La trêve en Syrie est fortement fragilisée par la reprise des combats, tandis que l’espoir d’un accord politique, soutenu par les Etats-Unis et la Russie, s’éloigne toujours plus.

Trêve en Syrie : "On demande aux rebelles de commettre un suicide"

La trêve en Syrie connaît de sérieux accrocs avec des bombardements aériens et de violents combats au moment où s’enveniment les relations entre les Etats-Unis et la Russie au sujet de l’aide humanitaire. Si bien qu’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devait se tenir vendredi soir à New York, a été annulée à la dernière minute à la demande de Washington et de Moscou, les deux parrains de la trêve.

La semaine a été marquée par quelques violations mineures mais la trêve a véritablement fragilisée à partir de vendredi, lorsque des violents combats entre régime et rebelles ont éclaté à la périphérie de Damas. Surtout que l‘acheminement de l’aide, vitale aux dizaines de milliers de personnes assiégées dans les quartiers rebelles de la ville d’Alep, se fait toujours attendre.

Un accord politique est-il en vue ? Le chercheur Thomas Pierret, maître de conférence en islam contemporain à l’université d’Edimbourg, n’y croit pas. Interview.

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Quel bilan peut-on tirer de cette petite semaine de trêve en Syrie ?

C’est très difficile de tirer un quelconque bilan après cinq jours. On ne peut évidemment que se féliciter de cette pause dans les combats. Mais ce qui se profile est extrêmement inquiétant. Les Américains nous expliquent que la trêve est un pas vers une solution politique. Il n’en est absolument pas de même pour le régime syrien et les Russes. Aux yeux de Bachar al-Assad et de ses alliés, cela s’inscrit dans une stratégie militaire. La trêve, pour le régime, c’est la politique mise au service du militaire et non l’inverse. Cette période d’accalmie lui permet une meilleure gestion des ressources militaires.

La trêve conclue par le secrétaire d'État américain John Kerry et le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov est prévue pendant 48 heures.

Que voulez-vous dire par là ?

Depuis le début du soulèvement, le camp loyaliste fait face à un problème d’effectif. Il a beaucoup de mal à tenir plusieurs fronts en même temps. D’où son appel à des miliciens et des combattants étrangers, du Hezbollah libanais, mais aussi d’Irak, d’Afghanistan et d’ailleurs. Il cherche à geler le plus de fronts possibles, en tout cas, les fronts qu’il juge périphériques, afin de pouvoir se concentrer sur Damas, la capitale et Lattaquié, le berceau de son élite politico-militaire.

On peut d’ailleurs se demander qui est à l’origine des combats qui font rages autour de Jobar, dans la banlieue de Damas, depuis vendredi matin ? Le régime ou la rébellion ? Il prépare une autre opération à Lattaquié. Il renforcerait également ses forces au nord de Hama où les rebelles avaient gagné pas mal de terrain ces dernières semaines. Donc, on a l’impression qu’il utilise la trêve pour se regrouper et optimiser l’utilisation de ses ressources humaines.

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Dans le plan américano-russe, l’arrêt des combats devait permettre d’approvisionner les zones assiégées, notamment Alep. Or, l’ ONU n’a toujours pas obtenu les garanties nécessaires pour faire passer ses camions. Pourquoi ?

Le régime va jouer avec cette question-clé en traînant des pieds, en mettant des obstacles, afin d’obtenir davantage de concessions. La famine et le siège font partie intégrante de sa stratégie militaire. Permettre le passage de convois humanitaires constituerait pour lui une reculade.

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Les clauses de l’accord conclu entre les Etats-Unis et la Russies sont secrètes. Pour quelles raisons ?

C’est assez mystérieux. Les Américains ont expliqué qu’ils ne révéleront pas son contenu car ils ne veulent pas que certaines parties au conflit en fassent « un usage mal intentionné ». On soupçonne le secrétaire d’Etat John Kerry d’avoir accepté une clause autorisant le régime syrien à participer aux bombardements contre les groupes djihadistes. Le quotidien « al-Hayat » a publié une correspondance entre groupes rebelles et le département d’Etat qui le confirme. Certaines frappes effectuées par l’aviation de Bachar pourraient être ainsi approuvées par Washington. Cela reviendrait à l’associer à la coalition internationale anti-Daech.

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Cet accord négocié par John Kerry semble susciter de sérieuses réserves au Pentagone. Les militaires américains ne font pas confiance aux Russes ?

