Avec la sortie des Britanniques de l’UE, la Russie se débarrasse des plus ardents défenseurs des sanctions en Europe. Au grand dam de l’Ukraine.

Vladimir Poutine en 2015. Le président russe espère bien voir lever les sanctions européennes qui le frappent depuis l'invasion de la Crimée. 

« Une victoire géante pour la politique étrangère de Poutine. »
Michael McFaul, ex-ambassadeur américain en Russie, n’a aucun doute : le Brexit fait les affaires du maître du Kremlin. « Je le félicite sincèrement », ajoute-t-il. Dans son tweet le diplomate n’en dit pas davantage, mais à ses yeux Moscou tire profit du coup de massue asséné à l’Union européenne.

Il lance une pétition... pour demander l'indépendance de Londres

D’abord parce que les sanctions décidées il y a deux ans à l’encontre de la Russie par Bruxelles perdent leur plus ardent défenseur. Lors de la crise ukrainienne, le Royaume-Uni a été en première ligne pour punir « l’agresseur russe ». Certes, Londres ne déserte pas encore les instances européennes, mais sa voix pèsera moins lourd. « Il n’y aura plus personne au sein de l’Union européenne pour promouvoir les sanctions avec autant de zèle », se réjouit le maire de Moscou Sergueï Sobianine. Avant le référendum David Cameron, lui-même, soulignait que « Poutine serait content de voir son pays quitter l’Union européenne ».

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« Le tout ou rien ne marche pas ».

D’autant que d’autres pays membres fléchissent. À commencer par l’Allemagne. « L’approche du tout ou rien ne marche pas », prévient le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier, favorable à une levée progressive des sanctions. Un sentiment partagé à Rome. En signe d’apaisement, le président du Conseil italien Matteo Renzi a même participé le 17 juin au forum économique de Saint-Pétersbourg aux côtés de Poutine. Sans parler de la Grèce et de la Hongrie qui ne cessent d’appeler à la fin des représailles contre la Russie.

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du BrexitDu côté de David Cameron, c’est la soupe à la grimace. La victoire du « Leave » a scellé son destin politique :…

Résultat, si les 28 ont à nouveau décidé de prolonger les sanctions de 6 mois, ils peineront à les maintenir en 2017. Une perspective qui glace déjà l’Ukraine. « Il ne faut pas laisser une seule chance aux opposants de l’intégration européenne et à leurs généreux sponsors », met en garde son président Petro Porochenko en pointant le voisin russe. Poutine, lui, affiche sa sérénité. Depuis l’Ouzbékistan, où il participe à un sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai, il résume ainsi sa pensée : « Tout rentrera dans l’ordre, il n’y aura pas de catastrophe globale et, s’il le faut, nous ajusterons nos relations avec nos partenaires européens. » Certes.

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du BrexitL’ex-maire de Londres Boris Johnson, figure du « Vote Leave » (« Votez la sortie ») et possible successeur de Cameron…

BREXIT.

Brexit By: muffinn - CC BY 2.0

Près de 3 millions de signatures pour un nouveau référendum : ils ne s’avouent pas vaincus.

Une pétition demandant de revenir sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE a déjà recueilli plus d’un million de signatures. Une autre, plus fantaisiste, demande l’indépendance de Londres.

BREXIT. Près de 3 millions de signatures pour un nouveau référendum : ils ne s'avouent pas vaincus

Baroud d’honneur.

Parmi les 16 millions de Britanniques qui se sont prononcés jeudi 23 juin pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union européenne, avec 48% des voix – contre 51,9% pour le « Brexit » – certains refusent de s’y résoudre.

Près de 3 millions de partisans du « remain » (« rester ») ont ainsi signé une pétition sur le site du Parlement britannique demandant que « en cas de victoire du Brexit à moins de 60% des voix, un autre vote soit organisé ».

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Près de 3 millions de signatures.

Lancée vendredi, la pétition a attiré de très nombreux visiteurs. Samedi à la mi-journée, elle avait dépassé le million de signatures – 2.859.275 ce dimanche matin.

Le gouvernement répond à toutes les pétitions qui obtiennent plus de 10.000 signatures. Mieux, le Parlement se doit d’examiner une pétition à partir du moment où elle dépasse les 100.000 signataires. Mais cet examen, sous forme d’un débat, n’engage à aucun vote ou aucune décision et ne peut en aucun cas remettre en question le résultat du référendum.

