Le pédiatre syrien Mohammad Wassim Maaz a été tué mercredi avec quatre collègues et 22 civils lors des frappes aériennes contre l’hôpital al-Quds, à Alep.

Photo prise le 20 février 2016 et publié le 29 avril, 2016 par l'Association indépendante Médecins (IDA), une ONG humanitaire syrienne, montrant le médecin syrien Mohammad Wassim Maaz travaillant à l'hôpital pédiatrique d'Alep.

Dans la ville syrienne d’Alep ravagée par la guerre, le docteur Mohammad Wassim Maaz s’était donné pour mission de sauver les enfants avant que la mort ne le happe à son tour. Barbe noire bien taillée, regard perçant, corps rond et doté d’un solide sens de l’humour, le docteur Maaz « était considéré comme le meilleur pédiatre et en tout cas un des derniers à être resté dans cet enfer », ont confié ses collègues.

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Seuls ses yeux cernés laissaient entrevoir l’immense fatigue de celui qui, jour après jour, sans relâche, tentait de sauver les enfants malades ou blessés par les bombardements du régime sur les quartiers tenus par les rebelles à Alep, la deuxième ville de Syrie.

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Mercredi, sa vie a été fauchée, ainsi que celle d’un dentiste, de trois infirmiers et de 22 autres civils dans un bombardement aérien sur l’hôpital al-Qods, situé en zone rebelle, dans cette ville coupée en deux depuis juillet 2012 entre secteur gouvernemental et rebelle.

L'hôpital al-Qods à Alep a été bombardé.

A l’hôpital pour enfants le jour, aux urgences la nuit.

Le docteur Maaz est devenu une nouvelle victime de cette guerre qui a fait plus de 270.000 morts depuis 2011. 13.500 enfants ont été tués dans les combats, selon un bilan donné en février par l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
A Alep, le docteur Maaz
en a sauvé des dizaines d’un tel sort.

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Pour son collègue le Dr Hatem, directeur d’un hôpital pour enfants à Alep, il était « le pédiatre le plus qualifié de la ville et le plus formidable de l’hôpital ». « Il était amical et blaguait souvent avec l’équipe. Il était humain et courageux », écrit-il dans une lettre publiée jeudi par la campagne « Syria campaign ».

Photographie transmise le 29 avril 2016 par l'Association ds médecins indépendants , montrant le docteur M

Originaire d’Alep, le Dr Maaz travaillait la journée à l’hôpital pour enfants et s’occupait des urgences durant la nuit à l’hôpital al-Qods. Sa famille se trouvait en Turquie et il devait lui rendre visite avant que la mort l’emporte. Lorsque les bombardements se sont intensifiés quelques jours avant le raid fatal, lui et le reste de l’équipe ont fait descendre les couveuses au rez-de-chaussée pour les protéger.

Des secours interviennent après des bombardements à Alep, en Syrie, le 29 avril 2016

Une « tragédie » dans une ville meurtrie par les bombes.

Pour Mirella Hodeib, porte-parole à Beyrouth de Médecins sans frontières (MSF), qui soutenait financièrement al-Qods, Dr. Maaz « était un pédiatre très dévoué et avait choisi de risquer sa vie pour aider la population d’Alep », une ville meurtrie par les destructions, les bombes et les coupures d’eau ou d’électricité. « Al-Qods était le principal hôpital pour enfants et il était un important pédiatre. Il travaillait dans cet établissement depuis des années. Sa disparition est une terrible perte ».

Mirella Hodeib

 

Jointe par téléphone à Kilis (Turquie), Miskilda Zancada, chef de mission de MSF en Syrie, a qualifié sa mort de « tragédie ». « Il ne reste plus que 70 à 80 médecins pour 250.000 habitants dans la partie non gouvernementale (de la ville d’Alep) car 95% d’entre eux sont partis ou ont été tués », souligne-t-elle. Chaque jour, la vie devient ainsi de plus en plus difficile pour les habitants d’Alep. Or, ajoute Miskilda Zancada, « ceux qui sont restés sont les plus vulnérables car ils n’ont pas les moyens financiers de partir ».

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200 morts en une semaine.

