Après six mois de cavale, le seigneur des narcos dort de nouveau en prison depuis le 8 janvier dernier.

Le véhicule roule à flanc de montagne depuis une heure, sans aucun signe de vie alentour. « Nous ne les voyons pas, mais eux nous voient », dit un passager originaire du coin. Et puis soudain l’asphalte disparaît. Un chemin de terre raviné par les pluies monte vers un col. C’est le début de leur royaume, appelé le « triangle d’or » et situé à la jonction des États de Sinaloa, de Durango et de Chihuahua. Un territoire couvert de végétation, grand comme les Pays de la Loire et entièrement aux mains des narcotrafiquants. Ici prospèrent les champs de marijuana, de pavot et les laboratoires clandestins de méthamphétamine.

Oligarque sanguinaire.

La piste serpente parmi des cactus géants. Les premiers hameaux apparaissent. Des portes s’entrebâillent et des hommes coiffés de sombrero fixent les visiteurs. Dans la forêt, les quads des « cultivateurs » vrombissent. L’un d’eux s’éloigne avec, à l’arrière, deux femmes aux ongles manucurés et portant de larges lunettes de soleil. Une vallée se découvre enfin, plus large que les autres, survolée par des aigles. Voilà La Tuna, le fief de Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo (« le Petit »), le baron de la drogue le plus redouté au monde, à la tête du cartel de Sinaloa et capturé le 8 janvier après une évasion spectaculaire.

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Ici, nul ne pipe mot. Pas même la mère de l’intéressé, une octogénaire cloîtrée dans un immense ranch rouge construit par son fils et gardé par ses fidèles. « Vous voyez le mirador là-haut ? demande un habitant en désignant un abri en contrebas du sommet. Je vous conseille de ne pas rester là trop longtemps. » Un quad déboule au détour d’un sentier. À son bord, trois hommes, la tête recouverte d’un foulard noir, équipés d’une radio. Des tueurs au service des narcos. Chacun porte en bandoulière deux fusils à canon court, réputés pour perforer les gilets pare-balles. « Ils soupçonnent la présence de militaires », glisse notre interlocuteur.

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El Chapo, le boss, 61 ans, dort en prison, mais la tension demeure. Son organisation, il est vrai, n’a jamais été aussi puissante. Un État dans l’État. Une machine de guerre forte de 150 000 membres, capable d’approvisionner un quart du marché américain de la cocaïne depuis la Colombie. Sans compter « l’exportation » vers une cinquantaine de pays, parmi lesquels l’Espagne et l’Australie. Une affaire lucrative. Chaque année, la drogue écoulée par les cartels mexicains rapporte 40 milliards de dollars ! Soit deux fois plus que les revenus pétroliers du pays. Le moustachu replet de 1,68 mètre est leader sur son marché depuis trois décennies et généreux sponsor de la classe politique. Au point que le magazine Forbes l’a intégré en 2009 dans sa liste des milliardaires.

 

Case départ. Joaquin Guzman Loera, alias El Chapo, photo­graphié à son arrivée à la prison d’Altiplano, à ­Almoyola (Mexique), le 8 janvier. Le patron du plus puissant cartel de la drogue s’était évadé de cet établissement de haute sécurité en juillet 2015.

 

Un oligarque, certes, mais sanguinaire. Parmi les 100 000 morts liés à la guerre des narcos depuis dix ans, 30 000 sont les victimes de ses sbires. Tués par balle, décapités ou encore dissous dans des bains d’acide. Lui-même ne montre aucune pitié. Les habitants se souviennent du traitement réservé à un homme qui eut le malheur de voler la voiture de sa première femme, Alejandrina. « Sais-tu ce qui va t’arriver ? » lui demande-t-il. « Vous allez me tuer. – Non, je ne vais pas te tuer, c’est elle », dit-il en montrant une panthère enfermée dans une cage. « Si on avait pu mettre El Chapo et Al Capone sur un même ring, le premier aurait mangé vivant le second », a dit un jour Jack Riley, le numéro deux de la DEA, agence antidrogue américaine.

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Pragmatique.