La pétition est un reflet des profondes divisions du pays apparues à l’occasion du référendum, jeunes contre vieux, Ecosse, Irlande du Nord et Londres contre périphéries des grandes villes et campagnes notamment..

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du BrexitPas de triomphe modeste, en revanchez, chez les militants pro-Bexit, ici photographiés à Londres.

Une pétition pour l’indépendance de Londres.

Londres indépendant ! Sadiq Kahn président ! Vive le Lexit ! Autre illustration de cette rupture entre la capitale et les campagnes, alors qu’environ 60% des habitants de la capitale britannique ont voté contre la sortie de l’Union européenne, une pétition, plus fantaisiste celle-ci, a été lancée pour réclamer…

l’indépendance de Londres.

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du BrexitEt à l’étranger ? Le visage fermé, la chancelière allemande Angela Merkel a regretté « un coup porté à l’Europe« .

Il lance une pétition… pour demander l’indépendance de Londres

A l’origine de ce coup de gueule à l’humour très british hébergé par le site change.org, James O’Malley,  journaliste indépendant anglais de 29 ans. Sa pétition a déjà recueilli plus de 130.000 soutiens.

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« Soyons réalistes. Le reste du pays n’est pas d’accord avec nous. Alors au lieu de continuer de voter de manière passive agressive l’un contre l’autre à chaque élection, officialisons le divorce et déménageons avec nos amis du continent », ironise le Britannique sur le site de la pétition.

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du Brexit… un coup de massue frappe les militants du « Remain », qui défendaient l’intégration à l’Union européenne.

Le journaliste a adressé sa pétition au maire de Londres, Sadiq Khan, à qui il demande de proclamer l’indépendance de capitale et de rejoindre l’Union européenne.

« Maire Sadiq, ne préféreriez-vous pas être Président Sadiq ? Il ne tient qu’à vous que cela arrive ! »

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« C’est parti comme une blague, un cri de frustration et de désespoir. Je pensais réunir 100 ou 200 signatures maximum. Je n’en reviens pas », a déclaré le jeune journaliste à l’AFP.

« La pétition #londependence a atteint les 100.000 signatures en une journée. Putain de merde », écrivait-il ce matin sur Twitter.

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Une autre pétition pour que « Londres reste dans lUnion européenne » atteignait les 16.000 signatures samedi midi. Un compte Twitter @London_Stays (Londres reste) milite dans le même sens.

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Capitale cosmopolite.

Vendredi soir, 400 militants pro-UE ont également défilé à travers la capitale pour protester contre le Brexit. « On a peur, tous ces gens formidables ici ont peur », dénonçait l’une des manifestantes, Polly Butler, une étudiante de 22 ans. Dans les arrondissements du centre de la mégapole cosmopolite, l’adhésion à l’Europe dépasse les 75%.

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Sadiq Khan lui-même a publié dès vendredi un communiqué dans lequel il réclame que Londres soit associée aux négociations de sortie de l’UE et « reste un membre du marche unique ».

« Il est crucial que Londres ait voix au chapitre pendant ces renégociations, comme l’Ecosse et l’Irlande du Nord », a-t-il dit. S’adressant directement aux immigrés européens, il les a assurés qu’ils étaient « toujours les bienvenus à Londres« .

PHOTOS. Sourires ou consternation : les visages du BrexitNigel Farage est extatique : à l’instant de cette photo, le président du parti populiste Ukip, grand moment de solitude…

Brexit. 3 millions de signatures : la folle histoire d’une pétition « détournée ».

Brexit. 3 millions de signatures : la folle histoire d'une pétition "détournée"
Les Britanniques ont voté à 51,9% pour une sortie de l’Union européenne. 

Le profil de l’auteur de la pétition est en effet très intéressant… puisqu’il s’agit d’un pro-Brexit !

Plus de 3 millions de signataires ! La pétition en ligne adressée au Parlement britannique pour réclamer l’organisation d’un nouveau vote sur le Brexit a explosé tous les records au Royaume-Uni, assure metro.co.uk !

Elle rencontre tellement de succès que le site du Parlement, sur lequel elle a été postée, a connu quelques difficultés, lors des premières heures, pour accueillir le trafic des très nombreux signataires.

Mais qu’espèrent encore ces pétitionnaires ? S’agit-il d’un baroud d’honneur ou peuvent-ils vraiment faire revoter les Britanniques ? On répond à toutes vos questions.

Que demandent les signataires de cette pétition ?

