Au Cameroun, deux attaques en 48h attribuées à Boko Haram dans deux localités de l’extrême-nord du pays.
La première a été repoussée par les forces de défense dans la nuit du 6 au 7 juillet et la seconde, mardi matin, a fait trois morts civils appartenant à un comité de vigilance d’un des villages agressés.

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Une des attaques, dans l’extrême-nord du pays, s’est heurtée à des forces de l’armée camerounaise.

De sources militaires, la première attaque a eu lieu dans la localité de Bodo, département de Logone et Chari, près du lac Tchad. Les assaillants, qui ont traversé la frontière par dizaines à bord de véhicules et à moto, ont eu un violent accrochage pendant une heure environ avec une position des forces de défense camerounaise.

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Au petit matin, trois corps d’islamistes ont été retrouvé sur place avec un important arsenal d’armes et de munitions. Le lendemain, toujours aux aurores, une autre colonne d’assaillants a croisé une patrouille de jeunes d’un comité de vigilance chargé de la surveillance de villages dans le département du Mayo-Sava. Trois d’entre eux ont été tués mais ils ont réussi à passer l’alerte et à contraindre les insurgés à un repli.

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Ces attaques interviennent alors qu’une certaine accalmie règne dans la région depuis quatre à cinq mois. Une stratégie en trompe-l’œil selon l’armée camerounaise, laquelle n’a pas desserré son dispositif et sa vigilance dans l’extrême-nord.

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Double attentat au Tchad: « Boko Haram est responsable», selon Hollande

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N’Djamena a été frappée lundi pour la première fois par un double attentat-suicide qui a fait 23 morts et une centaine de blessés. Cette attaque n’avait pas été revendiquée dans l’après-midi, mais selon François Hollande, la responsabilité du mouvement islamiste radical ne fait «pas de doute».

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Fer de lance dans la guerre contre le groupe islamiste nigérian Boko Haram, le Tchad redoutait depuis des mois des attentats de ce genre sur son sol. C’est chose faite. La capitale N’Djamena a été pour la première fois la cible de deux attaques meurtrières ce lundi qui ont visé le commissariat central et l’école de police. Ce double attentat-suicide a fait 23 morts et 101 blessées. Dans l’après-midi, il n’avait pas été revendiqué. Mais le gouvernement tchadien accuse Boko Haram d’être derrière ces attaques. «Ces terroristes sans foi ni loi seront débusqués et mis hors d’état de nuire où qu’ils soient», selon un communiqué du gouvernement lu à la radio nationale. Quatre «terroristes» auraient également été tués selon les autorités tchadiennes.

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De son côté, la France, l’ancienne puissance coloniale, a rapidement condamné ces attaques meurtrières et assuré le Tchad de son «soutien dans la lutte contre le terrorisme». Depuis Alger, François Hollande a dénoncé un «attentat barbare» et affirmé: «Il n’y a pas de doute que Boko Haram est responsable et devra rendre compte de cette nouvelle horreur humaine.» Le président français a assuré au Tchad la «solidarité» de la France. Ce pays africain est en effet un allié de poids pour Paris dans la lutte contre les groupes jihadistes en Afrique sahélienne. L’armée française a d’ailleurs établi à N’Djamena l’état-major de son opération Barkhane de lutte contre ces groupes.

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Le Tchad en première ligne dans la lutte contre Boko Haram

Plus tôt dans la journées, un responsable de la police de N’Djamena avait indiqué que deux kamikazes avaient attaqué simultanément le commissariat et l’école de police, où se trouvaient de nombreux stagiaires en formation. Selon une autre source policière, le «modus operandi» des assaillants portait la marque des islamistes de Boko Haram. Après les attaques, de nombreuses forces se sont déployées dans la ville, où les mesures de sécurité ont été considérablement renforcées depuis plusieurs mois face à la menace d’attaques de Boko Haram.