Les militaires américains sont très réticents à fournir aux Russes des données techniques, sur le choix et la détermination des cibles, par exemple, et à échanger avec eux des informations. Mais, je pense que cette stratégie est défendue par le département d’Etat mais aussi et surtout par la Maison-Blanche qui préfère se tenir en retrait au cas où l’accord échouerait.

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Ce projet de partenariat russo-américain en Syrie est né d’une rencontre secrète à Genève, en Suisse, au printemps dernier, entre le conseiller d’Obama, Robert Malley et son alter égo russe Alexander Lavrentiev. Le maître mot de cette stratégie, c’est « deconfliction« . Il faut réduire la violence, mais cela ne passe plus nécessairement par une transition politique. Il y a même des gens à la Maison-Blanche pour estimer qu’une telle transition, aujourd’hui, n’est pas souhaitable car elle conduirait à un effondrement du régime et au chaos.

L’objectif n’est plus de changer la donne sur le terrain et d’affaiblir Assad. Au contraire. On le sait, en bombardant les combattants de Fatah al-Sham, de l’ex-Front al-Nosra, le régime en sortira automatiquement renforcé.

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Russes et Américains peuvent-ils bombarder les combattants de Fatah al-Sham, sans risquer de toucher les rebelles dits modérés ?

C’est assez illusoire. A Idlib ou Alep, ces groupes sont totalement imbriqués. C’est pour cette raison que les Américains demandent aux rebelles de se distinguer des djihadistes. En pratique, cela revient à les contraindre de céder du terrain et donc d’abonner certaines régions au régime. Apparemment, l’accord stipule que Damas ne comble pas le vide laissé par Fatah al-Sham. Mais il ne prévoit aucun mécanisme pour faire respecter ce point. En réalité, on demande aux rebelles de commettre un suicide.

Pourquoi la mort du propagandiste en chef de Daech fragilise l’organisation djihadiste.

Pourquoi la mort du propagandiste en chef de Daech fragilise l'organisation djihadiste

Après les ministres « des attentats » et « de la guerre », c’est le « ministre de l’information » du groupe djihadiste qui a été tué.

Wa’il Adil Hasan Salman al-Fayad a été tué dans un bombardement aérien de la coalition anti-djihadiste le 7 septembre dernier près de Raqa, en Syrie.

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Ce nom n’évoque peut-être rien, mais il s’agissait du « ministre de l’Information » du groupe djihadiste Etat islamique (EI, Daech), c’est-à-dire celui qui coordonnait toute leur propagande, produite par une armada de journalistes, photographes et monteurs, dans le cadre d’une politique internationale de la terreur basée sur de nombreuses vidéos diffusées sur internet.

« Wa’il [Adil Hasan Salman al-Fayad] supervisait la production des vidéos de propagande terroriste de Daech montrant des actes de torture et des exécutions », a expliqué le porte-parole du Pentagone, Peter Cook, vendredi 16 septembre, en annonçant sa mort.

Sa mort devrait donc enrayer, ou du moins perturber pendant quelques temps, le réseau de propagande de Daech.

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La direction décimée.

Peter Cook note également que ce propagandiste en chef « était un associé proche d’Abou Mohamed al-Adnani, porte-parole de l’EI chargé de la préparation et de la conception des attaques terroristes à l’étranger ». En effet, il s’agissant d’un « membre important » de l’instance dirigeante de Daech, intitulée « la shûrâ », et sa mort fragilise un peu plus l’organisation.

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La mort ce « ministre de l’Information » s’ajoute à celle d’Abou Mohammed al-Adnani, numéro deux du groupe djihadiste et dit « ministre des attentats », tué par une frappe de la coalition le 30 août dernier, près d’Al-Bab, en Syrie. Mais aussi à celle d’Abour Omar al-Chichani, dit « Omar le Tchétchène » et « ministre de la guerre » de l’organisation.

Comme l’expliquait le journaliste palestinien Abdel Bari Atwan, l’Etat islamique fonctionne à la manière d’une « organisation très centralisée et disciplinée », dirigée par un Conseil (« la shûrâ ») commandé par le chef de Daech, Abou Bakr al-Baghdadi. Sauf que les morts de tous ces « ministres » laissent la direction du groupe à une poignée de membres fondateurs encore vivants, dont Abou Bakr al-Baghdadi, selon un réseau syrien cité par le « Wall Street Journal« .

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« Il ne reste plus que trois membres fondateurs [de Daech] et [Abou Bakr al-Baghdadi », aurait annoncé Abu Mohammed al-Maqdisi, guide spirituel du groupe djihadiste, après la mort de Wa’il Adil Hasan Salman al-Fayad, selon le quotidien.