Plus de 3 millions de partisans du « remain » (« rester »), anti-Brexit, ont signé cette pétition sur le site du Parlement britannique. 3.036.591 pétitionnaires, à l’heure où nous écrivons ces lignes. Et le chiffre ne cesse d’augmenter…

Le texte de la pétition, portée par un certain William Oliver Healey, demande au gouvernement britannique d’instaurer « une règle » pour qu’un second référendum soit organisé « en cas de victoire du ‘remain’ (‘rester’) ou du ‘leave’ (‘partir’) à moins de 60% des voix, ou si la participation n’atteint pas les 75 % ».

Cette pétition avait été postée le 25 mai, donc bien avant les résultats du vote. Ce qui explique que le texte évoque la victoire du « remain » ou du « leave ». Sauf que le vote en faveur du Brexit, jeudi, n’a justement recueilli que 51,9% des voix, pour une participation de seulement 72% des inscrits !

Pour les partisans du « remain » qui ne veulent pas déposer les armes, cette pétition, qui n’avait recueilli que quelques signatures avant le vote, est donc un nouvel espoir face au séisme annoncé que représente la sortie de l’Union européenne. Le nombre de signataires a donc explosé après le résultat du scrutin.

Qui sont les signataires de cette pétition ?

3.036.591 personnes ont signé la pétition, à 11h50 ce dimanche matin. Assez logiquement, il est très probable qu’une grande partie d’entre elles font partie des 16,1 millions d’électeurs ayant voté contre la sortie du Royaume-Uni de l’UE.

Mais on imagine aussi que certains signataires n’ont pas voté lors du référendum (notamment les jeunes, puisqu’il n’y a pas de restriction d’âge pour signer la pétition), ou ont voté pour le Brexit et appartiennent désormais à cette frange des Britanniques qui regrettent déjà leur vote, influencés par une campagne souvent démagogique de la part des pro-Brexit.

Brexit : le leader de l’Ukip avoue déjà qu’une promesse du camp du « Leave » est intenable.

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Pour voter, il suffit néanmoins de cocher une case attestant que vous êtes bien un citoyen britannique ou résident au Royaume-Uni et de fournir un code postal. Une restriction facilement contournable, ce qui pourrait fausser les chiffres…

Il n’empêche que cette pétition reste un symbole fort des profondes divisions du Royaume-Uni, révélées par ce référendum historique : jeunes contre vieux, Londres et les grandes villes contre les campagnes…

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La carte des signataires de la pétition révèle ainsi le nombre important de pétitionnaires londoniens, mais également la mobilisation des habitants des grandes villes et de villes universitaires, comme Oxford, Cambridge, York, Leeds, Sheffield, Manchester, Brighton ou Bristol, qui comptent chacune plusieurs milliers de signataires. A l’inverse, plus l’on s’éloigne de Londres, moins le nombre de signataires est élevé.

Il lance une pétition… pour demander l’indépendance de Londres

Etonnamment, les Ecossais et les Nord-Irlandais, qui ont massivement voté pour le maintien du Royaume-Uni dans l’Union europénne, ont assez peu signé la pétition lancée par William Oliver Healey. Du moins, pour le moment…

De leur côté, les jeunes sont probablement nombreux parmi les signataires, puisqu’ils ont massivement voté pour le maintien dans l’UE : 75% des 18-24 ans ! Depuis l’annonce des résultats, ils ont inondé les réseaux sociaux de messages de colère ou de désespoir, derrière le hastag #NotInMyName (Pas en mon nom).

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« The Guardian » est allé à la rencontre de certains d’entre eux :

https://embed.theguardian.com/embed/video/uk-news/video/2016/jun/24/what-do-young-people-think-about-brexit-video

Qui est l’auteur de la pétition ?

C’est là que l’histoire devient incroyable ! Selon le « Sunday Express », l’auteur de la pétition, William Oliver Healey, est un partisan… du Brexit !

Pris à partie par ses amis pro-Brexit depuis que sa pétition a, contre sa volonté, explosé les compteurs, le jeune homme, étudiant en sciences politiques à l’Université De Montfort, à Leicester en Angleterre, répète inlassablement sur son compte Facebook que « la pétition a été créée il y a plus d’un mois, quand il était encore improbable que le ‘leave’ gagne le référendum » !

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« Il n’y avait aucune garantie que l’on remporte la victoire à ce moment-là », martèle William Oliver Healey, qui précise qu’il était alors conscient que les minimums de 75% de participation et de 60% pour l’un ou l’autre des deux camps étaient « quasiment impossible » à atteindre « sauf à rendre le système de vote obligatoire ».