Le secrétaire général de l’ONU Ban Ki-Moon a qualifié d’« inexcusable » l’attaque contre l’hôpital al-Qods, demandant à ce que « justice soit faite pour ces crimes ». Les bombardements d’hôpitaux sont formellement interdits par le droit international humanitaire.

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La ville d’Alep, dans le nord de la Syrie, a connu jeudi sa journée la plus meurtrière en une semaine avec 53 civils tués dans des bombardements. Le régime syrien se prépare à lancer une offensive pour reconquérir Alep et la province du même nom, qui lui échappe depuis quatre ans, en intensifiant les bombardements qui ont fait près de 200 morts en une semaine.

L'armée syrienne va bientôt lancer la bataille d'Alep

« Il est temps de lancer la bataille pour la libération complète d’Alep », a annoncé jeudi à Damas al-Watan, un quotidien bien informé et proche du pouvoir. « Ce n’est pas un secret que l’armée syrienne et ses alliés ont préparé cette bataille décisive pour purifier Alep des terroristes », assure le journal. Le régime désigne par « terroristes » tous ses opposants armés.

Des raids intenses menés par l'armée de l'air du régime ont à nouveau frappé le quartier populaire de Boustane al-Qasr, à Alep.

Des secours interviennent après des bombardements à Alep, en Syrie, le 29 avril 2016

Syrie: arrêt des hostilités sur deux fronts, 30 morts à Alep.

Les combats ont cessé samedi sur deux fronts en Syrie après l’entrée en vigueur d’un accord russo-américain qui ne concerne cependant pas la ville d’Alep où des bombardements ont fait 30 morts la veille.

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Selon l’armée syrienne, l’arrêt des combats doit durer 24 heures dans la région de la Ghouta orientale, une zone rebelle à l’est de Damas, et 72 heures dans celle de Lattaquié, un fief du régime dans l’ouest syrien.

Les combattants ont déposé les armes dans le nord de la province de Lattaquié et dans la Ghouta orientale, a indiqué dans la nuit de vendredi à samedi l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH), qui dispose d’un vaste réseau de militants et de sources médicales en Syrie.

L'armée syrienne annonce un "régime de calme" à Lattaquié, Damas

«C’est calme à Lattaquié et dans la Ghouta orientale. Il n’y a pas de tirs pour le moment», a déclaré à l’AFP Rami Abdel Rahmane, président de cette ONG basée en Grande-Bretagne.

Après l’appel qu’avait lancé jeudi l’émissaire de l’ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura, à réactiver la trêve, Russes et Américains avaient annoncé vendredi un accord a minima sur l’arrêt des hostilités sur deux fronts, mais pas à Alep, la deuxième ville de Syrie.

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L’agence de presse russe Ria Novosti avait fait état de «l’introduction d’un processus de détente» dans ces régions «à partir de (vendredi) minuit».

Michael Ratney, l’émissaire spécial américain pour la Syrie, avait confirmé «un nouvel engagement de cessation des hostilités (…) samedi à 00H01 (vendredi 21H01 GMT)». Mais «nous discutons avec la Russie pour arriver rapidement à un accord» sur Alep, avait concédé le diplomate américain.

Des combats opposent depuis des semaines les troupes du régime aux rebelles dans le nord-est de la province côtière de Lattaquié, bastion de la communauté alaouite à laquelle appartient la famille du président syrien Bachar al-Assad. En outre, l’armée et ses alliés tentent de progresser dans la Ghouta orientale, région considérée comme le réservoir de la rébellion près de la capitale.

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A Alep, en proie à de violents combats malgré la trêve imposée le 27 février, plus de 230 civils ont péri en une semaine dans des bombardements. La ville est divisée depuis 2012 entre secteurs rebelles et gouvernementaux.

Treize personnes ont péri vendredi dans les quartiers tenus par le régime et 17 du côté des rebelles, selon l’OSDH. Des dizaines de personnes ont été blessées.

L’aviation du régime a également frappé une clinique dans la partie rebelle d’Alep, blessant plusieurs personnes, selon la défense civile.

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Attaques aveugles.

«Il ne peut y avoir aucune justification à ces actes épouvantables de violence visant délibérément des hôpitaux et des cliniques. Des gens continuent à mourir dans ces attaques. Il n’y a désormais plus de lieux sûrs à Alep. Même dans les hôpitaux», a commenté Marianne Gasser, à la tête du Comité international de la Croix-Rouge (CICR) en Syrie.

