Banksy, quand il est venu à Gaza, il a fait une exposition permanente qui s’adresse à toutes les classes sociales palestiniennes. »

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« La spécificité de Banksy, c’est qu’il parle de questions délicates et milite en faveur d’un humanisme. Ce qui a laissé des traces dans la bande de Gaza, c’est qu’il est passé dans une période critique après la guerre et sous le blocus étouffant. »

L’art de rue peut être aussi éphémère qu’accessible. Ailleurs à Beit Hanoun, Banksy avait aussi peint un parent pleurant son enfant mort sur une porte qui est restée pour seul rappel qu’il y avait là une maison. Mais la porte et son oeuvre ont disparu.

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Deux hommes sont venus convaincre les propriétaires que l’artiste voulait récupérer son oeuvre, explique avec regret Jamal Dardoun, avant de rentrer dans la maison voisine qu’il habite, bien qu’elle soit à moitié démolie.

« C’était une oeuvre qui venait du coeur et qui exprimait notre souffrance, alors j’aurais aimé qu’elle reste là. »

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Les hommes ont sans doute flairé la bonne affaire, ce que Banksy lui-même verrait sans doute avec philosophie. Dans un court entretien publié sur son site Internet, interrogé sur ce qu’il pensait des gens qui vendent l’art dont il parsème les rues d’un peu partout sur la planète, l’artiste répond avec un certain humour.

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« Enfant, je rêvais de devenir un des personnages dans Robin Hood. Seulement, je n’ai jamais réalisé que je finirais par jouer celui d’une des pièces d’or. »

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Bon comme un citron bien rond !

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