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Quel incroyable paradoxe ! Depuis le résultat du référendum, le jeune homme a donc assisté, selon lui, « au détournement », « au piratage », de sa pétition par de « vicieux » anti-Brexit.

Voilà donc le militant forcé de se justifier face à ses compagnons :

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« Je suis personnellement opposé à la nature bureaucratique et antidémocratique de l’Union européenne depuis plusieurs années et pendant toute ma carrière politique. J’ai ouvertement apporté mon soutien au vote ‘leave’. Pourquoi est-ce que j’aurais fait ça si je voulais réellement rester dans l’UE ? »

Dans les commentaires de ses messages, les internautes sont divisés entre les anti-Brexit, qui le remercient avec ironie d’avoir créé la pétition et trouvent la situation extrêmement « savoureuse », et les pro-Brexit qui ne manquent pas de sermonner l’imprudence du militant :

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« Oliver. Tu as commencé ce truc. Jamais de ma vie je n’aurais pu penser que tu étais capable de faire ça. »

« Oh mon Dieu, Olivier ! WTF [« What the Fuck », « putain »]. Tu as vraiment agi prématurément là ! Tu aurais pu attendre les résultats ! […] Cela peut potentiellement tout ruiner ! »

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Les signataires peuvent-ils obtenir gain de cause ?

C’est la question principale… Au Royaume-Uni, le gouvernement répond à toutes les pétitions qui obtiennent plus de 10.000 signatures, explique le site du gouvernement britannique. « Le comité responsable des pétitions en ligne au sein du Parlement britannique s’engage à répondre à toutes les pétitions qui dépassent 10.000 signatures sous vingt et un jours », précise « Le Monde ».

Mieux, si une pétition dépasse les 100.000 signataires, le Parlement peut envisager d’examiner et de débattre sur la pétition. Concrètement, à partir du moment où la barre des 100.000 signataires est franchie, le comité responsable des pétitions en ligne « peut soumettre la demande des signataires au Parlement pour qu’elle soit débattue, mais il n’a pas obligation de le faire », tempère « Le Monde ».

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« The Guardian » écrivait ainsi en 2014 que la plate-forme en ligne n’était « rien de plus qu’une farce » et que le comité responsable avait le pouvoir de tuer dans l’œuf ces pétitions.

Dans le cas présent, un porte-parole de la Chambre des communes a déjà fait savoir que le comité se réunirait le 28 juin pour examiner cette pétition. Même si la pétition franchit le barrage du comité et qu’elle est examinée par les députés, cela ne signifie pas que les signataires auront gagné. En effet, cet examen, sous forme d’un débat, n’engage à aucun vote ou aucune décision des députés… Il ne peut donc en aucun cas, a fortiori, remettre en question le résultat du référendum.

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Néanmoins (et c’est sans doute le dernier espoir des signataires), le Premier ministre britannique peut ignorer le résultat du référendum, explique « The Telegraph ».  En effet, comme le rappelle le quotidien, « au Royaume Uni, le Parlement est souverain et les référendums ne sont généralement pas contraignant ».

Le Premier ministre pourrait donc décider d’ignorer le résultat du référendum et de ne pas invoquer l’article 50 du Traité de Lisbonne qui représenterait la demande formelle du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne.

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Il pourrait alors lancer un débat sur cette question au parlement, en espérant que les députés votent en majorité pour le maintien. Mais il est fortement improbable qu’un David Cameron affaibli, qui a déjà reconnu la victoire du camp du « leave » et annoncé sa démission (il soutenait le camp du « remain »), revienne finalement sur ses propos.

Ainsi, selon un expert en droit constitutionnel britannique cité par « The Telegraph », Vernon Bogdanor, un second référendum est « très improbable ». Et l’expert de pointer aussi le rôle l’UE :

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« Je ne pense pas que l’UE voudra encore négocier, ils vont considérer que le vote [de jeudi] est définitif. »

De fait, les leaders européens, Français en tête, appellent en effet le Royaume-Uni à démarrer le processus de sortie de l’UE le plus rapidement possible.

Brexit : les 6 pays fondateurs de l’UE pour que cela aille « aussi vite que possible »

Au-delà, pointent d’autre commentateurs, même si le chiffre de 3 millions de pétitionnaires est pharaonique… que pèse-t-il, démocratiquement, face au 17,4 millions d’électeurs ayant voté en faveur du Brexit ?

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