Pour l’heure, El Chapo vit maintenu à l’isolement dans la prison d’Altiplano, près de Mexico. « Il est déprimé, il a froid, je crains pour sa vie », dit son avocat. Placé sous la surveillance d’un commando et d’un berger allemand, il change de cellule tous les jours. Des geôles renforcées au sol par des plaques d’acier de 2 centimètres d’épaisseur. Car le Petit a une spécialité : le percement de tunnels. Il en a fait creuser une centaine près de Tijuana, à la frontière américaine, parfois dotés de l’air conditionné, afin de convoyer la drogue. Il veille aussi à en équiper les maisons qui lui servent de planques.

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C’est donc par un tunnel qu’il s’évade le 11 juillet 2015, alors qu’il séjourne en prison depuis dix-sept mois. Ce jour-là, à 20 h 52, il s’extrait de sa couchette, se glisse dans une ouverture de sa douche et descend une échelle. Dix mètres plus bas, il monte dans un chariot. Un complice, juché sur une moto Honda 125 montée sur rail, le tracte ensuite sur 1,5 kilomètre. Quinze minutes plus tard, il refait surface dans une maison. El Chapo est libre. Pendant dix mois, une vingtaine de ses hommes ont évacué l’équivalent de 400 camions de terre pour lui permettre de se faire la belle.

Récidiviste. En juillet 2015, El Chapo s’est fait la belle par le trou aménagé dans la douche de sa cellule (à gauche), menant à un tunnel long de 1,5 kilomètre creusé par ses hommes de main. En 2001, il s’était déjà échappé de la prison de Puente Grande dans un bac à linge, et n’avait été arrêté qu’en 2014 (à droite). 

 

La nuit même, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, fait route vers Paris pour une visite officielle. À bord de son avion, il joue aux dominos avec ses collaborateurs. Soudain, son secrétaire lui tend un téléphone. Le président s’isole puis revient, livide. « El Chapo s’est échappé », dit-il. « Comment ? » lui demande-t-on. « Apparemment, par un tunnel. » L’humiliation infligée par l’ennemi public numéro un est totale. « Le pouvoir devait rétablir son image aux yeux du monde », souligne le journaliste Ricardo Ravelo.

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Dix mille hommes lancés aux trousses d’El Chapo retrouvent sa trace dans le triangle d’or grâce à sa femme, Emma Coronel, une ex-reine de beauté, de trente-quatre ans sa cadette, mère de leurs jumelles. À l’issue d’une réunion de famille, le trafiquant a exigé qu’on aille chercher le singe de ses filles, Boots, laissé non loin de Mexico. Le beau-frère ramène la bête à bord d’une Ford Mustang rouge, suivie par les services de renseignement. Mais, à l’arrivée, El Chapo s’est volatilisé. Les militaires le localisent à nouveau à la faveur d’une rencontre inattendue : son interview organisée par la vedette de la télé mexicaine Kate del Castillo et l’acteur américain Sean Penn, aux confins de l’État de Sinaloa. Quatre jours plus tard, l’armée tente de l’encercler. Mais El Chapo passe à travers les mailles en fuyant, tel un citoyen lambda, avec l’enfant de sa cuisinière dans les bras. Sa cavale s’arrête dans la ville de Los Mochis, à l’issue d’un assaut mené contre une villa. Mexico promet désormais de l’extrader aux États-Unis. Fin de la saga ? « J’ai du mal à y croire, dit José Reveles, auteur d’un ouvrage sur le narcotrafiquant. Il aura peut-être du mal à s’évader à nouveau, mais c’est un pragmatique doté d’une grande intelligence. »

Intermédiaire. L’actrice mexicaine Kate del Castillo était en contact par textos depuis 2012 avec El Chapo. C’est elle qui a permis la rencontre avec l’acteur américain Sean Penn, que ce dernier a relatée dans « Rolling Stone », en janvier.

 

Corruption.

Et qui sait user de sa fortune. Coût de sa dernière échappée ? 50 millions de dollars. Un montant destiné à la construction du tunnel et, surtout, à « arroser » les fonctionnaires. À commencer par l’ancien directeur de la prison (aujourd’hui incarcéré dans son propre établissement) et l’ex-coordinatrice des prisons fédérales. Puis les membres de la Commission nationale de l’eau, « incités » à lancer le percement d’une canalisation afin de couvrir les bruits en provenance du tunnel. Enfin, les gardiens eux-mêmes : sur les 400 en fonction, seulement une cinquantaine assurent leur service le soir de l’évasion. Et pas les plus zélés. Témoin les images enregistrées par les caméras de la prison.