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Depuis le début de l’année, l’armée tchadienne participe en première ligne à une opération militaire régionale visant à chasser le groupe de pans entiers de territoire qu’il avait capturés dans le nord-est du Nigeria. Comme le Cameroun voisin, lui aussi engagé dans la guerre contre le groupe islamiste, le Tchad redoutait des mois des attentats de ce genre sur son sol. Il a toutefois déjà subi des raids de combattants de Boko Haram sur les rives du lac Tchad. Environ 5.000 soldats tchadiens sont engagés dans la lutte contre Boko Haram. En avril, N’Djamena avait déploré la mort de 71 soldats.

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Le Tchad engage la lutte armée contre Boko Haram

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Face à la menace de Boko Haram, les États voisins du Nigeria s’organisent tout en se montrant très critiques à l’égard du faible engagement nigérian.

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Face à la menace de Boko Haram, les États voisins du Nigeria s’organisent. L’attaque, la semaine dernière de Baga, une ville à l’extrême nord-est du pays, sur les rives du lac Tchad, a placé le Niger, le Cameroun et le Tchad en première ligne. Cette victoire offre aux islamistes la possibilité d’accentuer leur offensive et d’agrandir leur fief au Nigeria, mais aussi dans les pays limitrophes. N’Djamena n’est désormais qu’à quelques dizaines de kilomètres des combattants islamistes.

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En réaction, le Tchad a annoncé vendredi l’envoi de troupes au Cameroun. Ce contingent, dont l’arrivée avait été demandée la veille par le président Paul Biya, doit épauler les troupes camerounaises confrontées à des raids de plus en plus violents de la secte. Les premiers blindés tchadiens de ce groupe, qui pourrait compter 1500 hommes, sont partis dès vendredi. «C’est une bonne décision. Dans la région, il n’y a que le Tchad qui ait une armée capable de se confronter à Boko Haram», souligne Mohammed Bazoum, le ministre des Affaires étrangères du Niger. De son côté, le Niger a renforcé ses effectifs à Diffa, à la frontière du Nigeria, avec le concours de quelques soldats français. Paris ne devrait cependant pas s’engager plus avant pour le moment.

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Agacement des pays voisins

L’objectif de cette union ne semble pas vouloir se limiter à endiguer la menace aux frontières. Le président tchadien, Idriss Déby, dans un message aux députés, a affirmé que «des actions conjuguées vont être menées dans les jours à venir par les pays membres de la Commission du Bassin du lac Tchad (Niger, Nigeria, Tchad, Cameroun, NDLR) en vue de reconquérir Baga».

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En creux, c’est une critique sévère du Nigeria et de son faible engagement. Car officiellement, l’union militaire entre ces pays existe déjà depuis plusieurs années. La caserne de Baga était même le site de l’état-major de la MNJTF (Multinational Joint Task Force, qui regroupe le Tchad, le Niger et le Nigeria). Mais N’Djamena et Niamey en avaient retiré leurs troupes. «Nous trouvions le lieu trop exposé. Nous n’avions que peu de troupes. On a demandé aux Nigérians de renforcer le site mais ils n’ont rien fait. Alors on est parti», explique un officier nigérien. Le Cameroun ne cache pas non plus son agacement. «Le Nigeria laisse Boko Haram nous attaquer et ne fait rien. On voit les drapeaux islamistes de l’autre côté de la frontière mais jamais un soldat», s’agace un militaire camerounais.

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Un nouveau sommet à Niamey

Ces tensions traduisent la défiance qui sous-tend les relations entre le Nigeria et ses voisins, singulièrement le Cameroun. Pour autant, tous ces pays s’accordent à dire que le défi représenté aujourd’hui par Boko Haram ne pourra être relevé sans une coopération militaire sans faille. La France avait tenté d’œuvrer à ce rapprochement. En mai, un sommet consacré à la lutte contre Boko Haram avait réuni à Paris les chefs d’État de la région. Mais rien de concret n’en était sorti. Les réunions suivantes, à Londres puis à Abuja, n’avaient rien donné de plus.

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Mardi prochain, un nouveau sommet doit se réunir à Niamey. «Mais il ne se passera rien. On ne sait même pas qui viendra pour le Nigeria», regrette un responsable nigérien. Et d’espérer que la décision du Tchad et du Cameroun d’accentuer leur pression sur Boko Haram poussera Abuja à pendre enfin à bras-le-corps le problème.

