Tous les concepts théoriques dont on parle en économie ne sont plus de simples théories pour les Vénézuéliens : ils expérimentent tragiquement la fausseté du socialisme.

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D’habitude, lorsque l’on parle d’économie, c’est souvent très théorique, très abstrait, avec des explications basées sur des courbes et des logiques qui peuvent être contre intuitives. Face à cela, le socialisme a une rhétorique très vendeuse : il y a les ennemis, la classe qui possède, les patrons, face aux pauvres et face à ceux qui n’ont pas le pouvoir ; et la solution est toujours plus de contrôle, plus d’État.

L’exemple pratique de l’effondrement du Venezuela.

Pourtant, nous avons un cas très pratique de régime socialiste sombrant devant nos yeux, alors qu’il nous avait été présenté comme modèle durant des années. Après le décès d’Hugo Chavez, il y avait eut un ballet étrange de personnalités politiques, d’éditorialistes, et même de certains économistes qui nous expliquaient que le Venezuela était un miracle économique, et (enfin !) la preuve que le socialisme pouvait fonctionner.

Or aujourd’hui, le Venezuela est au bord de la famine et de la guerre civile, et tous les anciens défenseurs du régimes sont muets sur ce qu’il s’y passe. Tous les concepts théoriques dont on parle en économie ne sont plus de simples théories pour les Vénézuéliens. Ils en sont aujourd’hui rendus à tuer leurs animaux de compagnie pour se nourrir. Comment est-ce que cela a pu se produire ?

Premièrement, il a fallu sortir la planche à billets pour financer tous les cadeaux électoraux, tous les programmes sociaux, et tous les services gratuits que les élus ont promis. Sans surprise, les prix des produits importés a explosé, car aucune entreprise étrangère n’accepte d’être payée avec des billets de Monopoly. L’argent n’est pas la richesse, c’est un outil d’échange. Imprimer des billets ne produit pas de richesses, il la dilue.

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Et le pétrole vint à manquer.

Ensuite, le Venezuela, l’un des pays les plus riches en pétrole du monde, n’arrive même pas à s’auto-alimenter en énergie. Certains accusent la spéculation, mais celle-ci n’explique que la chute des exportations, cela n’a rien à voir avec l’incapacité d’utiliser le pétrole présent dans leur propre sol. C’est tout simplement dû à la réalité des économies planifiées : le gouvernement n’est pas bon à gérer l’économie. Sans compétition, aucune entreprise ne cherche l’efficacité.

Et enfin, le gouvernement a imposé toute une série de prix pour lutter contre les profits des entreprises étrangères. Nourriture, médicaments, papiers toilette : tout y passe. Bonne idée, non ? Sauf que les entreprises ne sont pas des associations caritatives. Si elles ne peuvent pas réaliser de profits sur leurs ventes, elles vont cesser leur activité. Quand on limite le prix d’un produit, on augmente pas sa production, on ne fait que créer des pénuries.

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Mais ce n’est pas pour autant la fin du socialisme. Chaque révolution a eu ses défenseurs inconditionnels. Pensez Venezuela, mais pensez aussi URSS, Cuba ou la Chine maoïste. Tour à tour, ils ont été vendus comme le nouveau “modèle”, avant qu’on ne se rende compte des horreurs qui s’y déroulaient. Maintenant, les apologistes nous expliquent que ce n’était pas du “vrai socialisme”. Quand va-t-on accepter le fait que toutes les expérimentations socialistes tournent systématiquement en dictatures sanglantes ?

l’absurdité du socialisme.

Nicolas Maduro le 4 décembre 2014 (Crédits : Presidencia de la República del Ecuador, licence CC-BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Le Venezuela passe du socialisme à l’état d’urgence économique.

Le président vénézuélien Nicolas Maduro est parvenu à se faire connaître par les remarques ridicules qu’il prononce souvent au cours de ses interventions radiotélévisées. Lors de la campagne présidentielle de 2013 (qu’il remporta par une marge très étroite et sous un fort soupçon de fraude), il déclara que le fondateur du « socialisme du XXIe siècle », le défunt Hugo Chavez, était venu le saluer incarné dans un oiseau. Il récidivera en affirmant que chaque fois qu’il regarde les montagnes entourant Caracas, il y voit Chavez.

Si à cela on ajoute qu’à une autre occasion il déclara n’avoir douté « pas même un millimètre de seconde » de joindre le mouvement de Chavez, on comprendra aisément pourquoi les Vénézuéliens trouvent une bonne raison de railler leur Président à chaque fois qu’il se présente à la télévision.