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« Commandant, vous m’écoutez ? lance un surveillant.
– Qu’est-ce qui se passe ?
– Il y a un trou dans la douche.
– De quelle taille ?
– Grand, commandant.
– Le détenu est encore là ?
– Non, commandant, il n’est plus là », répond l’autre en vérifiant nonchalamment à travers les barreaux.
Trois heures s’écouleront avant le déclenchement de l’alarme. Le temps pour le fugitif de rejoindre en voiture un petit avion Cessna et de s’envoler vers les montagnes de la Sierra Madre.

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El Chapo connaît la règle : se rendre toujours maître de la prison. L’avocat José Ortega Sanchez se souvient de sa rencontre avec le narcotrafiquant un jour de mars 2000. L’intéressé purge alors une peine de vingt ans au centre pénitentiaire de Puente Grande, près de Guadalajara. « Je suis arrivé à 10 heures du matin, mais il n’a accepté de me voir qu’à 23 heures, raconte l’avocat en tirant sur son cigare. Il m’a expliqué avoir reçu la visite d’une femme avant de se faire un hammam puis une sieste. Pendant l’entretien, ses codétenus lui apportaient des gâteaux et des sandwichs. C’était le roi. » Un roi qui offre même un salaire mensuel aux surveillants… Jusqu’à 3 000 dollars à celui qui se charge de faire la tournée des prostituées et de les lui ramener à bord d’une camionnette.

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Autant d’attentions qui lui permettront de s’évader en 2001, caché dans un bac à linge. Une fois en liberté, il reprend ses affaires en main. En 2004, il tente de faire transférer son frère Arturo, emprisonné et menacé de mort par les détenus d’un clan adverse. Un ancien fonctionnaire du ministère de l’Intérieur, soucieux de garder l’anonymat, confesse avoir cédé aux « pressions » d’El Chapo. « Sa belle-soeur est venue nous voir avec 16 valises Samsonite contenant 1 million de dollars chacune. J’en ai gardé trois et pendant des semaines j’ai rêvé à des voyages avec ma famille, relate-t-il avec une franchise déconcertante. Seulement, son frère a été tué trois jours avant son transfert. J’ai dû rendre l’argent. Ceux qui ont refusé ont été exécutés. Un de mes collègues a choisi de rejoindre le cartel. »

À Culiacan, en 2014. La ville salue la générosité de son « Robin des bois ».

Durant ses cavales, El Chapo n’omet jamais de rendre visite à sa mère, à La Tuna, où sont tous ses souvenirs. Enfant, c’est là qu’il vendait des oranges et s’initia au trafic d’opium de son père. « Il coloriait de faux billets et constituait des piles en les recomptant sans cesse », a raconté un jour sa mère. Dans les années 80, il entre au service d’un ancien policier devenu un baron local de la drogue et surnommé El Padrino, vieux compagnon de route du trafiquant colombien Pablo Escobar, tué en 1993. El Chapo grimpe les échelons et devient un as de la logistique. Tunnels, sous-marins, avions et, aujourd’hui, drones… tout est bon pour fournir le grand voisin américain.

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« Narco tour »

Le boss soigne néanmoins sa communauté. À Badiraguato, une ville de 30 000 habitants située à la lisière du triangle d’or, on vante ses bonnes oeuvres. « Ici, ce sont les gens du business qui nous aident », admet Leopoldo Uriarte, un adjoint qui veille à ne jamais citer le nom de son protecteur. « L’électrification, la réparation des toits et même l’église », poursuit-il en montrant l’édifice fraîchement repeint. Et puis l’édile se lâche : « Vous savez, ça ne date pas d’hier. Dans les années 40, notre région fournissait déjà de l’opium aux soldats américains ! » L’État de Sinaloa est indissociable du trafic de drogue. Exemple ? À Culiacan, à 40 kilomètres de la capitale, les militaires disposent de 10 hectares de pavot. « Ils revendent les semences », reconnaît un agronome du coin. Quant à l’actuel gouverneur, Mario Lopez Valdez, il n’a pas tardé à adopter les moeurs locales. En 2013, son ancien garde du corps a confié l’avoir accompagné à un rendez-vous avec El Chapo. Il n’a pas eu le temps d’en dire davantage : son corps a été retrouvé décapité au bord d’une route.