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Secte, mouvement islamiste ou groupe terroriste:
Qui se cache derrière Boko Haram?

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Des islamistes de Boko Haram dans une vidéo de propagande publiée le 9 novembre 2014.

Boko Haram, ou «livre interdit»: la signification du nom de ce groupe terroriste, qui sévit au Nigeria depuis 2003, donne une première explication de leurs motivations.Rejetant la culture occidentale et la «perversion» de l’enseignement par ses valeurs, les membres de Boko Haram veulent une application stricte de la charia, la loi islamique, dans le nord du Nigeria. Qualifié de secte, de mouvement islamiste ou de groupe terroriste, Boko Haram multiplie depuis le début de l’année les raids et les prises d’otages au Nigeria, mais aussi au Cameroun et aux abords du lac Tchad.

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«Cette intensification est liée aux élections prévues au Nigeria le 14 février prochain, pour lesquelles Boko Haram veut continuer à décrédibiliser le pouvoir central, et à la préparation à d’éventuelles ripostes», explique Samuel Nguembock, chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques (Iris). Les prises d’otages sont stratégiques: si les forces militaires de la région avaient le dessus sur les terroristes, les personnes détenues deviendraient une monnaie d’échange.

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Un positionnement stratégique autour du lac Tchad

Créé en 2002, Boko Haram, d’abord qualifié de secte, s’inspire du courant salafiste et revendique depuis son origine la création d’un Etat islamique au Nigeria. Le gouvernement de ce pays, dans lequel la communauté chrétienne du sud est aussi importante que la communauté musulmane du nord, est considéré impie et corrompu par Boko Haram. C’est donc contre les forces de sécurité et le gouvernement nigérian qu’ont été données les premières offensives de la secte. Mais en 2009, l’arrivée d’Aboubakar Shekau à la tête du groupe a changé les modes d’action: les attentats frappant les civils, en particulier les chrétiens, se sont multipliés, suivis de nombreuses prises d’otages, dont celle spectaculaire de 200 lycéennes en avril 2014.

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«Il est aujourd’hui difficile de dire que Boko Haram suit des revendications idéologiques visant à l’instauration de la charia sur l’ensemble du territoire, estime Samuel Nguembock. Il y a d’autres enjeux politiques et économiques, notamment un contrôle territorial plus important autour du lac Tchad pour avoir un positionnement transfrontalier stratégique en cas d’encerclement par les armées de la région.»  Devenu «un métier» pour les combattants de Boko Haram, le terrorisme a besoin de bases arrière pour se perpétuer: «Boko Haram contrôle plusieurs localités au sud-est du Nigeria où ils ont accès aux banques locales et trouvent des sources de financement», précise Samuel Nguembock.

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Soutiens internationaux

Financée par ses membres et sympathisants, la secte est aussi aidée depuis l’étranger. «Ils s’appuient sur des soutiens logistiques de la part d’autres groupes terroristes, poursuit le chercheur à l’Iris. Le trafic d’armes et d’explosifs en provenance de Libye est assez important pour alimenter le réseau et d’autres groupes au Moyen-Orient, notamment Daesh, peuvent apporter une aide en termes de formation ou d’équipement.» Venir à bout de la secte sera donc difficile et pourrait nécessiter l’appui de la communauté internationale : «Le plus efficace serait de mettre à profit l’opération Barkhane» menée par les troupes françaises contre les groupes djihadistes armés au Sahel.

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Avec quelque 1.300 militaires français basés à N’Djamena, la capitale tchadienne proche de la frontière avec le Nigeria, l’opération Barkhane «dispose de moyens de renseignements sophistiqués, de drones, d’une aviation militaire et de technologies de pointe qui pourraient être utiles à la mobilisation contre Boko Haram», précise le chercheur. Les tensions, qui risquent de s’aggraver avant la prochaine élection présidentielle le 14 février, pourraient justifier une aide internationale dans la lutte contre Boko Haram.

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