Le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter a annoncé, mardi au Sénat, l’intensification de la campagne aérienne contre l’EI en Irak et en Syrie.
Il a même évoqué « des actions directes au sol » contre les jihadistes.

Washington va intensifier ses bombardements aériens contre les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI) en Syrie et en Irak, et n’exclut pas de mener d’autres « actions directes au sol », selon secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter.

« Nous prévoyons d’intensifier notre campagne aérienne, y compris avec des appareils supplémentaires de la coalition et des États-Unis, pour cibler l’EI avec des frappes plus nombreuses et plus fortes », a déclaré mardi 27 octobre Ashton Carter, devant une commission du Sénat américain.
« Cela comprendra davantage de frappes contre des cibles de grande valeur de l’EI à mesure que notre renseignement s’améliore »
, a-t-il précisé.

« Nous ne nous interdirons pas de soutenir des partenaires capables de mener à l’occasion des attaques contre l’EI, ou de mener ces missions nous-mêmes, que ce soit par des frappes aériennes ou des actions directes au sol », a-t-il ajouté.

Ashton Carter n’a pas précisé si ces actions seraient menées par des forces conventionnelles ou par des forces spéciales. C’est la première fois qu’un membre aussi haut placé de l’administration Obama évoque des opérations au sol contre l’EI.

La semaine dernière, des forces spéciales américaines ont participé avec les forces kurdes à l’assaut d’une prison de l’EI dans le nord de l’Irak.

Les forces américaines ont procuré des hélicoptères aux pehsmerga et ont aussi fini par participer directement aux combats, pour venir en aide aux kurdes pris sous le feu des jihadistes. Un soldat d’élite américain a été tué dans l’opération.

Cette annonce intervient alors que l’activisme militaire russe s’est doublé la semaine dernière d’une offensive diplomatique, qui s’est traduite notamment par la réunion de Vienne et la rencontre surprise Assad-Poutine à Moscou.

Syrie : le régime lance une offensive au sud d’Alep soutenue par Moscou et Téhéran.

Le régime syrien, appuyé par l’aviation russe et des forces iraniennes composées de 2 000 combattants, a mené vendredi une vaste offensive près d’Alep contre des rebelles dans le but de reprendre une autoroute reliant les grandes villes du pays.

Une vaste offensive a été menée vendredi 16 octobre près d’Alep pour reprendre une autoroute reliant les grandes villes du pays. Jusqu’à 2 000 Iraniens ou forces soutenues par l’Iran ont participé aux combats contre les groupes rebelles, dans un effort coordonné avec la Russie et le pouvoir syrien.

Ces combattants peuvent appartenir à des forces iraniennes comme les Gardiens de la Révolution ou à des groupes financés par Téhéran, comme le Hezbollah libanais, ou encore à des groupes de combattants irakiens, a expliqué un responsable américain. « Bien des choses qui se passent en ce moment trouvent leur origine dans le voyage à Moscou cet été du général iranien Souleimani », qui a permis de préparer l’offensive concertée actuellement en cours, a indiqué la même source .

Un « nouveau front »

L’armée syrienne a ainsi ouvert un « nouveau front » et s’est emparée de deux villages au sud de la ville, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).

La ville d’Alep est divisée depuis 2012 entre secteurs ouest aux mains du régime et secteurs est sous contrôle du Front al-Nosra et ses alliés et de groupes insurgés locaux. L’armée du régime contrôle également des zones à la périphérie nord de la cité et l’EI se trouve dans le nord de la province éponyme.

Revigorée par l’intervention russe, les forces du régime ont également lancé des offensives notamment dans les provinces centrales de Homs, Hama et d’Alep. À partir de ces trois axes, l’armée veut reprendre des tronçons d’une autoroute de 360 km reliant Damas à la ville d’Alep, construite dans les années 1960 pour relier les principales villes du pays. Si le tronçon Damas-Homs est aux mains du régime, la partie de 185 km entre Homs et Alep est aux mains d’islamistes et du Front al-Nosra.

Pas de succès décisif de Moscou.

Selon le militant d’Alep Mohammad al-Khatib, « il y a eu une avancée de l’armée mais rien de fondamental, car le front est très mouvant. Les rebelles utilisent des missiles antichars TOW contre les chars et la population civile fuit la région à cause des bombardement russes ».

