Lors d’une mobilisation jeudi, des policiers sont intervenus de manière musclée, matraquant aussi bien des manifestants que des journalistes.

Loi Travail : des policiers foncent sur la foule à Rennes, la bavure de trop ?

« C’est le débordement de trop ! », souffle Xavier Debortride, coprésident du Club de la presse de Bretagne, regroupement de journalistes locaux.
« Les interventions musclées se multiplient, entravant le droit d’informer lors du matraquage de journalistes. »
L’association annonce, ce vendredi 3 juin, avoir saisi le Défenseur des droits, après les violences qui ont émaillé la manifestation contre la loi Travail à Rennes de jeudi.

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Petit retour en arrière.
En milieu de journée, jeudi 2 juin, un cortège d’environ 1.200 manifestants contre la loi El-Khomri arrive dans une ambiance festive devant la préfecture d’Ille-et-Vilaine à Rennes. Les forces de l’ordre sont présentes en nombre devant l’établissement, armures et boucliers serrés.

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Vers 14h30, une partie du cortège (environ 500 personnes) décide de se diriger vers la rocade de Rennes, à une demi-heure à pied.

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« Le trajet se transforme en jeu du chat et de la souris entre manifestants et policiers », raconte Vincent Feuray, photographe indépendant, présent sur place pour couvrir la manifestation. « Ça a duré jusqu’à la rocade. »

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« On aurait dit une traque »

Une partie des manifestants (environ 300) réussit à investir la route N12, sur une portion permettant d’accéder à la rocade, formant un nouveau cortège. C’est là que ça dérape. « Cinq fourgons de police ont traversé la foule en convoi à vive allure pour atteindre la tête du cortège », raconte Emmanuel Brossier, photographe indépendant, également présent pour couvrir l’événement.

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« Ils avaient ouvert les fenêtres pour diffuser au passage des gaz lacrymogènes sur les manifestants et pour donner des coups de matraques », précise Vincent Feuray. « Les policiers de la Brigade d’intervention de Rennes sont alors sortis et ont commencé à donner des coups de matraque à tout-va. Ils ne voulaient pas que les manifestants atteignent la rocade. »

Sur le site militant Révolution Permanente, un étudiant présent sur place témoigne, sous couvert d’anonymat :

« De tous les côtés, [les policiers] frappaient tout le monde, le sourire aux lèvres, en criant ‘on va tous les niquer’. Les manifestants se sont ensuite faits poursuivre dans les ruelles, on aurait dit une traque. »

France-3 a pu capter une partie de la scène, montrant des policiers sans immatriculation et pour certains masqués :

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/rennes-des-manifestants-et-des-journalistes-victimes-de-violences-policieres-1013565.html# &raquo

« Une baffe qui m’a déboussolé »

Plusieurs journalistes et photographes suivaient les manifestants, regroupés en « pool presse », poursuit Emmanuel Brossier, pour « éviter de se faire prendre à partie ». Les imposantes inscriptions du mot « presse » sur leurs casques, blousons ou sacs à dos ne suffiront pas à dissuader les forces de l’ordre.

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Dès sa sortie du fourgon, un policier donne – « sans sommation » – un violent coup de matraque à la jambe d‘Emmanuel Brossier. Un second l’attrape, raconte-t-il, lui met un coup de pied à l’arrière du genou, lui dit « de partir », avant de lui infliger un nouveau coup de matraque à la jambe, puis un ultime coup à la tête – « une sorte de baffe qui m’a déboussolé ».

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De son côté, Vincent Feuray se prend un coup de matraque de face sur le casque. Le coup est d’une telle violence qu’il en tombe à terre, étourdi.

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Un journaliste de France-3, qui essuie aussi un coup de matraque, filme la scène :

http://m.france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/ille-et-vilaine/rennes/rennes-des-manifestants-et-des-journalistes-victimes-de-violences-policieres-1013565.html# &raquo

Ouverture d’une enquête.

Lors d’une conférence de presse, le nouveau préfet d’Ille-et-Vilaine et de Bretagne, Christophe Mirmand, tente de pondérer l’incident. « Il y avait 20 fonctionnaires de policemais 300 manifestants particulièrement déterminés en face d’eux », explique-t-il. Avant de rappeler que les policiers avaient pour mission d’interdire l’accès des manifestants à la rocade de Rennes.

A Rennes, la police charge les manifestants en voiture

« Pour cette raison, ils ont été obligés de déborder les manifestants dans des conditions de rapidité qui ont pu apparaître à certains comme un signal d’agressivité à leur égard. Ça n’était pas le cas. Il y a eu la volonté de s’interposer, pour ce faire il fallait bien passer, contourner les manifestants.. »

« S’il y a eu des violences, je les déplore, je les regrette, naturellement », assure le préfet, qui verra « si matière il y a le cas échéant à demander à ce qu’une enquête administrative puisse être mise en œuvre ».

Violences policière en marge d'une manifestation contre la loi Travail à Rennes, jeudi 2 juin

La députée-maire de Rennes, Nathalie Appéré, a fait savoir qu’une enquête va être ouverte « pour sanctionner tout manquement ».

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Vers une plainte des journalistes.

Cinq manifestants ont été pris en charge aux urgences pour de violents coups de matraque, et un sixième est resté en observation toute la nuit, après s’être blessé à l’œil en tombant dans un fossé, après un coup de bouclier, a-t-il expliqué à l’AFP.

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De leurs côtés, un total de six journalistes se sont vus violentés dans « l’exercice de leur métier », rapporte le Club de la presse de Bretagne. « C’est le droit d’informer qui a été attaqué », appuie Xavier Debortride.

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Emmanuel Brossier dit « réfléchir » avec ses confrères au dépôt d’une plainte, avec ses « deux gros bleus » aux jambes comme preuve. « Même si ça ne mènera à rien, on en a ras-le-bol », souligne le photographe de 26 ans. « C’est loin d’être la première fois avec la Brigade d’intervention. On a de plus en plus de problème avec les policiers… »

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Constat partagé par son confrère Vincent Feuray, 34 ans :

« La violence dans les manifestations, aussi contre les journalistes, c’est devenu du quotidien. Ce mois-ci, j’ai dû me prendre quatre coups de pied, en plus du coup de matraque d’hier [jeudi]. C’est en train de monter crescendo, et on commence à être tous fatigués… »

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Le préfet Christophe Mirmand veut rappeler que les interventions des forces de l’ordre se font dans des « conditions extrêmement difficiles » depuis plusieurs mois sur des manifestations très tendues.

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 Il n’y a eu aucune interpellation à Rennes après l’intervention des forces de l’ordre.
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