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Des chavistes qui rivalisent dans le ridicule.

Il faut dire que, au sein du chavisme, le Président Maduro n’est pas seul à exceller dans le domaine du burlesque.

Le nouveau ministre de l’Économie, Luis Salas, a affirmé que l’inflation en réalité n’existe pas – et ce, en dépit d’avoir à faire face à la plus forte inflation du monde. La Procureure générale de la République, Luisa Ortega Diaz, a, pour sa part, lu un discours devant l’Assemblée Nationale, dans lequel, avec une certitude déconcertante, elle fit référence aux Misérables comme ayant été écrit par « le poète nicaraguayen Victor Hugo ». Puis, pour l’ancien vice-président et aujourd’hui ministre Jorge Arreaza, les miracles d’Hugo Chavez sont tellement évidents qu’ils n’ont pas besoin d’être confirmés par le Vatican.

Une économie classée comme la pire au monde.

Il existe toutefois un domaine dans lequel les sottises du Président Maduro n’ont pas de concurrent à leur mesure. Il s’agit de l’économie.

À coup de lois d’exception inopérantes, de contrôles de prix asphyxiants, de recours sans limites à la planche à billets, et de criminalisation de l’entrepreneuriat, Maduro a poursuivi avec un zèle opiniâtre le processus de démolition de l’économie vénézuélienne initié par Hugo Chavez.

Une étude réalisée par trois centres académiques vénézuéliens signale que 73% des foyers vivent au-dessous du seuil de pauvreté, alors que leur proportion était de 44% en 1998, année où le chavisme prit le pouvoir.

D’autre part, le Venezuela figure à la première place de l’indice de misère établi par l’agence d’analyse économique Bloomberg, et cela pour les deux dernières années. La situation est vouée à se dégrader davantage : le FMI prévoit une chute du PIB de 8% en 2016 après deux années consécutives de déclin (4% en 2014 et 10% en 2015).

Toujours d’après les estimations du FMI, l’inflation a atteint 275% en 2015 et s’achemine vers 720% pour l’année en cours.

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Une défaite logique pour Maduro.

Rien d’étonnant à ce que, malgré la mainmise du régime sur les médias et sur le Conseil électoral, la pression internationale l’obligea à reconnaître sa défaite aux élections parlementaires de décembre passé, l’opposition ayant gagné une écrasante majorité de sièges à l’Assemblée nationale.

Suite à cette raclée, Maduro s’est enfin résigné à admettre ce qu’il avait jusqu’alors nié, à savoir : que le Venezuela traverse « une crise de grandes proportions ».

Or, pour surmonter la crise, Maduro refuse de se départir du modèle socialiste responsable de la catastrophe économique du Venezuela. En lieu et place, il continue à blâmer les entrepreneurs (« la maudite bourgeoisie ») et l’opposition, fasciste par définition, les accusant de lui mener une « guerre économique » sous l’égide de « l’empire ».

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Des initiatives absurdes.

Et pour faire face à cette guerre économique, il prend des initiatives absurdes qui n’ont aucune chance d’atteindre les objectifs poursuivis.

C’est ainsi que le ministre vénézuélien du Pétrole, Eulogio del Pino, vient d’effectuer un tour en Russie et au Moyen-Orient dans le but de promouvoir une « action coordonnée » des pays producteurs de pétrole (Opep et non Opep) visant à en restreindre la production mondiale et ainsi faire remonter les prix.

Or, penser que le moment se prête à une entente de ce genre montre, de la part du gouvernement vénézuélien, une incompréhension crasse des forces en présence dans le marché du pétrole.

En effet, maintenant que les sanctions économiques internationales qui pesaient sur l’Iran ont été levées, Téhéran n’a qu’un seul objectif en tête dans le domaine économique : accroître le plus possible – et en tout cas pas restreindre – ses ventes de pétrole dans le marché mondial. Idem pour la Russie, qui a besoin d’élargir ses recettes d’exportation afin de venir à bout de la récession où elle se trouve plongée, et de financer ses aventures militaires en Ukraine et en Syrie.

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Quant à l’Arabie saoudite, pays clé dans tout accord éventuel en la matière, elle ne va pas réduire sa production tant qu’il y aura un risque quelconque de voir ses rivaux géopolitiques, l’Iran et la Russie, en tirer profit pour grignoter des parts de marché au détriment de Riyad.