Daech fragilisé.

« Le cercle autour d'[Abou Bakr al-]Baghdadi était déjà faible, mais il devient de plus en plus petit », confirme un officiel américain à CNN.

« L’élimination des dirigeants de l’Etat islamique affaiblit sa capacité à conserver son territoire et sa capacité à planifier, financer et diriger des attaques » en Irak, en Syrie et dans le reste du monde, a fait valoir le porte-parole du Pentagone, Peter Cook.

Les Etats-Unis et la coalition (dont fiat partie la France) ont mis en place une campagne délibérée d’élimination des dirigeants du groupe Etat islamique, visant à désorganiser les djihadistes et à accélérer leur défaite en Irak et en Syrie.

En témoigne, la liste des « most wanted », ces terroristes internationaux pour lesquels les Etats-Unis offrent des primes, qui ne cesse de se réduire.

Syrie : la mort d’Adnani au cœur de la propagande russe.

La Russie a revendiqué la frappe aérienne ayant tué le porte-parole et numéro deux de l’Etat islamique, Abou Mohammed al-Adnani, que les Etats-Unis ont affirmé avoir ciblé. Qui dit vrai ? Qui dit faux ?

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Quelques heures après sa mort annoncée, le stratège de l’Etat islamique (EI) Abou Mohammed al-Adnani s’est retrouvé au centre d’une nouvelle bataille de propagande entre les Etats-Unis et la Russie. Les deux pays, engagés sur le terrain syrien, se disputent la paternité de la frappe qui a éliminé celui qui était aussi le porte-parole du groupe djihadiste.

Dans un premier temps, un responsable américain a annoncé mardi 30 août au soir que les forces de la coalition internationale avaient mené « une frappe de précision » près d’Al-Bab, au nord-est d’Alep, visant « un haut responsable de l’EI », sans préciser s’il s’agissait de son numéro 2, ni la date de cette opération.

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La surprise russe, « une blague ».

Quelques heures plus tôt, le groupe djihadiste avait annoncé qu’Abou Mohammed al-Adnani était mort dans la province d’Alep « en inspectant les opérations militaires » sans indiquer la date de sa mort. L’assassinat du leader djihadiste est ensuite confirmé par le porte-parole du Pentagone, Peter Cook, qui précise qu’il s’agit bien d’une frappe de la coalition.

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Le lendemain, surprise, la Russie revendique la frappe aérienne. Le ministère de la Défense russe affirme que le haut responsable faisait partie d’un groupe d’une quarantaine de combattants de l’EI, tués mardi par une frappe d’un bombardier russe Su-34 près du village de Oum Hoch, dans la région d’Alep. Pas du tout au même endroit. Mercredi soir, un responsable américain du Pentagone raille donc :

« C’est une blague. Ce serait drôle, si l’on faisait abstraction de la campagne que les Russes ont entreprise en Syrie. »

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Une autre source américaine, décidément résolue à prouver la véracité des dires des Etats-Unis, a précisé ensuite que la frappe avait été menée par un drone américain Predator, qui a tiré un missile Hellfire sur une voiture dans laquelle le porte-parole syrien était présumé se trouver avec au moins une autre personne. La frappe a été menée par les forces spéciales américaines travaillant avec la CIA, toujours selon cette source.

Al-Adnani, « ministre des attentats » et porte-parole de Daech

Prudent, sûrement pour ne pas froisser ses homologues russes avec qui les Etats-Unis partagent quotidiennement des informations sur leurs opérations respectives en Syrie (et pour ménager un partenaire indispensable à une relance des négociations), le porte-parole du Pentagone, a suggéré qu’il s’agissait peut-être d’un « malentendu » côté russe.

« Nous n’avons aucune information qui vienne corroborer les affirmations de la Russie selon lesquelles elle a frappé al-Adnani. »

Mais alors qui a tué Abou Mohammed al-Adnani ?

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Alep, zone à multiples acteurs.

Les Etats-Unis ont assuré que le processus de vérification se poursuivait. Les Américains se sont-ils avancés trop tôt ? La Russie s’est-elle, opportunément, attribuer une prise, qui à l’évidence est un joli coup ?

Difficile de répondre tant les lignes de front sont complexes et le nombre d’acteurs importants dans cette région qui s’étend du nord-est d’Alep et la frontière turque. Il y a le régime de Bachar al-Assad soutenu par les Russes, les rebelles syriens soutenus par la Turquie (qui vient de s’engager au sol dans le conflit) et la coalition internationale menée par les Etats-Unis, l’alliance kurdo-arabe des Forces démocratiques syriennes et les djihadistes.

