Cette nuit, 110 policiers du Raid et de la BRI ont investi le centre-ville de  et pris position autour de la rue Corbillon pendant 7 heures.

Les forces spéciales de Police à Saint-Denis ce jeudi 18 novembre 2015.

Le premier assaut a été lancé à 4H20, réveillant la plupart des habitants de la ville.

04H30, mercredi matin. La ville de Saint-Denis dans le nord de Paris est envahie par les forces de l’ordre.
Il fait encore nuit, un hélicoptère tourne dans les airs, des périmètres de sécurité ont été établis à plusieurs endroits de la ville, bloquant l’accès à une grande partie du centre de la ville.

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Des habitants sont descendus dans la rue, certains ayant été évacués de leur domicile par la police, d’autres pensant pouvoir partir au travail.
En vain. Une opération de police est en cours depuis l’aube en plein centre-ville.

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Elle cible Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats qui ont fait 129 morts vendredi.
L’objectif du Raid et de la BRI: un appartement situé rue du Corbillon dans lequel est retranché plusieurs suspects, liés aux attentats de Paris.

Le quartier réveillé par des détonations en pleine nuit.

Tout autour de l’immeuble visé, les forces de l’ordre délimitent un très large périmètre de sécurité.
La presse est maintenue à quelque 300 mètres sous le porche de l’église d’Estrées.
Les télévisions du monde entier enchaînent les directs et filment sans discontinuer la rue de la République juste en face.

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Rue Gabriel-Peri, une vingtaine d’habitants et une poignée de journalistes se sont regroupés. Ils sont tenus à distance par la police, qui vise régulièrement au laser ceux qui s’approcheraient de trop près.
Les traits fatigués et la mine inquiète, beaucoup d’habitants du quartier ont été réveillés par des détonations qui ont retenti vers 4H20, heure de la première intervention des forces de police.

«On a entendu des coups de feu»

raconte Ahmed, qui dit habiter dans un immeuble situé rue de la République, dans la zone sécurisée.

«C’est la police qui a commencé à tirer. On est resté bloqués dans notre appartement une heure avec ma femme et mon enfant avant que la police ne nous évacue».

Selon un responsable de la ville, une quinzaine de personnes ont été extraites de l’immeuble, puis conduites à la mairie de Saint-Denis.
Une cellule psycholoqique a été mise en place.

Un appartement loué aux terroristes présumés.

6h30. Quelques habitants et journalistes attendent, tenus à distance par les forces de l'ordre, rue Gabriel-Péri à Saint-Denis. Crédits photo: CP.

Selon ce témoin, l’appartement servait de squat à un certain Jawad, qui le louait et le prêtait.

«Je sais qu’il l’a loué hier à deux mecs et une fille», enchaîne Ahmed.

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Le principal intéressé l’a confirmé devant les caméras de BFM TV.

«J’étais pas au courant que c’était des terroristes. On m’a demandé de rendre service, j’ai rendu service», a-t-il affirmé avant d’être interpellé et placé en garde à vue.

Mardi soir, Ahmed dit avoir croisé les trois locataires vers 23H00.

«C’est la fille qui parlait, pas les mecs».

Il est d’ailleurs persuadé de l’avoir déjà croisée dans les rues de Saint-Denis. Pour les deux autres, il ne les avait jamais vus.

«La fille m’a juste dit qu’ils allaient rester là deux-trois jours et qu’ils venaient de Belgique».

Là où résidaient plusieurs des assaillants de vendredi soir.
Pour l’heure, rien ne permet de savoir si ces trois personnes vues par ce témoin ont réellement logé dans l’appartement qui a été pris d’assaut.

Emmitouflée dans sa doudoune, Sonia, 49 ans, a entendu la première détonation alors qu’elle faisait la valise de son mari, sur le point de partir en voyage.

«J’ai entendu une première explosion. Au début, j’ai cru que c’était une bouteille de gaz. Puis j’en ai entendu une seconde. Et là, j’ai commencé à m’inquiéter». Des tirs en rafale s’enchaînent. «Ça a duré au moins 20 minutes, peut-être même plus, puisque ça s’arrêtait et ça reprenait. C’était impressionnant, on aurait dit la fin du monde».

Des policiers en arme demandent aux habitants et journalistes de reculer, rue Gabriel-Péri à Saint-Denis. Crédit photo: CP.

À côté, sa voisine a eu aussi très peur.

«J’ai cru que c’était une autre fusillade, comme au Bataclan»

témoigne cet agent de sécurité qui n’a pas pu se rendre à son travail.

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«En plus, mon employeur ne me croyait pas. J’ai dû le rappeler et lui dire d’allumer la télé pour qu’il comprenne ce qu’il se passait».

7h30. Nouvelles détonations. Environ huit explosions retentissent, à quelques secondes d’intervalle. Les habitants et les journalistes, toujours plus nombreux, se figent. Silence.
À cette heure-là, on ignore encore où en est l’opération.
On apprendra plus tard qu’une femme kamikaze s’est tuée en actionnant son gilet explosif et qu’un suspect a été tué.

Les rues de la ville sont quasi-désertes.
Les rideaux des commerces sont restés fermés ce mercredi matin.
Tout comme les écoles et les collèges du centre-ville.
Des grappes de personnes se forment le long des lignes de sécurité et discutent dans le calme.

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Au centre de secours, les ambulances se garent et les secouristes s’activent pour ramener des victimes.
Peut-être des policiers blessés – cinq en tout – ou bien des habitants de l’immeuble qui a été évacué.
Des draps blancs sont tendus pour préserver leur anonymat.
«Reculez», s’énerve un agent de police.

«Laissez-nous faire notre travail».

Au même moment, une dizaine de voitures transportant des hommes du Raid filent à tout allure vers le centre-ville.
Un homme est encore retranché dans l’appartement.

Place Victor-Hugo, de nombreux journalistes patientent devant les forces de l'ordre qui sécurisent le périmètre.

Plus loin, place Victor-Hugo, devant la mairie de Saint-Denis, les journalistes venus du monde entier se pressent ici aussi le long des barrières de sécurité.
À quelques mètres de là, Ghania Ledraa et sa fille Myriam, habitant à 500 mètres de la mairie, sont venues se renseigner.

«Depuis les attentats de vendredi, je me sens moins en sécurité. On ne sait pas ce qu’il va se passer demain, ni la semaine prochaine. Ça fait peur.»

affirme la jeune fille de 19 ans, élève en terminale à Drancy.
Elle redoute aussi les amalgames.

«Il ne faut pas qu’on associe l’Islam à ce qui s’est passé. Ça, c’est pas de la religion, c’est de la barbarie. Je vais pas m’aventurer avec des bombes en criant ‘Allah Akbar’». Sa mère conclut: «Ceux qui ont fait ça, ils sont contre l’Islam, contre nous».

L’opération s’est terminée peu avant midi.

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