Dans les circonstances actuelles, ce que le président Maduro pourrait obtenir serait un accueil de politesse, et tout au plus un accord de façade condamné à rester lettre morte.

Mais supposons un instant, par simple hypothèse de travail, que les principaux pays producteurs acceptent effectivement de réduire leurs niveaux de production et que le prix du pétrole reparte à la hausse par voie de conséquence.

Une telle hausse du prix du pétrole permettrait aux producteurs de gaz et de pétrole de schiste aux États-Unis de reprendre l’exploitation de gisements qui avaient cessé d’être compétitifs aux prix bas actuels.

L’expansion de la production de pétrole de schiste aux États-Unis (rendue possible par un début de hausse du prix de ce produit de base) conduirait à son tour à un accroissement de l’offre totale de pétrole et, de ce fait, mettrait un frein à la hausse du prix.

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Ne pouvant ignorer les sombres perspectives du marché du pétrole pour les mois, voire les années à venir, le Président Maduro a récemment déclaré que le temps est arrivé pour le Venezuela de sortir du « modèle rentier », c’est-à-dire de sa dépendance au pétrole (lequel représente à l’heure actuelle 96% du total des exportations de ce pays).

Il a oublié au passage que son mentor Hugo Chavez stimula plus que tout autre président vénézuélien avant lui la dépendance aujourd’hui décriée. En effet, les expropriations insensées, les contrôles de prix contre productifs et autres mesures hostiles au secteur privé, prises par Chavez, ont eu pour résultat la destruction de l’appareil productif du secteur non-pétrolier du Venezuela.

En fait, Chavez lui-même employa l’expression « socialisme pétrolier » pour qualifier le modèle économique qu’il mit en place.

"El Commandante", la série sur Hugo Chavez qui fait (déjà) polémique au Venezuela

Les poulets au secours de la révolution.

Le côté bouffon de la nouvelle prise de position de Maduro ne tarda pas à entrer en scène : pour quitter le modèle rentier, et tout particulièrement pour surmonter la dramatique pénurie d’aliments qui accable la population de son pays, Maduro vient d’annoncer la nouvelle mesure phare de la révolution bolivarienne : la promotion de conucos (sorte de petites fermes familiales ou jardins potagers) dans les zones urbaines.

Et pour encourager ses concitoyens à prendre cette voie, il se donne en exemple, annonçant que sa femme et lui sont déjà en train d’élever une cinquantaine de poulets chez eux.

Hugo Chavez avait promis de transformer son pays en puissance politique, pétrochimique, militaire et même aérospatiale. Maintenant, Maduro n’a rien de mieux à proposer aux Vénézuéliens que de leur demander d’élever des poulets et de planter des haricots dans leurs patios et jardins.

Et maintenant, le paludisme !

Venezuela : et maintenant, le paludisme !

Comment une politique économique sauve des vies… ou pas : le Venezuela socialiste, après avoir vécu l’inflation, la pénurie de médicaments et de nourriture, voit maintenant le retour du paludisme.

« Toute nation a le gouvernement qu’elle mérite » écrivait le philosophe français du 18ème siècle Joseph de Maistre. Les Vénézuéliens, qui ont voté pour une politique socialiste lors des élections successives, « obtiennent maintenant ce qu’ils méritent, et plus encore ».

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Retour du paludisme au Venezuela.

Des informations font état de la réapparition récente d’épidémies de paludisme dans certaines zones du Venezuela qui pourtant l’avait éradiqué depuis le début des années 1960. Alors que l’Afrique australe converge vers l’élimination du paludisme, cette situation devrait donner matière à réflexion aux ministres de la santé, aux décideurs, et à tout le monde.

Le paludisme est la dernière misère subie par les Vénézuéliens depuis que le feu Hugo Chavez avait transformé le pays en « un paradis » socialiste. Les Vénézuéliens ont déjà subi une forte inflation couplée à des pénuries de médicaments et de nourriture. Comme dans tous les autres pays socialistes, le gouvernement vénézuélien a eu recours à une répression violente des protestations populaires. Il s’est même transformé en un Etat quasi-esclave en embrigadant des individus en groupes de travail agricole dans une tentative désespérée d’augmenter la production alimentaire.

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Ailleurs, les traitements contre le paludisme sont de plus en plus disponibles.