La Russie peut-elle être à l’origine de la frappe ? On ne peut pas écarter cette hypothèse. Moscou a déjà mené des frappes contre les djihadistes, et le pays a les capacités de viser ce type de cible à haute valeur.

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« Les Russes n’ont certainement pas le même niveau de compétences en termes de ciblage d’opportunité que peuvent avoir les Américains, mais ils ont des capacités qu’ils ont montrées par le passé en Tchétchénie, ils savent le faire », explique Philippe Gros, chargé de recherche, à la Fondation pour la recherche stratégique. Il ajoute :

« Par ailleurs, il ne faut jamais écarter la possibilité d’un ‘coup de bol’, surtout dans un contexte où les combattants sont très mouvants. La Russie a très bien pu tuer le chef propagandiste de l’EI parce qu’il se trouvait présent dans un groupe qu’elle visait. »

Cependant, de nombreux éléments font pencher la réalité vers une frappe menée par la coalition occidentale. Statistiquement, la majeure partie des pertes de l’EI sont dues à leurs frappes. Les dégâts occasionnés par les Russes contre l’EI sont bien moindres que ceux de la coalition. D’après les chiffres fournis par Moscou en mai dernier, les forces russes ont tué 28.000 islamistes radicaux en Syrie avec leurs dizaines d’avions militaires et les Etats-Unis auraient tué seulement 5.000 combattants.

« Les responsables russes ont des statistiques sur l’intervention de la Russie qui sont vraisemblablement exagérées et conçues pour minimiser les efforts des Etats-Unis. »

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L’EI pas une priorité pour les Russes.

La Russie mène depuis septembre 2015 une campagne de frappes aériennes en soutien aux forces du régime en menant notamment des bombardements autour d’Alep. Officiellement, Moscou affirme, entre autres, viser les djihadistes de l’EI. Mais dans les faits, la plupart de ses bombardements ciblent en priorité les rebelles opposés à Bachar al-Assad dont la Russie est l’alliée. C’est pourquoi Peter Cook a rappelé :

« Dès le début, la Russie, comme vous le savez, a passé la majeure partie de son temps, de sa campagne militaire, à soutenir le régime de Bachar al-Assad. Elle n’a pas consacré ses efforts à cibler les leaders de l’EI. »

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Selon le site américain Institute for the Study of War, qui présente régulièrement des rapports sur les opérations militaires, la Russie a, entre le 28 juillet et le 29 août, continué à concentrer sa campagne aérienne contre Alep-ville et ses environs, après que les groupes d’opposition ont brisé le siège des quartiers Est le 6 août, afin de rétablir l’encerclement du régime. La Russie a mené des frappes en appui des forces pro-régime dans les quartiers de la banlieue sud d’Alep pour faire reculer l’opposition.

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L’organisme, qui se fonde sur les rapports des réseaux locaux des activistes syriens, sur les déclarations des Russes et des Occidentaux, ainsi que sur les documents publiés dans les médias, rapporte également que la Russie a dirigé ses opérations aériennes contre une zone tenue par l’opposition à l’ouest et au sud-ouest de la province d’Alep pour tenter de bloquer l’envoi de renforts de la province d’Idlib vers la ville d’Alep.

Enfin, elle a mené des sorties au nord-ouest d’Alep-ville pour empêcher l’opposition d’établir une ligne de front entre l’ouest de la ville d’Alep et la route de Castello, contrôlée par les troupes gouvernementales. Ainsi, l’Institute for the Study of War résume :

« La Russie continue d’utiliser ses capacités aériennes pour perturber le mouvement de l’opposition dans le nord de la Syrie et la rendre plus vulnérable à une contre-offensive pro-régime à Alep-ville. »

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Enjeu de communication pour la Russie.

Pour Moscou, prétendre être à l’origine de la mort d’Abou Mohammed al-Adnani, contribuerait à crédibiliser son rôle principal dans la lutte contre le terrorisme, malgré le décalage avec la réalité, et ainsi répondre aux critiques.

« Il faut se rappeler que l’une des raisons pour lesquelles laRussie s’est engagée en Syrie est aussi de s’attribuer un rôle de pivot au Moyen-Orient », souligne Philippe Gros avant d’ajouter :

« Mais toute leur stratégie consiste à empêcher l’effondrement du pouvoir à Damas. »

Et non de combattre l’EI.

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