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La visite du cimetière de Culiacan est également éloquente. Les narcos s’offrent des caveaux à 1 demi-million de dollars, équipés du Wifi, de caméras et de l’air conditionné. L’un d’eux a même obtenu de reposer pour l’éternité encadré des deux couteaux qu’il utilisait jadis pour écorcher ses ennemis ! La ville a une autre particularité : elle est parsemée de croix en hommage aux victimes des sicarios, les tueurs à gages des cartels. L’une d’elles, plantée au milieu du parking d’un centre commercial, honore la mémoire d’Edgar Guzman, fils d’El Chapo, assassiné le 30 avril 2008. Un règlement de comptes qui a laissé 500 douilles sur le sol.

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Culiacan vit noyée sous l’argent de la drogue. Dans l’avenue principale, saturée par les bureaux de change, les filles des narcos arrivent au volant de grosses cylindrées, baissent la vitre teintée et présentent une liasse de dollars aussitôt changés en pesos par des gamines installées sous un parasol. Diego, un organisateur de fêtes privées, connaît tous les résidents. « Ici, c’est la maison d’un ancien ami de Pablo Escobar, il a dans son garage une voiture de course McLaren, dit-il. Et là, un terrain de foot grandeur nature pour ses enfants. » Diego poursuit son « narco tour ». « Celui-ci a fait disparaître trois types qui avaient déclenché une bagarre chez lui », raconte-t-il en longeant un mur d’enceinte de 200 mètres. « Là, c’est la maison de la mère d’El Mayo, le numéro deux du cartel de Sinaloa, et celle-ci appartient à la première femme d’El Chapo », conclut-il en désignant une demeure bordée de ficus soigneusement taillés. Non loin de là se dresse une autre maison, de quatre étages. Son propriétaire ? Un chef régional de la police rémunéré 500 000 dollars mensuels par le cartel.

Assaut. Vidéo des commandos mexicains devant la planque d’El Chapo, le 8 janvier. 

El Chapo aime Culiacan. Même en fuite, il descend au Las Palmas, son restaurant favori. Sur place, les serveurs démentent. « On ne l’a jamais vu, on dit ça pour nous nuire », balaie l’un d’eux. L’histoire, révélée par la presse locale, est pourtant authentique. Peu avant son arrivée, deux hommes font irruption dans l’établissement. « Bonjour, ne vous inquiétez pas, nous allons fermer le restaurant, annoncent-ils. Une personne importante arrive. Veuillez nous remettre vos portables et poursuivez votre repas. Nous paierons l’addition. » Puis El Chapo entre et se présente. « Joaquim Guzman », dit-il en serrant la main de chaque client. Il s’isole ensuite avec une quinzaine d’hommes dans un salon privé. Au menu : viande et fruits de mer. Deux heures plus tard, il s’en va par une porte dérobée. Les clients peuvent alors récupérer leurs téléphones.

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« Je vous désire de tout mon coeur… Ma mère veut vous voir ; je lui ai parlé de vous »

À Culiacan, les restaurants huppés regorgent de narcos. C’est le cas du Mar and Sea, un établissement jadis fréquenté par les fils d’El Chapo et dont les écrans de télé diffusent des matchs de baseball. Ce soir, le journaliste Javier Valdez y dîne. Il confie sa peur éprouvée à chacune de ses enquêtes et se livre à un décompte. « Il y a ici 21 clients et seuls ces deux-là n’appartiennent pas au milieu », dit-il en pointant un couple de retraités. Les autres, chaînettes et montres en or au poignet, roucoulent aux côtés de beautés en minijupes. Car un narco doit s’afficher en galante compagnie. El Chapo ne fait pas exception. Témoin sa relation passionnée avec la star mexicaine Kate del Castillo, 44 ans, héroïne d’un feuilleton retraçant l’histoire d’une femme chef de cartel. Avant leur première rencontre, début octobre, El Chapo avait chargé son avocat de remettre à l’actrice un téléphone BlackBerry afin qu’ils puissent communiquer. L’homme en fuite ignorait alors tout de Sean Penn, avec lequel la Mexicaine souhaitait lui rendre visite. Il accepte finalement de les rencontrer tous les deux dans l’un de ses ranchs, appâté par un projet de film sur sa vie que mûrit Kate. « Je vous désire de tout mon coeur… Ma mère veut vous voir ; je lui ai parlé de vous », lui écrit-il dans ses textos. « Je n’ai pas beaucoup dormi, je suis excitée par notre histoire », répond-elle. D’autant que l’actrice souhaite voir El Chapo investir dans sa distillerie de tequila.