De crainte de nouveaux bombardements, la prière du vendredi des musulmans a été suspendue dans les quartiers rebelles.

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Et en ce Vendredi saint pour les orthodoxes, Nour Chmeilane, une chrétienne de 25 ans d’un quartier d’Alep-ouest, a renoncé à aller à la messe. «Nous avons mis nos affaires dans une seule valise et nous nous préparons à partir à tout moment», témoigne-t-elle.

A Washington, le département d’Etat a rendu compte d’un nouvel appel téléphonique entre le secrétaire d’Etat John Kerry et son homologue russe Sergueï Lavrov au cours duquel ils ont parlé du «renforcement de la cessation des hostilités dans des régions de Syrie».

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Du côté de l’opposition syrienne, le Haut comité pour les négociations (HCN), l’instance chargée de représenter les principaux groupes de l’opposition aux négociations de paix avec le régime à Genève, a dénoncé dans une lettre à Ban Ki-moon «des attaques aveugles contre les civils» à Alep.

«Ce n’est pas le moment de parler de processus politique après les massacres horribles et les violations systématiques de la trêve», a écrit sur Twitter Riad Hijab, coordinateur du HCN.

Le dernier cycle de pourparlers indirects s’est déroulé à Genève du 13 au 27 avril, sans avancée, le HCN ayant quitté cette ville pour dénoncer les bombardements à Alep.

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Depuis 9 jours, Alep est redevenue un enfer. Ce samedi à l’aube, les habitants de l’ex-capitale économique syrienne, sous le feu ininterrompu du régime de Bachar al-Assad, fuyaient de nouveau par dizaines leurs quartiers par peur des raids.

« La situation est devenue insupportable », déclare à l’AFP Abou Mohammad, marchand d’électroménagers parti de son domicile avec sa femme et ses cinq enfants. « Un de mes bambins est terrifié par les bombes et, depuis une semaine, plus personne ne vient acheter chez moi. Tout est paralysé ».

Dans la zone rebelle, à l’est de la ville, les rues sont désertes, les magasins fermés. La journée de samedi a été terrible : au moins 20 raids, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme. Depuis le 22 avril, l’OSDH a compté au moins 246 civils tués par les bombardements et les tirs de l’armée. Une situation d’autant plus insupportable que dans le reste du pays, la trêve temporaire semble tenir.

La ville pleure l’héroïque docteur Maaz.

L’Unicef a rendu hommage vendredi au docteur Mohammed Wassem Maaz, l’un des derniers pédiatres de la ville, dont la vie a été fauchée mercredi par une attaque sur son hôpital d’al-Qods. L’AFP dressait dans le même temps son portrait :

 Barbe noire bien taillée, regard perçant, corps rond et doté d’un solide sens de l’humour, seuls ses yeux cernés laissaient entrevoir l’immense fatigue de celui qui, jour après jour, sans relâche, tentait de sauver les enfants malades ou blessés par les bombardements ». 


Le Dr Maaz, photographié le 20 février 2016.

Originaire d’Alep, ce trentenaire travaillait la journée à l’hôpital pour enfants et s’occupait des urgences la nuit à l’hôpital al-Qods. Sa famille, réfugiée en Turquie, devait lui rendre visite avant que la mort ne l’emporte.

« Il était totalement dévoué au service des habitants […] Il faisait des examens de santé à une centaine d’enfants par jour », témoigne Samar Hijazi, responsable des archives dans l’hôpital, auprès de l’AFP. « L’hôpital était en quelque sorte sa maison. Il y restait jusqu’à la nuit ».

« Une fois, je l’ai vu pleurer car il n’avait pas réussi à sauver un enfant atteint d’une hémorragie interne après avoir été touché par la balle d’un tireur embusqué ».

Miskilda Zancada, chef de mission de MSF en Syrie, a qualifié sa mort de « tragédie » : « Il ne reste plus que 70 à 80 médecins pour 250.000 habitants dans la partie non gouvernementale [de la ville] car 95% d’entre eux sont partis ou ont été tués », souligne-t-elle.

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