Pour le moment, malgré 17 jours de frappes massives russes et l’engagement de dizaines de milliers d’hommes, le régime n’a pas enregistré de succès décisifs, même s’il s’est emparé de plusieurs villages.

En tout cas, l’intensification des frappes aériennes en Syrie, avec l’entrée en jeu récente de la Russie a compliqué l’acheminement déjà difficile de l’aide humanitaire aux millions de personnes qui en ont besoin, a déclaré vendredi à l’AFP le chef des opérations humanitaires de l’ONU.

Selon un dernier bilan de l’OSDH, qui dispose d’un large réseau de sources en Syrie, 250 124 personnes ont péri depuis mars 2011, dont 74 426 civils, y compris 12 517 enfants. L’OSDH dénombre aussi 43 752 morts parmi les rebelles et 37 010 parmi les combattants étrangers. Du côté des forces prorégime, il y a eu 91 678 morts. Le conflit a aussi poussé plusieurs millions de Syriens à fuir leur pays.

Des soldats iraniens en Syrie pour soutenir une offensive du régime.

L’Iran a envoyé ces derniers jours des centaines de soldats en Syrie pour participer, aux côtés du régime syrien, à une prochaine offensive contre les rebelles dans la province d’Alep, dans le nord-ouest du pays.

Le soutien de Téhéran à Damas monte en puissance.

Selon deux responsables régionaux cités par Reuters, l’Iran a envoyé ces derniers jours des centaines de soldats en Syrie pour participer à une prochaine offensive des forces de Bachar al-Assad contre les rebelles dans la province d’Alep, dans le nord-ouest du pays.

Une délégation de parlementaires iraniens est en outre arrivée, mercredi 14 octobre, à Damas pour rencontrer le président Bachar al-Assad, dont les forces se préparent à lancer une nouvelle offensive contre les rebelles avec le soutien de Téhéran et Moscou. La visite de cette délégation, menée par le président de la Commission de Sécurité nationale et des Affaires étrangères du Parlement iranien, Alaeddin Boroujerdi, coïncide avec l’annonce de la mort de deux colonels des Gardiens de la révolution islamique (GRI) en Syrie.

Signe du soutien d’ampleur qu’apporte l’Iran.

Le général de division, Farshad Hasounizadeh, et le brigadier-général, Hamid Mokhtarband, ont été tués lundi en combattant les jihadistes de l’organisation de l’État islamique (EI), a rapporté l’agence Tasnim, sans préciser sur quel front ils étaient engagés. Un autre commandant de l’unité d’élite des GRI, le général Hossein Hamadani, avait déjà été tué la semaine dernière près d’Alep, signe du soutien d’ampleur qu’apporte l’Iran.

>> À lire sur France 24 : « Dans l’ombre de la Russie, la ‘montée en puissance’ du soutien iranien à Damas »

Les renforts massifs de l’Iran et du Hezbollah libanais ainsi que les frappes aériennes russes ont permis à l’armée syrienne de repasser à l’offensive dans le nord-ouest du pays, où elle a perdu de vastes portions de territoire ces derniers mois.

Ragaillardies par les frappes russes, les forces loyalistes ont lancé la semaine dernière plusieurs offensives d’ampleur avec l’aide de leurs alliés, milices chiites, combattants iraniens et du Hezbollah.

Quel sort sera réservé à Bachar al-Assad ?

Cette contre-offensive vise à desserrer l’étau autour du « réduit alaouite » sur la côte méditerranéenne, berceau de la communauté de Bachar al-Assad, et plus largement de la « Syrie utile », dont le contrôle est vital pour le président syrien.

Mais une reconquête militaire de l’ensemble du pays ne semble pas à la portée du régime de Damas et le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Hossein Amir Abdollahian, a déclaré mardi que Téhéran et Moscou travaillaient parallèlement à l’élaboration d’un plan de paix.

La pierre d’achoppement avec les pays occidentaux et les puissances régionales sunnites qui soutiennent une partie des rebelles, Arabie saoudite et Turquie en tête, restent le sort qui sera réservé à Bachar al-Assad. Le vice-ministre syrien des Affaires étrangères, Faiçal Mekdad, est attendu la semaine prochaine à Téhéran pour discuter de ce plan de paix, a précisé Hossein Amir Abdollahian.

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