Soulagés. Le président mexicain Enrique Peña Nieto et la procureur ­générale Arely Gomez se félicitent de l’issue de la traque, le 8 janvier. 

Prothèse.

Après ce premier contact, le narco n’a plus qu’une obsession : la revoir. Il se rend même dans une clinique à Tijuana où il se fait poser une prothèse au niveau du pénis, destinée à prolonger ses érections. « Je suis très surpris car il a tout fait pour se faire repérer, explique au Point Mike Vigil, l’ancien chef des opérations internationales de la DEA. Il n’aurait pas été pris s’il était resté dans la montagne sans téléphone. »

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« Les femmes sont sa faiblesse », renchérit l’ex-vice-procureur Samuel Gonzalez Ruiz, longtemps à sa recherche dans les années 90. De fait, El Chapo s’impatiente. Il veut s’installer dans une grande ville, plus facile d’accès pour ses rendez-vous. Il choisit Los Mochis, pourtant contrôlée par un gang ennemi. « C’est de la folie », prévient Orso Ivan Gastelum, dit El Cholo, son chef de la sécurité. El Chapo passe outre. Il arrive un soir dans une villa camouflée par des oliviers. Dans la nuit, les commandos de la marine donnent l’assaut. « Ça tirait de partout, on est restés à terre pendant deux heures », dit une voisine. El Chapo et son acolyte parviennent à s’enfuir par un tunnel dissimulé derrière le miroir de la salle de bains et ressortent par une bouche d’égout 1 kilomètre plus loin. Ils sont finalement interpellés par deux membres de la police fédérale alors qu’ils roulent à bord d’une voiture volée. « Vous savez qui je suis ? lance El Chapo. Si vous nous conduisez où on veut, vous aurez 5 millions de dollars. » Les policiers sont inflexibles. « Vous allez mourir », leur dit-il. Depuis, les fonctionnaires ont été mutés dans un autre État et prient pour que le baron de la drogue ne tienne jamais sa promesse.

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Le roi de l’évasion.

1954 Naissance à La Tuna (Etat de Sinaloa).
1989 Prend la tête du cartel de Sinaloa.
1993 Arrêté à la frontière du Guatemala et condamné à vingt ans de prison.
2001 S’évade de la prison de Puente Grande, caché dans un bac à linge.
2007 Epouse Emma Coronel, 18 ans, gagnante d’un concours local de beauté.
Février 2014 Arrêté dans une station balnéaire après treize ans de cavale.
Juillet 2015 S’évade de la prison de haute sécurité d’Altiplano, près de Mexico.
Janvier 2016 Arrêté à Los Mochis.

Et pendant ce temps, le trafic continue…

Fin de cavale. El Chapo juste après son ­arrestation à Los Mochis, le 8 janvier.

« L’organisation peut se passer d’El Chapo. » Jorge Carrasco, journaliste au magazine Proceso, n’a aucun doute. L’arrestation de Guzman n’entamera pas la puissance du cartel de Sinaloa, construit à l’image d’une fédération et reposant sur des groupes autonomes. D’autant que le bras droit du narcotrafiquant inspire le respect. Ismael Zambada Garcia, dit El Mayo, vit caché en montagne depuis quarante ans et n’a jamais été arrêté. Reste une question : le rôle des fils de Guzman, Ivan et Alfredo, deux de ses neuf enfants, également très impliqués dans le réseau. Les deux frères, connus pour leur goût pour les Ferrari, les tigres et les kalachnikovs plaquées or, incarnent une nouvelle génération, plus violente et moins tentée de corrompre la classe dirigeante. « Ils font peur car ils risquent de déstabiliser le business », confie un ancien gradé de la police de Culiacan.

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