Alors que le Venezuela est en régression sur tous les plans, notamment en matière de paludisme, la plupart des autres pays font des progrès impressionnants. Grâce à l’augmentation du financement, principalement en provenance des États-Unis, et de nouvelles recherches, de plus en plus d’Africains ont accès à la prévention du paludisme (insecticides et moustiquaires). Les nouveaux traitements du paludisme permettent également de réduire considérablement les chances de mourir. Selon l’Organisation mondiale de la santé, entre 2000 et 2015, le nombre de nouveaux cas de paludisme a baissé globalement de 37%, et le nombre de décès dus au paludisme a remarquablement chuté de 60%.

Des progrès impressionnants ont été réalisés en Afrique australe, grâce à un engagement en faveur des politiques de contrôle du paludisme validées scientifiquement. L’Afrique du Sud, la Namibie, le Swaziland et le Botswana sont sur le point de réaliser l’exploit historique d’éradiquer le paludisme transmis localement. Avant de commencer à célébrer ces succès, il serait opportun de rappeler un peu l’histoire du paludisme.

Les Zambiens aujourd’hui contrôlent relativement bien le paludisme, mais il fut un temps, notamment au début des années 1960, où la maladie était loin d’être éradiquée. Ainsi, sous le gouvernement socialiste du président Kenneth Kaunda, lors des années 1980 et 1990, le paludisme faisait de terribles ravages en prenant la vie de milliers de Zambiens. De même, le Zimbabwe où le paludisme était sous contrôle jusqu’à ce que le président Robert Mugabe n’ait détruit l’économie du pays.

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Il se trouve que lorsque l’économie d’un pays s’effondre, il n’y a pas que les hommes d’affaires et les propriétaires qui en souffrent. Une base économique rétrécie signifie une assiette fiscale réduite, ce qui prive les autorités en charge de la santé publique des fonds nécessaires pour prévenir les maladies et sauver des vies. En outre, quand les gens sont sans emploi, ils sont dans l’incapacité de se soigner ou même de se protéger contre la maladie.

Deux autres exemples sont éloquents : l’île Maurice et Zanzibar. Bien que les deux ont eu des succès dans leur lutte contre le paludisme, seule l’île Maurice, a réussi à éradiquer la maladie dans les années 1970, grâce à la pulvérisation de DDT. Notons que l’île Maurice a, en parallèle, libéré son économie, et s’est ouverte au commerce mondial. Une croissance constante a alors permis de mettre en place les mesures nécessaires à l’éradication durable du fléau.

Zanzibar a été proche de l’éradication à plusieurs reprises, mais la maladie persiste. Etre voisin de la Tanzanie continentale ne facilite pas les choses avec l’augmentation des mouvements transfrontaliers de personnes porteuses du parasite. Mais le vrai problème est que le gouvernement de Zanzibar n’a jamais réformé son économie. Prisonnière des politiques socialistes obsolètes, l’île est restée pauvre et incapable de contrôler la maladie elle-même. Maintenant, grâce au financement des États-Unis, les taux de paludisme sont faibles, mais, à terme, les donateurs se retireront. En l’absence de réforme économique et de création de richesse nationale, nous pouvons nous attendre à une nouvelle progression des cas de paludisme.

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Quand la politique influe sur les vies.

Si nous pouvons apprendre quelque chose du Venezuela et des succès et échecs de la lutte contre le paludisme en Afrique, c’est que les politiques économiques qui libèrent l’économie et conduisent à la croissance sont aussi importantes pour sauver des vies que tout le reste. Nous avons besoin des insecticides et des médicaments, et des moyens de les distribuer. La liberté économique, et la richesse qu’elle crée, n’améliore pas seulement le bien-être matériel, elle permet aussi de sauver des vies.

Chavez, en son temps, alors que son économie, d’une fragilité extrême ne tenait que par les forts prix du pétrole, avait trouvé quelques « pom-pom girls » de premier plan comme l’acteur Sean Penn et le réalisateur Oliver North pour promouvoir son label du socialisme vénézuélien.

Depuis que le Venezuela a sombré dans le désespoir et la violence, ces stars d’Hollywood sont étrangement silencieuses. Elles préfèrent rester dans leur confort douillé à Beverly Hills en profitant des fruits d’une société libre. On peut se demander pourquoi ces pom-pom girls du socialisme sont aussi silencieuses alors que des enfants meurent de maladies évitables et curables? La situation d’aujourd’hui découle pourtant des mauvaises politiques d’hier.

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Bon comme un citron bien rond !

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